‹ La faculté de médecine de l'université d'Aix au dix-huitième siècle. Rupture de son union avec la Communauté des Maîtres-Chirurgiens de la ville d'AixChapitre 2 sur 11 · I - HO]&ÏLISSJMu5 D: JOSEPH'US-TR-ANCISCXJS BENOÎT · texte numérisé non relu

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Programme des Cours de VTJmversite pour Vannée scolaire 1751-1752.

(Reproduction d’un programme orné d’un frontispice aux armes de l’Université d’Aix et de l’Archevêque de Brancas, qui appartient à M. Ferrier).

M. G. FLEURY

endroits avait au préalable indiqué les matières qui seraient traitées par les professeurs de toutes les facultés.

La bibliothèque de l’Université d’Aix possède plusieurs de ces programmes se référant aux années 1732, 1734, 1735, 1738, 1739, 1751, 1755 et 1759 ; comme ils paraîtront modestes en comparaison d’un programme des cours d’une seule faculté de nos jours.

Et cependant, les professeurs consacraient alors à leur enseignement, du moins sur le papier, beaucoup plus de temps que les professeurs actuels, .car ils devaient, faire leurs leçons tous les jours à l’exception des fêtes et des

• jeudis. La durée de celles-ci était d’une , heure et demie, dont ils employaient une heure à la dictée et à-1’explication de leurs cours, et la dernière demi-heure à des exercices faits par les écoliers. Toutes les leçons étaient données en latin.

L’année scolaire se terminait le 24 juin, jour de la Nativité de Saint-Jean-Baptiste.

Les examens et soutenances de thèses avaient lieu même' pendant les vacances.

Les salles dans lesquelles les professeurs distribuaient leur enseignement, et qui comprenaient en tout deux pièces leur appartenant en propre, dont l’une servait de salle de cours et l’autre, dite amphithéâtre d’anatomie, était réservée aux dissections, faisaient partie de l’édifice dont'la restauration à peu près complète fut effectuée de 1741 à 1743. donnant à sa façade l’aspect quelle a conservé jusqu’à nos jours.

La salle d’apparat de 1 Université, dénommée .salle des actes, était mise à la disposition de la Faculté de Médecine pour les soutenances de thèses de baccalauréat, de licence et de doctorat.

Ces locaux qui nous paraîtraient aujourd’hui bien exigus

• étaient cependant très suffisants pour la Faculté de Médecine d’Aix, qui même dans ses plus beaux jours n’avant jamais compté plus d’une vingtaine d’étudiants, n'en verra pas autant s’asseoir sur ses bancs au xvm é siècle. Leur chiffre ne dépasse généralement pas quinze, auxquels quatre professeurs étaient chargés de distribuer .un enseignement journalier, qui par suite du petit nombre d’élèves aurait dû leur être très profitable. Mais grande était la> négligence avec laquelle ces professeurs, pour qui leur titre était surtout un moyen de réussite auprès de la clientèle, remplissaient leurs.fonctions universitaires.

Ceux même qui possédaient le plus de notoriété,

Pascal Faure de Beauforï ; Médecin Ordinaire du Roy ; Professeur de Médecine à VUniversité d’Aix de 1749 à d’après un portrait appartenant à M. de Tailhas

vnmdp dp viinivrr^Uê (Reoroduction d’une lithographie tirée de l’ouvrage de M. Roux- ALPHÉRAN d - Les^ues d’Aix,^toSe I) La seule modifjWion apportée à cette façade depuis 1742 est la sculpture du fronton par Ferrât en 1888.

n’avaient pas tardé à abandonner la petite Faculté de médecine d’Aix pour aller à Paris occuper des postes beaucoup plus en vue et surtout plus rémunérateurs. L’un d’eux est le célèbre Lieutaud, neveu du fameux botaniste Garidel, qui après avoir été le médecin des Enfants de France, devint celui du roi Louis XVI (1) ; l’autre, Faure de Beaufort, exerça également la pratique de son art dans la capitale en qualité; de médecin ordinaire du Toi et de premier médecin du comte de Clermont.

Mais l’absence de ces deux maîtres qui n’avaient pas été remplacés, parce qu’ils conservaient leurs émoluments, provoqua en 1761 les plaintes des étudiants, mécontents de ne plus recevoir les leçons que de deux professeurs (2).

L’enseignement qui était donné à cette époque dans les Facultés de Médecine, était d’ailleurs bien rétrograde, car, s’appuyant encore sur Hippocrate et sur Galien, il ne faisait pas suffisamment de cas de sciences qui ont acquis depuis toute l’importance qu’elles méritaient, comme l’anatomie et la physiologie et aussi la chimie et la physique.

Quant à la pratiqué hospitalière, qui est essentielle pour la formation du médecin, nous voyons que les professeurs d’Aix ne la négligeaient pas, car ils avaient l’habitude d’être suivis de tous leurs élèves dans les visites qu’ils faisaient deux fois par jour à l’hôpital Saint-Jaeques, alors qu’ils v étaient de quartier, quoique, en 1745. les étudiants en médecine eussent dû présenter un mémoire instructif (3) pour conserver le droit d’accès à l’hôpital.

Les mêmes recteurs de l’hôpital général Saint-Jacques, qui s’efforçàient d’interdire aux étudiants en médecine l’accès de cet établissement, dont la fréquentation leur était cependant si nécessaire pour acquérir une pratique

(1) Chavernac (D r Félix) Le botaniste Garidel et son neveu Lieuiâud, médecin ae Louis XVI. Marseille, typ. Marius Olive, 1877, 1 plaq. in 8 & .

(2) Archives de l’Université, Registre 18; f° 944 v°-945. Délibération du 5 février 1761 au sujet des absences des professeurs en

• médecine. Plaintes dés étudiants au sujet de l’absence de deux de leurs professeurs (les sieurs Lieutaud et Faure) sur quatre. Le Recteur écrira à Mgr. le Chancelier, pour lui demander de permettre à la Faculté dè médecine de subroger un docteur agrégé à la place des professeurs absents, si ceux-ci ne s’acquittent pas eux-mêmes de ce soin, ainsi qu’au Recteur de l’Université de Paris pour le prier d’appuyer la susdite requêtë-

(3) Mémoire instructif pour les étudiants en médecine de l’Uniyersité d’Aix, demandeurs en requête du 4 may et du juin derniers, tendantes à être maintenus dans le droit èt possession d’entrer dans l’hôpital général, contre les Recteurs et administrateurs d’icelui ôpposâns. Aix, 1745, p. in f é 20 p . (Bibl. Marseille, B. M. z dd 11).

M. G. FLEURY

suffisante de leur art, montraient une mauvaise voionté non moins manifeste vis-à-vis du professeur anatomiste en ne lui accordant que très parcimonieusement les cadavres, que celui-ci était obligé de leur réclamer avec la plus vive insistance en vue de ses dissections.

- Une preuve de cette mauvaise volonté nous est fournie par une première requête adressée au Parlement parle professeur Tournatoris et les étudiants en médecine, le . 1er mars 1785, à l’effet d’obtenir des' recteurs de l’hôpital Saint-Jacques la fourniture des cadavres nécessaires pour le cours d’anatomie, puis par une seconde, signalant que les recteurs avaient déjà opposé le même refus au professeur Lieutaud et qu’ils furent cependant condamnés à fournir les cadavres nécessaires. Nous regrettons de constater que l’arrêt de la Cour du 16 mars 1785 fut plutôt favorable, aux recteurs (1).

C’est sans doute à cause de leur turbulence et du désordre qu’ils occasionnaient dans les salles de malades, que les Recteurs de l’hôpital Saint-Jacques avaient. voulu en interdire l’entrée aux étudiants. Leur sagesse en effet n’étàit pas plus exemplaire que celle de leurs camarades - de toùs les temps et de tous les pays et, soit à l’intérieur de l’Université, où .leurs rixes avec les compagnons chirurgiens étaient fréquentes, soit au dehors de l’Université, .c’est-à-dire dans les rues, au jeu de mai!, au théâtre et autres lieux.de plaisir, ils montraient une. pétulance qui, tout en étant de leur âge et bien dans les mœurs des, étudiants, dépassait quelquefois les bornes.

Les règlements de 1707 et de 1712, dont nous donnons une copie aux pièces justificatives, nous apprennent que la durée des études pour obtenir le grade de licencié, qui était le diplôme nécessaire pour exercer la médecine, était de trois ans, pendant lesquels les étudiants étaient-tenus de prendre douze inscriptions trimestrielles. Avant de prendre la première inscription-, il leur fallait justifier qu’ils 4 possédaient le grade de maître ès-arts, qui est un titre équivalent aü baccalauréat actuel de l’enseignement secondaire.

Leur assiduité aux cours et leur exactitude à prendre les leçons dictées par les professeurs donnaient lieu . de la part de ceux-ci à des attestations annuelles, qui étaient consignées sur un registre spécial, dont là présentation était prévue au moment des examens. Après avoir rempli

(1) Chavernac (D r Félix) Lé Docteur Toumatoris. Sa-vie et ses manuscrits. Marseille, 1871, 1 plaq. in 8° pp. 36-38, 41, 46.

LA FACULTÉ DE MÉDECINE D’AIX AU XVm 6 SIÈCLE

toutes ces conditions, les étudiants pouvaient être admis au grade de bachelier après deux ans de scolarité, à celui de licencié après trois ans et à celui de docteur .après quatre ans, et avoir subi six examens et soutenu des thèses publiques pour chaque degré.

De 1730 à 1792, il y eut 136 réceptions de bacheliers, 131 de licenciés et 122 de docteurs.

Les sommes à payer pour les inscriptions et les actes de la Faculté de médecine sont indiquées sur un tableau où tarif annexé au règlement de 1712.

Un moyen très efficace d’exciter l’émulation à la Faculté de médecine aurait été l’institution des concoürs pour le recrutement des professeurs,

Sur trois concours auxquels donnèrent lieu, au cours du xvm’ siècle, des vacances de chaires en médecine, un seul eut lieu à Aix.

Ses opérations se déroulèrent du 1er mars 1714 au 7 juillet 1715 (1).

Nous allons en retracer les péripéties pour faire connaître dans tous leurs détails les épreuves que devaient subir les aspirants aux chaires de médecine.

Délibération des sieurs députés pour donner les points aux aspirants à la chaire de botanique vacante en médecine.

On a procédé à la distribution des matières tirées par la Faculté de médecine et représentées à l’Assemblée par le député de cette Faculté, lesquelles ont été tirées au sort et à M e Albert Rouard, professeur subrogé, serait échu un billet contenant Ces paroles : medicamentorum simpli- .'dura vegetabilium per inferiora evacuantium essentiam ,

. differentias agendi rationem casus et species referre ;

A M* Joseph Mignard, professeur subrogé : em Hippocratica melhodus omnium tutissima ;

... A M* Claude Castillon, docteur "agrégé : occuli anatho- . rnen illiusque partium usum simili et morbos declarabit ;

A M® Jean-Joseph de Regina, docteur agrégé : an fœtus in utero rrmterno respiret et quo succo nutritur et per quas vias ;

A M e Jean-Baptiste Joannis, docteur agrégé : de patho logia in généré ;

(t) Archives de VUniversitê. Registre 100, f 8 129-159.

M. G. FLEUBY

Sur lesquelles matières les eontendants feront des leçons publiques pendant un mois.

Délibération des sieurs députés pour les matières des eontendants en médecine , 3 mars 1714.

Deux nouveaux aspirants reçoivent les matières suivantes :

Le s r Augustin Castagny, de la ville de Sisteron, docteur en médecine. : utrum purgantia élective agant poenes hurnores

Le s r Pierre Emerat de Tourtour : Âphrodisiacorum et antiaphrodisiacorum medicamentorum essentiam agendi rdtionem et morbos in quibus conveniunt erudire.

Délibération des sieurs députés, 7 novembre 1714.

Présentation des matières prises par la Faculté de médecine dans l’Assemblée d’aujourd’hui pour être distribuées aux aspirants des chaires vacantes ; il est tiré au sort et distribué à M e Albert Rouard, professeur subrogé les trois questions suivantes pour la soutenance de ses trois thèses : an febribus intermiüentibus cortex peruvianus ; an herpeti usus internus fumariæ ; an alimenta ex plantis quam ex animalibus salubriora.

Après que les trois thèses seront finies, on distribuera de nouvelles matières aux autres prétendants à la chaire.

Délibération des députés, 7 décembre 1714.

Distribution au s r Joannis, docteur agrégé, prétendant à la chaire de médecine vacante, de ses matières pour ses trois thèses qu’il soutiendra les 3, 4 et 5 janvier 1715: : an sc.orbuto nashertium aquâticum ; an 'ex vegetabilibus panascea ; an ictero flavo chelidoneum majus.

Délibération des députés, du 7 janvier 1715.

Distribution au s r Mignard, docteur agrégé des 12 anciens professeur subrogé, de ses matières : an dissenterise opium ; an ex simpliçibus sine préparatione et coctione possint erui remédia certissima ; an empyemati decoetum hederæ terrestris.

Délibération des députés du 8 février 1715.

On. distribue au docteur Castagne les matières suivantes : an odore , sapore, colore , aliisque attributis dignosci possint virtutes plantarum ; an arthemisia histeriçis, et sit rutæ præferend:a ; an morbo pediculari staphis-agfia.

On distribue au docteur Pierre Emerat, de l’Université de Gahors ses matières : an plantæ parasitas iisdem virtu-

LA FACULTÉ DE MÉDECINE D’AIX AU XVIII e SIÈCLE 9

tibus polleant ac plantæ quibus innascuntur ; an epilepsiæ radix valerianæ silveslris ; an asparagus chlorosi.

Délibération des députés du 11 avili 1715.

On distribue au s r Castillon, docteur agrégé du nombre des douze anciens, ses matières pour les thèses : an ex urdca planta alimentum, medicamentum et venenum ; an corallina specificum anthelminticum ; an arthridi sarca parïlla.

Délibération des députés du 17 mai 1715.

On a distribué à M e Jean-Joseph de Regina, du nombre des 12 anciens, les trois questions suivantes : an dissenteriæ hypecacuana ; an ariotexiæ decoctum absinthii ; an emetica ex plantis quam ex mineralibus tutiora.

Délibération de VUniversité du 7 juillet 1715.

Déclaration de l’élection par la Faculté de médecine du sieur Albert Rouard à la chaire de Botanique.

Opposition à son installation faite par les sieurs de Cas- ■ tillon, Joannis et Emerat, fondée sur ce que l’élection faite le jour précédent par la Vacuité était contraire aux articles 77 et 80 du règlement de 1712 et à l’article 6 de l’édit de 1707, mais il est procédé à cette installation après que le sieur de La Rouvière, syndic, eut démontré que la chaire de botanique étant comprise par l’article 72 du règlement de 1712 au nombre des chaires de ville et soumise uniquement aux formalités prescrites pour la dispute de ces chaires, d’après l’article 81 du règlement de 1712, on devait procéder à l’installation des élus à ces chaires le lendemain de leur élection.

Les opérations des deux autres seuls concours qui furent institués postérieurement à 1730, — car à la Faculté de médecine, aussi bien qu’à la Faculté de droit', presque toutes les nominations de professeurs furent faites directement par le roi, — eurent lieu devant la Faculté de médecine de Montpellier. Le premier fut précédé d’un arrêt du Conseil d’Etat du roi, portant réunion des chaires de botanique et de chimie dê l’Université d’Aix et renvoi pour le concours en celle de Montpellier, du 25 juin 1752.

La chaire de chimie était supprimée par cet arrêt, et sa disparition ne causa aucun émoi dans la Faculté, parce que n’étant pas pourvue de gages fixes, elle n’avait jamais été beaucoup recherchée.

Il ne restait dus que quatre chaires de professeurs pour le règlement desquelles fut rendu un arrêt dû Conseil d’Etat du roi du 25 septembre 1769.

Quant au deuxième et dernier concours, c’est également devant la Faculté de. médecine de Montpellier qu’il fut renvoyé par un arrêt du Conseil d’Etat du roi du 3 janvier 1784, qui ordonna que la chaire de botanique vacante en . 1 Université d’Aix serait, pour cette fois seulement et sans tirer à conséquence, mise au concours en l’Université de Montpellier.

Le renvoi de ces deux concours devant une autre Faculté que celle d’Aix avait été ordonné conformément à l’article 8 dé l’édit de 1707 sur l’exercice de la médecine, portant que lorsqu’il ne se trouverait pas dans une Faculté de médecine sept agrégés au moins en état d’assister à la dispute des chaires ' vacantes, la dispute serait renvoyée de plein droit devant la Faculté la plus proche et il fournit une preuve que la Faculté de médecine d’Aix était dans un état de décadence tel, que le nombre de ses docteurs agrégés, qui aurait dû être de 12, ne s’y trouvait plus au complet.

Mais .le chiffre réduit de ses membres ne l’empêchait pas de remplir auprès des Consuls d’Aix, Procureurs du Pays, le rôle d’un Conseil d’hygiène, analogue au Conseil juridique que constituaient à l’occasion pour ces magistrats, vé- ritables administrateurs de la Provence, les professeurs et les docteurs abrégés de la Faculté de Droit, tandis que la Faculté.de Théologie exerçait une fonction de censure des livres soumis à son examen.

Et, cependant, elle exerçait encore un contrôle étroit sur ; la communauté des maîtres apothicaires d’Aix, qui fut même obligée, pour être rétablie dans sa juste prérogative de participer avec .les professeurs royaux en médecine aux visites prescrites par les règlements des boutiques des maîtres apothicaires privilégiés de la ville d’Aix, de faire appel au Parlement, qùi le 2 août 1745, rendit un arrêt faisant droit à sa requête (1).

(1) Arrêt de la Cour du 2 me août 1745 en faveur des appotiauaires d’Aix. — Sur la requette présentée à la Chambre or tonnée, durant les vaccations par le slndie des maîtres apoticaires de l’Université de cette ville d’Aix, contenant qué pour éviter la négligence où les abbus qui peuvent être commis dans l’art de pharmacie, les visites des drogues et médicaments qui sont dans les boutiques des maîtres ont été reconnues nécessaires dans tous les temps pour l’interest et la santé du public. Les apoticaires trouvent dans la transaction passée entre'eux et l’Université de cette ville du 28 novembre 1557 crue le soin de ces visites fut confiée à leurs jurés èt que par sentance du lieutenant de cette villedu 9 e novembre 1576 ces visites furent ordonnées deux des principaux docteurs en médecine appéllés. La présence des jurés dans pareilles visites est exactement observée dans la ville de Paris ou les docteurs en médecine ont été authorisés d’assister et lors de lq visite que la Cour ordonna en 1743 lorsqu’il fut question de

LA FACULTÉ DE MÉDECINE D’AIX AU XVIII e SIÈCLE

Mais son zèle pour la surveillance des maîtres apothicaires ne" laissait pas parfois d’être en défaut, car la mission lui ayant été confiée par un arrêt de la Cour d’août 1745 d’élaborer un Code de pharmacie, elle ne dut pas mettre grand empressement à la remplir, puisqu’au mois de décembre 1751 la Faculté de médecine prenait une délibération, qui fut approuvée dans une nouvelle assemblée de la Faculté du 15 janvier 1752, par laquelle elle chargeait les sieurs de Régina, Mollinard, Faure et Pellicot, en

faire faire le rapport des drogues et médicamens de la boutique de Daumas les jurés et sindics des apoticaires furent appelles et du depuis la Cour ayant trouvé bon de faire faire une nouvelle visite elle fut faitte sans y appeller les apoticaires ce qui est une pure obmission puisque la Cour n’a pas prétendu les priver de leur assistance qui est nécessaire pour Finterest public, parce que les jurés sont principalement établis pour ces visites par la transaction de 1557, qui fait partie des reglements du corps et qu’il ne convient pas qu’ils soient exclus de maintenir la discipline et de faire exécuter les règlemens en les privant de leur assistance à ces visites, et d’ailleurs quelque habileté que puissent avoir les docteurs et professeurs en médecine qui n’ignorent pas la théorie et la spéculation il est dangereux qu’il ne leur eschaçe bien des choses que la seule pratique journalière peut faire découvrir, et comme ils sont jaloux de participer à l’exécution des ordonnances et des arrests de règlement de faire maintenir le bon ordre dans leur corps et de veiller à la santé du public requièrent le bon plaisir de la Chambre soit permettre au d. sindic de faire faire la visite dans toutes les boutiques des M ea apoticaires et privilégiés de cette ville par les maîtres jurés du corps en présence et appellés deux des professeurs royaux en médecine de l’Université de cette ville tous lesquels dresseront procès verbal de leur visite pour le faire ensuite homologuer et exécuter le cas escheant en prévenant neantmoins à l’avance le procureur général du Roy, pour y assister si bon luy semble avec un ou plusieurs commissaires de la Cour, laquelle visite sera faitte tous les ans ou toutes les fois que la Cour le trouvera bon.

Veu le certificat des gardes des apoticaires de Paris du 30 avril 1745, signe Bardon lice Barel, la requeste dont s’agit signé. Topin Simon, appointée d’un décret de soit montré au procureur général du Roy dujourd’huy les conclusions n’empeschant les fins requises signées Rippert de Monclar la recharge oüy le rapport de M. Joseph François de Gallice, chevalier seigneur d’Aumon Bedejun la Chape et autres lieux, con r du Roy tout considéré il sera dit que la Chambre ayant égard à la ditte requette a permis et permet au sindic des maîtres apoticaires de l’Université de cette ville d’Aix de faire, faire la visite dans toutes les boutiques des maîtres anoticaires et privilégiés de cette ville par les maîtres jurés du Corps en présence et appellés deux des professeurs royaux en médecine en l’Université de cette ville tous les quels dresseront procès verbal de leur visite pour le faire ensuite homologuer et exécuter le cas esehéant en prévenant néantmoins à-l’avance le procureur général du Roy pour y assister en présence de commissaires de la Chambre s’il y escheoit laquelle visite sera faitte toutes les fois .que le cas le requerra et au moins Une fois dans l’année.

Malinvekny. Gallice.

Présents : Mons r le président de Malinvemy,Mssrs les conseillers de Parade, doyen de Boude, de Blanc, Mondespin, d’Espreaux, de St Vincens, Gallice.

Délibéré Je second août 1745. ...

Arrest à la barre du Parlement 2« semestre 1745.

remplacement- des sieurs Berthier, décédé et Lieutaud, absent, de procéder à la confection du Code de Pharmacie ordonné par le susdit arrêt de la Cour (1).

Combien enfin nous éprouvons d’étonnement à lire le récit détaillé, que nous donne M. Mouan (2), des difficultés survenues entre l’Université d’Aix et les apothicaires pour une question de préséance à l’occasion de la fête donnée en 1744 par l’Université pour célébrer l’heureuse convalescence du roi Louis XV, à laquelle voulaient participer les maîtres apothicaires (3). -

L’arbitrage seul de l’archevêque, après de longs pourparlers, réussit à pacifier ce conflit.

Une autre communauté beaucoup plus importante que celle des maîtres apothicaires, la communauté des maîtres chirurgiens de la ville d’Aix, après avoir gravité dans l’orbite de la Faculté de médecine jusqu’en 1741, se sépara d’elle cette année-là, et en recouvrant son autonomie, ne tarda pas à devenir la rivale fort dangereuse du -corps auquel elle avait été agrégée si longtemps (4).

Pendant les 70 dernières années de cette agrégation, les chirurgiens avaient occasionné à l’Université beaucoup. plus de tracas et de frais qu’ils ne. lui avaient procuré d’avantages et de profits, car obligée de défendre même à ses dépens leurs prétentions et leurs droits, elle avait soutenu contre les premiers chirurgiens du roi une lutte, dont la dernière phase va de 1730 à 1740 et qui se termina par un arrêt du Conseil d’Etat du 12 décembre 1741. Par cet arrêt, l’Université était dépossédée de son privilège plus que séculaire de délivrer dés lettres de maîtrise en chirurgie valables pour, le ressort de toute la province, tandis que les premiers chirurgiens.dû roi obtenaient sans conteste « toute inspection et juridiction sur toutes les communautés de Chirurgiens de la Provence.’ »

(1) Archives de l’Université, Registre 101, f° 134 v°.

(2) Mouan (J. L. G.) : Un conflit au xvm e siècle {en 1744} entre l’Université et les apothicaires d’Aix. Marseille, 1866, 1 plaq. in 8°.

(3) Méjanes, Ms 779 Provence, Recueil M, pièce 20.

Pistoye : Lettres à un de ses amis, Aix, 1744, in 12, pp. 53-57.

Archives de l’Université, Reg. .101, f° 102.

(4) Notre intention étant de publier prochainement une histoire de la Communauté des Maîtres Chirurgiens d’Aix avant 1a. Révolution, d’après des documents inédits, nous recevrions avec la plus vive gratitude toute communication concernant cette importante corporation.

LA FACULTÉ DE MÉDECINE D’AIX AU XVm e SIÈCLE 13

Le célèbre de La Peyronie était alors premier chirurgien du roi. Sous son impulsion, l’art de la chirurgie fait les plus rapides progrès, au regard de la médecine qui demeure pour ainsi dire stationnaire ; des écoles de chirurgie sont fondées à Paris, à Montpellier et ailleurs, qui manifestent- aussitôt une activité scientifique extrêmement féconde.

Les chirurgiens d’Aix s’efforcent de ne pas demeurer en arrière de ce mouvement; et la lecture de leurs délibérations est très suggestive à ce point de vu.e.

On y relève successivement l’institution de consultations. gratuites hebdomadaires pour les indigents, de conférences également hebdomadaires, au cours desquelles chacun à son tour exposera une question donnée d’art chirurgical, devant ses confrères, qui lui formuleront leurs observations, les marques de l’intérêt qu’ils prennent à assurer de leur mieux les services de chirurgie à l’hôpital Saint- Jacques, la création d’une bibliothèque entretenue aussi bien par des dons que par des acquisitions, et les discussions auxquelles donne lieu la fondation d’une Ecole de chirurgie, dont l’établissement sera réalisé par les lettres patentes du 9 mai 1767.

Six places dé professeurs démonstrateurs, dont les premiers se nomment Pontier, pour la physiologie ; Pellicot, pour la pathologie ; Baudier, pour la thérapeutique ; Estienne, pour l’ostéologie ; Roccas,. pour les opérations et les accouchements ; Boinet, pour l’anatomie, étaient prévues pour cette Ecole royale de chirurgie, qui fit l’ouverture solennelle de ses cours le 15 novembre 1769, mais dont l’existence pleine de promesses fut malheureusement très courte, puisqu’elle ne subsista que jusqu’àifa Révolution.

L’édit de 1707, sur l’étude et l’exercice de la médecine, n’avait pas réussi à insuffler une vie nouvelle à la Faculté de médecine de l’Université d’Aix, pas plus qu’aux autres Facultés de médecine du royaume, hormis celles de Montpellier et de Paris.

Quoiqu’elle ait compté au nombre de ses maîtres, au xviii 8 siècle, plusieurs médecins très honorablement connus, tels que Lieutaud, qui après avoir rempli une carrière assez longue à Aix, devint premier médecin du roi Louis XVI, Tournâtoris, ostéologue et anatomiste réputé, le médecin Faure et-le chirurgien Pontier, bien faible est

M. G. FLEURY

dans cette dernière période son prestige, qui n’avait jamais été bien grancL

Il y avait en effet beaucoup trop d’écoles de médecine en France et c’était peut-être une des causes de leur insuffisance, qui tenait aussi au nombre restreint des professeurs de chacune d’elles. Celle d’Aix, en 1784, n’avait-elle pas été incapable, par suite du petit nombre de ses docteurs agrégés, de constituer avec ses propres membres le jury du concours à la suite duquel il devait être pourvu à la chaire de botanique vacante par le décès du sieur Darluc et pour ce motif,, la mise au concours de cette chaire n’avait-elle pas été renvoyée devant l’Université de Montpellier ? ,

Nous n’insisterons pas, parce qu’il en a déjà été question, sur le caractère routinier de l’enseignement que distribuaient ces professeurs peu nombreux à des étudiants relativement moins nombreux encore. Cette insuffisance scientifique n’était pas spéciale à la Faculté de médecine d’Âix. La plupart des facultés de médecine du royaume en étaient atteintes. Aussi, certains cahiers de doléances de 1789 demanderont-ils leur suppression pour ne laisser subsister que les facultés de Paris et de Montpellier. Celui d’Arras même renferme un plan complet d’études médicales, comportant six années d’études, sans compter les deux années de philosophie, nécessaires pour obtenir la maîtrise ès arts.

Pour obtenir le titre qui permit d’exercer l’art de guérir dans une ville, ce plan prévoyait une première thèse publique pour le baccalauréat, une seconde pour la licence à la fin de la quatrième année, et enfin, la sixième année, un examen d’une durée de quatre heures comme pour les deux précédents actes, et portant sur toutes les parties de la médecine tant théoriques que pratiques ; mais pour les villages, il réclamait des futurs praticiens une instruction beaucoup moins étendue (1).

Une science professée par un régent de la Faculté de médecine d’Aix, qui avait joui, d’une grande vogue dans cette ville, était la botanique. Elle avait eu dans le passé des professeurs illustres tels que le savant Pierre de Garidel. Michel Darluc, son avant-dernier professeur, auquel la publication d’une histoire naturelle de la Provence, en trois volumes, a procuré une notoriété légitime, eut la

(1) Duméril (A.). — Les vœux des cahiers de 1789 relatifs à l'Instruction publique. Toulouse, 1880, in 8°, p. 36.

LA FACULTÉ DE MÉDECINE D’AIX AU XVm e SIÈCLE 15

satisfaction d’annexer à son cours un jardin botanique dont on sollicitait la création depuis fort longtemps, comme un complément indispensable des études de botanique et destiné à mettre à ce point de vue la Faculté de médecine d’Aix sur le même pied que celle de Montpellier.

Le duc de Villars, gouverneur de la Provence, ayantlégué en 1765 une somme de 120.000 1. au Collège royal de Bourbon et à l’Université d’Aix, pour la création d’une bibliothèque publique, d’un cabinet de médailles, d’un jardin botanique et de trois écoles, l’une de mathématiques, l’autre de physique et la troisième de dessin (1), très laborieuses furent les négociations engagées pour assurer l’exécution de ce legs, du moins en ce qui concernait le jardin botanique. Le legs fait par le duc de Villars ne devait sortir à effet qu’après la mort de ses héritiers. La province, sur les vives instances des professeurs et démonstrateurs de la Faculté de médecine, sè décida, en 1776, à faire l’avance d’une somme de 6.000 1. pour l’établissement d’un jardin des plantes et d’un laboratoire de chimie (2) sur un terrain situé sur l’emplacement actuel du boulevard Saint-Louis. Diverses sommes furent ensuite accordées pour la construction d’un bâtiment devant servir de laboratoire de chimie, l’acquisition de divers ustensiles et vaisseaux de chimie, ainsi que pour la mise en état du nouveau puits, destiné à l’arrosage des plantes (3).

Le professeur Darluc apporta tous ses soins à assurer un fonctionnement à peu près convenable de ce jardin, dont l’emplacement avait été malheureusement mal choisi, à cause de son exposition aux brûlantes chaleurs de l’été et aux'rigueurs de l’hiver, et qui subsista cependant jusqu’à la Révolution, époque à laquelle il fut coupé en deux pour l’agrandissement de la lice extérieure de Bellegarde à Saint-Louis.

Lorsque la Révolution éclate, l’excitation des esprits produite par les événements n’est guère favorable aux études et les cours sont désertés au profit des clubs. Il était facile de se rendre compté que les études supérieures et particulièrement celles de médecine étaient menacées

(1) Archives départementales des Bouches-du-Rhône, C 85, 1° 70 (1765).

(2) Cayer des délibérations de l’Assemblée générale des Communautés des Pays de Provence, février 1776, pp. 191-192.

(3) Ârch. dêpartemen. B.-du-R., C 744, f° 256, — C 746, f° 67 v°, —

M. G. FLEURY

à Aix d’une ruine à pèu près complète. Les étudiants, incertains sur le sort que réservaient aux Universités les projets en préparation sur l’instruction publique, et ne sachant s’ils y pourraient par suite conquérir les grades qu’ils recherchaient en vue de leur avenir, abandonnaient leurs écoles-et les grades délivrés devenaient de plus en plus rares.

Des incidents, dont quelques-uns très graves, augmentaient encore le désarroi qui régnait dans nos facultés.

L’Université ayant tenu comme à l’ordinaire, le 18 octobre 1790, sa séance publique d’ouverture des cours, sans que le Directoire du Département en eût été avisé, celui-ci écrivit aussitôt au Directoire du District pour lui manifester sa surprise de cette omission et, aussitôt sa réponse reçue, arrêta que l’ouverture des classes de ,l’Université serait renvoyée jusqu’à l’autorisation de la prochaine session du Conseil général du département (1).

Vainement l’Université prit une délibération (2) où elle démontrait sans peine l’inanité des reproches qui -lui étaient adressés concernant l’ouverture des écoles sans l’aveu du Directoire, l’usage de qualifications honorifiques proscrites par les décrets de l’Assemblée nationale sanctionnés par le roi et la possibilité, de voir se reproduire à ses séances publiques annuelles des démarches séditieuses semblables à celles -que s étaient permises certains gradués et faisait ressortir que tout s’était passé le plus correctement du monde dans cette ouverture qui avait donné lieu à une harangue du professeur en médecine Aude, contenant des éloges pour l’Assemblée nationale et pour la Constitution ; le Directoire, à la date du 26 octobre, prit la résolution de maintenir son arrêté (3), qui sans doute d’ailleurs ne fut jamais mis à exécution. Revenu à de meilleurs sentiments, il assista à l’ouverture des cours de l’année suivante (4).

Un incident, beaucoup plus sérieux, puisqu’il entraîna le remplacement de sept professeurs, fut celui que provoqua la prestation du serment civique, comprenant la cons-

(1) Archives départementales Bouches-du-Rhône, L. IV, 1, 117* séance, 18 octobre 1790.

(2) Archives de l’Université, Reg. 102, f° 41-45.

(3 ) Archives départementales B.-du-R., L. IV, 1, 132 e séance, 26 octobre 1790.

(4) Archives départementales B.-du-R., L. IV, 9, 18 octobre 1791.

LA FACULTÉ DE MÉDECINE D’AIX AU XVIII e SIÈCLE 17

titution civile du clergé, prescrit par l’article 3 de la loi du 22 mars 1791.

Les trois facultés supérieures se réunirent le 28 mai 1791 dans une assemblée, dont le procès-verbal montre les incertitudes et les troubles de conscience éprouvés par chacun de leurs membres, au moment de cette prestation que refusèrent tous les membres de la Faculté de théologie, quatre de celle de droit, à savoir les professeurs Pazery, Bovis, Si’méon et le docteur agrégé Leelerc et deux de la Faculté de médecine, Joannis et Tournatoris, ainsi que le recteur Autheman, mais que consentirent MM. Aude et Brémond, professeurs endroit, Roubaud, Goyrandet Bouteille, agrégés, Tabary et Jaubert, professeurs en médecine, et Aubert, Gibert, Pellieot, Courtassé, Bomier, Heiriès, Philip et Pontier, docteurs en médecine (1).

A la suite de ce refus, il était pourvu par un arrêté du Directoire du département du 17 juin 1791, à la nomination des sieurs Roux et Monfray comme professeurs à la Faculté de Théologie, Antoine-Pierre Jaubert, Henry Pellieot et François-Auguste Verdet à celle de droit et Aubert et Pierre-Claude Pellieot à celle de médecine (2).

La situation des professeurs, au milieu de toutes ces agitations politiques et sociales, n’était guère enviable, car d’une part, ils étaient toujours exposés à des dénonciations politiques, et de l’autre, leurs traitements, quoiqu’ils eussent été mis à la charge de la nation, sans subir aucune diminution (3), ne leur étaient payés que très irrégulièrement, tandis que la disparition des actes de gradués, amenait celle de leur casuel.

L’ouyerture des classes se fit encore cependant le 18 octobre 1792 à la manière accoutumée (4), mais ce fut la dernière, car un décret du 15 septembre suivant supprimait les Universités françaises, qu’un long et glorieux passé rendait dignes d’être conservées, non pas certes telles qu’elles étaient, -mais après avoir été profondément transformées.

(1) Li4RD (Louis). — L’Enseignement supérieur en France, tome 1, pp. 388-395.

(2) Archives de l’Université, Reg. 102, f° 54-56.

(3) Etat des gages des professeurs de l’Univrsitê d’Aix, 20 mai 1793, l re et 2 e chaires de la faculté de théologie : 500 1: et 300 1 ; ire, 2 e , 3 e et 4 e chaires de la faculté de droit : 900 1., 500 1., 500 1. et 240 1. ; l re , 2 e , 3 e et 4« chaire de Ta faculté de médecine : 900 1., 900 1., 600 1. et 120 1. (Bibliothèque de l’Université de Paris, Carton 26, I, Province, 1, B.-du-R., Université d’Aix, f os 3, 7, 8).

(4) Archives de l’Université d'Aix, Reg. 102, f° 62.

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Et si nous considérons spécialement la Faculté de médecine de l’Université d’Aix, celle-ci a rempli une carrière qui a duré près de trois siècles mais qui, certes, n’a pas brillé d’un très vif éclat. Ses gradués, qui ont toujours été en assez petit nombre,ne sont cependant ni moins instruits, ni moins habiles dans leur art que ceux de la Faculté de médecine de l'Université d'Avignon, sa voisine et sa rivale, qui avait la réputation d'être plus indulgente qu’elle aux examens.

La Faculté de médecine de l’Université d’Aix a donc formé des praticiens, qui, dispersés dans toute la Provence, ont rendu d’appréciables services à la santé publique ; à ce point de vue, nous pouvons dire que, dans la mesure de ses ressources'et .en tenant compte de l’état de la science médicale de son temps, elle n’a pas vraiment été trop inférieure à sa mission.

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