‹ La famille BenoîtonChapitre 136 sur 167 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

CLOTILDE, effrayée, jetant un coup d'oeil aux lettres dont elle est toujours séparée. — A part.

Mon Dieu! les lettres!...

DIDIER

C'est que cet homme n'était pas seulement l'amant de ma femme, mais qu'il peut bien aussi être le père de mon...

CLOTILDE , avec force.

Oh! pas cela! Ce n'est pas vrai... Je ne le crois pas!... C'est faux 1... Je jure que c'est faux I

DIDIER

Oui !... Eh bienl si je vous disais que je le crois, moi!

CLOTILDE

Didier!

DIDIER, hors de lui.

Et que c'est pour cela que je veux voir cet homme!... afin de savoir enfin, quand je rentre chez moi, ivre de rage et de douleur, si je dois aller à ce berceau qui est là... (n montre la chambre, à gauche.) embrasser mon propre enfant, ou étouffer celui d'un autre I

CLOTILDE, l'arrêtant.

Mais, malheureux que vous êtes!... mais cette femme peut... mais elle doit mentir!... mais de tout ce qu'elle dit... mais la preuve?... la preuve?...

DIDIER, se dégageant.

La preuve!... ah! je l'aurai!... Comment?... je n'en sais

rien !... mais je l'aurai î... (Il va jusqu'à la porte de sa femme. — Clotilde, délivrée, s'élance sur les lettres qu'elle saisit, Didier se retourn" au mouvement. — Clotilde, haletante, reste immobile et cherche à dominer son émotion. — Silence. — Didier la regarde de sa place, puis fait deux pas en scène.)

Qu'est-ce que vous cachez là?

CLOTILDE

Rien!

DIDIER, traversant la scène par le fond, et 6e rapprochant de la table en tournant derrière Clotilde lf qui fait vivement passer les lettres de sa main droite dans sa main gauche.

Si!... vous venez de prendre là... (n regarde la table.) Il y avait des papiers sur cette table... des lettres... que vous tenez 1...

CLOTILDE, séparée de lui par la table»

Eh bien! oui, des lettres à moil

DIDIER

Pourquoi les cacher?

CLOTILDE

Je ne cache rien, mon ami, les voici I

DIDIER

Alors, si elles sont à vous, Clotilde... montrez-moi votre nom sur ces lettres 1

CLOTILDE

La c«lère vous égare, mon ami... Je vous dis que ces lettres sont à moi ; on vient de me les apporter ici ; je les lisais quand vous êtes entré... et je n'ai rien à vous faire voir...

DIDIER

C'est vrai... Je vous demande pardon... Je ne sais plus ce que je dis... mais pourtaut...à tort ou à raison... — Enfin, cela ne vous coûte rien, n est-ce pas, et ne fût-ce que par égard pour l'horrible état où vous me voyez... je vous en supplie.,. Clotilde, montrez-les-moi!...

CLOTILDE

En vérité... ce caprice!...

DIDIER, s'avançant vers Clotilde qui recule.

Un caprice de fou... Eh bien! oui, mais d'un fou que l'on rendra furieux à force do mensonges et de perfidies!..

CLOTILDE

Didier...

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