‹ La Faculté de droit dans l'ancienne Université de Paris,Chapitre 210 sur 281 · A partir de 1T78 tout au moins · texte numérisé non relu

A partir de 1T78 tout au moins

dans le petit amphithéâtre situé dans la partie de la Faculté qui touche la rue Cujas ^ En 1768, Tun des candidats ayant dédié sa thèse à Mgr le Dauphin, le conseil des régents crut devoir demander qu'elle fût soutenue à la Sorbonne, probablement à cause de la vétusté des bâtiments de la rue Saint-Jean de Beauvais, et de leur exiguité. Le premier président du Parlement s'opposa énergiquement à cette innovation, et les choses se passèrent comme à l'ordinaire.

Le candidat devait verser certaines sommes à la Faculté pour ses examens et ses thèses. C'est cet argent qui constituait le traitement ou plutôt le casuel des docteurs agrégés. De nombreuses difficultés s'élevèrent à ce sujet, car les agrégés, retenus par leurs occupations multiples, manquaient parfois d'exactitude. Us se dressèrent eux-mêmes un règlement destiné à prévenir les abus de ce genre. En voici les lignes principales : «

(A) Assistance aux thèses. — !• Pour •assister utilement aux thèses, il faut absolument arriver avant la dernière demie utile, ainsi, s'il y a une thèse depuis onze heures jusqu'à une, et un examen à midi et demi, il faut que les examinateurs arrivent avant midi. — 2^ Quand il s'agit d'une tl^èse de docteur, il faut arriver avant la dernière heure pour être réputé présent, si ce n'est qu'il y eut un examen qui finit précisément à la dernière heure, auquel cas, il suffiroit que les examinateurs vinssent immédiatement après l'examen. — 3^ Lorsqu'une thèse est remise, quand même elle ne le seroit pas à l'assemblée, et que, par cet événement, quelques-uns de Messieurs les agrégés ne peuvent pas y assister, ils sont réputés absents.

(B) Concours de thèses. — 1« Quand on soutient une thèse k Cambrai et une aux anciennes écoles, et qu'il n'y a qu'une heure de différence, par exemple de midi à 3 heures, et de midi à 2, ou de 4 à 6 et de 5 à 7, elles concourent toujours, sans aucune différence du baccalauréat à la licence. — 2* Lorsque deux thèses concourent, il faut aller à celle à laquelle on a suffrage, à moins que celui des suffragants qui travaille avec un des candidats, ne soit à sa thèse. — 3® Si deux thèses concourent et que l'on ait suffrage à toutes deux, on doit aller à l'école la plus proche de son domicile. — ¥ En cas de concours, quand bien même on ne se

1. Celle salle esl toujours conoue sous le nom de « stUe des thèses, « oo Tippelle aussi « le tombeAu, » à cause de sa voûte qui lui donne un aspect quelque peu sépolcral. Ou n*y eotrait autrefois que par une seule porte. Aujourd'hui, depuis q«e la Faculté a fail prolonger ses bâtiments pour donner place à sa bibliothèque, elle ouTre aussi sur le corridor de ronde, en face du cabinet des archîTet.

conformeroit pas aux règles précédentes, on sera néanmoins réputé présent à la thèse à laquelle on assistera K »

L*arrêt du conseil d'État de 1680 ûxa les droits de la Faculté à une somme assez minime, mais la déclaration de 1700 les augmenta d'un tiers, et les lettres patentes de 1756 élevèrent encore de trois livres la dépense de l'élève pour chacune de ses thèses*. Ce qui coûtait encore bien davantage aux étudiants que les droits fixes dus à la Faculté, c'était l'impression, et surtout le luxe d'illustrations dont on faisait parade à cette occasion ' : c Ces thèses... étaient ornées de belles gravures ou même, beaucoup plus rarement, de dessins originaux et de riches eûcadrements représentant des figures allégoriques : elles étaient ordinairement de grand format in-folio. Les dessins dont elles donnaient la reproduction étaient souvent des gravures de tableaux de grands peintres ; plusieurs des plus belles de ces gravures étaient l'œuvre de G. Edelinck* et de Nanteuil. On en connaît avec des dessins gravés, de tableaux du Poussin, de Lesueur, de Sébastien Bourdon, de Le Brun, de Simon Voûet, de P. Mignard, de Philippe de Champagne, de J. Le Pautre et d*autres artistes célèbres. Quelquefois aussi les gravures de ces thèses représentaient les portraits du roi... ou de quelque puissant ministre... On y voit aussi figurer le saint patron du candidat, ou quelque membre illustre de sa famille *. » Disons immédiatement que les plus belles feuilles de thèses que nous ayons rencontrées appartiennent à la théologie, elles étaient, du reste, en bien plus grand nombre. Beaucoup de ces thèses étaient de vrais chefs-d'œuvre ; quelquesunes étaient manuscrites et on employait alors de très riches matières : le vélin, le parchemin, le satin même*. Les dorures et les

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