‹ La faculté de droit et l'école central a BesançonChapitre 1 sur 35 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

siècle, une ère nouvelle a surgi » dans laquelle rhomme s'est senti comme transfiguré; il a répudié le triste apanage de l'ignorance ; le goût des sciences et des lettres s'est répandu peu à peu; il pénètre insensiblement dans toutes les dasses et il semble devoir être bientôt universel.

La civilisation moderne recherche avidement dans le passé les origines des temps nouveaux ; elle aime à remonter aux sources et à vérifier par elle-même les titres, la généalogie de l'esprit humain ; elle aime surtout à reconstituer, à l'aide de documents authentiques, les grandes figures de ces savants d'autrefois, qui furent les éclatantes personnifications ds leur époque et les précurseurs de la nôtre ; cette étude, dans laquelle la curiosité du passé se mêle à un louable sentiment de respectueuse gratitude, la conduit à penser que nos aïeux de l'intelligence n'étaient point inférieurs à leurs descendants. Ils nous apparaissent^ au contraire, dans le jour lumineux de l'histoire, avec une physionomie d'une originalité souvent saisissante. Les ombres qui l'entourent semblent lui donner encore plus de relief. On est surpris de ce qu'il y avait chez ces hommes, de rares aptitudes, de facultés exceptionnelles , de puissance, de fécondité et de vie. Il est vrai qu'ils concentraient entièrement leurs efforts et leurs travaux sur un point déterminé de la science ; ce qu'ils perdaient en su-

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perficie, ils le regagnaient en profondeur; ils n'avaient pas ce don de diversité qui permet à l'homme d'embrasser de nos jours, dans la sphère si limitée de son esprit, l'infini des lettres et des sciences; ils étaient moins universels, mais plus substantiels et plus solides ; ils savaient moins , mais ne savaient-ils pas mieux? La supériorité en toutes choses n'exige-t-elle pas, même pour les plus vastes intelligences, le choit d'un objectif spécial vers lequel doivent converger tous ses travaux? Si le jurisconsulte romain voyait dans le droit la science de toutes choses, divines et humaines, ce programme ne signifiait-il pas seulement que cette science exige nn ensemble de notions générales de nature à donner plus de ressort et de nerf à l'esprit , sans qu'il doive aspirer pour cela à tout embrasser et à tout connaître ?

Sans doute, le droit est la mise en œuvre d'idées morales qui en sont l'origine et la source; il puise aussi ses principes dans des traditions générales qui sont comme le fonds commun de l'humanité; par là il se rattache à l'histoire et à la philosophie ; il a aussi des règles qui s'appliquent au gouvernement des Etats; aussi voyons-nous un certain nombre de nos vieux légistes , comme Dumoulin, prendre une part active aux événements politiques et aux passions de leur temps ; mais il en est bien d'autres, comme Pothier et Cujas, qui restaient confinés dans l'édit du

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préteur (^\ et qui trouvaient assez vaste le champ de leur moisson, en se bornant à chercher dans l'étude des textes le sens des lois positives. Tel est, en effet» l'art des jurisconsultes, et c'est par là que ces princes de la jurisprudence ancienne nous ont légué d'impérissables monuments. Ils étaient rares ces hommes qui vivaient dans les régions du droit pur et se vouaient exclusivement au culte de la science. Les temps n'étaient pas propices aux travaux de l'esprit : des guerres incessantes dévoraient les générations qui se succédaient dans le monde et laissaient peu de place aux calmes méditations qu'exige le développement de l'intelligence. Une forte vocation Retenait seule et groupait un petit nombre de fervents disciples autour de ces chaires que nos vieilles universités , auxquelles était confié le dépôt des connaissances humaines, avaient créées pour Tenseigneoient des sciences juridiques.

L'histoire de nos anciennes universités se lie à celle de la civilisation; elles formaient dans les grandes cités des centres dans lesquels des esprits éminents venaient chercher un refuge contre les bruits du dehors et les agitations des partis; elles étaient comme des monastères laïques, dont le travail était le culte, et qui s'attachaient à transmettre

(1) Nihil koe od ediettun prœtorù»

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