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réveiller bien des règlements disciplinaires que ses prédécesseurs avaient été incapables de faire observer.
Robert Oagnin qui s'efforça de continuer son œuvre, eut beaucoup de luttes à soutenir pour accomplir iionorablement son devoir. Cinq fois de suite ses collègues lui témoignèrent leur estime en le réélisant et le roi reconnut ses mérites éminents en renvoyant comme ambassadeur en Angleterre et à Rome. — A peine Louis XII eut-il changé son titre de duc d*Orléans pour celui de roi de France , qu'il songea à réprimer les abus des écoles. La pensée était bonne, mais, comme toutes les saines réformes, elle rencontra Topposition de ceux même qui auraient dû la favoriser. Gagnin , le témoin et peut-être l'inspirateur de ces tentatives , décrit , d'une plume alerte, avec une tournure quelquefois malicieuse, les discussions à buis-clos et les conseils irrités qui se tinrent à cette occasion dans /^rUniversité. Il fut de nouveau élu doyen en 1499. Ce devait être la dernière fois, car il ne put achever la rédaction de son mémorial. C'est avec un sentiment de respect et de compassion presque filiale qu'on distingue les traces indéniables de fatigue et d'épuisement laissées par la main débile du vieillard , que le travail avait affaibli plus encore que les années. Jusqu'au dernier moment il eut le courage de tenir sa plume , mais on sent qu'elle lui échappait et il signe une dernière fois, sachant bien qu'il fait son suprême effort : c Ro. Gagnin, septimo et sexagesimo etatis mee ano bec scripsi...! » R. Gagnin était à la fois théologien, jurisconsulte, orateur et historien ^ Ses contemporains Testimaient et le mettaient au nombre des esprits supérieurs de l'époque. Érasme fit son éloge. La Faculté comprit bien qu'elle perdait en lui un conseiller prudent et un maître éclairé, aussi le conduisit-elle à sa dernière demeure au milieu des larmes de tous'. Le tombeau de Gagnin fut édifié aux Mathurins, on y grava la touchante épitaphe qu'il avait composée :
« Chris te, salus hominum, meritorumque œquissime censor,
€ Servulus ecce tuus, jam camis lege solutus
« Dormit et expectat quo mentem examine verses.
« Peccavi, miserere, nec horrida pende flageUa
1. Oo a de loi une histoire de France en XII liyres intitolée : Compendium supra Francorum gettU. Dans le livre VII il réfute les contes débités à propos de la tour de Nesles, et cherche à disculper Jeanne de Navarre, femme de Philippe le Bel» des crimes atroces dont TUniversité chargeait toujours sa mémoire. — U entretint aussi une cor- •respondance très variée avec 'les meilleurs esprits et les plus hauts personnages de son temps. Voir un curieux petit volume de la Bibliothèque nationale. Z, 706 res.
2. Allegret (ou Aligret), alors doyen, rapporte en ces termes cette dernière cérémonie : ce Dominica XXIII, delatum est eius cadaver, assistentibus dominis, in parte anteriori, « de Conty et me, et in posteriori Du Gast et Dorigny tenentibus eztremitatem palUi. »
Criminibus, tua sum factura, perennis imago ; € Quod fuit humanum tellus vorat ; accipe sanctam € EfiQgiem, Rex magne tuam , quam percupit hostis. € Tu vitam et mores, tu mentis condita nosti € Omnia sunt in spe , tantimi miserere Gaguino ^ »
Quarante-neuf ans plus tard, le caveau de Gagnin fut ouvert accidentellement, et les assistants étonnés constatèrent que la corruption n'avait pas atteint ses restes mortels.
Cinq docteurs furent appelés à la régence le 13 novembre 1492 : c'étaient Denis Aligret\ Gui Vigier, Claude de Hangest, Simon du Gast et Nicolas Dorigny. AJigret et Dorigny firent souvent de l'opposition aux mesures proposées par Gagnin. Dorigny méritait cependant l'estime de ses collègues qui l'élurent à plusieurs reprises doyen. Il ne quitta la Faculté qu'en 1507, comblé des honneurs universitaires et membre du Parlement '. Même alors il tint à paraître souvent dans la Faculté, et il mourut des excès de son zèle *.
Robert du Gast, qui lui succéda, est encore une des figures les plus marquantes de l'École. Né dans le diocèse d'Évreux, il vint à Paris, attiré par son oncle Simon du Gast, et ne tarda pas à conquérir glorieusement la maîtrise es arts. Il fut promu à la régence le 9 février 1506, en compagnie de Bernard Roillet, Jean du Pleys, Pierre Cor dier, frère Nicolas Musmier, Jean Nicolay, Martial Galicier et Michel Chartier qui enseignèrent pendant les quelques années qui séparaient encore la Faculté de là réforme de 1534. Du Gast avait des talents mais il était insatiable d'honneurs et de revenus*. Après s'être présenté au concours pour la fameuse abbaye de Notre-Dame de la Couture, au diocèse du Mans, et pour celle de Rebesq, il cumula avec sa charge de régent les fonctions de curé de Saint-Hilaire et de principal du collège de Goqueret. Les régents de ce collège eurent souvent à se plaindre