‹ La famille BenoîtonChapitre 135 sur 167 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

DIDIER

Clotildeî .. C'est vous qui avez fait partir cet homme !...

CLOTILDE

Eh bien , OUi , C'est moi ! (Elle ne perd pas de vue les lettres dont les mouvements de Didier l'empêchent de se rapprocher,)

DIDIER

Quand vous savez l'état de fièvre où je suis, et ma soif ardente de connaître enfin tout ce que l'on me cache.

CLOTILDE, doucement, lui prenant la main.

Précisément à cause de cette fièvre, mon ami, et parce que vous n'êtes pas en état de chercher froidement la vérité.

DIDIER, s'asseyant sur le canapé près de la table.

Froidement!... Alors, vous avez pensé qu'il viendrait une heure où j'écouterais froidement l'aveu de ma hontel Mais voyez donc où j'en suis!... Tenez! aux choses que l'on n'avoue pas!... (Baissant la Toii.) Savez-vous qui je viens d'interroger tout à l'heure?

G LOTILDE.

Qui donc?

Cette femme..

Adolphine?

DIDIER

CLOTILDE, vivement.

DIDIER

Adolphine... Oui... Je suis allé chez Adolphine!... pour lui arracher un lambeau de cette vérité que l'on ne veut pas me dire, et j'ai réussi... pardieu!... Preuve que les lâchetés sont bonnes à quelque chose!

CLOTILDE, vivement.

Vous ajoutez foi aux paroles de cette malheureuse!...

DIDIER

Ah! il est des faits dont la vérité s'affirme d'elle-même!... Et quand cette femme décidée à se taire, et qui ne répondait que par le silence aux prières, aux menaces... poussée à bout

par celte dernière insulte : «Mais alors, si vous ne dites rien... c'est que vous ne savez rien... c'est que vous avez menti... que vous n'avez rien su, rien vu, rien! — — (u se lève.) Quand elle se lève, pâle de colère et s'écrie : « J'ai menti, moi? Je n'ai rien vu... moi? Alors, je ne les ai donc pas surpris, elle et lui à Dieppe, il y a deux ans, le soir de notre départ, causant dans l'embrasure d'une fenêtre!... Je n'ai pas vu Marthe lui glisser un papier et se détourner à mon arrivée !... Je n'ai pas vu cela?... »

CLO TILDE, guettant toujours les lettres.

Elle a dit!...

DIDIER, continuant.

« Et je ne les ai pas revus l'été suivant, aux Tuileries, se rencontrant par hasard... Elle, appelant la nourrice qui portait l'enfant, et lui... embrassant à plusieurs reprises la petite

fille, (Il surprend un mouvement de Clotilde à l'adresse des lettres, et, lui attribuant une autre raison, la regarde fixement pendant tout ce qui suit*,

pour s'éloigner en toute hâte à mon approche comme la première fois... Je n'ai pas vu cela!... Je ne l'ai pas vu?... »

CLOTILDE

Elle vous a dit?...

DIDIER, la regardant.

Elle l'a dit! oui!... Mais quand j'ai parlé de ma petite Madeleine que cet homme embrassait... vous avez tressailli, Clotilde... Pourquoi cela?

CLOTILDE, troublée.

Moi?... mais non... rien!...

DIDIER

Pourquoi?... Dites pourquoi?...

Mais, je vous jure!

DIDIER

Ah ! ne mentez donc pas et avouez -le donc qu'il vous est ?enu la môme pensée qu'à moi 1

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