Julie. Baptiste
JULIE
ÀSaint-CIoud?
r BAPTISTE.
Toutes ces petites enfilades de chemins!... entre deux haies... avec des pavillons à droite, à gauche, on ne sait pas où tourner! — C'est donc la même propriété , tout ça?
JULIE
Mais oui, seulement au lieu de murs, comme tout le mondô se connaît, on a mis des haies; c'est plus gai. — Là-bas, c'est le pavillon de M. Formichel, rentier. — Là, celui de H. Benoîton, qui l'habite avec sa femme, ses trois filles et son gendre, M. Didier, qui a épousé Mlle Marthe, l'aînée : —et ici, c'est celui de ma maîtresse.
BAPTISTE
Et voilà donc la salle de bal, que c'est tout rond?
JULIE
C'est le square où on se réunit! —Mais vous ne venez peutêtre pas de Paris pour me dire tout ça. — Qu'est-ce qu'il y a pour ma maîtresse?
BAPTISTE
Une lettre de monsieur et une lettre de madame Lépinois... qui n'avaient pas l'air plus contents l'un que l'autre !
JULIE, descendant à gauche, et posant les lettres sur la table.
Ahl ça ne va donc déjà plus, ce petit ménage-là, qui était si gentil encore il y a six mois?
BAPTISTE, s'asseyant sur le banc à droite.
Oh ! ça ne va pas fort tout de même !
JULIE, rangeant à gauche des pelotons de laine et de la tapir^serie dans le guéridon.
C'est pourtant nous qui avons fait ce mariage-là ! Ils se con • venaient si bienl — Madame, une grande sèche, —monsieur, un petit boulot!... On dit qu'il faut des contrastes.
BAPTISTE
Alors, ils devraient joliment se plaire; l'un ne dit pas bianc que l'autre ne crie noir!