‹ La Famille Alain. [Suivi deChapitre 2 sur 11 · Milan fit son invitation · texte numérisé non relu

Milan fit son invitation

— Ab ! oui, papi Alain, et toi. Césairr, venez. dit Pufehénê ru Ici entraînant.

— Ç > ni: se peut pus, mous car MaUù, bien merci de votre honnêteté ; mais voici le cousin Frioi que je viens d’jnviter à manger notre soupe à Dive, et qui attend Pélagie pour que nou. re .ctcçudinns tous eusemble.

M. Malais u’aimaJl pas excessivement le meunier , mais sa faiblesse i l’égard de l'opinion publique, <lo' t if était s» ns ce*Ht préoccupé, f i- * rit qu’il -'inquiétait ânes de la froi li ur habituelle il’Eloi à son égArd. H profita de l'occasion pour l’engager à dîner avec les autres.

E ! *>i hérita un marnent; puis, voyant qu’il ferait perdre un bon dîner à srj cousins rt que lui même en ferait un bien meilleur aru chiteanqu’è Dive, il céda d’.is.tx bonne g f âce.

K.toi Alain était p us embarrassant que les noires ; il était riche et était couridtié dat s le pays comme une espèce de monsieur. Ses opinions avaient une grande influence, et 51. Malais n'aurait pas été niché d'être biçn avec, lui.

.Mafbt'u.'eiisi'inent la vanité obstruait le peu de bon sens que la nature avait accordé au maître et à la maîtresse defiriueval.

Pour faire plus d'honneur à leurs bûtes et aussi dans l’espoir de les stupéfier d’adniintion , ils couvrirent la table de toute leur argenterie. Madame Malais mit sa belle robe & la mode de la ville qu'dle avait fait faire à Paris douze us auparavant , et sur laquelle depuis ce temps elle avait fût tailler toutes ses robes , pensant qur la mode de Ja ville en tout était comme 1a mode de certaines localité*.

Ainsi un bonnet à la mode du pays dcCaui ne charge jamais , tus plus qu'un bonnet i la mode de Cirenba. Elle aV.it la conscience d'être vêtue à 1» mode de la ville avec cette robe qu'elle avait fait Dire sous l’empire et qu’elle portait encore sous h restauration , époque à laquelle se passe notre histoire.

Le meunier était envieux cl avait d’aillcnr* d'ancien* griefs centré la famille Ma ris. Devint ce luie inusité, il lui semblait a lui-même qu'il n'était peut-être pas aussi riche qu'il sc plais rit à le croire et qu’il IT était pat l'égal des Malais.

Aussi, avec la ruse du paysan normand , il ne négligea rien [mur froisser ses bêtes, tout en ayant l’air de vouloir leur être agréable, il ne trouva rien de mieux que de parler beaucoup d’une famille dpotles Malais «'étaient pas très- tiers d’être issus.

— Fl y avait , dit Eloi , votre grand père , Malsia le rovrch.ind de bœuf.. qui était dé Dive; il avait un fameux bidet , et il faut dire qu’il était, lui, up fameux cavalier.

Il est allé une fois pour acheter des baufs de Dive en Poitou! Il a fait celle fois- là quatre-vingt quatre lieues s*ns débride.-, (''était un maître-homme ! Le bidet était gris-pommelé, un modèle de cheval J

Madame Mriais prit un air distrait , M. Malais versa à boire , mais Eloi, voyant que le coup avait po-té, continua :

— Je ne l’ai pas connu ; mai» tout le monde se le rappelle dans le pays, truand on v»-ut parler d’un bon cr-alier, d’un homme qui boit dur et qui ne boude nas à h fatigue,, ©0 ne manque jamais de dire t C'est comme Malaia de Dive.

Si l'pn veut dire qu’un bonfme Tait bien se« " If «ires , on dit encor*. Ce gars-U, -ce sera comme M- lai* de Drrc, M Iriss-ra à ses enfants de quoi ne rien faite, et ses petits - cii Du U auront nu üi-Ueatt.

Tout le monde conn ût 5f;riris le marchand de bœufs, jusqu’aux petits enfants.

Madame 51* bus réussit à détourner !l conversation en parlant de , pêche à Risque-Tout, qui coupa alors la parole* son cousin ; mais cria ne put durer longtemps , p-ree que Risque Tout en étant venu à pa*- ' 1er des douaniers qui lui avaient pri. un jietit baril de tafia qu’il ava ; f trouvé à la mer. lïlni reprit la parole et dit ;

— Ecoute-moi, Tranquille, Il ne fini pas parler de douaniers devant M. f madame 51 riais ; cela peut leur faire de la peine. Ih ont eu ur.

I O: l ie qui était douanier et pas grand’chose avec ; c’était le propre file de Malais le marchand de bestiau*. On n’est pas responsable 'les fautes des autre*. '

M riais le douanier était un gredin, ça n’cmp'che pas que M lais dé Dive, le marchand de bœufs, était un tionnètc et nn brave ho utore qui a !ai*»é de quoi à sa famille ; ça n’empêche pas que le pè-e de >1. SIi . bis, iri présent, él'it nu homme qui vendait peut-être son a-gmt un peu cher , mais qui pourtant n’a jamais eu rien avec In j.istic -.

M. Malais se hlla encore de verser à hoir» cl de remplir le verre .b I meunier; mais ce verre de vin ut servit qu’a Mgia< nier la loqnacitîj d'Eloi Alain , qui avait déjà beaucoup bu, et lui fournit une transilio-, pour commuer.

I — Je veux , dit-il , que ce verre de vin que je bois à la s: nié d>- | M. Malais et de madame Malais cic serve de poison si j’ai pu voir un douanier depuis ce tetnni-lt. Faut voua dire qu’étant jeune homme , — vous éliex encore eofairt . voua mo-vweiir Malais,-— ya» fait un j eu de i contrebande. ■ ; /

l honnête homme toojoar» , r/nfwtâ pas ça à personne ; mais, la I contrebande , c’est premlre de l’argent au gouvernement , et, prendre de l’argent du gouvernement, c’est pas voler, tout le mon ’e sait ça.

Voit* <l«oe qi.m Malais le dou*oœr, — le propre fils de Malais ’e marcha» ii de tou fa. - - et le frère de Malait le marchand d’argent, — père de. M Maiai* qui n--' us régale j —-voila qu'il me dit : — Dis donc, Eloi, — nn dit comme ça qur tu fiis de bons conpx!

I Je le -.naissais d’enfiuoe; je fie me défiais nas plus de lui q r dr Tranquille Alain. Voila q*»« de parole* en parefi» je lui dis ma msti!

I en buvant nn o©«» de cidre :

— Front.-, vearx-tu e» être?

— Oui, qu'iffit dit. - | — C'eet hoitj I# suis tou homme.

I — Je surs lr Me.».

Faut vous dire que c’étoft <hi '*h'C , et qu’on petit cutter ring lais devait venir non* rapporter i «ne lirue et demie du côté de (>en. La | chose sYxéenfi on tic p««ft mi ui *in«i» que, qtund mtin ta vînmes ] à délnrqner, il te trouv. que 5| IMt isle douanier, an lien de rume aider, i nous jv it dénoncé*, qu'on nom tomln dessus , et qu’on saisit toute la ' pacotille.

I Moi et deux autres que je n’a» pas besoin de nommer , nous eiimr* ir-'i* mois <lr pri>on chacun ; et Slalaiseul , les uns disent le tiers , les autre* disert la moitié de la prise; j’ai eu , moi , 1s consolation de lui donner une maître»** raclée ; mais c'est égal, c’est toujours là ; jamais je n 'oublier» i Malais le douanier.

Monsieur et i-iadame, à votre santé cl à celle de tous les honnêtes gens !

I/j n» ri» > Beuzcval furent extr-ordimircmert soul agés quand

le dîner f ; lorsque les convives partirent, on ne songea pris s les

I engager à n -, cuir, loin de là. madame Mriais dit à Pél.*gi’* t — Péla- I gie. vous ssvtx que vos deux enfants passent la semaine avec Falché- , rie. Je vous les renverrai dimanche soir.

Qujnd il* furent sru’s , M. et madame Malais *e peignirent de l’rnnuyeuse journée qn'ils avaient passée. ■«

— Voyez un peu s’ils te *ont ifiiVoinit aperçu* de la beauté de j notre argenterie! C’est bien fiche»i* rie n'a voir personne de comme »<

I faut a voir- à quoi nous servent notre ctiàlran • t notre mobilier en I acajou, et not^e argenterie?

I Que le ciel nous donne un gendre digne de P-.ilchérie. cl nous pourrons dire que nous commencerons à vivre. Pulrhérie va avoir dotize ! ans ; quand elle aura ptssé quatre ans dans la maison royale de Siintj Déni», elb- ura seize ans: je n’avais guère plus quand noms nous «oui - ] me* mariés. • " f

A propos de Pulchérie, il faudra que k lui parle sêrieuiemeirt : elle ; es» acenotumée V tutoyer les enfants de Pélagie, qui la tutoient au -ri. Il semblerait vraiment, à les voir jouer ensemble, que ce soient des ro> fanta de U même classe. U faut que tout celi ait un terme.

— Ecoute, Dorothée, encore un peu de patience, ça pourrait pan itre

, drêle , on dirait qur nous faisons de l'embarras Que ne drralt-o*

Pulchérie v.i bientôt partir. Quand elle reviendra auz vacances, «He aur» pataé un an <iaw* la maison royale de Saint Drnis, ce sera une df- ' moiselle; il sera temps alors de lui apprendre à se conduire, et d’ailrnr» 1rs petits Alain n'oseront plus la tutoyer. Il faut prendre garde à ce qu’on dirait.

Les enfu 'itsp's* ; Tent ces huit jourodans une joie sans mélange, ri ce | n’est que, le quatrième jour, Onésime finit p»r dire : Tiens, PuMiérie,

je m'ennuie beaucoup quand je ne te voit pas, mais je m'ennuie aussi qu-nd je do vois pas la mer.

Je voudrais aller à 1a pèche avec mou |>ère tous les jours et le retrouver à la maison quand je reviendrais manger la soupe ; mais je ne m'habituerais pas à être toujours dans un jardin.

La veille du départ, il dit : — Si nous allions nous promener un peu dehors ! Les trois enfants tombèrent bien vite d’accord; et comme ils étaient à l’extrémité du jardin, ils pensèrent qu’ils auraient plus tôt fait de franchir une petite haie qui les séparait de la campagne que d’aller chercher la porte.

Les deux fille* n’eurent besoin que de très-peu d'aide pour imiter Ooésime, et ils se trouvèrent dans les prés qui bordent la rivière de BcMieval. Cette petite rivière, d'une limpidité merveilleuse, gaeouille snr le sable entre des rives fleuries, sous les peupliers et les aulnes ; on voyait encore en fleurs quelques roses sauvages et quelques chèvrefeuilles qui grimpaient après les saules et retombaient sur l’eau en guirlandes parfumées.

U. et msÂame Mal». s de HeuzevaL

Les minas des prés n’étaient plus en fleurs, non plus que les coquelourdes rose;, qui sont très-abondantes sur ces bords ; mais les myosotis, k* ne m’ouMwx pas aux petits épia bleu de ciel, fleurissaient le pied dons l’eau.

Les trois enfants s’assirent à l’ombre d’un gros vieux saule creux, et causèrent de leurs petits intérêts.

— Tu vas donc partir, Pulcbérie? dit Onésime.

— Oui, je v.-is aller k l'école dans une maison où sont les filles de tous les officiers décorés... comme mon père.

— Roteras-tu longtemps?

— A peu près quatre ans, h ce qu'on dit.

— Nous resterons quatre ans uns nous voir?

— Onl non... je viendrai tous les ans passer un mois ici.

— Pourquoi est-ce donc qu’on l'envoie û loin, Pulcbérie?... Est-ec que le clerc ne pourrait pas t’apprendre tout au monde?

— Il parait que non.

— Est-ce qu'on veut que tu sois maîtresse d’école et que tu remplaces |a mère Bûchant?

— Je ne sais pas.

— Dans quatre ans, nous serons grands tous les trois, dit Bérénice, qn‘ est-ce que nom ferons dans quatre ans ?

— Je ne sais pas ce que nous ferons, dit Onésime, mais je sais bien eu que je voudrais faire : je voudrais avoir an grand bateau à commander pour aller aux harengs et aux maquereaux, être bien gréé de lignes et d'applelt de tous genres, et puis demeurer avec vous deux — qui me feriez: «le bonne soupe.

— Moi, dit Pulcbérie, je voudrais être Iielle, belle— et bien habillée des robes de soie, comme maman Uorotbée, — et avoir une bell? voilure et un beau cheval, comme a M. Malais, — et puis épouser un beau prince.

— Comment 1 épouser un prince! s’écria Onésime, et ma soupe !.... Qui est-ce qui fera ma soupe pour quand je reviendrai de la mer?

— C’est toi qui serais le prince ; nous aurions une servante pour faire la soupe, nous mangerions de la soupe à la viande tous les jours ; tu n'irais à la mer que quand il ferait beau temps ; tu aurais toujours un chapeau et un habit sien, comme M. Malais. — Et toi, Bérénice , qu'est-ce que tu voudrais ?

— Moi, je voudrais savoir bien, bien faire la dentelle et gagner quinse sous par jour.

— Et qui est -ce qui sera ton mari, h toi?

— Onésime sera notre mari à toutes deux.

— Tu vas donc tout apprendre là-bas, Pulcbérie? dit Ooésime.

— Tout au monde, à ce qu’oa dit.

— À écrire aussi ?

— Il parait que oui.

— Alors tu nous écriras?

— Bien sûr, — sitôt que je saurai ; — j'apprends avec le clerc, et je sais déjà un peu.

— Eh bien ! alors Bérénice va se mettre k apprendre k lire pour pouvoir me lire tes lettres, parce que moi je ne pourrai jamais : il tant que j’silie à la mer et que j’apprenne bien mon état.

— Je vais apprendre à bien lire et aussi à écrire, dit Bérénice, pour le donner de nos nouvelles et te dire ce qui se passera ici, car tu ne nous oublieras pas R-bas?

— 11 n'jr a pas de danger. Vous ne m'otxblierex pas non plus, vous

lieux I

Les trois enfants s'embrassèrent.

— E'oute, dit Bérénice, il faudra, quand tu viendras tons les ans, que nous venions ici où nous sommes... A quelle époque est-ce que tu reviendras ?

— A peu près à celte époque-ci.

— Eh bien ! nous ne serons pas fichés do retrouver l’ombre du vieux saule , nous viendrons nous asseoir ensemble là où nous sommes ; nous nous dirons que nous nous aimons toujours bien, et nous nous raconterons tout ce que nous aurons fait. Si je «avais écrire , je sais bien ce que je ferais.

— Que ferais-tu, Bérénice ?

— J’écrirais nos trois noms sur l’écorce du vieux saule.

— Moi, je saurais bien les écrire, si j’avais un couteau. Donne-moi ton couteau, Onésime ?

Pulcbérie prit le couteau d’Onésime, et après de grandes dissertations il fut convenu qu’on ne mettrait que les premières lettres de chaque nom. Pulcbérie mit au moins une henre à inscrire sur le tronc du saule — B. — O. — P.

Il était à peu près l’heure du dîner; les trois evfanti s’embrassèrent encore, se promirent de s’aimer toujours, de s’écrire souvent et de revenir ensemble tous les ans sous le saule sur lequel ils avaient inscrit leurs noms , puis ils rentrèrent k la maison.

On les avait cherchés, on les gronda; mais ils s’en soucièrent pen. Le lendemain, Pulcbérie, accompagnée d’une servante, reconduisit ses amis à Divr.

La mère Pélagie avait préparé du lait caillé pour Pulcbérie, qui fut surprise de ne pas le trouver aussi bon que d’ordinaire ; U cuisine du château avait déjà détruit la saveur de sea régals d'autrefois.

Bérénice et Onésime continuèrent k aller voir Pttlchérie le dimanche ; mais l'hiver arriva, et il n'y eut plus de promenade dans la came.

réniee allait quelquefois seule dans la semaine passer une heure avec Pulcbérie, par laquelle elle se faisait donner des leçons de lecture et d’écriture pour corroborer celles du clerc qu’elle prenait k peu près tous les jours : attendu qu’Onésime persistait dans l’idée que c’était assez que sa soeur pût lui lire les lettres de Pulcbérie, et qu'il n’avait aucun besoin d’être si savant lui-même.

Eufin arriva le jour où Pulcbérie devait partir pour Paris et S»inl- Denis. On pleura en se séparant. M. Malais alla avec sa voiture jusqu’à Ronfleur ; de Ronfleur on passa au Havre, oh l'on prit la diligence de Paris.

Bérénice, en embrassant Pulcbérie, lai dit : Pense au vieux saule de BeuievaJ.

Pendant assez longtemps, Dive fat désert pour les deus enfants. Ils n'étaient contents que lorsqu’ils étaient seuls ensemble, parce qu’alors ils parlaient de Pulcbérie, et des espérances prochaines, et de leurs projets pour quand ils seraient grands.

Cependant Onésime devenait marin à mesure que ses forces augmentaient! il avait une audace à toute épreuve, et on disait qu’il était cfianreux à la pêche.

Bérénice, tout en faisant dan» l'art de la dentelle des progrès qui annonçaient que ses vœux de gagner quinze sous par jour seraient sans doute les premiers accomplis de ceux qui s’étaient faits sous le saule, commençait aussi à lire et à écrire passablement.

Quinze jour» après le dépxrt de Palcbérie, M. Malais, qui l’avait conduite à Saint-Denis, rencontra par hasard Bérénice et lui dit ; — i Nous sommes arrivés à bon port.

Digitizèd; b'y Googli

c’est-à-dire une dame d'un ordre inférieur, qui ne porte pet la croit d'honneur ; elle préside à la salle de correction.

» A cette selle, on ne sait plut le cours des études ; on ourle des torchons ou on fait quelques gros ouvrages. — Mademoiselle Sophie, sans être méchante, est un peu bourrue : cependant elle aime 1rs élèves qu’elle voit le plus souvent, ce qui fait que ce sont les plus méchantes qui obtiennent son affection.

• Nous nous levons à six heures, à la lumière, et nous entendons la messe tous les jours dans une chapelle qui appartient à la maison.

• L’été, nous nota lèverons è cinq heures et demie, h ce que m’a dit une naearst nui, qui cause quelquefois avec moi sous les titleals de U promenade oh nous avons notre récréation.

• J’ai été punie et mise chrx mademoiselle Sophie pour un bien petit crime. Figure-toi que je voulais parler à ma réciproque, la nacarat uni, c’est ainsi qu’on appelle l'élève qu’on aime te mieux, qnand elle vous aime aussi , parce que quelquefois on en aime qui ne vous aiment pas , on qui ont une autre réciproque.

• Alors oo tiche de s’en faire aimer par toute sorte de petits soins et de prévenances. On dit alors qu’on court après telle ou telle, e'eità-dire qu’on tAche de la rencontrer et de lui parier.

a C’est surtout quand il s’agit d’une plus âgée et d’une plus savante, qui méprise souvent les petites.

« Je voulais donc parler à ma réciproque, et nous nous étions donné rendes-vons dnns un couloir. Pour ne pas être reconnue et arrêtée, j’avais dérobé le manteau et le chapeau d’une dame surveillante qui est très-petite.

• Je marchais aises bien comme elle , et je me tenais droite pour me hausser un peu , car elle est encore plus grande que moi.

• A peine étais-je sortie do la classe que je rencontre... qui ?... la terrible madame Charton. — Madame Charton est l’inspectrice de la maison , et personne n’est aussi redouté qu'elle.

■ Noos sommes toutes habillées de même : des robes roirrs, — des chapeaux de paille noire, — des bas de colon bleu l’été, dit-on, — et l’hiver , des bas de laine grise ; — on tient tant à ce que noos soyons absolument la même choie, que j’ai été grondée l’autre jour parce que j'avais une fleur à ma ceinture ; une élève, à laquelle on en avait apporté en cachette, me l’avait donnée, et je n'avais pas remarqué qu'elle cachait les siennes.

• Nous sommes toutes coiffées de même : les cheveux sépa'rés sur le front et en bandeaux ; en serait sévèrement punie si on bouclait ses cheveux.

• Ou est divisé par classes comme chex M. bpiphane Garaodin, le derc de Dive.

» Les élèves des différentes classes sont distinguées par la couleur de leur ceinture; ainsi, j’ai, moi, une ceinture bleue avec un liséré blanc. Tous les six mois, celles qui ont bien travaillé changent de ceinture pour passer dans une classe plus élevée.

• Voici dans quel ordre sont placées les ceintures : tu verras que j’ai été jugée asses seyante pour ne pas commencer an commence-

«'Verte avec un liséré blane, — vert uni, — violet liséré de blanc, — violet uni, *— aurore liséré, — aurore uni, — bleu liséré, — bleu uni , — na carat liséré , — nacarat uni , — blanc liséré de nacarat, — blanc uni. — Et puis il y a les blanches nou-velles et les blanches anciennes; mais ce sont dé grandes demoiselle*.

• La classe de perfectionnement a une ceinture rayée de toute* les couleurs des autres classes.

• Noos avons deux dames pour chaque classe, une dame surveillante et une dame institutrice. Elles portent la croix «l’honneur sur la poitrine.

■ Figure-toi que j’ai déjà été punie et que j’ai déjà fait connaissance tvee mademoiselle Sophie. — Mademoiselle Sophie est une dame noire,

Pulcbéric est installée à 1a maison royale de Saint-Denis; elle m’avait bien recommandé d’aller vous le dire, mais je n’ai pas eu le temps.

rOLCnSSII MALAIS A lélIBICK ALAIN.

K. Epiph. no G sr andin, maître d’école à Dire.

• Je devins toute tremblante. Cependant j’eus la force de lui faire une révérence quelle me rendit ; mais , tout en continuant mon chemin sans me retourner, je sentais qne ses yeux me suivaient et qu’elle ne croyait qu'à moitié avoir rencontré madame

» Je rencontrai pourtant la nacarat uni , mais je lui dtst — Rentre dans ta classe ; j’ai rencontré madame Chardon , je suis perdne.

• — Est-ce qu’elle l'a reconnue ? me demanda Marie.

■ — Pas tout a fait ; mais c’est égal , j'ai bien peur.

• — Alors , adieu.

• — Adieu.

• Je ne m'étais pas trompée ; msdaiae Charton m’attendait au pasmge. Après quelques compliments ironiques, elle me condamna à passer trois jours chex mademoiselle Sophie.

■ Je pense bien souvent à mes amis de Dive ; il est très-heureux

pour moi d’avoir rencontré Marie, qui m'aime beaucoup et que j’aime presque autant qne toi. . #

a Saint-Denis.

• Ma ciàas Bésénici,

• Tout est tellement changé autour de moi, que je me demande si je rêve ou si je suis moi-même. Figure-toi d’abord que je ne m'appelle plus Pulcbérie, mais Puikérie, qu'il n’y a pas de mer ici, et que je ne •ors jamais d’une grande maison dans laquelle il y a trois ou quatre cents jeunes hiles.

a J’ai été deux mois tans t’écrire, parce que j’étais tellement étourdie de tout ce qui m'entourait, que je n’aurais pu trouver de mots pour te dire des choses toutes différentes de ce que nous connaissons.

* Tu la connaîtras un jour. Quand elle sera grande , etfe vieudi a A

C’est elle qui m’a m*é l'mnui du premier temps. •*

* Elle dit que je loi ai ( lu tout « « suite ; et elle m'a montré sur un BitifnJeé meta qu'aie avait écrits «ifis le I ittlem.iiu de mon -irvivér. Nuut srimnrr &ouvrni désignera par nos numéro* , et, au mi ioi de piuHfurs incnptmi d« même genre, nie n’a montre : IA2 — je t'j*imc; -- signé 361. — J’ai écrit wM« ssoos : — IJ»3 partage l'a ni itié de 364.

■ Il y a une chose assis triste penr moi. — Le jeudi et le dimanche, vers deux heures , «le }ir titra heeues viennent apporter aux d»(B« la liste des élèves demandées au patioir par leurs parents ou certotM •mis de leur famille.

* Jamais personne ne me demande, nnui» je oc vois personne du dehors. Marte, «pse l’an vient voir sou* kt jeudis , parl.'gr avec moi tout ce qu'on lui apporte, mats nfarmoin* c'est fort imrte. J'envoie cette lettre A maman Domibée , qui te k fera remettre ; «ton ne- lui ta réponse.

» Adieu , jo t'e ni brasse , ainsi «pi’Onésime , Crm ire et pope et maman Alain. — J’espère que vous vous partir tous bien.

» Fuient itt Malais: ■

•été JI1CK SUIS A artCHfhlS MALAIS.

« Na cuist PuLcnsMi,

» Me v» pas aimer Marie plus que moi , ni même autant — * surtout no lui montre pas ma lettre , qni va être mat écrite et pleine de fautes. J’appremls de mou mieux et maître Epiphane est content de moi. r

• J'ai lu ta lettre à la maison. Tout le monde » été bien coulent de ton souvenir , et tout le monde t’embrasse de bien ben ceenr.

• Onésime dit qu'il n’aime pas ta Wctpr^w , et qoc tu es bien pressée de faire de nouvelles amitiés. Moi , au contraire, je su» trèssatisfaite que tu aies trouvé une amie tout de suite , «ans cela noos t’aurions manqué comme tu nous manques.

■ Mon* ne sommes pas heureux cet hiver , la mer est presque toujours < n colère. VoiU quinte jours que papa , Césaire et Onésime n’y ont mis le pied.

• Onésime maintenant est tout A fait marin ; il va à la mer tous les jours , quand on v vi.

• La pêche du hareng avait été auex bonne , mais les petits canots ne font rien; aussi Césaire parle-t-il d'aller à la pêche de la bibine ou de la rtorue. Ce sont des pêche* bien longues et bien dangereuses , surtout «die de la haleine , et maman pleure chaque fois qu’il en perlé.

» Ce pcndfOt , il a l‘air bien décidé , êt je crois qu’il finira par IA. Tout le Méfiée te plaifit; cependant, jusqu'ici, Dieu roui a fait la ;;r&cé & fit fif Manquer dé pain.

u En ttiééîlnriw Iran , je fftgOC huit sons par jour k U dentelle ; ce n'est pdé MÉfUliAe , mais ccln aide toujours un p逫 et je fuis bien lien rextfl YMpbrtt* quelque chose à U asaiaen.

• .SI lé iÊêr continue A être aussi dure , papa dît Çt’Ü ira travailler A la terra 4m ta etmpigne; mais ou voit que Cil* l'attriste fort : les rnéftü tr’aimmt pas quitter la mer • nous pridni Dieu , et nous

’» Il (Mtfn F.loi, qui avait prêté «le l'argent pour le canot ton filleul t r» fie être payé ; W s>« fiché , «I j*ai entendu dire à pipa qu’il ëti ééfinit très-chef pour le faire attendre. Il va révenir demain, et on fie pattêft pas encore le payer ; mais Dieu ne nous abandonnera pas , nos geoi Be sont pas Bfresaeux et sont g mu. s pêcheur».

» La nér A , A ce qtte dit p <r«», des poificoes A eut qu’il faudra bien qu'elle léfir déofie.

> Je té dis tout cal* , parce que , quoique tu ne t'appelles pas comme nous , ttt es de la famille. Cependant t ne te tourmente pas à cause de noua; — le vent , qui se tenait au ruroué depuis qui use jours au moins , semble en ce moment même remonter tout douce ment au sué ( I ) ; peut-être nous serons riches quand tu recevras cette lettre.

» Noua (Mirions beaucoup de toi. L’autre dimanche , comme il pleuvait, noos avons pria l’almanach , nous deui Onésiaur , et nous avons coripié combien de jours U y avait encore a .«i tendre ce que tu arppeiU* les vacances, pour te revoir ici; il y en avait encore deux cvnt quatre- vingt du huit I

» 1 ous les soir* , avec Onésime , nous effaçons le jour qui vient de »e p.t'jcr ; ainsi , quand nous «or on* effacé celui-ci , œt* ne fera {dus que deux cent quatre-vingt qtu torse.

» C’est bien long , mais rnhn cela arrivera. Surtout ne montre pas , je l’cn prie encore , ma lettre A Marie. Je la regarda , et je suis « {Frayée de la voir *i mal écrite.

l u écris, loi, déjà bien mieux que quand tu ca partir. Je ne serai j- au-l a-j||| savante que toi , mais je vrui ne pas te faire honte quand j« t’êrrinii

» Adieu, ma chère Polcbérte. Qu'est-ce que c’est donc que nacnrat? Per»» une dans la maison ne peut me dire ce que c’est. Nous t’em-

(tj; Sod-oueat, sud es t .

br^stn* tous de bon coeur. Maman dit qu’elle espère que An es toujours sa fille, mais qu’va tout cas elle sers toujours tu mère.

» Bcaistcs. »

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