‹ La famille d'AilleboutChapitre 25 sur 46 · LOUISE CATHERINE D'AILLEBOUT DE MANTHET · texte numérisé non relu

LOUISE CATHERINE D'AILLEBOUT DE MANTHET

Baptisée à Québec le 2 juillet 1697, et filleule du gouverneur de Frontenac. Elle épousa en premières noces à Montréal, le 18 septembre 1722, Jean Baptiste Charly, né en 1668, fils d'André Charly et de Marie Dumesnil, veuf depuis 1705 de Charlotte Décompte Dupré.

Jean Baptiste Charly dut mourir en 1728 ou en 1729, comme semble l'établir la requête suivante adressée le 5 juillet 1729 à Monsieur le lieutenant général civil et criminel de Montréal.

"Supplie humblement Louise Catherine d'Aillebout de Manthet, veuve de feu J. B. Charly et vous remontre que presque tous les effets mobiliers 'de la succssion de feu sieur Charl}»" étant entre les mains de MM. Jacques et Louis Charly, frères majeurs issus d'un premier mariage dudit feu Sieur Charly avec feu demoiselle Lecompte-Dupré .... à l'exception des pelleteries qui doivent arriver tant du nord que de Michilimackinac, des Miamis et de Détroit, en échange des marchandises livrées aux commerçants pendant la communauté de ladite suppliante avec le feu Sieur Charly, il est juste que les dites pelleteries soient saisies en arrivant et soient remises entre les mains de ladite dame pour la sûreté des droits d'elle et de son enfant mineur." (Documents Faillon, EE-GG, p. 547).

Madame Veuve Charly avait eu de ce mariage quatre enfants do"it un seul sunnvait en 1729 :

LA FAMILLE D'AILLEBOUT f |27

VI aa — CLAUDE CHAELY

Baptisé à Montréal le 20 mai 1723 et inhumé à Boucherville le 14 décembre de la même année.

VI ab — LOUISE ARCHANGE CHARLY

Bapti-^ép à Montréal le 19 janvier 1725 et inhumée au même endroit le 16 février 1T29.

VI ac — CH.'iRLES CHARLY

Baptisé à Montréal le 28 août 1727 et inhumé à Laprairie le 17 septembre de la même année.

VI ad — JEAN-BAPTISTE FRANÇOIS CHARLY

Baptisé à Montréal le 5 novembre 1728.

Enseiopie dans les troupes en 1755, il servit quelque temps à nie Royale, mais de retour au Canada en février 1758, il était nommé aide-major à Montréal, l'année suivante, le 20 janvier 1759.

En 1761, après la capitulation, il passe en France où il est fait chevalier de Saint-Louis, le 27 mars 1761, et où il est chargé, "à la place des capitaines morts, restés en Canada ou incapables d'y pourvoir, d'arrêter le décompte de la solde revenant aux troupes du Canada." {Rapp. Archives, 1905, v. I, 6e partie, pp. 315, 506).

Il repasse au Canada vers la fin de 1763, et le 9 janvier 1764, il épouse à Montréal, à l'âge de 35 ans, Marie Louise, âgée de 21 ans, ^ille de feu Daniel Hyacinthe Liénard de Beaujeu, le héros de la Monongahéla, et de Michelle Elizabeth Foucault.

Jean Baptiste Cliarly retourna en France presque immédiatement mais pour revenir une dernière fois au Canada en 1765, chercher sa famille. {Rapp. Archives 1905, I, 262). Le 4 janvier 1766, il était nomimé aide-major à Gorée, colonie française de l'Afriquo. (Ibid., p. 373).

Parmi ceux qui l'accompagnaient à ce poste lointain se trouvait Armand François Maizières de Maisoncelle qui était alors veuf de Charlotte Lemoyne de Loiigueuil. Voici comment ce dernier en annonce la nouvelle à sa bello-soour, Mme de Germain, dans une lettre écrite de Bordeaux, le 4 mars 1766:

"Peut-être, ma petite soeur, es-tu instruite que je suis nommé à une des compagnies qui sont entretenues en Afrique. Quoique j'essuie une mortification des plus grandes dans ce nouveau service, je suis nécessité à faire contre fortune bon coeur. Charly qui a dix ans moins d'ancienneté que moi, est nommé à la majorité de cette place, et je le suis."

A la date du 9 avril 1775, le président du conseil de marine écrit à ]\Inie Beaujeu de Charly, à Tours, qu'il ne voit pas d'obstacle à ce qu'elle aille rejoindre son oncle, M. Foucault, à l'île de France. (Rapp. Archives 1905, 7, p. 412).

M. P. G. Eoy, dans sa Généalogie de la Famille Foucault (p. 8), nous dit que Denis Nicolas Foucault, l'ancien commissaire ordonnateur de la Louisiane, fut nommé en 1776 à la même fonction à l'Ile de France, et que, revenu en France, après s'être retiré du service en 1783, il ''se maria à Louise Liénard de Beaujeu, veuve de Jean-Baptiste François Charh/, chevalier de Saint-Louis et major de l'île de Corée, Bien que canoniquement et même légalement possible, le cas ne serait certes pas banal. Denis Nicolas Foucault était l'oncle de Madame veuve de Charly, la fille de sa soeur Michelle Foucault.

D'après la même autorité, Denis Nicolas Foucault serait mort à Tours, le 3 septembre 1807, et sa veuve Louise Liénard de Beaujeu, décédée au même endroit, en 1823, après avoir laissé ses biens à Amédée Vincent Juchereau de Saint-Denys.

Devenue veuve de J. B. Charly vers 1729, Louise Catherine d'Aillebout de Manthet se remaria le 17 novembre 1731 avec Pierre Jacques Payen de Noyan, né en 1695, fils de Pierre Payen de Noyan et de Catherine Jeanne Lemoyne. Le mariage fut célébré dans d'église des Récollets à Montréal, sans autres témoins que le prêtre officiant et deux Réeollets, mais l'acte est inséré au registre de Longueuil,

M. de Noyan, qui était le neveu de Lemoyne d'Iberville et de Lemoyne de Bienville, passait pour un des meilleurs officiers de la colonie. Lors de son mariage, il était à peine de retour d'un voyage en France où il avait soumis au ministre un mémoire fort apprécié pour le bien de la colonie.

En 1734, après qu'on l'eût d'abord destiné à Michilimackinac, il reçoit le commandement de la Pointe à la Chevelure, mais le mauvais

état de sa santé oblige à le relever l'an suivant. Il est nommé commandant de Détroit eu 1738, et il occupe ce poste jusqu'en 1743. Après avoir commandé au fort Saint-Frédéric en 1747 et été plusieurs années major de Montréal, il est nommé en 1756 lieutenant de roi aux Trois-Rivièrc>. Il avait été fait chevalier de Saint-Louis en avril 1744.

Pendant qu'il occupait encore cette fonction, il agissait en 1758 comme commandant du fort Frontenac. Privé de tous les secours, il dut rendre le fort après trois jours de siège. L'auteur anonyme des Mémoires sur les affaires du Canada de 1749 à 1760. le Sieur de 0. . . dit que, lorsqu'il fallut annoncer la ,prise de Frontenac, M. de Vaudreuil rejeta tout sur M. de Noyan, en faisant entendre que son grand âge avait affaibli son esprit. M, de Xoyan, dupe de sa bonne foi, demanda et obtint sa retraite avec une pension.

Passé en France en 1761, il fut impliqué dans l'affaire du Canada avec Bigot et autres, et après avoir séjourné à la Bastille du 21 mars 1762 à décembre 1763, il fut finalement admonesté et condamné à six livres d'aumône.

Sa femme et procuratrice, Catherine d'Aillebout de Manthet, vendait la seigneurie de Noyan à Gabriel Christie et à James Campf)ell le 27 mars 1764. Après cette date elle alla probablement rejoindre son mari en France.

M. de Noyan vivait encore en 1765. Dans le testament de M. de Bienville, fait à Paris le 18 jan\ier 1765, il est dit:

'■J'ai oublié dans ce présent testament à faire mention de mon neveu Payen de Noyan, fils aîné de ma soeur LeMoyne de Noyan, à qui je donne et lègue un diamant de quinze cents livres." ( Cf. Jodoin et Vincent, Histoire de Longu-euil, p. 137).

Dans les documents manuscrits recueillis par ^l. Paillon, nous rencontrons l'intéressante pièce qui suit, extraite du greffe Foucher et datée du 28 mai 1751 :

"Pierre Payen, sieur de Noyan, major de la place de Montréaî et Louise Catherine d'Aillebout de ^lenthet, son épouse, ayant perdu par cas de naufrage l'original et la minute de leur contrat de mariage fait autrefois devant Le Pailleur notaire et, pour remédier aux contrariétés qui pourraient subvenir en conséquence entre leurs cohéritiers le cas échéant qu'ils vinssent à décéder l'un ou l'autre, ont par ces présentes, de leur plein accord, conséquemment au permis par la coutume, fait et passé les conventions qui suivent " {Document Faillon, II, AA-CC.)

Du deuxième mariage de Catherine d'Aillebout de Manthet avec M. de No3^an naquirent plusieurs enfants:

YI ae — CATHERINE PAYEN DE NOYAN

Eeligieuse hospitalière, sous le nom de Soeur Catherine de Saint- Alexis, d'après le tableau des religieuses publié à la fin de "L'Hôpital Général et Mgr de Saint-VaUer." Elle y est dite fille d'Alexis (de) Payen de Noyan et de Catherine d'Aillebout de Manthet. Elle entra à l'Hôpital Général le 11 avril 1745, à l'âge de 15 ans, fit profession le 24 août 1747 et mourut à 83 ans le 9 novembre 1818, après 71 ans de religion. Si la soeur Catherine de St- Alexis avait 15 ans en 1745 et 88 ans en 1818, elle doit être née dans le cours de 1730. Le mariage de ]\I. de Noyan et de Catherine d'Aillebout de Manthet a eu lieu le 17 novembre 1731.

Dans le registre du fort Saint-Frédéric, pour 1747, nous rencontrons comme marraine, quoique absente, Catherine de Noyan, fille du commandant de ce fort. Il doit s'agir de la soeur Saint-Alexis qui était déjà à l'Hôpital Général de Québec, mais n'avait pas encore fait profession.

YI af — PIERRE PAYEX DE XOYAX

Baptisé à Montréal, le 26 juin 1732 et inhumé au même endroit le 30 du même mois.

YI ag — FRANÇOISE GABRIELLE PAYEN DE NOYAN

Baptisée à Montréal le 27 septembre 1733, et inhumée à Longueuil le 6 novembre de la même année.

VI ah — CATHERINE ANGELIQUE PAYEN DE NOYAN

Baptisée à Montréal le 30 mai 1735. Le 30 janvier 1753, à l'âge de 19 ans, elle épouse Pierre Jean Baptiste François Xavier Le Gardeur, sieur de Eepentigny, âgé de 34 ans, fils de feu J. B. Le Gardeur, seigneur de Eepentigny, lieutenant et de feu Catherine Juchereau. C'est le même qui, en janvier 1748, tua d'un coup d'épée Nicolas Jacquin Philibert, négociant de Québec, aventure rendue mémorable, mais historiquement faussée, par le roman : Le Chien d'Or.

M. de Repentigny avait obtenu ses lettres 'de pardon lorsqu'il se maria en 1753. Il se distingua au siège de Québec et dans la campagne de 1760, Après 'la conquête il passa aux Indes françaises. Devenu brigadier général des armées du roi, il fut nommé gouverneur de Mahé, oii il mourut en 1776.

Sir James M. 'Lemoine, dans ses "MapJe Leaves" veut qu'il ait été tué aux Indes, par le jeune Philibert, le fils même de sa victime de 1748. Nous croyons que cette histoire de vendetta n'est en somme qu'une légende, comme en a trop souvent et trop facilement accueilli l'aimable chroniqueur de Spencer Grange.

Catherine Angélique de Noyan mourut à Lachenaie le 19 novembre 1757. De son mariage avec M. de Repentigny, elle eut quatre enfants.

lo. — Pierre, baptisé à Montréal, le 14 octobre 1753 et inhumé au même endroit le 28 décembre;

2o. — Victoire Catherine, baptisée à Montréal le 21 janvier 1755;

3o. — Anonyme, né et décédé à St-Henri de Mascouche, le 28 décembre 1755;

4o. — Anonyme, né et décédé à St-Henri de Mascouche, le 7 novembre 1757.

Dans une lettre écrite de Londres le 7 octobre 1797 au colonel de Longueuil, Hugues Payen de Noyan, après avoir raconté les infortunes et la mort tragique de quelques-uns de ses parents, ajoute: "Vous avez su la mort semblable .... de Mlle de Repentigny, petite fille de mon oncle Noyan du Canada."

Cette demoiselle de Repentigny, qui fut assassinée par les nègres révoltés de Saint-Domingue vers 1798, doit être Victoire Catherine, née en janvier 1755.

Yl ai — PIERRE-LOUIS PAYEN DE NOYAN

Baptisé au Détroit le 10 février 1741, alors que son père était commandant au fort Pontchartrain. L'abbé Daniel, dans son "Histoire des grandes familles," nous dit qu'un des fils de M. de Noyan, Louis, mourut au champ d'honneur en 1760.

VI b MAEIE D'AILLEBOUT DE MANTHET

Baptisée à Québec, le 5 juillet 1698. A l'âge de 19 ans, le 3 septembre 1717, elle entra chez les Eeligieuses Hospitalières de Québec, et le 17 décembre 1718, elle y faisait profession sous le nom de soeur Marie de Ste-Clotilde. Elle mourut. à 37 ans le 7 avril 1755, a.près 17 ans de religion. (Cf. L'Hôpital Général de Québec et Mgr de Saint-Valier).

VI c

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