La faculté de médecine de l'université d'Aix au dix-huitième siècle. Rupture de son union avec la Communauté des Maîtres-Chirurgiens de la ville d'Aix
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La Faculté de médecine de l'Université d’Aix au dix-huitième siècle (*) - Rupture de son union avec la Communauté des Maîtres-Chirurgiens de la ville d’Aix
Par Georges FLEURY
Bibliothécaire en chef honoraire de l'Université d'Aix-Marseille
La première réforme importante de Louis XIV concernant les études supérieures avait porté sur le Droit et son édit d’avril 1679 pour le rétablissement des études de droit canonique et civil et du droit français dans toutes les Universités du royaume, complément naturel de sa réforme des Codes, commencée treize ans auparavant, marquait une ëre nouvelle dans l’enseignement du droit, qui devenait un véritable service public, dirigé par le chancelit' de France et soumis à des règles uniformes.
Son édit de mars 1707, qui portait règlement pour l’étude et l’exercice de la médecine, n’a pas eu une influence moins considérable sur le progrès des études supérieures, en même temps, qu’il intéressait au plus haut point la santé de tous ses sujets.
Il avait été précédé d’une enquête auprès de toutes le"; Facultés de médecine, par l’intermédiaire des intendants, pour connaître leur avis sur la réforme projetée, dont la nécessité se faisait encore plus sentir que pour les études de droit, à cause du relâchement qui régnait dans toutes les Ecoles de Médecine, si on exceptait celles de Paris et de Montpellier.
L’Université d’Aix, qui vraisemblablement ne formula pas son avis au Roi, se soumit sans protestation à l’Edi t de 1707, portant règlement pour les Facultés de Méde-
(1) Pour l’histoire de la Faculté de Médecine de l’Université d’Aix avant le xvm» siècle, voir l’ouvrage si documenté de M. Ferdinand Belin, ancien Recteur de l’Académie d’Aix : Histoire de l’ancienne Université de Provence oit Histoire d’une Université provinciale sous l'ânciëh régime, d’après les mss. et les documents originaux. l re période 1409-i679, 2 e période l re partie 1679-1730 {Paris, A. Picard et fils, 1896-1905, 2 vol. in 8°),
M. G. FLEURY
cine, dont elle fut d’ailleurs obligée de demander copie au Parlement.
Quelques années après, à la. date du 21 mars 1712, était rendu un arrêt du Conseil d’Etat du Roi, portant règlement pour l’Université d’Aix, qui est un document de la plus grande importance, car il fut édicté par le Conseil du roi après que celui-ci eut reçu, pour éclairer sa religion, un grand nombre de mémoires de toutes les parties en cause, qui étaient nombreuses, mais surtout des professeurs et des docteurs. En assurant sans contesté aux professeurs la suprématie que les docteurs avaient d’abord possédée dans l’Université, puis qu’ils avaient perdue peu à peu au cours du xyn e siècle, ce règlement, demeuré en vigueur jusqu’à la Révolution,' a donné à l’ancienne Université un caractère d’Université professorale, qu’elle a conservé pendant la dernière partie de son existence.
Nous avons reproduit aux pièces justificatives les articles de ce règlement qui s’appliquaient à .la Faculté de Médecine. On pourra constater que ceux-ci ne manquent pas dose référer à l’Edit de 1707, mais qu’ils conservent lès usages particuliers à cette Faculté en tant que .ceux-ci n’étaient pas contraires à l’édit royal.
On y verra aussi que dans l’ordre des préséances, la Faculté de Médecine occupait dans l’Université d’Aix le dernier rang, tandis que le premier était tenu par la Faculté de théologie et le deuxième, par la Faculté de Droit. Toutes trois étaient des facultés .supérieures par rapport à la Faculté des Arts, qui, après une existence très éphémère au commencement du xvir siècle, n’a fonctionné au sein de l’Université d’Aix que de 1763 jusqu’à la Révolution.
Mais au regard de la Faculté de droit principalement, la Faculté de médecine, bien qu’étant comme elle une faculté supérieure, n’occupe dans l'Université qu’une placé bien insignifiante. La cause en est sans doute dans le voisinage si proche de. la Faculté de-médecine de Montpellier, qui continué à jouir d’une renommée universelle:
trouve rture solennelle des cours avait lieu le 18 octobre, jour de la Saint-Luc. .Chaque professeur à son tour y prononçait le discours d'usage. Après cette séance d’apparat, qu’honoraient de leur présence les autorités de la ville; municipales, judiciaires et autres, commençaient immédiatement les cours, dont un programme affiché en divers
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