ACTE CINQUIÈME
CLOTILDE
Elle ne le dit pas... malheureux... elle le pleure S!
DIDIER
Ah! mon Dieul... que faire? que croire?...
CLOTILDE, lui saisissant la main et l'entraînant peu à peu jusqu'à la porte du fond.
Votre cœur qui vous crie : « C'est vrai I » Didier, voyons je vous en conjure... venez la voir, l'entendre!... Un seul de ses regards vaudra mieux que tout ce que je puis vous dire, moi... mais pensez, toute une nuit que la pauvre femme souffre et se désole... et vous appelle!... car elle vous aime, Didier, autant que vous l'aimez vous-même... oui, encore, malgré vous... Ah! vous êtes ému... une larme... oui... vous viendrez cette fois!... Didier, mon ami, mon enfantl... n'est-ce pas?... Venez... (L'entraînant avec joie.) Ah! il vient!... Partons!...
DIDIER, se dégageant.
NonI je n'irai pas!...
CLOTILDE
Encore!...
DIDIER
Tenez!... Une preuve, Glotilde!... une seule... et je crois tout! mais comme cela... jamais!... Je ne veux pas... je ne peux pas!...
CLOTILDE, brisée.
Ah! vous avez raison, tenez... nous n'en sortirons pas!...
et Cela me tue!... (Silence.) Adieu!... (Elle prend son châle pour sortir.)
Vous sortez?
Oui!
DIDIER
CLOTILDE
DIDIER
Pour lui dire?
CLOTILDE, mettant son chale sur son épaule.
De vous? plus rieni C'est assez pour elle de l'autre douleur!
Quelle douleur?
CLOTILDE
L'enfant 1
DIDIER
L'enfant?
CLOTILDE
Oui, nous avons veillé toute la nuit! et je n'ai pas vouiu le dire... Madeleine est malade...
DIDIER, effrayé.
Malade?... (oubliant tout.) Ma fille!
CLOTILDE
Oui!
DIDIER
Gravement?...
CLOTILDE
Gravement !
DIDIER
Ah! mon Dieu!... une imprudence, le froid, quelque accident!...
CLOTILDE
Une fenêtre ouverte!...
DIDIER
Ah! j'en étais sûr!... je l'ai dit vingt fois!... Et le médecin?...
CLOTILDE
Très-inquiet!
DIDIER
La fièvre?
CLOTl LDE.
Toute la nuit!
DIDIER
Ah f ma pauvre petite Madeleine... Et je suis là, moi !... Je suis là!...