I.e* homme* tout pécheur
eu mari banda de bestiaux.
Parmi le» femme*, qaelquesoaa s’occupent de l’industrie de leurs maris ; le triai grand nombre fait de la dentelle.
Toute la vallée se compose de pâturages limités par des -rameaux alimentés par la Dite , qui , après avoir p»**é •oui le pout de bois de Cabour, hameau d’une diiuinr de maisons , coule entre le vill-gede Dite et un énorme banc de sable qui te sépare de la mer, dans laquelle elle ta se jeter au-dcaieu* de Bcutetal.
Ueuteval n’est guère que la réunion sur les litre* du cmdatire de fermes isolées sur un plateau élevé au défaut de la mer et de moulins à eau mus par uue petite rivière qui s'appelle tout simplement la rivière, — fleuve, ai l’on en croit U définition des géographes, fleuve de un h deux pieds de profondeur, doua osa claire et limpide,
>• • :-vV :
et sur lequel on a jeté i« place en place un vient saule qui. poté sur le> deux rhreo.
torme un pont suflhanf.
I*»r une matinée d'aoèt^ •.*!
un dimanrhe, la marée mon- ’r tait et enflait la Dite, q*xl,‘ . • * a marée hisse, n’est guère qu’un ruisseau.
Un grand nombre de per/ \ \ sonnes étaient rassemblée»' près de l'embourhure de te , t, rivière, sur une partie du rivage oh sont situés dcitt ou trois csltt rr t* sur lesquels on lit : — Cidre à rfépo/rÿrr, . ; — ce qui veut dire a rr i¥t ,*V par pou.
Li meme venait de finir; .
et les habitants de CaboJr Jy 1 ;* qui n’ont pas d’église , ninat qu'une grande partie de ccy»
de Beuseval , qui se troatm.v plus loin de leur église q»e do celle de Dite, étaient descendus, h l‘ issue «’e la messe , juaipt'au bord de te rivière et de b mer. ponf assister k une cérémonie qm allait avoir Keu.
Qurlqura hommes désoleraient du cluiel De jeune# , filtrs eu parures se promenaient par trois ou q««UP ensemble , caquetant ( t riant tout haut pour attirer Wrttrnticn des gardons, qu elles semblaient éviter, tandis que ceux-ci, également par groupes, causaient de te tner , de la pèche cl du tedtps — sau» perdre I « fille» dqryne*
Paroi ceux qui •'étaient assis devant le» cabarets, U était impossible de ne pas remarquer deux bonime* déjà Agés, tiwis encore viyoureui , qui, partageant fraternellement nn pot de cidre, échangeaient
3 u« 'quts mots qui sortaient de leur bouche entre d'épaisses bouffées C ubac.
L'un des deux était le seul des assistants qui ne fût pus en toilette; il avait sur la tète nn bonnet dé laine rouge ; on gilet de laine rayé de blanc et de rouge ne laissait voir que ses manches, parce qu’un autre gilet de gros drap bleu foncé était boutonné |>ar*dru(tt; un pantalon de drap bleu était recouvert du haut par un colillod, — large panUlon de toile à voile qui retombe à gros plis jusqu'aux genoux , — et d'en bas . par «le gratuits bottes qui montent jusqu'à moitié de b cuisse.
Son vi&jgr était à peu près couleur de cuivre ainsi que son cou, que l'absence île cravate permettait de voir.
En réalité, il s’appelait Tranquille Alain; nuits quelques actes d'andacc à la pèche lui avaient fait donner Sans sa jeunesse le surnom de Jttsque-Toui , qui était devenu tout doucement son nom et le seul sous lequel le .connussent les jeunes gens de la commune.
L’autre, auprès de Tranquille Alain , était presque un monsieur; il avait un chapeau et une très- longue redingote d’un bleu plie , ut» pantalon de faux nankin d’un jaune plus ardent que le véritable, des soulii.W à boula arrondis, et sur le ventre un l.irge cordon de montre vert et rouge terminé par un gros cachet et une clef en cornaline.
il s> nommait Eloi Alain et éuù cousin de Tranquille. Il était meunier «lu meilleur moulin de Bettxeval , celui qui est le plus près de la mer.
Il (lait riche et n'était pas fiché qu'on lui parlât de son argent. C-uirat presque tous les meunirrs, il accaparait un peu de blé et faisait une sorte de petite banque quelque peu usure ire ; il avait beaucoup a, cculé sur la manie des paysans de devenir propriétaires eu .-achetant «lea carrés de terre qui rapportent deux pour cent, et donl il leur f. ut payer l’intérêt a cinq pour cent quand le vendeur leur oc- ‘ corde du temps, ou à huit Ou neuf quand il faut emprunter pour payer )’acquisili(>n
Il avait fait aussi un peu de contrebande dans sa jeunesse ; ravis le métier n’en valait plus rien , et il n'y pensait que pour sc rappeler nue haine vi. l.-nte qu’il conservait daus sou coeur, et qui avait pris son origine dans une affaire de cette nature.
Il -avait prêté de l'argent à son cousin Tranquille j>oiir faire con* slrtiir* un nouveau canot qoe l’on devait baptiser ce malin même, et ils attendaient en buvant et en fumant que M. le curé, qui était allé dîner après sa messe, descendit sur la plage avec son clergé.
Li: canot neuf était sur la plage , niâté et voilé , avec un énorme bouquet au haut du mût. Pélagie Alain, femme de Tranquille, triomphait sans dissimulation.
Auprès d’elle étaient le parrain et b marraine, un beau petit garçon et une belle petite fille vêtu* de leur* habits de fête, et qu’elle avait bien du mal à empêcher >i 'aller jouer, ce qui aurait nécessaire ment détruit bien vite l'cfftl de se* soins pour le* p rer.
Le garçon, -pp«lé Ouu<me, était à elle ainsi qu’une se. onde p l île fitb , la blonde Bérénice .qui n’a*ai*t lit ■> la fête qu'en qualité «Je spectatrice. 1-4 marraiue était une enfant dont Pélagie avait été U nourrice cl qui était soeur de lait de Bérénice.
Sa mère était morte depuis iongtempj, et son père , soldat , ravait lancée chez les Alain, avec lesquels il avait été Jui-aiè(ue élevé. Il était mort depui- quatre .n» sur le champ de b.laittc, chef de bataiâ- . J oit et di'coré, laissant à sa fille 2f>0 francs de pension.
T r.Jiquilie ALîu et sa femme ne la distinguaient guère de itura autres ejifants, et tou» msrmble se traitaient comme frété elnrun.
La ni r»*.ine avait été luiu-uée Pulchérie . nom qui se prononce dans U * campagnes iiO;ni.n«Ie& comme chérie.
Peut-être serez v*.u» un peu étonnée, madame, de l'air piétentieux de b plupart de ces noms . mais ic puis vous as%urer «me je n’en suis p.s i'tiiveuirur tl qu'ils sont très-communs en iV,ruia..di.
Il n'jf a p ., uti viljajj. ou I on ne trouve ika Hcri-uic* , -.c, Artémis U des Clé® pitre. Où les habitants ont ils pris origiu-ùre ut ce* ««>« 11 *?
. Je l'ignore
Qu* iqdes darne* d< châteaux les auront donnés d'*bor«l autrefois «£«pu» quc'qugs romani df: mademoiselle de ScuU« : ri, *t i s ». roat r«xiés tr. dit onnetlcment «Ui ■* le p-ys.
Le pot de cul;. dtsÎMnqÛ'ib et j’Eloi était vi- 1 Klto prit -a CjI.u- , « qu’il avait posée s terre, cettr Cniue SVail une ru;i se , un bout . t un cjirdon de cuir à l’antre, — et il frappa sur b tab «: «n.çriast : Gùu'çuO, ou pot !
Le luaiüe uu logis, qui était son jnvpre gardon , vint prendre *«• pot «t le rapporta plein, puis attendit selon l' usage que les consommateur* le payassent d’iVèUCe.
«loi tira d’une pociie de son pantalon une poignée de pièce* de 1 ti-aq francs, sembla chercher parmi elles une pièce moins grosse, I pui* ne b trouvant p«a, r« mit l'urgent dm* son gousset et interroges ' l’ouin poche <le J-i même manière.
— AiteiuL , «lit Traiiquil! • , j'ai de I» monnaie. . <*„.-■
— Tu a* d-j- 1 * page mioi pot.
— C’est é,;a* , pu», que lu n'a* pas Je monnaie.
Eloi «c lai» ta incitf niu plus de rlinluicc , et, connue s'd eût al* 1
tendu eeltr offre, il remît dons sa seconde poche forgent qd*il en avait tiré, et, amenant à lui une blague formée d'une patte d'albatros, dans laquelle Risque-Tout mettait son Ubac il remplit de nouveau sa pipe. . ''. v
Risque-Tout en fit aut.nt avec *00 propre ubac, tira un peu d’omsdon de son gilet, bâti t le briquet avec son couteau sur uo galet caué qu'il ram.is»a, il r«dluni:i sa pipe noircie par l’usage, dont ie tuyau avait à peine quelques lignes de longueur, et qui sc plaçait dans un trou qu'elle avait fait entre deux dents, comme un aviron dans une dame.
— Eh ! Tranquille I dit le meunier, je ne vois pas ton aîné.
— Cétaire? Oh I il est allé se faire brave. Il n's pus votslo resler comme moi avec ses babil* 4c pèche.
Xu pèches donc le dimanche ?
— - Ma famille mange le dimanche comme les autres jours.
L' Eglise ne veut pas qu'on travaille le dimonche, et il n’y • que toi qui u 'obéisses pas.
— C’est commode pour toi. Le blé pousse le dimanche comme les autre* jour* , et il pousse aussi la ooit pendant que tu don. D'ailleurs, qui travaille prie.
On permet bien de boire et de se soûler au cabaret le dimanche , êt ou ne aie |ienuetlrait pas de gagner le juin de mes enfants 1
Allons donc : ! je suis uu simple , je ne sais pas lire , mais j'ai nn bon sens qui me dit ce qui est bien et ce qui est mal.
Pourquoi est-ce qu'on ne travaillerait pas le dimanche ?
— Cela t'empêche d'aller à lu messe.
— Pas tout à fait. Nous vommei partis cette nuit pour relever nos lignes et nos cordes, et quand le jour a commencé à poindre, Césaire et moi nous notrs sommes mis à genoux et nous avons prié un brin le bou Dieu de bénir notre pêche et notre travail , et il noua a entendus, nous avions du poisson à tous ains.
(Je ne crois pas devoir conserver aui personnages l'acccnt du pays, qui serait peu intelligible.
En réalité, Tranquille Alain a dû dire béni pour bénir, — jtèshon pour poi*«on , — me pour moi, — commencée pour commencé ; — tous otns est part •iteuu.nt français et est synouyuic d'hauseçon.)
— El aussi , ajouta Eioi , M. le curé a encore dit oui nui (aujourd'hui) dans sa chaire que Dieu s'était reposé le septième jour.
— M. le curé, je le respecte ; mais dans sa chaire il poilc tout •cul et persoune ne lui répond. .Si le bon Dieu s'est reposé le septième jour, c’est parce qu’il avait hui si besogne et n’avait plus rien à faire.
Il s’est aussi reposé le huitième , c’est-4-dire le lundi, et le neuvième et tous 1rs jours suivants; faut U doue ne p * travailler demain ni jamais?
Etoile, Etoi . ta m’as prêté cent écus pour fai^e faite ce capot neuf; eh bien! lu es plus sur d’être payé des cent vingt ccus qui* je, dois le rendre a pris ta saison par un homme qui te* vaille le dimanche,..» Tiens, voila Césalrr qui arrive. V.
— Es ta contii.t de lui? a,
■ — Ou«, il va bien; c’est doux comme une fille, ça n’a pas une vo*
tout ’ : mais un qui sera un fin pécheur, c’est le petit Uoésiiuc, le pan rajp de l’embarcation.
ne vjl que sur la mer, cet enfant là, et ça a onze ms! bi ça avait la force, ç« vous manœuvre déjà un bateau connue an h jaune Je ne veux pas l'emmener aux mirées d« uuil. Uni q u'il est si jeune; »b bu.» 1 il fuit se fâchor chaque fois pour le laisser r hi V
L'a- tire nuit, il y a deux jours, je le croym- endoum, mua parlons -vos C. laire, il était uni* heure de la nuit ; eh bùml .Ouésijue était allé d'avajiur %f toch. r «oui le ti,Joc du canot! l)u»od il tient une ligue ou Ntt iibou , le roi n’est pas sou maître I
Cet ourfaut-là srrn un jour l'uMuai du poisson.
Mm» ou jwcnc à l'église , c’est ie curé qui sort. Ah 1 voila le maître 1< muic. • , • • - . ...
— M. JM.Iaial ...»
— lî. Uiiù» de Beaxeval.
!.. . pin d Beuzeval que moi, répliqua le meunier avec impatience, k gruni-pèf • était marchand de bœufs comme le mien , le père a été u u u r, ta ml > que le micu était honnête homme.
(.Vit J«- et- ■ ment -la que leur famille s'est élevée au-dev us de la
iàClit té ou plutôt volé le château do Beuzeval. Je nep«rfk pas d i’ouÉir de celai-ci, qui était douanier, — le diable ait sou âmef j«- a'« parti- «s, parce que j’en ai trop .v dire, — et ces Mshii; ça i ’««r «le npriscr la tenc... elle n’est p»s digne de hs porter.
ka»i mot «usai j’en ai , de l’argent, — ça sera peut être è mon tour queiqae j«»ur de ne pas les reconnaître; — j’ai fait un serment sur celle (aiJtfc4à.
On sonnait toujours .1 l’éguse; on commença à rutrndre le* « ’iantî du curé, du clerc et de» enfants de chœur, dont l'Un portait*! 1 croix et l’anlr» du Mi, «lu blé et de t'e->u bénite.
/«♦.*' pêcheur» qui intoumicnt le c»uot, qui en louaient ou eh cfi* tiquaient le bo d..gi ou lî q lillc, et qui prophélisili i;t qu'il irait plus ou moins bien i la voile ou à l'aviron, *<• découvrirctn et fequelitSt pour faire jm#oc au curé, au parrain et à la nixrrame. ’* *
Pélagie Alain avait placé uu chritt de buis sur l’arriére 'dff tfiteffuj
Lf .î-^.UiLçt ALAJN.
place d'honprur. Tout le mouiir n *igtt.. , et le jtjuré commun ‘ire en latin :
— Seigneur, vous domptes l’orgueil de {a ou r el vous câlin ex i» violence des flots.
Et le clerc répondit : — Je chanterai éternellement les miséricordes du Seigneur.
Le curé lut alors l'Evangile :
— En ce temps-U , Jésus montant dans une Uarque, ses disciples le suivirent, e* voici qu’une grande tempête, s’éleva sur Ja mer. en lorte
E li barque était couverte de vagues. Jé»u» cependant dormait; ses :iples s'approchèrent donc de lui et l'éveillèrent en disant : — Seigneur, sauver. -nous, nous périssons!
Jésus leur dit : — Pourquoi craigne s- vous, gens de peu de foi? Et en même temps, xc levant, U coninwqùa aux vents et a la tuer, et il se fit un grand calme.
Ceux qui étaient présents furent saisis d'étonnement, et >1* disaient : — Quel est celui à qui les vents et la mer obéirent?
Puis le curé reprit en chantant : — Seigneur, \>ju*dvmj itr l’orgueil de Ju mer, et vous calmtx la violence des flots.
Et le clerc répondit avec les enfants de c lueur : — Je chanterai éternellement les miséricordes du Seigueur.
Le curé fit alors le tour de la barque en y ietaul du sel et du blé, et en disant : — Notre secours est dans le nom du Seigneur,
JL* cixac. — Qui a fait le ciel et la terre.
La cote. — Que le nom du Seigneur soit béni I La cl ne. — Maintenant et dans toute l'éternité.
La opté. — Opérex, Seigneur, ce qui est représenté par le set et p»r le blé; donnes-noos la sagesse qui prévient h corrtipf ' n • t l'iniquité, et bénisses les travaux de eenx qui monteront ce frêle esquif.
Il deminda alorx quels étaient le parrain et la m.rra-ne, et i une seconde question ; — Quel nom donnex-vous au e»tio f ?
ünésime s’embarrassa et ne pnt répondre; thaïs Pulcliérif, roiujr comme une cerise, répondit : — La Mourtte y montreur le curé.
Le curé aspergea le canot d’eau bénite, et se remit en route. Ptpchérie lui mit dans la main un sac de bonbons, dans lequel en avait cache vin petit éca.
* Onésime donna des dragées et une petite pièce au clerc et aux enfants de chœur.
Et le clergé de Dive retourna à l’église en chantant : — L'eau s'élevait jusque par-dessus ma tête : j*«l dit : Jé suis perdu ! j*. i invoqué votre rom , Seigneur, et j’ai été sauvé.
— Mon secourt vient du Seigneur, qui a fait le ciel et la terre.
Tous Tes assistants firent encore le signe «le la croix. Alors la scène
4faMta«
Téi-gie avait des dragées dans son tablier, elle en douna à scs comnacrt’s ; ét les deux enfants , Pulchérie tl ünésime, jetèrent e» 'r gé*s jpar poignées et le plus loin possible sur les gilets, saL.t arrondi de la mbr dont chaque grain est gros comme un œuf, dr im'mc q u Us "mouettes, qui sont les hirondelles de l'Océan, sont !i la trilie d’un oigle.
Les enfants se ruaient sur les dragées, se précipitaient sur les tja’cts entre lesquels elles tombaient , s«* poussaient et roulaient pêh - mêle.
Pélagie alors retourna k la m..ison pour préparer la caudrée. La caudrée véut probablement dire b chaudron née, comme on dit la marmite "ttex les petits bourgeois, pour signifier le dîner.
Pendant la pêche, on fait ordinairement, chex le patron de chaque barque, une caudrée le samedi soir, après qu’on a partagé l’argent de la pèehe de la semaine ; mais cette fois, — c'était à propos du baptême du nouveau canot, — Pélagie avait invité quelques amis, et aussi les . matelots de Tranquille.
Outre le petit canot qui était à lui, et que le nouveau baptisé était destiné k remplacer, Risque-Tout commandait un grande barque, appartenant à M. M .l.iis de Bcuseval,'pour les t. tupi où la nier est plus dangereuse et les pèches plus lointaines, — l’hiver pour In pèche du 'Hareng, et l’été pour celle du ^maquereau.
Ce bateau était monté par cfuq hommes et un mousse. Un divisait la pêche en un certain nombre de paris; au bateau il revenait deux lots.
Pour la première fois, Ünésime avait rempli les fonctions de mousse h bord de ta barque, au commencement de l’été, pend <ut la pêche du maquereau.
Dans les intervalles de ces deux pêches, le petit canot servait (tour pêcher à la ügng, et tendre b nuit de longues cordes armées d'hune- «•ons, et aussi pou-- porter des sortes de nasses, pour r n«îre 1rs hojnard\ çt les crabes, étrilles, etc., dont il n’y a guère rir la côte s ambrine use de Ui«e.
Pour ces pèches, ünésime, quoique inscrit sur le rôle de sun père comme mousse , n’aurait été qu’un cmb.rrr.s dans le (h il ca :ot, et on I« Ta&âU k terre, k son grand chagrin, avec les deux p< tir.» filles. 'Bérénice commençait k faire de la dentelle; mais k Pulchérie, nièce de M. Malais, qui ne s’occupait guère d’elle, on n’aui pai osé faire apprendra un éui. Onéfiinc allait k l’école ious les de ,rs.
Ces intermittence' ''expliquent par un usage inventé , • m ■ pde
fnrjwms eu Normandie. L’école se paye de 50 j (0 sou j r mois pqnr MB enfant ( beaucoup de parents envoient deux enfants . iicrnativiment
cl ne payeur que pour us, puimp*’* t bout du Compte il ti’y a j.uta» qu’rûi seul «’uf et a l’écoV.
Depuis deux ans que ce main' Ve durait , Bérénice coouaiss .il » peine ses lettres, et Qnésuae u'.v.ut fait di n al >filrs progrès que dans l’art «le W( lire ilr petits morceaux de p pii . ii l'abdomen des mou hrs, qui, volant par la classe avec celte queue postiche, comblaient les enfant* de ttonheur.
Ces études extrêmement primaires d'Onénisiuc ét-irnl presque supprimées depuis un an qu’il allait à lu mer. En outre^ I’ulchérie, qui ne faisut rien et n'a v ail ri' n à faire, se trouvait seule quand Bérénice était k l'école un jour et le jour d’après faii.it il« |i dentelle; aussi elle faisait tout pour débaucher Ünésime, sans lequel die n'eût pas osé aller courir dans la cainj gne ou faire voguer de petits bateaux au bord de la mer.
Vers cinq heures, on se réunit chex Tranquille j-our b caudrée. Les frames amenèrent leurs enfants, les une» !, ,» les autres quatre . quelques-unes un plus grand nombre.
L repas sc composait de soupe, de viande gniiéc et de poisson, et de cilla- pour boisson. Tous les infants ip. ingèrent ensemble sur m b<ne érigé tn table; mais leur gsxouilli-nient ne larda pas k gêner lo pfchcurs.
Les mères les emmenèrent au logü. Bérénice resta avec la sienne pour l'aide r ; Pulchérie et ünésime disparurent avec les autres enfants, et On np5'orctipa plus d’eux.
Les pécheur* alors sc mirent à deviser; les pots de cidre *« vid dent et se remplissaient, ün parla du nouveau canot , pui ; de la pèche.
— Prendrons- nous du bartng celle année? nous n’en avoos guère eu l'année dernière. — Le hareng , dit un marin qui avait servi dans la marine impériale, il a quitté t os côtes depuis le départ de l'empereur. — Je crois, dit un autre, que nous n’éliona pas assc* au nord. — Je ru'eu irai par le travers de Dieppe. — J’ai bon espoir pour celle année. — Les têtes s'échauffaient ; le ciùic répandait la gaieté et la çopjiaoci.-.
Les femmes revinrent après avoir couché leurs petits eufuiiL «t les avoir laissés k la garde des plus gryyls. Alo s on chanta.
Le marin de U garde. chanta la f tueuse chanson :
Le collecteur Je* utile*
Dit qu't! vr-ndra mro Ht;
Jé me inoqbe de loi , ' r '
J« conclu- *ut la paHlot
pl tout le monde chanta en chœur le. refrain i
J'ahne mieux nions d'srgro»,
Cbant< r. d.inW, rire cl boire;
J stme mieux moins «l'arpent ,
Ht vnre plu* patinant.
b *uirée fut terminée par l» cantique qui se chante k presque toute» Us cérémonies qui in 1ère sien t h s pécheurs , cl qui s'adresse k la vierge Marie, a laquelle Us merlus ont une dévotion particulière :
V serge sainte , r vmu cx-nous t Wnlre «*«poir «t tout on vous;
Chère dame «le la (tarde ,
Tsèé digsp more du Dieo,
Soyer »iu«* sauvagardn
Pour nous défendre en tout lieu. » ^
Soutfner de votre bras
Et nn* vergue» •! nos «uU> , .
Forufiot lo ourdsgs, v,
Les câbles ei les haubans. - ,vq
do ire f toile de la mer,
5f'in(re*-vo*i» itari» b* ds ngq r,
Consecver-oiou*. la Mrité . ,
Là vio et ht 1ib*-rf«
Soyex notte snm* rr direesa - ‘-"j ^
8t l’ancre vient â blnlre.
Bopidira votre char Fit» - • « c • *.ril
Qu'il bénisse nos proâis ; -«r» «ri
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Un heureux ci prompt rutour.
Pendant que 1a caudrée avait lieu chex Tranquille A'a-n , on dio*ii égnleumt chex M. M- lais de BcuzcvaJ.
Eloi Alain avait «lit la vérité en disant Mac le grauJ-pèrc dc kj. Mj lais avait été marebmid de bestiaux. Il Aait mort en tombant de cheval dans un voyage , après tu. t pas prolongé. I .«Vait laissé paisiblement «Técus k son nls Aubry MaiatS.
Celui-ci avait renoncé an commerce de »on père, cl s était rais k prêter de l’argent. Il avait époù-é la fille d’un marchand, qui avait mis la maison sur un pied boorgi-oi*.
Un de leurs deux fils a’élâlt frit soldat.
KUe avait marié l’autre, à qui presque .migré sou lâàri, elle av^it
fait donner «ne éducation de monsieur ; elle lai avait fait épouser la fille d'un marchand comme elle, qui, outre de l'argent comptant, apportait des façons d'étre à son gré.
Elle avait été en pension à Lisieux, et en était revenue très-demoiselle.
L’autre fils, le soldat, quelques années plus tard, s’était marié I aimé me ou à peu prés. Il apporta un jour une petite fille, pour laquelle il demanda une nourrice.
Pélagie Alain venait d’accoucher de Bérénice; elle éleva les deux enfants en même temps. Auguste Malais repartit an bout de quelques jours en laissant de l'argent , et sans avoir dit autre chose de la mère de la petite Pulcbérie , sinon qu’il l'avait perdue.
On n’entendit plus guère parler de lui, et, quelques années après, on apprit presque eu même temps qu'il avait été nommé chef de bataillon et officier de la Légion d’honneur, et qu’il avait été tué.
Son oncle et sa Unie avaient bien autre chose à faire qu’à s’occuper de Pulcbérie. Ils avaient eux -mêmes eu trois enfants, dont deux étaient morts prcsoue en naiaunt.
Le premier seul, qui avait trois ans de plus que Pulchérie, avait survécu et était en pension à Paris, où on avait décidé qu’il deviendrait un prodige.
La mère Aubry Malais était morle en disant : — Ce n'est pas commode d’avoir un beau-père marchand de bceufs. Dorothée , sa fille, voulut effacer celle origine le plus possible pour elle et tout à (ail pour «on fils.
Le père de son sari avait acheté le château de Beuseval et ses dépendances. Le propriétaire était gêné dsns ses affaires.
En répondant des bruits exagérés et inquiétants sur sa situation, Aubry Malais avait fait douter de sa solvabilité, et passa pour un extravagant quand on le vil ram suer partout des créances sur M. de Beuseval ; mais quand il en eut suffisamment , il sut s’en servir de façon à avoir le château et les terres pour le quart de leur valeur , en auscitant mille ennuis et mille tracasseries au possesseur.
Dorothée et son mari, déjà plus éloignés du marchand de bceufs , avaient tout doucement ajouté U nom de Beuseval à leur nom de famille , en préparant les voies à leur fila , qui s’appellerait simplement M. de Beuseval et renoncerait au nom trop connu de Malais.
Donc M. Malais de Beuseval et sa femme Dorothée étaient des parvenus dans l'acception la plus complète du mot, fiers de leur fortune et ne perdant aucune occasion de l’étaler aux veux des autre*.
Quand le jeune Octave Malais de Beuseval avait eu douxe ans, il était venu faire sa première communion au château pendant les vacances. C’éuit l’époque oh communiaient les enfants du pays. M. Malais avait exigé du curé de Beuxeval, qui avait eu la faiblesse d’y consentir , que l’on ne Ht pas communier son fils avec les enfants des paysans et des pécheurs , et il avait communié à part, la veille de la communion générale; puis on t'avait renvoyé à Paris continuer ses études.
Madame Malais disait à tout le monde que son fils apprenait le latin et le grec, qu’outre les maîtres «la collège il avait des professeurs particuliers, qu : il travaillait beaucoup, etc. Tout à coup l’objet de toutes leurs espérances tomba malade et mourut.
M. et madame Malais furent écrasés du malheur qui les frappait. Leur vanité chercha des consolations dans un grand et coûteux appareil donné à leur douleur. On ramena de Paria le corps d'Octave, on lui fit à Beuxeval des obsèques splendides ; on lui éleva dans le cimetière un tombeau ou plutdt un mausolée magnifique.
Néanmoins il leur était resté une grande tristesse; leur vie était désormais uns but et uns espoir.
Dorothée un jour s'avisa de songer à Pulchérie. Elle alla la voir cher Pélagie Alain. Elle la trouva jolie, mais horriblement paynnne, et n’y retourna plus pendant quelque temps. Un autre jour qu’rtle la rencontra par haurd, elle l'embrassa ; pais elle se la fit amener quelquefois.
Pélagie , par un bon instinct , pensa que madame Malais reprenait des droits sur l’enfant en reprenant un peu de tendresse, et, quand il fut question de baptiser le canot, elle alla demander à madame Malais la permission que Pulchérie fût marraine.
Non-seulement on y avait consenti, mais encore on avait donné une robe pour l’enfant et on avait promis d'assister à la cérémonie. lientrés chez eux, uns spectateurs pour leur luxe, les deux époux, à la fin d'un dîner somptueusement servi , parlèrent de l'événement de la journée.
— Comment trouvex-vous la petite , Louis?
— Atsex bien, elle rassemble beaucoup à feu mon frère.
— Elle n'avait pas le même air que toutes ces petites paysannes , quoiqu’elle ait été élevée avec elles; mais ce bon naturel ne sera pas long à se gâter : elle ne tardera pas longtemps à devenir commune et grossière comme les gens dont elle partage la vie. ^
— Ce sers dommage.
— Faisons- nous bien à son égard tout ce qae nous devons, mon cher l.ouia ?
— Je me le demandais ce mstin , Dorothée , et aussi ce qu’on pou- ' vait dire de nous à ce sujet.
— Après tout, c'est notre nièce , Loua.
— La fille de mou frère. Dorothée... Et on doit trouver siogulier que no j» laissions ainsi la fille de mon frère.
— Tout ce qui reste de notre famille, puisque Dieu m’a repris (et trois enfants qu’il m'avait donnés.
— Et surtout noir* fils Octave, qui promettait d'étre un homme si distingué !
— Notre maison est bien triste depuis que nous avons perdu ce char enfant.
— Celte petite fille est notre héritière.
— Unique... et elle porte notre nom. Devons-nous la laisser devenir tout à fait une paysanne?
— Pour qu’elle nt puisse épouser qu’un marchand de bestiaux!... Cela ferait un bel effet.
— Qui nous appellera son oncle et sa tante !
— Pulchérie sera jolie ; elle aéra riche. Son père était chef d’escadron et officier de la Lésion d'honneur. Personne ne pourrait trouver mauvais qu'elle prétendit à tout.
— Oui, avec une éducation convenable et des habitndes plus distinguée*.
— Noua ne devons pat oublier que c’est notre sang, presque notre fille... On doit en jaaer... Je voadrais savoir si nous sommes du même avis... sur quelque chose. Dorothée...
— Je crois que oui... Pentea-vous à la prendre avec nous?
— Je pense que nous le devons à elle et à la mémoire de non frère, et puis à nous même». Elle est notre seule héritière; elle n’a pis de parents et nous n'avons plus d’enfants. Cela consolera notre vieillesse; cela nous donnera quelque belle alliance.
Ce nom qui nous fait bien du tort dans l’opinion du monde, ee maudit nom de Malais que nous avons tant de peine à déguiser sans pouvoir le faire oublier, disparai ira sous un beau noos...
— Pulchérie n’épousera qu’ua noble; elle sera comtesse.
— Et vous serex la tante d'un comte et d’une comtesse I II faut aller la chercher demain matin. Je pense que ce sera généralement approuvé.
— 11 faudra lui faire faire tout de suite des habillements convenables. J’ai ici quelques étoffes , et d’ailleurs nous écrirons demain à Caen ou à Lisieux ; on lui fera des robes d’après ma belle robe que j’ai fait faire à la mode de Paris quand nous j sommes allés il j a doute ans.
La caudrée ch ex Bisque-Tout dura assis tard. On prit le café. Le café du pécheur uormand consiste en n’importe quoi qui soit noir et liquide; le goût ne fait rien à l’affaire.
Voici comment on prend un café : ou avale la moitié do la chooe appelée café, puis on remplit sa taise avec du tafia, de l’eau-dfr*m tu du genièvre.
Le genièvre est qaelque chose qui a l’odeur de la térébenthine. Ceâa a été inventé pour nettoyer les meubles ; ou ■ fini par en boira, et on en boit beaucoup. Ce premier mélange s'appelle gloria.
On vide derechef la tasse à moitié, et on la remplit encore d’eaude-vie , de tifia ou de genièvre; c’est ce qui forme le gloria fris.
On absorbe le gloria gris presque entièrement , après quoi ou remplit la tasse d'eau-de-vie, et on la vide tous le nom de rincette. A lu rincette sucoède la surrincette , qui estsuivie du pousse-café , quand le pousse-café est bu , on dit : Nous allons boire une goutte d’eau-de-vie, et ou en boit plusieurs gouttes.
11 est très-rare que les pécheurs soient ivre» pour cela.
Je ne connais pas beaucoup 1rs merurs des autres marina; maio ce que je puis affirmer, c’est que je n'ai jamais entendu à une caudrée aucun pécheur chanter une chanson grossière et inconvenante : on chante des cantiques, des refrains guerriers, des chantons sur l’empereur ou sur la mer.
La caudrée finie, on se sépara. La marte commandait le ddÿort pour une heure avant le jour.
Pélagie commençait à s’inquiéter. Bérénice dormait depuis longtemps; il était plus de dix heures, et les deux autres enfants n’étaient pas dans la maison. Tranquille Alain et Céaaire, qui n’avaient que Irak heures à dormir, se couchèrent et ne tardèrent pasà céder au sommeil. Pélagie attendit encore un peu.
Il faisait on vent asses frais. Elle courut sur 1a plage appeler lea en fmU , pois elle alla les demander ches les autres pécheurs ; personne ne les avait vus. Elle retourna au bord de la mer et rentra ches elle.
Quand elle vit le jour poindre, elle fit 1a soupe pour Tranquille et pour son fils aîné, qu’elle réveil)».
— Tranquille, dit-elle, les enfants ne sont pas rentrés.
— Comment, pas rentrés ! de tonte la nuit?
— De toute la nuit. J’ai heurté I toutes les portes, j’ai erré sur k grève; on ne les a vos nulle part.
— Je n’ai pas peur pour la mer; mais la rivière est vaoeusc...
Tranquille et Césiire allèrent sur les rives. Pélagie réveilla Bérénice,
et toutes deux se mirent en route de leur côté. Le mari et la femme rentrèrent à la maton au bout d’une demi-heure. Pélagie pleurtif ; Tranquille était ému , mais dissimulait sou inquiétude.
— Ils sont peut-être allé* à Beuxeval, au château ou ches le eouàtn Eloi; on les aura gardés à coucher, ils vont revenir au jour. Onéaitue sera au moins huit marées sans aller h la mer.
— B faut que dons mottfoaw h lo voile ; tout le monde est en mile.
— Où est Céuire?
— Il m'attend au canot, uns doute... Adieu, Pélagie. Nous reviendrons ce soir quand la marée commencera à dévircr par le sud. Tu me ferai signe, sitôt que tu noua verras, s'ils sont revenus... ou plutôt tu les amènent avec loi snr la plage... Adieu...
A ce moment arriva Césaire tout hors d'haleine. — ■ Voilà bien une autre affaire, le canot n'est pas sur la grève; on ne U voit ni à la mer, ni nulle part.
Tranquille devint pèle.
— Ooésitae aura voulu s’aller promener avec le canot. A quelle heure aont-ila partis hier, Pélagie?
— Je ne sais; ils ont disparu pendant la caudrée.
— La matée descendait. Césaire, va parer le vieux canot et ne perds s de temps. Noua les rencontrerons à la mer ; Onéaime n’aura pas eu force de revenir ; noua ica rencontrerons, ne te tourmente pas, Pélagie, il n'j a pas de danger ; quelqu'un de nos bateaux qui sont déjà en roule les aura peut-être rencontrés. Le canot venait d'être bénit, si n’y a pas de danger.
Tranquille, contre son habitude, embrassa Pélagie en partant. Pélagie r< sta immobile et écrasée sur une chaise.
Puis, lorsque Tranquille eut poussé à l’eau le vieux canot avee l'aide de Césaire, il dit à son fils : O nés i me et Pulchérie sont perdus ; il a vente celte nuit, le canot aura chaviré; sans cela, Onésime aurait bien su revenir au changement de la marée , à moins qu'il ne se soit égaré dans le brouillard ; — ils sont perdus f
Le canot pou*té à l'eau, le père et le fils allèrent prendre le vent à l'aviron, puis bissèrent le voile, et ils ne tardèrent pis à s'enfoncer dans la brume matinale.
Ven dix heures du matin madame Malais descendait de Beoxeval à Dive, accompagnée d’une servante, pour emmener Pukbérie, dont on avait déjà préparé la chambre.
Les dtux femmes trouvèrent Pélagie comme «ou fils et ion mari l'avaient laissée, c’est-à-dire semblable à une femme foudroyée; on U secoua.
— Qu’avex-vous donc , Pélagie? Etes- roux malade?
— Oh! la mer, dit-elle, U cruelle mer! elle a englouti mon pète et mes trois frères; elle aura mon mari et tous met enfants.
— Mais qu'avcx-Yous , Pélagie? Pourquoi êtes-vous ainsi? 11 ne fait pa« mauvais temps, et votre mari va tous les jours sur une mer plut effrayante.
— Ab 1 madame, dit Pélagie en pleurant, nous oe reverrons ni Ooésime, ni Pulchérie.
- — Pulchérie, dites-vous! où est-elle?
— Dieu seul le sait, madame; elle* disparu hier soir avec Onésime. J*«i passé la nuit à les chercher ; ils sont partis avee le canot qu’on a baptisé hier.
— Est-on allé à leur recherche ?
— Tranquille et Césaire sont partis] mais il a fait du vent cette nuit, et mes pauvres enfants sont perdus !
— Comment n’a ves vous pas surveillé davantage une enfant qui vous était ronhcc l
Ici Pélagie retrouva de l'énergie, se leva et dit :
— Madame! on ne peut demander à une femme d’avoir plus de soin d’aucun enfant que des siens propres. Cette pauvre petite , il ne m'est pas arrivé souvent de penser qu’elle n’était paa à moi comme les autres; d'ailleurs personne ne m’a disputé le soin à prendre d'elle, et, s'il eu arrivé un malheur, d’est « moi plaa qu’à n’importe quelle autre qu’il est arrivé.
Tranquille, en partant, me disait que les enfants avaient peut-être été au château un peu tard, et qu’on les avait retenus. Jesuisaiée oette nuit partout; mais puisque le canot n’y est pas... ils sont partis avec.
— Votre mari reviendra-t-il de honue heure?
— Avec la marée; il ne peut pas revenir plus tôt : à moins que le vent ne change, et il a Pair de bien tenir de la terre.
— Mais que peut -on faire?
— Rirn, madame, pleurer, attendre et prier Dieu et la sainte Vierge; mon espoir est tout dans ce canot tout frais baptisé, qui n'a jamais été monté que par ces deux innocentes créatures.
Si la mer ne le respecte pas , que re*i eelers-t-elle ? Je vais aller voir monsieur le curé pour qu'il fasse des prières.
Et Pélagie s’en alla cht* le curé. Madame Malais fat obligée de remonter è beuzevri, où elle raconta ce qui était arrivé à Pu'cHérie; vn envoya plusieurs fais des domestiques demander si les pêcheurs étaient revenus et si on avait des nouvelles des enfants.
Les deux époux te firent d’abord des reproches de n’avoir pas pris plus tôt Pulchérie chex eux; puis, grâce aux accommodements qu’on trouve toujours moyen de faire avec aa conscience, ils finirent par tomber d'accord que (ont les torts étaient à Tranquille et è Pélagie, et ils déplorèrent alors la perle d’une enfant qu’ils aimaient tant, quoiqu’ils ne a’en fussent jamais occupés jusque-là ; l’isolement de leur vieillesse , l’espoir détruit d’une alliance avec quelque grande famille, leur fortune tombant après eux à des parents éloignés, à des Malais, marchands de bestiaux , ou pis encore , et M. Malais pensa que l'on ne pourrait rien dire à ce sujet qui leur fût défavorable.
Le domestique envoyé à Dive revint annoncer que l’on voyait de loin
! les barques, mais quelle* n'étaient encore visibles que pour les femme >
I et les enfants de» pêcheurs , dont les yeux étaient plus exercés. M. et madame Malais sc mirent alors en route, et descendirent à Divc par an chemin a«scs escarpé , couvert de buisson» d'hippophaès, à feuilles étroites et griics, et ressemblant à des oliviers chagriné».
Quand ils arrivèrent sur la grève , on voyait alors plu» distinctement les canots. Toutes les femmes et tes enfants étaient réunis au bord de la rivière.
La mer était à peu près étale ; elle ne montait plus , et le» assistants tiraient du vent et de l'état «le la mer «les inductiona qui n'étaient très claires que pour Ira gens du métier. Pélagie avait lea yeux Usé* sur l'horixon , qu’elle interrogeait avec anxiété.
• — Le vent est un peu retombé , disait use femme; ceux qui sont allés par l’eat ne pourront pas rentrer avant l'autre fiat.
— Voit-on les canots à Risque-Tout ?
— Non , les deux premiers août à Samuel Aubry et à PacAme Gï*m.
— Et le troisième ?
— Le troisième?... N’est-ce pu la barque à Placide ?
— Peut-être bien.
M. Malais s’approcha de Pélagie et lui dit: Pélagie, oe voyez-vou* rien ?
— Monsieur Malais, répondit Pélagie, ils ne sont pas en vue; j'ai prié toute la journée, et je ne sens pas d’aDgoisses dans mon cœur: J'espère.
A ee moment, le bateau de Pacdme Glam entrait en rivière. Pélagie voulut faire une question ; mais la force lui manqua. Une autre femme cria : Ohé , Pacârne, avez-vous rencontré les gens à Pélagie ?
— Non, nous ne les avons paa vus; ils doivent être par l’eat.
— Avez-vous du poisson ?
— Araes bien.
Et la famille de Pacôme Glam remonta le bord de la rivière pour aller aider l'équipage à débarquer son poisson, ses lignes, ses cordes et ses autres appltls.
— Ohé ! Samuel, demanda la femme de Samuel Aubry, aa-tu vu Ira gtni de Pélagie ?
— Non.
— As- tu du poisson ?
— Pie- che.
■ — Encore une mauvaise pêche, dit la famille Aubry.
— Ohé t Placide, aa-tu rencontré les gens à Pélagie?
— Je les ai vus de loin , ils couraient des bordées dans l'est; ils ne sont pas venu cueillir leurs cordes qui étaient près de* itôtres.
— As-tu du poisson ?
— Un peu.
Et huit bateaux entrèrent ainsi en rivière, où ils allèrent s’amarrer au bord , après avoir amené et serré leurs voiles, sans que personne donnât des nouvelles plus positives de Risque-Tout et de Césaire : si ce n’est qu’on lei avait vus courir des bordées dans l’est, sans qu'on sût pourquoi.
Pa« 6me , débarrassé de sou poisson et de ses cordes , vint auprès de Pélagie, qui restait immobile perçant l'horixon «le ses regards.
— Dis «lonc , Pélagie , sau-tu pourquoi tes gens ne août pas venu* cueillir leurs cordes?
— Il s’agit bien de cordes, dit Pélagie; Onésime est parti hier soir avec le canot neuf, et il a emmené la petite Pulchérie, et on n’en a plus entendu parler. Mon homme est parti à leur rrcfaerche avec Céuire sur le vieux canot.
Vous n’aves rien va à la mer?... et, ajouii-l-elle en hésitant, pas de canot ohaviré?
— Non; mais à quelle heure penaea-tu qu'ils sont partis?
— Pendant que nous étions à la caudrée.
— La marée a dû les porter par Test, et c'est par là aussi que Risque-Tout est allé les chercher; Il sait son affaire.
— Et pourra- t-il revenir de cette marée ? Je serai morte d'inquiétude ri je dois passer la nuit sans nouvelles.
— Le vent remonte par le nord ; U va passer au nord est. S'il frai- : chit un peu , tes gens pourront refouler la marée, qui commence à leur être contraire. Le vent doit être nord-eSt au large.
— Tiens , tiens , Pacdme l — et Pélagie aaisit le bras de Pacdme d’un mouvement convulsif, — tiens, par le nord-est une voile vent arrière !
— Tu as l'œil comme le nez d'an chien de chasse. C’est ma foi vrai, et je ne l'avais paa vue.
Pélagie devint toute tremblante.
— Il n'y en a m’tme ?
— Je n'en vofs qu’une. ' t
— Alors... Us n'ont pas pas retrouvé les enfants ?
— Peut-être ont-ila l'autre canot à U remorque.
— Oh ! non... Céuire serait dms un dca deux ; il* seraient tous deux à voile.
Le jour à ce moment commentait à baisser. Tous les assistants, penchés en avant, cherchaient à distinguer le canot, qui évidemment essayait de revenir à Dive, protégé pnr le vent et repoussé par la marée.
Queioues femmrs et les marins rentrés dans la rivière, qui étaient venus à l’embouchure au lieu d’aller quitter leurs vêlements mouillés, parlaient bas pour ne pas être entendus de Pélagie.
L’un disait i — C'est drôle... k la «ukIk, ça n’a pas l’air d'être le uieox canot.
— Si c’était te neuf, il» y seraient tou» les deux.
— C'est vrai.
— P juvre» gens I pauvres enfant» t
M. et madame Malais faisaient quelque* questions, mais on leur i- 1 < mJaît k peine. On était habitué k considérer Pulchérie aussi bien ; qu'Ooésime comme appartenant h Tranquille et à sa femme, et on ne , ■"occupait que de leur chagrin.
Cependant le jour continuait k diminuer, 1a marée prenait de 1a 1 fo ce, et, si le canot gagnait du chemin, il n'en gagnait guère.
Il vint un moment où l'on voyait plutôt sa marche et sa situation par IVcnmr blanche qui *c brisait sous sa quille que par CO qu'on découvrait de lui même, confondu qu'il était dans la brume et la nuit. Les pécheurs continuaient k se communiquer leurs observations.
— Le voilk qui vire de bord.
— Comment ! dit M. Malais , le canot s'éloigne ?
— Il va revenir. S’il ne retournait pas dans le vem, il passerait devant la rivière sans pouvoir y entrer.
En dît», après avoir couru une bordée vent largue dans la direction d’itonfleur , U revint vent arrière, et celte fois on s'aperçut qu’il gagnait sur la mar-ée.
On ne tarda pas k entendre le bruit de l'esu qui æ brisait avec force k cause de la résistance qu'opposait la marée. La nuit était venue.
— IL < : idément il n'y a qu'un canot.
Pélagie tomba i genoux sur le sable, les mains convulsivement serrées , en murmurant : Oh ! mon Dieu ! ob I bonne sainte Vierge I
— A ce moment, le canot k pleine voile entrait dans la rivière et psusit rapidement devant le groupe rassemblé k l'embouchure. Tranquille Alain , que l'on voyait seul k l'arrière du canot, et qui tenait le gouvernail d’une main, t'écria d’nne voix forte en passant: Sauvés tous les deux !
Alors Pélagie sentit son cœur ae fondre , et, avec de grands singlota, elle dit : Oh! mon Dieu , merci! bonne sainte Vierge, merci !
Puis elle tomba sans mouvement sur la plage. Un des pécheur» la porta diins le cabaret devant lequel Eloi et Tranquille avaient bu du cidre le malin. Quelques femmes se joignirent k la petite bérénke pour lui donner des soins. Le reste du groupe alla en courant aider Iliaque- Tout à descendre.
— Proies d'abord Puiebérie , divil , elle n’a pus d’avaries. — Madame Malais prit Pulchérie dans ses bras.
— Prenex maintenant le matelot, dit- il; fl a besoin d'un bon Ut et d’un verre de ddre chaud. U n’en mourra pus, mais il a été secoué.
— Et il donna k un pécheur Onésime enveloppé dans sa grosse veste i lui et presque sans mouvement.
-—Où est Césuire ?
— Césaire est k la mer, où je vais le rejoindre; je l'ai envoyé mouiller sur nos cordes avant la nuit, et je vais aller l'aider k les cueillir quand j'aurai mangé un morceau : car les pauvres enfants ont mangé une bonne partie de nos provisions, et j'ai laissé le reste k Césaire.
Pélagie était revenue k elle; elle accourut, arracha Pulchérie des bras de madame Malais, la réunit dans les siens avec Onésime , puis, voyant l’état dans lequel était le pauvre enfant, elle rendit Pulchérie k madame Malais.
— Parle-moi donc, mon petit homme; parle à U mère, mon cher petit Onésime. Mais qn’a-t-il donc, Tranquille? est-il blessé?
— Non , le pauvre petit a eu froid ; quand il s’était vu dériver malgré lui , il avait amené la voile et fl avait jeté l'ancre, fl a passé toute la huit k l’ancre, mais il avait entouré la petite Pulchérie de scs habits et de la voile : elle était chaudement enveloppée.
Quant k lui, lorsque j'ai abordé le canot , je l'ai cru mort: il était à peu près nu et sans connaissance ; je ne i'ai r.<nimé qu'en fui faisait avaler uq peu de genièvre et en l'en frottant partout; une heure plus tard , je ne t’uurai» pas trouvé vivant. Il avait mis son mouchoir au haut du mât, ç'est ce qui m’a fait le découvrir. Us avaient voulu essayer le canot neuf.
— Tout en parlant ainsi, on marchait. Pélagie n'avait voulu laisser I personne le soin de porter Onésime; arrivée k sa maison, elle le donna k son mari et tomba par terre épuisée de fatigue.
On mit Onésime dans un lit , on lui fit avaler un verre de cidre chaud , mais on ne pat tirer de lui une sente parole; il finit par s'endormir, et quelques gouttes de sueur parurent sur soa frout.
— Le voilk sauvé, dit Risque-Tout; je vais profiler du reste de la marée pour rejoindre Césaire.
— Il alloma sa pipe , serra la main de Pélagie et se mit en roule. Quelques pécheurs allèrent l’aider à s'riubarqucr, les autres rentrèrert chez eux pour prendre quelques heures de repos ; car, avant le départ, il leur fallait amorcer leurs lignes le leudemain matin. Madame Malais embrassa Pulchérie et lui dit : — A demain, chère petite, jè viendrai te voir demain.
— Elle donna aussi un baiser sur le front k Onésime, qui dormait; puis elle qui’la la maison pour retourner k Beuieval.
ru.
Le lendemain, on vint chercher Pulchérie. Pélagie pleura beaucoup en se séparant de l'enfant , qui de son côté versa d’abondantes larmes. Onésime était au lit avec la fièvre et un peu de délire.
Mad ame Malais promit que Pulchérie viendrait voir quelquefois sa nourrice, laquelle serait toujours bien reçue au chiteau , ainsi que ses enfants.
On enverrait prendre des nouvelles d’Onéaime, qui, par son imprudence , avait failli causer un gran i malheur , mais qui t'avait réparé par la générosité d'an dévouement qui aurait pu lui coûter la vie.
— Que dit on de ce que nous avons repris la petite Pulchérie? demanda quelques jour» après M. Malais k sa femme.
— On pourrait plutôt parler de ce que nous ne l’avnns pas prise ici plus tôt, répondit madame Malais.
— J'ai reçu la réponse de M. le grand chancelier de i» Légion d’honneur , ajouta M. Malais. Il me dit que l’objet de ma demande est tout airaplement un droit, qoe Pulchérie, fille d’an officier supérieur membre de ta Légion d'honneur , entre de plein droit k la maison royale de Saint-Denis pour y faire son éducation ; mais il m'avertit que les règlements prescrivent un âge : c’est de sept à douze ans , et Puiebérie doit avoir quelque chose comme onze ans. De plus, il fadt déjk, je pense, savoir quelque petite chose.
— Je suis un peu fichée de me séparer de cette pauvre enfant.
— Oa ne peut renoncer k l’honneur de la faire élever k ta maison royale de Saint-Denis ; cela sera d'un excellent effet quand lî sera question de la marier. Je pense qu'il serait bon de lui faire donner des leçons par le clerc do Dive, qui viendrait ici après sa classe.
Oa i»e peut qu’approuver que mademoiselle Pulehérie Malris , fille d’un officier supérieur membre de la Légion d’honneur, nièce et unique héritière de M. Malais de Hcuseval, n’aille pas k l’école avec toute la marmaille du village.
— Et que dit la petite?
— La petite a d’abord été enchantée de sa belle chambre , de scs belles robes et de 1a table bien servie ; mais maintenant elle veut voir Bérénice et Onésime , et la bonne femme qu'elle s’obstine k appeler maman Alain. Le petit Onésime est encore malade , et J'ai permis à Pulchérie d'aller le voir.
En effet , Pulchérie tomba en entrant dans les bras de Pélagie. Onésime était levé, mais ü était encore faible et pâle-, Bérénice faisait de la dentelle auprès de son frère.
— Ah! voili Pulchérie! s'écria-t-elle. Elle mit la dentelle de côté. Lu couleur revint sus joues d’Onésime.
— Eh bien ! vas-tu mieux, Onésime?
— Oui , Pulchérie. Viens-tu pour rester avec nous ? La maison est bien triste et bien abandonnée depuis que ta es partie.
Est-ce qoe tu es mieux qu’iri k Beuseval? Oa est loin de la mer d'abord; et puis avec qui jouca-tu?
— Je ne joue pas du tout. U y a bien un grand bassin dans le jiriHo, mais personne ne sait gréer de petits bateaux pour les faire voguer de-sus ; et... je m'onnaiio de vous antres...
— Et nous donc ! nous parlons de toi toute la journée ; je disais ce matin à Bérénice : — Dis donc , Bérénice , est-ce que Pulchérie né pense plus k nous? — Bérénice disait que si.
— Comme tu as «me belle robe! dit Bérénice.
— Je viens arulement ponr von» voir et savoir comment se porte le pauvre Onésime. Il faut que je m’en retourne bien vite. Maman Dorothée a diL..
— Commedl! s’écria Onésime, tu n’as plus la même msrain que nous
k présent.
— J’en ai deux : maman Pélagie et maman Dorothée.
— Mais madame Malais n’est pus ta mère, elle est ta tante P
— Mais maman Pélagie non plus.
— Ah bien ! voilà que maman Pélagie n’est plus sa mère! Je ne suis plus ton frère alors, et Bérénice n’est plus ta saur?
— Madame Malais vent que je l'appelle maman , et elle est tribonne pour moi. On ne veut plus que je dise maman Alain, mass je-fts dis tout de même. Tenet , voilà de bonne» choses que je vous ai apportées.
Et elle leur donna un plein panier de gâteaux et de friandises.
— Dis donc, Onésime, maman Dorothée a dit qne , quand tu irais mieux, tu viendrais passer une semaine avec Bérénice an château.
— Je vais bien.
— A-t-elle dit cela en effet ? dit Pélagie.
— Oui, maman Alain, elle l’a ffit.
La Bcrvantc qui accompagnait Pulchérie confirma 1a chose.
— Eh bien! dit Pélagie, j’en suis bien reconnaissante , et cela cou* soicra on peu ces pauvres enfants. Si madame Malais veut bien le per ■ mettre, je («conduirai dimanche.
— A présent je vais m’en aller, dit Pulchérie.
— Attend* un peu que je grée no bateau pour faire voguer snr l tv bassin. On doit bien s'ennuyer quand en n'a pat de hateaul
— Ah ! oui , va ! mais je ne peux pas atletidre ; oit nous a «lit de Tenir tout de suite.
— Eli bien ! je le le perlerai dimincht . Je v*i» te regréer i neuf mon plu* beau.
— Le sloop?
— Noin le cutter, celui qui est là liant sm l'armoire.
— Noue alLn-. bien npu* jmus.-r Jjr»nchc!
— Et toute la semaine.
— Adieu , Bérénice ; — adieu , Onérimr; — adieu , maman Alain. — Papa Alain est à la me* avecXiésaïrc ?
— Oui, et il» ne reviendront que cette nuit. Adieu. Pulchériç, à dimanche I
— A dimanche!
Le dimanche arriva; Pélagie meua lu* Jeux eulàplt au château »le Bcuzcval. Elle portait dan* un panier un turbot que Risque-Tout avait pris prudant Ij nuit. Onésimr portait iol> cutter .iVec If gréement neuf. Céaaire et son père les suivirent jusqu’à la grille.
Ils t i 'oiaitnl pas entrer, mais Pélagie devait amener Pulchérie jusqu'à la porle pour qu'il» pussent l’eru brasser. M. et madame M-ri b* les reçurent d'un air de protection, tuais avec unr suffisante aitibîlité-
On voulut que Pélagie restât à dîner ; elle refusa en disant :
— Il faut que je retourne faire U cuisine à nos gru-.. Je sou* prierai seulement , madame . de permettre que Pul chérie vienne jusqu’à Pi grille , à cause que Tranquille et Cé&tire meurent d'envie de la voir.
M. it madame Malais sc consultèrent du regard, après quoi M. M.» tais dit : — Ailes leur dire , ma bonne femme , ailes leur dire que je les invite h dîner avec vous et avec 1rs enfants.
— Ils n’oseront jamais.
— Je vais le leur dire moi-même.
V*wt>d M. Malais arriva à U porte, il trouva Putcfiéric dans les bras de Ri rpic-Taul et de Cés-ûre. Aussitôt qu'elle avait appris qu'ils étaient si près d'elle, elle avait couru à eus sans allendrrks réflexion* ni la réponse de M. Malais.
Un autre pertoonage se trouvait également à fa gr.lle , — c’était Eloi Alain, le meunier, qui les avait rencontré* en posant parlé et
U! attendait pour redescendre avec eus à son iru'u'-n it de là à Dive.