‹ La famille BenoîtonChapitre 58 sur 167 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

CHAMPROSÉ.

C'est d'une bonne mère! — - Et votre maman, cher monsieur Fanfan, où est-elle votre maman?

FANFAN

Maman... (niant.) elle est sortie I

CHAMPROSÉ.

Ah! très-bien ! — Et pourquoi ne sortez-vous pas avec elle?

FANFAN, arec importance.

Oh! parce que je ne peux pas sortir à cette heure-ci.

A cause de?

FANFAN, se rasseyant sur le pouf et croisant une de ses petits jambes sur l'autre en se prenant le pied.

A cause de mes affaires...

CHAMPROSÉ.

Vos affaires?

FANFAN

Oui... Il faut que j'aille tout à l'heure à la Bourse1

CHAMPROSÉ, ahuri.

Il va à la Bourse ! (a Fanfan.) Quelle Bourse ?

FANFAN, montrant la fenêtre.

Eh bien! dans le Parc!... Tu sais bien, là où il y a la marchande de gaufres! C'est la petite Bourse...

CHAMPROSÉ.

De quoi?...

FANFAN

Mais de timbres-poste!... Il ne sait rien, donc? Tu ne sais rien donc?... C'est le petit Musot, le grand Lasalle et moi qui avons organisé ça, comme aux Tuileries!...

CHAMPROSÉ, ahuri, à Fanfan.

Stupéfiant, ce jeune être! — (a Fanfan.) Alors, vous vous réunissez comme ça?... Le petit Musot, le grand...?

FANFAN

A deux heures, et c'est nous qui menons le marché... Vous comprenez... tu comprends? — Parce que nous avons des timbres de partout, à cause de nos papas!... Alors, nous nous entendons tous les trois, et les petits boursiers du pays... (Riant,) nous les roulons!...

GHAMPROSÉ.

Abrutissant!

FANFAN, debout, l'attirant à l'avant-scène

Je viens de faire un joli mois... va, monsieur... A cause des affaires d'Amérique!...

CHAMPROSÉ.

Ah! ah! Gomment ça?

FANFAN

Papa me dit un jour en arrivant : — Fanfan! les Fédéraux sont vainqueurs... Marche là-dessus!... Moi, je vas à la Bourse, j'achète tous les Sud qui étaient sur la place, contre mes Anglais et mes Italiens... Bibi Lasalle, qui ne savait pas, disait : — Est- il jobard, ce Fanfan, d'accaparer comme ça tous les Sud!... mais à quatre heures et demie, qui est-ce qui faisait une tête... quand on a su qu'il n'y aurait plus de timbres séparatistes!... J'ai revendu les miens avec un bénéfice!... Ils rageaient, les autres ! — Ah ! ils rie sont pas de force !

CHAMP ROSÉ, ahuri.

Voilà le petit éCU demandé!... (Prenant Fanfan et le portant sur le

bras.) Si je le jetais à pile ou face.

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