ACTE DEUXIEME
CAMILLE
Oh! mais non!... Il faut dire aussi des choses qui aient le sens commun!... Tâchez donc de trouver une bonne affaire d'argent!...
STÉPHEN, vivement.
J'en ai une! Allez-vous aux courses de Versailles tantôt?
CAMILLE
Oui, à trois heures, pour le handicap!
STÉPHEN
Avec votre mère?
CAMILLE
Non, maman est sortie; avec mes sœurs!... vous viendrez?...
STÉPHEN
Oui.
CAMILLE
Nous serons près du pesage.
STÉPHEN
Bon!
ADOLPH1NE, à part.
Et ils se figurent, ceux-là, qu'on ne voit pas leur manège.
CAMILLE
Prenez garde, Adolphine lorgne!... (Elle remonte; Muller va ctercher son carton qui est sur le piano.)
DIDIER, rentrant avec l'Architecte.
Voilà l'affaire!... nous reporterons ici de vingt mètres en airière. — Stéphen!
STÉPHEN
Voici ! (Il sort avec l'Architecte.)
DIDIER, embrassant Marthe.
A bientôt. (Tandis qu'il va à sa femme, Camille et Jeannp remontent l'une à droite, l'autre à gauche, et vont se camper ù la porte de gauche par où il doit sortir, quand il remonte il se trouve en face d'elles. )
JEANNE et CAMILLE.
Le canot!
DIDIER
Ah! le canot, diable!... — Eh bien! pour quelle heure?
CAMILLE, tirant sa montre, ainsi que Jeanne.
Trois heures !
DIDIER, regardant la siens*.
Précises!...
CAMILLE et JEANNE.
Précises?...
DIDIER
Oui... Eh bien ! (Il se sauve par la porte de droite.) C6 Sera pour UU
autre jour!
JEANNE, riant.
Quel joli lâcheur!
CAMILLE, à Marthe.
Aussi, tu ne nous aides pas toi? (Eues vont au piano.)
MARTHE
Le canot m'ennuie! (Elle se 1ère.) Adieu, monsieur Muller!...
MILLER, seul avec Marthe.
Madame garde les dentelles qui sont dans sa chambre?
MARTHE, de môme.
C'est trop cher !
MULLER, serrant ses gravures.
Dites que c'est donné, madame, un point d'Angleterre admirable... une occasion unique!
MARTHE
Je n'ai pas d'argent.
MULLER
Je ne puis malheureusement pas faire crédit à madame de ces dentelles qui ne sont pas à moi ; mais je lui ferai remarquer que trois mille francs sont une màsère...