‹ La Faculté de droit dans l'ancienne Université de Paris,Chapitre 204 sur 281 · Jours de Décrétales · texte numérisé non relu

Jours de Décrétales

3. Voir son éloge eo lalio : Journal des Sçavans, du 30 janvier 1690. Article de Michel de Loy.

4. DAMiBf. Labt, Pelri HalUri , Baïoctmsis, Anlecestoris et S. Canonum interprttis eulogium. Amstellodami, 1686, \nS,

Etienne de Melles, professeur de philosophie, qui devint docteur-régent et se retira de la Faculté pour entrer dans les ordres sacrés*, est le doyen qui commença la rédaction des nouveaux commentaires de TÉcolc, destinés à continuer les livres décanaux très négligés depuis longtemps,

Jean Bocager^ né à Béziers en 1601, vint à Paris pour y suivre les cours de théologie. Son oncle Laforest, professeur en droit, lui inspira un tel amour pour la jurisprudence que le jeune homme était déjà capable de le suppléer dans ses leçons publiques à Tàge de vingt-deux ans! Laforest ne tarda pas à lui laisser définitivement sa chaire. Doué d'une diction pure et nette, Bocager savait mettre la plus grande clarté dans ses explications et apporter même aux matières les plus rebutantes un véritable piquant d'intérêt. On lui doit la traduction de plusieurs traités destinés au fils de Golbert, entre autres : Y « Institution du droit romain et a du droit français. » (1686). Il fit encore paraître un livre intitulé : « De lustitiâ et lure, in quo luris utriusque principia accu- « ratissime proponuntur » (1689), et laissa un manuscrit des Paratitles sur les Institutes et le Code.

Clatule de Ferrière n'appartient pas comme docteur à la Faculté, mais il fit plus pour elle par ses travaux sur le droit romain que beaucoup de docteurs qui y enseignèrent toute leur vie. Né à Paris en 1639, élève du Décret, il reçut le bonnet doctoral rue Saint- Jean de Beauvais. Le droit civil l'attirait et captivait son esprit à tel point que malgré son peu de fortune, il voulut continuera Tétudier, et pour cela , se mit à donner des leçons particulières qui lui laissaient plus de loisirs que le barreau et plus de liberté que l'enseignement officiel. Ferrière eut plusieurs infortunes dans sa vie , et ces misères privées furent profondément regrettables pour les études et pour la Faculté. Son plus grand malheur fut son caractère présomptueux et hautain, son ambition démesurée et outrageante. C'est par un coup de tète inexcusable qu'il se priva d'entrer dans le corps enseignant de Paris pour n'avoir pas voulu se plier à demander une place d'agrégé en 1680 '. Ses regrets tardifs ne purent fléchir les préventions qu'il éleva contre lui en cette circonstance'. Bourges lui ouvrit ses portes, et M. Le Tellier, archevêque de Reims, l'appela peu après à l'Université de

1. Cf. Archives de la Faculté de droit, heg. 4* et tf ad ano. 1679.

2. Od la lui aurait accordée de grand cœur , car il était Tuo des plus auciens docteurs, et par manque de sujets oo dut inscrire deux licenciés pour parfaire le nombre

de 12.

3. Il postula iuutilement jusqu'en 1694 et se retira pour laisser la place à son fils Joseph, qui deviut depuis doyen, mais n*avait pas encore Tâge légal.

cette ville pour y remplir la charge de pYofesseur en droit civil, mais ce n'étaient là que des théâtres indignes de lui. La seconde épreuve de sa- vie, ce furent ses mariages. Après avoir eu quatorze enfants d'une première femme il en vit successivement mourir dix, épousa par intérêt une vieille veuve, et au lieu de s'enrichir de ses biens, se ruina complètement dans un procès que lui intentèrent des héritiers jaloux. Cette misère constante et ces préoccupations le forcèrent à publier des livres pour gagner sa vie, mais l'empêchèrent en même temps de donner à ses compositions hâtives la recherche patiente qui constitue une véritable valeur sciejitifique *. Par le cœur, par ses relations suivies et ses travaux ininterrompus , Perrière appartint à la Faculté de Paris , c'est ce qui nous a fait rapporter ici sa vie, en déplorant qu'un homme doué de qualités si appréciables, d'une patience infatigable , d'un jugement solide et d'une imagination vive dont les avantages se traduisaient par la sûreté et l'aisance de la méthode, n'ait pas pu s'exercer dans des conditions plus favorables *.

François de Xaunay naquit à Angers le 12 août 1612 et étudia dans cette ville la philosophie et le droit. Le Parlement de Paris le compta parmi ses avocats les plus brillants et les plus solides'. Le droit français l'avait toujours attiré , et le choix qui fut fait de lui pour enseigner cette branche si délaissée de la jurisprudence ne pouvait être mieux justifié. Adonné à la lecture des livres anciens, plongé dans l'ingrat labeur des chartes et des manuscrits indéchiffrables, il frappait à toutes les portes pour obtenir les documents indispensables à ses travaux. MM. Tarin , Loyauté , Jobert, du Gange, Bigot, Ménage, lui fournissaient les pièces anciennes qu'ils avaient en leur possession, et lui-même leur rendait à l'occasion des services analogues ^. La bonté de son cœur était proverbiale, et il aimait à joindre à ses aumônes un conseil utile pour ceux qui les recevaient *. Nous analyserons l'influence qu'il eut sur les études de jurisprudence en parlant plus loin du droit français.

1. Il travaillait pourtant tous les jours de dix à douze heures à Tétude du droit.

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