‹ La famille d'AilleboutChapitre 17 sur 46 · PAUL ALEXANDRE D'AILLEBOUT D'ARGENTEUIL, SIEUR DE CUISY · texte numérisé non relu

PAUL ALEXANDRE D'AILLEBOUT D'ARGENTEUIL, SIEUR DE CUISY

Baptisé à Montréal le 28 novembre 1696. Cinquième enfant ae Pierre d'Aillebout d'Argenteuil et de Catherine Denis. Cuisy, d'après le Dr X. E. Dionne (Origine des familles canadiennes, p. 147) est le nom d'une seigneurie en Champagne, pays d'origine des d'Aillebout.

En 1717, Paul Alexandre est à Michilimackinac à faire la traite lorsqu'il apprend que Madame de Vaudreuil offre de s'entremettre pour lui faire obtenir une enseigne au Mississippi ou à la Louisiane, et il écrit immédiatement à sa mère pour la presser d'accepter en son

LA FAMILLE D'AILLEBOUT gij»

nom. Cependant, il est peu probable qu'il soit allé alors au Mississippi, car, en décembre 1720, nous le trouvons en France, oii, de société avec son frère Louis d'Argenteuil, il est allé vendre une cargaison de castors, de martres et de loups-cerviers.

Il ne semble pas qu'il ait pris beaucoup de part aux opérations militaires de son temps, si même il entra dans le service. Négociant ou traiteur, il voyageait entre Montréal et les pays d'en haut, quoiqu'en 17-io, il soit dit, dans im acte "demeurant ordinairement à Terrebonne."

Il n'en passait pas moins après la cession pour un des citoyens canadiens les plus importants. En 1767, il était, avec St-Ours, Niverville, Contrecoeur, La Bruère, et d'autres, un des neuf membre» français du grand jury chargé de se prononcer sur l'acte d'accusation dans la fameuse affaire Walker. (Rapp. Archives 1888, p. 14).

Deux ans plus tard, en mars 1769, le gouverneur Carleton recommande comme membres canadiens du Conseil Législatif, d'abord M. Chaussegros de Léry, puis MM. de la Naudière, de Contrecoeur, de Tonnancour, d'Aillebout de Cuisy, etc. [Ihid., p. XV). On sait que le choix des autorités tomba sur M. de Léry.

Enfin, en février 1774, nous rencontrons sa signature au bas de la pétition adressée au roi par ses sujets français en faveur du maintien des lois françaises en Canada.

Il décéda à l'âge de 86 ans et fut inhumé à Montréal le 11 février 1782.

Le 1er février 1727, à l'âge de 30 ans, Paul Alexandre d'Aillebout de Cuisy épousa Thérèse, âgée de 25 ans, fille de Henry Jules Le Foumier DuVivier, chevalier de St-Louis, capitaine, et de Thérèse Gadois.

Mme de Cuisy mourut à 78 ans et fut inhumée à Montréal, le 21 juin 1776.

A ce propos signalons l'erreur commise par l'abbé Daniel dans son Histoire des grandes familles j p. 218.

"Les deux demoiselles Duvivier, écrit-il, entrèrent dans la famille d'Aillebout. L'une, Thérèse, épousa Paul d'Aillebout, Sr de Cuisy et, après la mort de son mari, se remaria en 1741 avec Alexandre d'Aillebout, Sr d'Argenteuil. L'autre, Marguerite, fit alliance avec Louis d'Aillebout, sieur de Coulonge."

Inutile de dire que Tliérèse Duvivier n'eut qu'un seul époux, qui était à la fois d'Argenteuil et de Cuisy, Paul et Alexandre, à savoir: Paul Alexandre d'Aillebout d'Argenteuil, sieur de Cuisy.

De ec mariage sont issus les cinq enfants suivants:

gg LA FAMILLE D'AILLEBOUT

IV ea — .\LEXAXDEE D'.VILLEBOUT DE CUIS Y

Baptisé à Montréal le 29 octobre 1727 et inhumé au même endroit le 29 juillet 1728.

IV eb — MAEIE ANNE AMABLE D'AILLEBOUT DE CUISY

Baptisée à Montréal le 7 décembre 1728.

IV ec — LOUIS GORDIEN D'AILLEBOUT DE CUISY

Baptisé à Montréal le 10 mai 1730.

Le 31 octobre 1749, M. de la Jonquière écrit au ministre qu'il "a fait partir sur le "Prospérant" le sieur de Coissy (sic) d'Argenteuil dont il ne peut que louer la conduite." C'est probablement pour l'Acadie que M. de la Jonquière le fait partir, car nous le trouvons en garnison à Louisbourg dans la première moitié de 1750.

Mais si M. de la Jonquière n'avait qu'à se louer de sa conduite en 1749, son oncle Charles Joseph d'Aillebout n'en disait pas autant Tannée suivante. Ce dernier nous apprend que Cuisy a été impliqué dans une malheureuse affaire dont il ne donne pas le détail, avec le plus mauvais sujet de la terre, un M. de Baucourt, que l'on a dû envoyer au Mississippi pour des tours de sa façon et avec lequel on l'avait prévenu de ne pas se commettre. Louis Gordien, qui était alors cadet à l'éguillette, dut quitter l'Ile Eoyale à la suite de cette mystérieuse aventure, car en 1753 son père demande l'assentiment de ses frères pour bâtir un moulin sur la terre familiale, cela devant lui permettre d'employer Cuisy dont il ne sait que faire.

Cependant, en 1755, dans l'ordre de bataille pour le combat du 14 septembre au Portage Saint-Sacrement, nous trouvons son nom parmi ceux des officiers sous Dieskau. Nous avons également aes raisons de croire qu'il prit part avec le détachement canadien à la bataille de Carillon. Dans une lettre datée du camp de Carillon, le lendemain de la bataille, le 9 juillet 1758, et adressée au marquis de Vaudreuil, M. de Montcalm écrit ce qui suit:

"MM. de Langy et d'Aillebout allaient aussi en découverte ; l'armée coucha au bivouac. Le 8 on s'occupa à perfectionner l'abatis" . . . {Collection de Manuscrits, IV, p. 169).

Malgré nos recherches nous n'avons pas pu nous convaincre que le d'Aillebout auquel fait ici allusion le marquis de Montcalm fût autre que Louis Gordien d'Aillebout de Cuisy, alors enseigne dans les

troupes. Dix ans auparavant, en juin 1748, il avait déjà accompagné Levreau de Langy dans un parti de guerre, en qualité de cadet. (O'Callaghan, Documents, X, 166).

Sur la liste des officiers passés en France en 1761, publiée par l'abbé Daniel, nous rencontrons: Cuisy d'Argenteuil, enseigne. Gordien d'Aillebout de Cuisy passa en France en effet, mais il n'y fut guère heureux, s'il faut en croire une lettre de son oncle Cerry écrite de Paris le 25 octobre ITG-i à Pierre Paul Margane de la Valtrie alors lieutenant dans le régiment Dauphin: "J'ai trouvé ici Cuisy sur le pavé, qui avait toutes ses hardes engagées à 65 p.c. d'intérêt. Je les ai retirées et je l'ai expédié pour le Canada, plus pour son père, sa mère et sa femme que pour lui qui ne mérite rien, car il m'a trompé au moment où je lui rendais service."

Le 6 mars 1763, le président du Conseil de marine écrit à M. Dumas qu'il a reçu un mémoire du Sieur d'Aillebout de Dauglas, enseigne dans les troupes du Canada, demandant de l'emploi dans les troupes, et il ajoute que le surnom de Dauglas ne se trouve pas dans les notes qui ont été remises au bureau des colonies. (Cf. Rapp. Archives, 1905, I, 323). Le surnom de Dauglas accolé à d'Aillebout reste aussi nouveau pour nous qu'il l'était pour le ministre en 1767. Il doit pourtant s'agir de Gordien de Cuisy ou d'un de ses trois ou quatre cousins, également enseignes, qui étaient passés en France en 1761.

L'abbé Daniel, et d'autres après lui, ont fait mourir Gordien de Cuisy en 1772, après s'être distingué dans la guerre contre les Américains. C'était d'abord mourir un peu tôt en 1772 pour avoir l'occasion de se distinguer dans la guerre américaine qui ne commença guère qu'en avril 1775. Mais il est vrai que, même à cette époque, Gordien d'Aillebout de Cuisy, loin d'être mort, avait encore près de 40 ans à vivre. Sur sa participation à la défense du Canada contre les soldats d'Arnold et de Montgomery, nous avouons n'avoir rencontré aucun document officiel. Tout ce que nous en savons, c'est par une lettre qu'il écrit le 1er juillet 1780 à l'honorable François Baby, le priant d'appuyer sa requête auprès du Général afin d'obtenir la permission de monter au Détroit et d'y hiverner un canot de marchandises.

"Cela m'a dérangé, éerit-il, de prendre avec chaleur le parti du roi. Prisonnier deux fois en vingt mois, et point payé du Roy depuis deux ans, j'ai pris le parti d'aller à Boucherville, mais l'épargne est petite."

Dans une lettre écrite à Haldimand le même jour, c'est depuis 4 ans qu'il prétend ne pas aYoir touché de traitement, sauf environ 100 louis. {Rapp. Archives, 1886, Collection Haldimand, p. 571).

En 1795, d'après l'Almanach de Québec, il était un des Juges à paix pour le district de Montréal, mais c'est à tort que M. l'abbé Couillard-Després, dans son Histoire des Seigneuries de la Rive Sud, (p. 338) l'inscrit parmi les représentants du même district à la chambre d'Assemblée de 1796.

Louis Gordien d'Aillebout de Cuisy, ancien officier, mourut à l'âge avancé de 83 ans et fut inhumé à Montréal le 23 novembre 1812.

L'ahbé Tanguay, dans son Dictionnaire Généalogique [vol. III), et M. Régis Roy après lui, dans sa Famille d'Aillebout (p. 9) donnent deux garçons à Paul Alexandre d'Aillebout de Cuisy: Louis Gordien, baptisé en 1730 et qui aurait successivement épousé Marie Josette Baby-Chenneville et Françoise Boucher, et Louis Charles, baptisé en 1737 et qui aurait^ successivement épousé Madeleine de Joncaire et Charlotte Alavoine.

Les deux sont un seul et même personnage. Louis Charles de Cuisy n'a jmais existé. En 1737, et ni auparavant, ni plus tard, Paul Alexandre de Cuisy n'a fait baptiser d'enfant à Montréal sous le nom de Louis-Charles.

Louis-Gordien d'Aillebout, de son côté a bel et bien contracté trois mariages successifs avec trois des femmes distribuées par l'abbé Tanguay entre lui et le supposé Louis-Charles. S'il n'a pas épousé également la quatrième, Charlotte Alavoine, cela est dû un peu sans doute à ce qu'elle était devenue sa tante en 1758 par son mariage avec Charles Joseph d'Aillebout, lieutenant de roi à Montréal.

Gordien de Cuisy se maria pour la première fois à 25 ans, le 10 novembre 1755, à Montréal, avec Marie Magdeleine, âgée de 24 ans, fille de Philippe Thomas de Joncaire, capitaine, et de Marie Magdeleine Renaud Du Buisson.

De ce premier mariage, il eut dix enfants.

lo. — Philippe Thomas, baptisé à Montréal, le 18 janvier 1756, et inhumé à St-Laurent, près Montréal, le 2 février suivant, sous les noms de Charles, fils de Louis-Charles de Cuisy. C'est là probablement ce qui a fait accepter à l'abbé Tanguay l'existence d'un Louis Charles de Cuisy. Philippe Thomas, baptisé à Montréal le 18 janvier, est dit fils de Gordien de Cuisy et de Madeleine de Joncaire, et Charles (sic) enterré à Saint-Laurent le 2 février, à l'âge de 15 jours, est seulement dit fils d'un Cuisy et de Madeleine de Joncaire.

LA CAMILLE D'AILLEBOUT J^Ql

2o. — Charlotte Madeleine, baptisée à Montréal le 8 décembre 1756, et inhumée à la Rivière des Prairies, le 28 juillet 1757, étant morte à huit mois, probablement en nourrice,

3o. — Thérèse Madeleine, baptisée à Montréal, le 21 décembre

4o. — Louise, baptisée à Montréal le 22 janvier 1759 et inhumée à la Rivière des Priries le 5 février suivant.

5o. — Marie Madeleine, baptisée à Montréal le 19 décembre 1759 et inhumée au même endroit le 27 février 1762.

6o. — Gordien, baptisé à Montréal le 3 décembre 1760 et inhumé sous le nom de Joseph, à la Rivière des Prairies, le 8 février 1761, âgé de 2 mois.

7o. — Suzanne, baptisée à Montréal, le 28 février 1766. Entra au Couvent pour se faire religieuse, mais en sortit bientôt. D'après les archives de l'Hôpital Général de ^Montréal, elle entrait dans cette institution le 27 mars 1819 et y décédait, paralytique, le 1er février suivant.

8o. — Pierre, baptisé à Montréal, le 15 janvier 1767, et inhumé à la Pointe-aux-Trembles le 15 mars suivant, âgé de deux mois.

9o. — Claire, baptisée à Montréal le 20 janvier. D'après V" Annuaire de Ville Marie/' II, 5, p. 86, elle entrait pensionnaire chez les Soeurs Grises le 16 juin 1778, y mourait non mariée le 2 juin 1820 et était inhumée le 5 du même mois. D'autre part, d'après les Archives de l'Hôpital Général elle serait entrée le 1-1 novembre 1818 et serait décédée le 3 juin 1820, paralytique comme sa soeur Suzanne.

lOo. — Pierre Gordien, baptisé à Montréal, le 8 mars 1769 et mhumé au même endroit le 27 du même mois.

Le 10 avril 1770, Madeleine de Joncaire décédait à Tàge de 39 ans et Gordien d'Aillebout de Cuisy, devenu veuf, se remariait à Montréal, le 15 avril 1771, avec Marie Joseph, âgée de 28 ans, fille de feu Joseph Baby Chenneville et de feu Angélique Robert Ouatson.

De ce second mariage sont issus deux enfants :

llo. — Paul Alexandre, baptisé à Montréal le 3 mars 1772 et inhumé au même endroit le 20 du même mois.

12o. — Pierre Gordien, baptisé à Montréal le 20 janvier 177-1 er inhumé au même endroit le 22.

Le 12 février 1774, Marie-Josette Baby-Chenneville décédait à l'âge de 31 ans, et Gordien d'Aillebout de Cuisy. redevenu veuf, sl' remariait le 13 février 1775, avec Françoise, née le 26 janvier 1734^ fille de Pierre Boucher de Boucherville, et de ^largueritc Raimbaalt,.

veuve de J. B. Houtelas. L'acte de mariage porte que les parties ont obtenu dispense de consanguinité du 3e au 4e degré, et dispense du 3e degré d'affinité. En effet, (rordien de Cuisy et Françoise ae Boucherville avaient eu les deux soeurs pour grand'mères, Marie- Louise et Charlotte Denis. Quant à J. B. Houtelas, l'époux défunt de Françoise de Bouc-herville, il était également le petit-fils d'une Denis, soeur des précédentes. Il n'y eut pas d'enfant de ce troisième mariage. La troisième femme de Gordien de Cuisy vivait probablement encore après 1800; le 27 septembre 1799, elle apparaît comme marraine à Boucherville.

IV ed — GABKIELLE D'AILLEBOUT DE CUISY

Baptisée à Montréal le 19 juin 1731. Entrée en religion chez les soeurs de l'Hôtel-Dieu de Montréal, vers 1752, elle devant la dixseptième supérieure de l'institution et l'une des plus remarquables dans les annales de la communauté. Elle fut élue supérieure à trois reprises différentes, de 1778 à 1784, de 1790 à 1796, et de 1799 à 1805. Elle mourut le 30 avril 1811, à l'âge de 80 ans, après 59 ans de religion. {Annuaire de Ville-Marie II, 1ère livr., p. 5).

lY ee — ELIZABETH A:vL\BLE D'AILLEBOUT DE CUISY

Baptisée à Montréal, le 18 juin 17'^2. Entrée comme pensionnaire chez les Soeurs Grises, à l'Hôpital Général de Montréal, le 18 novembre 1763, elle y mourut, âgée de 37 ans, le 6 octobre 1769. {Annuaire de Ville-Marie, II, oe livr., p. 86).

Parmi les documents manuscrits copiés sous la direction de l'abbé Faillon, nous trouvons copie d'un acte notarié du 4 juillet 1780, par lequel Gordien d'Aillebout de Cuisy, fils, demeurant à Boucherville, confesse devoir à son père, Alexandre d'Aillebout de Cuisy, 10,000 chelins ancien cours, laquelle somme il s'oblige à payer, au décès de ce dernier, aux Soeurs Grises "à l'occasion de sa demoiselîe qui y est décédée."

IV f

LOUIS D'AILLEBOUT D'ARGENTEHIL

Sixième enfant de Pierre d'Aillebout d'Argenteuil et de Marie- Louise Denis.

Baptisé à Montréal le 30 juin 1700; décédé et inhumé le même jour.

IV g CLAUDE DANIEL D'AILLEBOUT DE CAEILLOX

Septième enfant de Pierre d'Aillebout d'Argenteuil et de Marie- Louise Denis. Baptisé à Montréal, le 18 septembre 1701.

M. Régis Roy, dans sa '^Famille cVAillehout" (p. 5), le désigne sous le nom de sieur de la Villon. Nous croyons qu'il faut dire nlutôt sieur de Carillon. Sans doute, l'ordonnance du Conseil d'état de 1720 qui maintient en noblesse les fils d^Argenteuil et qui fut enregistrée à Québec, le a mars 1736, désigne bien Claude Daniel comme Sieur de Lavillon, mais c'est là certainement une erreur du copiste qui a mal lu Lavillon au lieu de Carillon comme il a mal lu Villemer au lieu de St-Vilmé.

La seigneurie d'Aillebout qui était dans la famille d'Argenteuil depuis 1697, quatre ans avant la naissance de Claude Daniel, comprenait l'île Carion ou Carillon, ainsi qu'il appert à l'acte de vente passé en 1781 entre Alexandre d'Aillebout de Cuisy et Pierre Louis Panet. C'est évidemment cette île, quoiqu'elle ait pu être d'abord nommée d'après Philippe de Carion du Fresnoy, qui a fourni son titre de gentilhomme au septième fils de Pierre d'Aillebout d'Argenteuil.

Il faut croire que l'original de l'ordonnance 1720 qui est aux Archives à Paris n'est pas d'une calligraphie bien nette, puisque le copiste chargé par M. Edouard Richard de le transcrire pour le compte des Archives canadiennes en 1899, s'est également trompé au sujet de Claude Daniel, quoique de différente façon. Se rapprochant un peu plus du nom exact, il a écrit Larillon. (Cf. Rapp. Archives 1899, Suppl. Richard, p. 226).

D'ailleurs, dans une lettre de Charles Joseph d'Aillebout écrite à sa mère le 4 septembre 1719, nous lisons très nettement ce postscriptum: "J'embrasse Lolotte et Carillon". L'auteur de la lettre désignait sans aucun doute sa soeur Charlotte et son frère Claude Daniel.

L'année suivante, le 12 décembre 1720, Hector Pierre de St- Vilmé, qui vient d'arriver à la Rochelle, écrit à sa mère qui est ellemême en France, à Paris, et désireux de la ra.>;suror sur le sort de ses plus jeunes enfants qu'elle a laissés en Canada, il lui mande :

''Lolotte et Carillon sont chez ma tante de Manthet à 50 écus de pension."

Claude Daniel, lorsqu'il était ainsi chez sa tante de ^Manthet à 50 écus de pension, avait déjà 19 ans passés. C'était un âge où tous ses frères avaient déjà pris du service comme cadets ou commencé à naviguer. Il faut croire que ce septième fils de Pierre d'Argenteuil était infirme ou d'une santé débile.

En effet, nous voyons qu'il mourut à Boucherville à l'âge de 22 ans, et qu'il fut inhumé au même endroit le 26 décembre 1723, sous ■les noms de sieur Claude Daniel Carillon d'Argenteuil, fils de iVî. d'Argenteuil et de Madame d'Argenteuil.

lY h

PHILIPPE MAEIE D'AILLEBOUT D'AEGEXTEUIL DE

CEPtEY

Huitième enfant de Pierre d'Aillebout d'Argenteuil et de Marie- Louise Denis. Baptisé à Montréal le 20 octobre 1702.

Joanne, dans son "Dictionnaire géographique de la France" (t. yi), mentionne Sarry et Sen', deux villages de l'Yonne, pays d'origine des d'Aillebout. C'est de l'un ou de l'autre que vient probablement le surnom de Philippe Marie.

H ne 'paraît pas qu'il soit jamais entré dans les troupes; tout indique qu'il suivit plutôt l'exemple de ses frères d'Argenteuil et St- Vilmé et qu'il se fit navigateur et négociant. Nous ne rencontrons ses traces pour la première fois qu'en 1734, alors que le 21 octobre, iL de St-Ovide écrit de Louisbourg au ministre: "Le navire du sieur Serrv' a été requis de laisser à Louisbourg les vivres qu'il emportait à la Martinique."

L'année suivante, en 1735, il se marie à Charlesbourg, et c'est d'alors que datent sans doute ses attaches avec la ville de Québec que la conquête anglaise devait seule dénouer. Il ne continua pas moins de voyager et de poursuivre son commerce avec les Iles. Une lettre de St-Yilmé nous apprend qu'en 1742 et 1743 il était à la Rochelle.

En 1746, cependant, il prend une part active aux opérations militaires et navales des Français pour la reprise de l'Ile Eoyale. Il commandait le brigantier ''la Petite Marguerite", un des six vaisseaux chargés de transporter de Québec à la Baie Verte un détachement de 680 Canadiens. Parti de Québec le 5 juin, M. de Cerry

LA FAMILLE D'AILLEBOIT 205

était de retour au commencement de juillet, et un mois plus tard le 9 août, on le renvoyait sur le même navire avec des provisions et aussi avec des instructions très importantes pour le commandant de l'expédition ac^dienne, M. de Ramezay.

Il s'agissait de pénétrer dans la Baie Verte et l'entreprise était des plus hasardeuses à cause des navires anglais qui croisaient dans le voisinage. Sur ces entrefaites le sieur Perthuis, qui était au cap des Eosiers, fait parvenir au gouverneur un message lui disant qu'il se propose d'arrêter le sieur Cerry au passage et même de le renvoyer à Québec à cause des trop grands risques qu'il courrait en essayant d'atteindre la Baie Verte. Le gouverneur écrit immédiatement au sieur Perthuis de ne rien faire pour arrêter M. de Cerry parce qu'il est nécessaire que les provisions et les munitions arrivent à M. de Ramezay. Mais, lorsque le gouverneur écrivait, il y avait déjà plusieurs jours que ^I. de Cerry avait perdu son navire avant d'atteindre son but. Arrivé au cap des Rosiers, le 16 août, il avait à peine jeté l'ancre que deux voiles ennemies se montrent au large. De concert avec le sieur Perthuis, Cerry décide, plutôt que d'être pris, d'échouer son navire et même de le brûler. Il était de retour à Québec, le 5 septembre, dans une barque qu'il avait nolisée. {Cf. O'Cailaghan: Doc Colon. History of State of New-York, X, p. 55, ss.)

A la fin de 1747, Charles Joseph d'Aillebout qui était en France et qui, à raison de sa belle conduite au siège de Louisbourg, était bien en cour, sollicite pour de Cerry la place de capitaine de port de Québec, et le 18 décembre le ministre lui répond que son frère ne sera pas oublié si la position devient vacante. En effet, M. de la Galissonnière étant également intervenu, de Cerry est nommé, le 24 février 1748, capitaine de port de Québec à la place du sieur Macarthy.

Peu de temps après, M. de Cerry dut tomber aux mains des Anglais au cours de quelque croisière, car le 30 septembre 1748, M. de la Galissonnière écrit au ministre: "Le sieur La Morille, le jeune, continue de remplir la place de capitaine de port en l'absence du sieur d'Aillebout de Cerry pris sur le navire "le Tourny". (Rapp. Archives 1887, Rapp. Marmctte, p. cxxxix). Nous le retrouvons cependant à Québec en octobre 1749.

Le 35 septembre 1754, d'Aillebout de Cerry rend compte au ministre de la perte du "Caméléon" au saut de la Chaudière. [Ihiâ., p. clxvi).

Au siège de Québec, il est, comme capitaine de port, un des 15 appelés en conseil de guerre pour délibérer sur la reddition de la ville.

Il fomiula son avis^ avec la majorité, de la façon suivante:

"Vu le manque total de vivres, étant sans aucune espérance cle secours, mon sentiment est de remettre la place et d'en sortir le plus d'hommes que nous pourrons. A Québec, ce 15 septembre 1759.

(Signé) : d'Aillebout Cerry.

En 1761, M. de Cerry passa en France avec ses deux fils. Il y fut gravement malade pendant plus d'un an, et le reste du temps, il s'occupa de trouver de l'emploi pour ses fils et de se caser lui-même. Il parvint à intéresser à son sort le maréchal de Eichelieu qui écrivit au ministre en sa faveur, mais sans beacuoup de succès. (Rapp. ArcJiives Canada, 1905, v. I, 6e partie, p. 326).

Sa correspondance laisse voir qu'il était alors dans de sérieux embarras d'argent. Le 3 mai 1T63, il écrit qu'il ne s'est pas habillé depuis quatre ans pour tout donner à ses enfants dont il n'a d'ailleurs qu'à se louer.

Vers la fin de 1763 ou au commencement de 176-1, il revient au Canada. Le 12 janvier 1764, en effet, il assiste à Montréal au mariage de Charles François de Lanaudière et de Marie Catherine Lemo}'ne de Longueuil. La même année il repart et ramène avec lui en France, en même temps que sa nièce Lisette de St-Vilmé, ses deux filles Madeleine et Margurite qui étaient pensionnaires chez les Ursulines de Québec.

M. de Cerry était Français de coeur et d'âme. Il fut longtemps sans pardonner à son neveu Lavaltrie d'avoir renoncé à la France en 1764 pour retourner au Canada anglais. Lui-même se fixa à Tours, paroisse de Saint-Hilaire, et ne cessa d'y résider jusqu'à la fin de ses jours, vivant d'une vie bien modeste et souvent embarrassée,

En 1766, sa nièce de Lavaltrie le charge de s'intéresser au paiement de lettres de change signées par le fameux munitionnaire Cadet, et le 24 décembre, il lui répond : "J'ai écrit ces jours passés à M. Cadet au sujet de sa lettre de change; il m'a répondu qu'il savait qu'il devait cette somme et qu'elle serait payée des premières sitôt qu'il aurait terminé avec le roi et qu'il me préviendrait." Et, en effet, l'honnête Cadet l'assure, en août 1767, que Mlle de Lavaltrie sera payée avant le 15 septembre suivant.

En 1778, il écrit qu'à Tours il n'y a plus que cinq ou six Canadiens, mais qu'à Loches, où il va tous les ans pour 15 ou 20 jours, il en voit 40 au moins.

LA FAMILLE D'AILLEBOT^T

Sa àernicre lettre est datée du -1 mars 1784. "Ma main chancelle, écrit-il, mais le eocur est toujours ferme." Il était alors âgé de 82 ans, mais il ne mourut que quelques années plus tard. Le 28 février 1785, M. de Lacorne écrit de Loches à un parent du Canada : "M, Cérie se porte comme le Pont-Neuf; il a fait maigre et jeûne tout le carême dernier." Une lettre du même, en date du 5 mars 1787, nous apprend que M. Cerry est toujours en bonne santé. L'ancien capitaine de port de Québec mourut vers la fin de 1787 ou au commencement de 1788.

M. de Cerry avait épousé à Charlesbourg, le 27 juin 1735, Marie ]\radeleine, née le 24 août 1712, fille de Martin Chéron et de sa deuxième femme Marie Josette LeBoulanger. Elle décéda à l'âge de 43 ans et fut inhumée à Québec le 13 janvier 1758. De ce mariage sont issus les 14 enfants suivants :

IV ha — PHILIPPE LOUIS D'AILLEBOUT DE CERRY

Baptis-é à Québec le 5 avril 1738, et inhumé au même endroit le 13 juin.

IV hb — PHILIPPE ANTOINE D'AILLEBOUT DE CERRY

Baptisé à Québec le 7 juin 1739. Entré jeune dans le service, il faisait partie comme cadet de l'expédition de M. de Èoishébert en Acadie, au cours de l'année 1758. (Rapp. Archives, 1905, vol. I, oe partie, p. d94). D'après la liste ipubliée par l'abbé Daniel des officiers passés en France en 1761, il était à cette dernière époque enseigne.

En mai 1763, d'Aillebout de Cerry père écrit ce qui suit au sujet de ses fils à sa soeur, Mme de Lavaltrie:

"Mes deux fils m'ont ruiné quoique très sages; l'aîné surtout est plus sage que son âge, il et le mentor de son cadet. L'un et l'autre sont nourris et logés à Montbazon, chez le prince de Rohan qui, tous les jours, joue et chasse avec eux. Où cela les mènera-t-il ?"

Cela les mena à St-Domingue. Une autre lettre du 4 septembre 1766 nous apprend que les deux fils Cerry ont reçu une commission pour •cette colonie. Us partirent en effet en décembre de la même année, l'un lieutenant, l'autre sous-lieutenant.

Faut-il croire cependant que l'aîné était lieutenant dès avant cette date? Dans une étude sur le fameux chef de partisans, Josepn ^larin de la Malgue, M. Benjamin Suite cite une attestation en sa

faveur datée de 1?G5 et signée ^par Philippe Antoine d'Aillebout cre Cerry, lieutenant des troupes servant en Canada, étant à Paris, en l'hôtel de Picardie, rue St-Honoré. {^Mémoires de la Société Royale, 1904, I, 33).

Une lettre de Pierre Paul Margaue de la Valtrie, adressée de France à sa mère et datée de Dunkerke le 24 mars 1763, nous apprend que Philippe Antoine fils devait être marié avant son départ pour St- Domingue. Le jeune La Valtrie, qui était alors dans une fâcheuse position, se plaint de n'avoir reçu aucune aide de son cousin, bien qu'il eût été fort en mesure de le secourir, ayant fait peu de temps auparavant un bon mariage.

Philippe Antoine d'Aillebout de Cerry a dû se marier un peu avant 1771, et deux ou trois ans aiprès son frère cadet. D'Aillebout Careyon écrit à son oncle Jean d'Aillebout d'Argenteuil, le 15 septembre 1771 : "Vous avez sans doute su que mon oncle Cerry a perdu ses deux garçons qui servaient dans la légion de St-Domingue."

IV hc — JOSEPH LOUIS D'AILLEBOUT DE CERRY

Baptisé à Québec le 12 juin 1742 et inhumé au même endroit le 31 août.

IV hd — CHARLES D'AILLEBOUT DE CERRY

Baptisé à Québec le 16 juillet 1744 et inhumé au même endroit le 30.

IV he — PIERRE LOUIS D'AILLEBOUT DE CERRY

Baptisé à Québec le 9 novembre 1745.

S'embarque pour la France en 1761 avec son père et son frère, aolrs qu'il était âgé d'environ 16 ans. Ayant reçu une commission de sous-lieutenant dans la Légion de St-Domingue, il partit en 1766 pour cette colonie en même temps que Philippe Antoine, lieutenant. Un an plus tard, il n'était déjà plus. Le 9 octobre 1767, d'Aillebout de Cerry venait d'écrire à son frère le chevalier et il lui apprenait, en s'en félicitant, que ses "deux garçons étaient placés pour toujours.*' Mais sur ces entrefaites la triste nouvelle de la mort de Pierre Louis dut lui parvenir, car il rouvre sa lettre et il ajoute en post-scriptum : "Je viens d'apprendre depuis ma lettre écrite que Dieu avait disposé de mon second fils ; je le recommande aux prières de toute la famille."

LA FAMILLE D'AILLEBOLT JQQ

IV hf — MADELEINE GENEVIEVE D'AILLEBOUT DE CERKY

Baptisée à Québec le 27 décembre 1746 et inhumée au même endroit le 19 janvier 1747.

IV hg — MARIE ]SL\DELEINE D'AILLEBOUT DE CERRY

Baptisée à Québec le 24 avril 1748 et inhumée à l'âge de six mois, au même endroit, le 3 novembre 1748.

IV hh — MADELEINE D'AILLEBOUT DE CERRY

Baptisée à Québec le 1er septembre 1750. A dû mourir jeune, avant 1761, puisqu'il est certain qu'après cette date M. de Cerry n'avait plus que deux filles, Marie-Madeleine, née en 1753 et Marie- Louise, née en 1753.

IV hi — ETIENNE D'^VILLEBOUT DE CERRY'

Baptisé à Québec le 12 septembre 1751, et inhumé au même endroit le 22 janvier 1752.

IV hj — :nl\deleine d'aillebout de cerry

Baptisée à Québec le 14 juillet 1752.

En 1764, il y avait au pensionnat des TJrsulines de Québec, d'auprès le catalogue des élèves, deux demoiselles d'Aillebout de Cerry, âgées de 11 ans et de 9 ans, Marie Madeleine et Marie Louise. {Urs^ilines de Québec, t. 3, p. 144, p. 110). C'étaient Madeleine et Marie- Louise de CoTTj que leur père vint en effet chercher à Québec en 1764 pour les amener en France.

M. de Cerry écrit à sa nièce La Valtrie le 4 septembre 1766 : "L'aînée de mes filles ne départ pas de sa vocation ; elle persiste et compte les mois pour arriver à Tâge de se consacrer à Dieu; ses frères en sont au désespoir et ne cesent de me prier de n'y jamais consentir."

Le 20 août 1767, il écrit à la même: "J'ai mené mes deux filles à l'abbaye de Jouarre à 14 lieues de Paris où elles sont très bien, moyennant 100 livres pour chacune tant pour l'entretien que pour la nourriture jusqu'à l'âge de 20 ans. Cette maison très riche prend des jeunes filles dans l'espoir d'en avoir de temps à autre quelquesunes pour joindre leur communauté. Ces dames sont au nombre de

35 à 26 et jouissent de 80,000 livres de rente. L'abbesse a la nomination de 17 cures qiii dépendent d'elle et de 13 chapelains pour son église. Enfin, c'est une maison royale. Autrefois c'était une princesse qui était abbesse; aujourd'hui qu'elles sont moins ferventes, c'est une ipersonne de la haute volée qui est Mme de Montmorin de qui jai reçu mille politesses. Elle n'a jamais voulu que j'aie été ailleurs que chez elle dans une chambre où j'étais servi comme un roi."

Madeleine, pour raison de santé ou autrement, ne se fit jamais religieuse. Nous voyons qu'en 1783 elle figure, sous le nom de Marie Madeleine d'Aillebout de Cerry, dans l'état des augmentations de pension accordées à plusieurs habitants de l'Amérique du ISTora. [Rapp. Archives 1905, vol. I, 6e partie, p. 435).

Elle apparaît encore pour une pension de 200 livres sur l'état des pensions ratifiées par l'Assemblée nationale le 1er février 1791. Nous la perdons dès lors de vue, à la veille de la tourmente révolutionnaire.

IV hk — :MAIîIE-LOUISE D'AILLEBOUT DE CEREY

Baptisée à Québec le 14 décembre 1753» En même temps que sa soeur aînée, elle fut pensionnaire aux Ursulines de Québec en 1764, et en 1766 en France à l'abbaye de Jouarre.

M. Eégis Eoy dans sa "Famille d'Aillebout", p 8, reproduit une note du "Pays Laurentien" (1916, p. 230) d'après laquelle Guillaume Couillard-Després et sa femme Marie Louise d'Aillebout aurait fait baptiser, le 17 juin 1794, une fille: Julie Amable. Et il ajoute l'observation suivante, d'après M l'abbé Couillard-Després: "Il se peut que ce soit Marie-Louise fille de Philippe d'Aillebout de Cerry qui soit la mère. C'est la seule Marie-Louise qui puisse être considérée."

Nous croyons cependant pouvoir affirmer qu'il ne s'agit en l'occurrence ni de Marie-Louise d'Aillebout de Cerry ni d'aucune autre d'Aillebout. Pendant quelque temps nous avons cru que la femme de Guillaume Couillard-Després pouvait être une d'Aillebout de la Magedeleine. Dans les registres de la paroisse de Montréal, la mère de Julie Amable, qui fut en effet baptisée le 17 juin 1794, est simplement nommée Marie-Louise La Magdeleine. Depuis, nous avons pu nous convaincre que la femme de Guillaume Couillard-Després appartenait, non pas à la famille d'Aillebout de la Magdeleine, mais à une autre famille La Magdeleine qui n'a rien de commun avec les d'Aillebout. Les registres de Montréal nou apprennent en effet que

LA FAMILLE D'AILLEBOUT m

Ouillaunie Couillard-Després a épousé le 22 juillet 1771 Marie-Ix)uise, âgée de 20 ans, fille de Thomas La Magdeleine et de ]Marie-Louise Cluzeau. L'abbé Tanguay, dans son Dictionnaire (t V, p. 105), mentionne Guillaume Thomas La ^Fadeleine, charpentier, natif de Coutance, marié en 1751 à Marie Françoise Cluseau, et il lui donne pour fille précisément Marie-Louise baptisée à Québec le 4 avril 1751.

Marie-Louise d'Aillebout ne s'en maria ])as moins elle-même, mais avec son cousin, d'Aillebout de Manthet.

Le 15 février 1775, d'Aillebout Careyon écrit à son oncle Jean d'Aillebout d'Argent-euil : "A^'ous savez peut-être i)ar mon oncle Cerry qu'il a marié sa cadette à d'Aillebout ]\Iantet qui l'a emmenée à St- Domingue où il a du bien."

Le 1er mars 1778, M de Cerry écrit lui-même à son frère Cuisy : "Mes filles sont bien ; j'ai souvent des nouvelles de celle qui est à Saint-Domingue et de son fils de 3 ans. Vous savez la perte qu'elle a faite de son mari, il y a deux ans."

D'Aillebout de Manthet a donc dû épouser Marie-Louise d'Aillebout de Cerr}- vers 1774, et il est mort en 1776.

Mais qui était ce d'xVillebout de Manthet? Il est vraisemblablement le même que celui mentionné par Carleton dans son état de la noblesse canadienn'e établie en France en 1767: Mantete, enseigne, 25 ans, résidant en Touraine.

Dans les papiers de la famille d'Aillebout, nous trouvons une lettre écrite par un d'Aillebout de Manthet à une parente du Canada, probablement Mlle de LaValtrie. Cette lettre est malheureusement incomplète, et il n'en reste que la dernière feuille, sans date et sans lieu. Elle est signée: d'Ailleboust de' Manthete, garde du corps du Roy. L'auteur y a ajouté ces quelques mots en post-scriptum : "Ma chère mère vous em])rasse de tout son coeur et ainsi de tous vos neveux et nièces ... Je ne vous parle pas de ma soeur ni de monsieur son mari car ils se sont brouillés avec ma mère pour des balivernes."

Enfin, sur l'endos, la destinataire est invitée à adresser sa réponse, non à ^ladame d'Aillebout, mais à ^\ d'Aillebout de Manthete, garde de corps du Roy à Saint-]\Iichel d'Halicour, par Gournay en Bray (aujourd'hui dans le département de Seine-Inférieure).

Nous pouvons présumer que l'auteur de cette lettre est le même qui épousa ]\ la rie-Louise d'Aillebout de Cerry. ]^[ais nous n'avons pu découvrir duquel des d'Aillebout ■canadiens il pouvait être le fils. D'après ce que nous connaissons jusqu'à ce jour, il n'y a en effet que

deux d'Aillebout de Mauthet dont il aurait pu rester un fils âgé d'environ 25 ans vers 1767,

Il y a d'abord Antoine d'Aillebout de Coulonges de Manthet, mais un seul de ses enfants lui a i^eut-être sun^écu, Antoine Gabriel, né en 1733, et ce fils unique, qui aurait eu, non pas 25, mais 3J: ans en 1767, ne pouvait avoir sa mère auprès de lui en France, après la cession, puisqu'elle était morte dès 1741. La seconde femme d'Antoine d'Aillebout de Coulonges de Manthet, n'eut de ce mariage que quatre enfants tous morts au berceau et inliumés à Beauport. Elle mourut à Québec en 1778.

Il y a ensuite Pierre Joseph de Manthet des Musseaux, dont deux enfants survécurent, une fille, Marie Catherine, mariée en 1765 avec Joseph Guillet de Chaumont/de Terrebonne, et un garçon, Nicolas, qui, en 1779, épousa à Boucherville, Angélique Boucher de la Bruère. Lors même qu'un troisième enfant, ignoré de Tanguay et des autres, lui aurait surv'écu, ce ne peut être notre garde de corps, puisque ce dernier avait encore «a mère vivante après la cession. Pierre Joseph de Manthet des Musseaux perdit sa femme, Marie Jeanne de Groutins en 1748, et il mourut lui^même en 1768 sans s'être remarié.

La seule solution possible, avec ce que nous connaissons jusqu'ici, serait encore d'identifier le garde 'du corps de 1774 avec Antoine Gabriel d'Aillebout de Coulonge de Manthet.

L'abbé Daniel nous apprend qu'en 1777 une dame Manthet. veuve, résidait à Paris. Sans doute l'on pourrait croire qu'il entend parler de Marie-Louise d'Aillebout de Cerry qui, en 1777, était veuve depuis un an d'un d'Aillebout de Manthet. Mais les lettres de son père nous laissent entendre que 'cette ^lernière ne quitta pas Saint- Domingue après son veuvage. En 1784 même, elle était toujours à Saint-Domingue, tandis que son fils était à Paris au CoDège Vendôme.

Nous ne voyons de veuve Manthet qui pouvait être à Paris en 1777, que la veuve d'Antoine d'Aillebout de Coulonge de Manthet, marte à Québec en 1778. Elle n'était que la belle-mère d'Antoine Gabriel, mais celui-ci, qui avait été élevé par elle depuis l'âge de neuf ans, pouvait très bien s'être habitué à la considérer comme sa mère et à lui en donner le nom.

Quant à la soeur du garde-corps qui aurait été mariée et en broiiille avec sa belle-mère, rien n'empêche que ce soit la soeur d'Antoine Gabriel, Catherine Josèphe, dont nous connaissons la date de

naissance, 2-i octobre 1751, mais dont nous n'avons retrouvé rien de plus.

IV hm — AXNE-JOSEPHE D'AILLEBOUT DE CERRY

Baptisée à Québec le 22 décembre 1754, ayant pour parrain Cliarles François de la Pérade, sieur de Lanaudière, et pour marraine Anne Nicolet.

L'abbé Tanguay (III, p. 224) et, après lui, M. Régis Eoy (Famille d'AiUehout, p. 8) la font remarier à Québec avec André Chandonnet, le 3 octobre 1780, alors qu'elle serait devenue veuve de François Marceau. Nous croyons que c'est une erreur. André Chandonnet a fort bien épousé à Québec, le 3 octobre 1780, la veuve de François Marceau, mais elle s'anpelait Anne Serey, et elle appartenait vraisemblablement à la famille Serey (Serré ou Cerré) mentionnée par Tanguay dans son volume VII et qui n'a rien de commun avec les d'Aillebout de Cerry. M. l'abbé Eugène Laflamme, curé de Notre-Dame de Québec, qui s'est fort obligeamment prêté aux recherches nécessaires dans les registres de son église, nous écrit qu'il est lui ausi d'opinion que Aime-Joeph d'Aillebout de Cerry et Anne Serey mariée à André Chandonnet sont deux personnes différentes. Il nous dit aussi n'avoir trouvé aucune trace en ses registres du mariage de François ^larceau à Anne Serey ni de la sépulture du même François Marceau.

Il serait d'ailleurs surprenant que, dans toute sa correspondance, d'Aillebout de Cerry, père, n'eût jamais fait mention d'une fille qu'il aurait laissée en Canada mariée à un Marceau, à un Chandonnet oii à qui que ce fût. ]\r. de Cerry écrit toujours comme s'il ne lui était resté, après son départ définitif pour la France, en 1764, que deux garçons et deux filles. Xous sommes donc en droit de conclure que Anne Joseph est morte toute jeune, avant 1764 et même avant 1761.

IV hn — JOSEPH FR.VXCOIS D'AILLEBOUT DE CERRY

Baptisé à Québec le 1er avril 1756 et inhumé à Charlesbourg le 24 novembre 1759.

IV ho — PIERRE D'AILLEBOUT DE CERRY

Baptisé à Québec le 28 novembre 1757. A dû mourir jeune, et avant 1761 pour les raisons déjà données au sujet de sa soeur Anne- Joseph. (IV hm).

M. d'Aillebout de Cerry aurait doue eu quatorze enfants. L'abbé Tanguay et M. Régis Roy, d'après lui, lui en donnent un quinzième: Marie Joseph, baptisée à Québec à une date inconnue et inhumée à Charlesbourg le 21 novembre 1755. Ce quinzième enfant, qui viendrait au 13e rang par ordre chronologique, ne nous paraît ipas avoir existé^ Il convient de noter en' effet qu'entre le 12e enfant de M. de Cerry, Ajine Josph, née le 22 décembre 1754, et le 13e, d'après notre •computation, Joseph François, né le 11 avril 1756, il ne s'est écoulé que 15 mois, et qu'il y a par conséquent assez peu de place entre les deux pour une autre naissance. D'ailleurs, il n'apparaît pas aux registres de Notre-Dame de Québec qu'aucun enfant de M. de Cerry ait été baptisé en 1755. Il se peut que l'enfant inhumé à Charlesbourg le 11 avril 1756 soit précisément Anne Joseph baptisée à Québec le 22 décembre 1754.

IV i

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