‹ La famille Alain (volume 2)Chapitre 13 sur 21 · M. SAMUEL A M. LE BARON CONRAD KRUMPHOLTZ · texte numérisé non relu

M. SAMUEL A M. LE BARON CONRAD KRUMPHOLTZ

Monsieur le baron.

Je ne saurais trop vous témoigner ma reconnaissance de vous être rappelé mes magasins; mais ce qui doit être considéré comme une générosité pleine d'une rare délicatesse, c'est la bonté que vous avez de me demander de vieille musique.

Il est vrai qu'il y a quelques années, lorsque pour la première fois, j'eus l'honneur de vendre de la musique à Votre Excellence, commençant mon commerce avec peu de ressources, ma maison n'était pas aussi bien achalandée que celle de la plupart de mes confrères ; mais, aujourd'hui, grâce à la faveur dont m'ont honoré Votre Excellence et plusieurs de ses amis, mes moyens se sont prodigieusement accrus, et je puis, sans trop me flatter, dire qu'aucuns magasins dans Mayence ne sont aussi bien assortis que les miens. C'est pour vous en donner une preuve, monsieur le baron, que, au lieu de la vieille musique que vous aviez la bonté de me

demander, je vous envoie tout ce qu'il y a de plus nouveau et de plus à la mode.

Daignez recevoir, monsieur le baron, l'assurance du respect empressé de votre très-humble et très-obéissant serviteur.

Samuel.

Page 1