ScHUiKL, Institut Jur, eccl,, éd. xi, t. I, p
2. Jntroduetio in Corpus Juris Canoniei, — > Friborgi , 1889. Para U , CoUect. Décrétai.
3. Voir pour Tétude de ces différents textes : Schulte, Beitrag %ur Gesehkhie des ean. Redhts vcn Gratidn bis auf Bemhard ton Pavia; Gesehiehte der Quellen, etc.; Zur GfScMchte der Literatur ûher dos Décret Gratian; et les ooTrages généranx on les dissertations spéciales de Fruduro, Phillips, Ricami, BôBwni, Thhhbi, etc.
goire IX, savoir le but de sa publication de Décrétales , nous fera saisir la nature et surtout la portée de son œuvre.
Grégoire, fils du comte de Segni, devait à la haute protection de son oncle, le pape Innocent III, une situation exceptionnelle. D'abord cardinal-diacre de Saint-Eustache (1199)*, il n'avait pas tardé à occuper le siège épiscopal d'Ostie (1206). Esprit élevé et politique habile, Théritier du gentilhomme d'Ânagni avait trop bien compris les ressorts puissants que son oncle avait employés dan3 son gouvernement, pour négliger de suivre son exemple. Honorius III, pendant son court pontificat, usa des mêmes moyens qu'Innocent, et les heureux résultats de la conduite de ces deux papes n'avaient pas échappé à un observateur aussi attentif que leur successeur. La réussite partielle de ses devanciers, Grégoire la voulut pour lui entière, complète, irrévocable. En conséquence, le premier acte de son pontificat et assurément le plus significatif, fut d'entreprendre la publication d'un texte officiel de lois destiné à remplacer toutes les collections antérieures et à rejeter dans l'ombre les préceptes démodés qui avaient cessé d*être en harmonie avec la discipline actuelle de l'Église.
A tout observateur attentif, il ne pourra manquer de sembler étonnant qu'un an à peine après la divulgation de la collection d'Honorius, un besoin aussi pressant d'une nouvelle compilation se soit fait sentir, surtout si Ton considère le travail immense de gloses et de commentaires qui avait fait, des recueils précédents, des monuments aussi respectables qu'importants. Le Pape pesa toutes ces considérations, il ne put manquer de songer à la dépréciation forcée des manuscrits de textes et de gloses qui allaient être anéantis, mais tout cela le laissa insensible. Il avait un objectif plus élevé qu'un simple changement de méthode : c'était une révolution disciplinaire qu'il entreprenait! Oui, Grégoire roulait dans son esprit de grandes pensées. Il voulait asseoir dans un texte que ne viendrait déparer aucune apparence de discordances fâcheuses la discipline actuelle de l'Église. De puissantes raisons l'avaient conduit à ce dessein gigantesque. La pluralité des collections rendait presque impossible leur achat et leur diffusion dans les centres studieux. Beaucoup de textes manquaient de la concision nécessaire à des documents législatifs : on y rencontrait des redites, quelquefois des oppositions presque impossibles à concilier '. D'autre part , les savants discutaient l'authen-