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CHAPITRE IX Actes scolastiques

Conférences. — Argumentations. — Proposita. — Harangues. — Vespéries.

Pour faciliter l'acquisition de la science canonique, qui, on Ta vu par le chapitre précédei^t, devenait de plus en plus pénible, la Faculté avait institué, indépendamment des cours faits par les docteurs et les bacheliers, des exercices scolastiques destinés à développer Tesprit juridique et à habituer à la discussion.

Il y avait d*abord les RepetUiones dont le but était d'éclsdrcir certains points de doctrine plus ardus. Ce travail consistait à examiner, suivant les règles de Técole S tous les documents relatifs à un passage obscur, tant dans les textes des divers manuscrits que dans les ouvrages des commentateurs ou les leçons des maîtres. C'est surtout pendant le dernier semestre que les étudiants se livraient à ce travail aCn de s'assurer de leur habileté dans l'interprétation.

Les Disputationes avaient un autre caractère. Elles consistaient dans le travail personnel d'un étudiant sur un texte de droit déterminé. Celui qui en était chargé examinait le sujet sous toutes ses faces , s'assimilait la doctrine , et , au jour fixé , se présentait devant la Faculté pour soutenir l'assaut de tous les assistants qui voudraient lutter avec lui. Ces joutes oratoires furent moins fréquentes à Paris que dans d'autres Universités. A Bologne, par exemple, il devait y en avoir une chaque semaine, le jour de congé, à moins qu'elle ne fût remplacée par une répétition. A Paris au contraire, cet exercice n'avait lieu que pour l'obtention du droit d'enseigner : c'était comme le couronnement du doctorat, l'admission à la régence. Quelques jours à l'avance le sujet de la dispute était rendu public, et aussitôt docteurs , bacheliers et tous les personnages de distinction qui devaient assister à la soutenance, préparaient leurs ai^uments pour attaquer le défendeur.

La Faculté de Paris n'eut pas à regretter de n'avoir pas abusé de ce genre de représentation , car bien souvent ces travaux étaient plutôt destinés à distraire la galerie et à l'intéresser sans

1. La forme scolastique est toujours employée. Uobjeclioa est posée en ces termes : « Qttsro quid etc., Pone quod etc.. » CF. ms. 1. 12-461 B. N. fol. 49 recto et pass. — ScHOLTi, H, p. 474.

la fatiguer, que capables d'affirmer une véritable science dont des témoignages antérieurs plus sérieux étaient déjà fournis. Les statuts de Padoue n'imitèrent pas la prudente réserve des nôtres et ils exigèrent que deux maîtres, nommés Concurrentes ', vinssent chaque jour disputer pendant une heure , devant la Faculté , une question quelconque. La conséquence la plus sensible de ce règlement fut TafiFaiblissement des travaux scientifiques. Il y avait certainement dans des discussions de ce genre, du brio, de Taisance, de l'audace même, une facilité de parole merveilleuse, mais à côté de cela une faiblesse de preuves, une insuffisance de recherches, une pédanterie ignorante qui ne pouvait manquer d'abaisser le niveau des études *. Ce fut donc un bonheur pour Paris que ses maîtres se soient gardés de ce travers et aient conservé pour des occasions exceptionnelles un exercice dont la fréquence devait nécessairement diminuer l'utilité '.

Il faut rapprocher des argumentations d'autres actes du même genre qui supposaient des phrases plus polies, une forme plus soignée que la conférence , et dont profitaient les nouveaux bacheliers ou docteurs pour faire parade de leur érudition et de leur science canonique. Le premier est un exercice purement scolastique appelé Propositum. Le candidat bachelier qui se présentait pour le grade soutenait une argumentation devant les seuls docteurs *, et, dans les quinze jours qui suivaient, il devait accomplir son Propositum. Cet acte avait lieu à l'heure et dans la salle où désormais il enseignerait^, il consistait dans la décision motivée d'une ou de plusieurs questions canoniques suivie de la réfutation des opinions contraires. Le Propositum ressemblait donc beaucoup à la Repetitio, mais il avait un caractère public et était entouré d'une certaine solennité, son style était souvent précieux et ses idées affectées. Le manuscrit latin 12.461 B. N., que nous avons déjà cité à plusieurs reprises, renferme quelques discours de ce genre : un des plus intéressants, rédigé par un

docteur de la Faculté, commence ainsi : « Verum, Istud capitulum

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