‹ La Famille BoisseauChapitre 2 sur 21 · MARIE-JOSEPH BOISSEAU · texte numérisé non relu

MARIE-JOSEPH BOISSEAU

Née à Québec le 12 novembre 1736.

Décédée à Sainte-Foy le 9 décembre 1736, et inhumé dans le cimetière paroissial.

(1) Mgr Tanguay (Dictionnaire généalogique, vol. II, p. 330) le fait mourir à Québec le 13 novembre 1735,

Première génération : Nicolas Boisseau Deuxième génération : Nicolas-Gaspard Boisseau

NICOLAS-GASPARD BOISSEAU

Né à Québec le 16 juin 1726.

En 1743, Nicolas Boisseau représente à l'intendant Hocquart " qu'il a un fils âgé de dix-neut ans, (1) qu'il s'est appliqué depuis quelques années à le former dans la connaissance de la pratique et de la procédure, dans le dessein qu'il a eu de le rendre capable de remplir quelque jour le même emploi et que pour donner de plus en plus de l'émulation à ce jeune homme, il le requière de lui accorder une commission de commis greffier en la dite Prévôté de Québec.

L'intendant Hocquart rendit compte au roi de l'application avec laquelle le dit Nicolas-Gaspard Boisseau s'était porté jusque là à l'étude de la procédure et de la pratique, et, le 5 décembre 1743, sous le bon plaisir de Sa Majesté, il commettait et établissait le jeune Boisseau pour au défaut et en l'absence de son père, faire les fonctions de commis greffier en la dite Prévôté. (2)

Le 25 mars 1744, Boisseau père était nommé greffier en chef du Conseil Supérieur, et, le même iour, son fils lui succédait comme greffier de la Prévôté. (3)

Le roi lui donna, encore le même jour, des lettres de dispense d'âge parce qu'il n'avait pas encore vingt-cinq ans. (4)

Il fut le dernier greffier de la Prévôté sous le régime français.

M. Nicolas-Gaspard Boisseau fut un des premiers, après la con-

(1) Nicolas Boisseau forçait un peu la note. Son fils n'avait que dix-sept ans.

(2) Registre des Insinuations du Conseil Supérieur, vol. 31, p. 115.

(3) Idem, vol. 9, p. 31.

(4) Ibidem, vol. 9, p. 32.

quête, à réclamer pour ses compatriotes le privilège de tenir des assemblées publiques.

Dans l'été de 1764, des délégués de toutes les paroisses du gouvernement de Québec, s'étaient réunis à Québec, sur l'invitation du gouverneur Murray. Mais comme la loi ne leur permettait pas de prêter d'autre serment que celui du test, qui niait la présence réelle de Jésus-Christ dans l'Eucharistie, ils se séparèrent sans avoir rien fait. (1)

Les Canadiens, ou, comme on les appelait alors " les nouveaux sujets ", furent plus heureux quelques mois plus tard. Au commencement de 1765, MM. M icol as-Gaspard Boisseau et Jean- Baptiste Amiot demandèrent pour leurs compatriotes la permission de s'assembler. Le Conseil présidé par le gouverneur lui même y consentit à condition que deux de ses membres fussent présents à la réunion avec pouvoir de la dissoudre. De plus, cette réunion devait avoir lieu dans la ville de Québec.

On a ici un exemple de la bienveillance de Murray pour les Canadiens. L'année suivante, une semblable demande de la part des seigneurs du district de Montréal faite par M. Hertel de Rouville fut accordée à peu près aux mêmes conditions par les magistrats. Lorsque ces seigneurs s'assemblèrent, le général Burton, qui n'en avait pas été prévenu, écrivit aussitôt aux magistrats. Ceux-ci lui répondirent que tout était dans l'ordre. 46 En tout cas, répliqua le général inquiet, si vous avez besoin de secours, je vous en enverrai." (2)

Le 17 septembre 1764, le gouverneur Murray et son conseil avait réglé et établi les cours de justice de la province de Québec.

Outre une Cour Supérieure ou Cour du Banc du Roi, ils avaient établi une Cour inférieure ou des Plaidoyers Communs (Common Pleas). Cette Cour devait décider de toutes les causes de propriété dont la valeur était au-dessus de dix louis, avec droit d'appel à la Cour Supérieure ou Cour du Banc du Roi, si le montant était

(1) Bibaud, Histoire du Canada et des Canadiens sous la domination anglaise, p. 22.

(2; Garneau, Histoire du Canada, tome II, p. 400.

de vingt louis, ou plus. Sur la demande de l'une des parties, les procès devaient 83 juger parjurés. Il devait y avoir deux termes par année a Québec.

Les juges de la Cour des Plaidoyers Communs devaient juger :-elon l'équité. Ils devaient cependant se conformer aux lois d'Angleterre, autant (pie les circonstances pouvaient le per~ mettre. (1)

Le 14 février 1765, William Kluck et Jean-Claude Panet furent nommés conjointement les premiers greffiers de la Cour des Plaidoyers Communs du district de Québec.

Ils furent remplacés, le 30 septembre 1766, par Nicolas-Gaspard Boisseau.

Il ne demeura pas un an en office. Le 7 mai 1767, David Lynd lui succédait.

En 1775, lors de l'invasion américaine, le juge Mabane, M. Grant et Nicolas-Gaspard Boisseau furent choisis par le lieutenantgouverneur de Québec comme capitaines des trois compagnies de milice qu'on avait résolu de lever sur l'île d'Orléans. Le juge Mabane se fit accompagner sur l'île d'Orléans par dix matelots armés jusqu'aux dents. Cet apparat ne plût pas aux bons insulaires qui refusèrent de s'enrôler. M. Mabane ayant voulu insister, il fut entouré par deux cent cinquante habitants armés de bâtons qui lui auraient fait un mauvais parti à lui et à son escorte, sans l'intervention de M. Boisseau, qui leur était bien connu. (2)

Le 1er mai 1776, conjointement avec David Lynd, Nicolas- Gaspard Boisseau reprenait son ancienne charge de greffier de la Cour des Plaido}7ers Communs. Il la garda jusqu'au 22 septembre 1783. (3) Cette fois il fut remplacé par Tierre-Louis Panet.

Dans l'été de 1784, un recensement de toute la province de

(1) Ordonnance faite pour la province de Québec par le gouverneur en conseil de la dite province, depuis l'établissement du gouvernement civil, p. 9.

(2) Lettre de M. LeCompte Dupré àl'hon. Frs. Baby, 21 8bre 1775. — L'abbé Verreau, Invasion du Canada, p. 319.

(3) Concurremment avec sa charge de greffier de la Cour des Plaidoyers Communs, il avait exercé, avec David Lynd, la charge de greffier de la paix. Sa commission est du 31 mars 1777»

Québec fut fait. Le 19 juillet 1784, le gouverneur Haldimand donnait ordre à Nicolas-Gaspard Boisseau de taire le recensement sur l'île d'Orléans.

Boisseau fit ce travail gratuitement.

Pour le récompenser, Haldimand, le 2 août 1784, lui donnait une commission de juge de paix pour toute la province.

Nicolas-Gaspard Boisseau décéda à Saint-Thomas de Montmagny le 27 mai 1804, et fut inhumé dans le cimetière de cette paroisse.

Comme son père il s'était marié deux fois.

Il épousa, à Saint-Thomas de Montmagny, le 6 octobre 1754. Thérèse Couillard, fille de Louis Couillard, seigneur de Saint- Thomas et de Saint-Pierre, et de Marthe Côté.

Elle décéda à Saint-Thomas de Montmagny le 16 janvier 1760, et fut inhumée dans l'église paroissiale.

En secondes noces, à Saint-Pierre de l'île d'Orléans, le 30 janvier 1764, Nicolas-Gaspard Boisseau épousa Claire Jolliet, fille de Jean Jolliet de Mingan et de Marie Mars, et veuve de François Volant de Chamblin.

Elle décéda à Saint-Thomas de Montmagny le 3 mai 1804, à l'âge de 83 ans, et fut inhumée dans le cimetière de cette paroisse.

Il eut cinq enfant3 de son premier mariage et un seul de son second ;

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