‹ La famille BenoîtonChapitre 101 sur 167 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

FOR MICHEL, sortant de son ahurissement, se levant et arpentant la scène pour revenir à Prudent.

Mais, sapré mâtin ! Voyons! Voyons donc!... Quand j'ai vendu les Lyon, ils étaient à moi, fichtre!...

PRUDENT

Ah! bien! Fais-nous voir ça, papa!...

FORMICHEL.

Car, jusqu'à dix-huit ans, j'ai la jouissance légale des biens

de la pauvre défunte !... (Fanfan retourne au coffre-fort, il touche à U elef. )

Avec gestion responsable, papa!

FORMICHEL.

Irresponsable !

PRUDENT

Oh! mais moi... le droit... Ferré aussi sur le droit!...

BENOITON, se levant et allant prendre le petit qui tripote dans la serrure du coffre-fort.

Mais, méchant polisson d'enfant, veux-tu rester tranquille et ne pas farfouiller dans mon coffre-fort!... (n le flanque sur le

canapé, les jambes en l'air, puis il retourne à Formichel. ) PRUDENT, prenant le milieu * .

Et puis quand même, je suis né le 24 juin 1842, à trois heures du matin ; donc, quand tu as vendu mes Lyon le 2o juin i860, à quatre heures de l'après-midi, j'avais dix-huit ans depuis 24 et 13, 37 heures!

FORMICHEL, abruti et retombant assis.

Il a aussi calculé ça !

PRUDENT

Ah! mais les dates, moi... ferré aussi sur les dates... Or, tu me dois vingt-cinq mille francs, pour lesquels... tiens, je t'offre

Un marché, Si Ça te Va! (Il s'assied près de lui but le pouf.) 1. Prudent, Formichel, Benoîton, Fanfao.

FOR MICHEL, assis, sa tête dans ses maints.

Va ! Je n'y suis plus, moi... Il m'abrutit..,

Je te cède la maison de Belleville qui vaut soixante-quinze mille francs, comme un liard ! Tu me donnes en échange ton petit hôtel de la rue des Victoires, qui en vaut cent mille... tout meublé, et nous sommes quittes!

FORMICHEL.

Merci! un hôtel tout neuf dont j'ai refusé cent vingt mille francs ! . . .

PRUDENT

Oui, mais rien à déplacer pour apurer nos comptes; tu gagnes encore... Est-ce dit?

BENOITON. se penchant vers Formichel.

Oui!...

FORMICHEL, hagard.

Je ne sais plus, moi!... Je suis tout!...

BENOITON, entre eux deux passant «a tête.

Allons, acceptez, Formichel!... Ce sera le nid de nos enfants !...

FORMICHEL.

Merci! Je fournis le duvet...

PRUDENT

Et je te laisse le mobilier de tout le premier!... Dis encore que je ne suis pas gentil...

^aiment, Formichel, il est bien gentil...

Il est bien gentil, oui!...

PRUDENT

Alors tope là!...

FORMICII E I..

Quand je verrai le contrat d'échange!

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