MAEIE MADELEINE D'AILLEBOUT DE MANTHET
Baptisée à Montréal le 20 mars 1703. Le 24 novembre 1721, à l'âge de 18 ans, elle épousait en premières noces, Jean Baptiste Jar-
LA FAMILLE D'AlKl-IOnOrT l^;]
ret de Verchèrcs. enseigne, âgé de 35 aii>, fils de Fraii(;ois Jarret de Verehères et de Marie Perot.
M. de Verehères, lieutenant en 1726, commandait le poste de Michilimackinac en 1736. 11 fut promu capitaine le 6 mai 1738.
Le 28 mars 1751, J. B. Jarret de Verehères, commandant au fort Frontenac, en départ pour ledit poste, nonune sa procuratrici' Madeleine d^Aillebout de Manthet, son épouse.
Il meurt l'année suivante, ainsi qu'en fait foi l'extrait ci-contre des registres de Montréal :
"Le 3 août 1752, a été inhumé dans la chapelle de Saint-Roch de cette église le corps de J. B. Jarret, écuyer, seigneur de Verehères^ capitaine d'infanterie, chevalier de l'ordre militaire de Saint-Louis, décédé à minuit de la nuit du premier au second des dits mois et ans, âgé de 65 ans."
Du mariage Verchères-d'Aillebout sont nés six enfants :
VI ea — MAKIE MADELEINE JAKRET DE \^RCHERES
Baptisée à Montréal le 20 avril 1723. L'abbé Tanguay (Dictionnaire IV, p. 589) dit qu'elle se maria, en 1750, à Paul Benoît. M. P. G. Eoy {B. R. H., sept. 1908, p. 271) a parfaitement raison de dire qu'il y a là erreur. Marie ]\Iadeleine mourut eu effet en 1723, âgée de 29 jours. L'acte de sépulture est inséré dans les registres de Saint-Ours, à la .date du 19 mai 1723, mais il note que l'inhumation a eu lieu à Verehères.
VI eb — JEAN BAPTISTE PAUL JARRET DE VERCHERES
Né à Montréal le 19 juin 1726, et inhumé au même endroit le 8 juillet suivant.
VI ec — CHARLOTTE ANGELIQUE JARRET DE VERCHERES
Xée à Montréal le 2 avril 1729. Morte jeune iirobablement.
VI ed — CATHERINE MADELEINE J.VRRET DE \'T:RCHERES
Baptisée à Montréal le 20 décembre 1731. Le 19 avril 1751. à l'âge de 19 ans, elle épouse Pierre Hertel, sieur de Beaubassin, enseigne, âgé de 36 ans, fils do feu Joseph Hertel et de Catherine Philippe.
En 1738, en 17-12 et en 1715, Pierre Hertel était cadet à l'aiguillette et interprète pour le roi au fort Saint-Frédéric-
Après la conquête, il devint lieutenant dans la milice de la colonie.
Il mourut âgé de 65 ans et fut inhumé à Montréal le 9 mai 1780. Tout probablement il ne laissait pas à sa mort d'enfant vivant, car nous voyons qu'en 1781, sa soeur Mme Gamelin et ses neveux et nièces qui étaient ses héritiers légaux pour sa part de communauté, rejioncent à la succes^sion comme trop onéreuse et abandonnent le tout à Catherine Jarret de Verchères, sa veuve survivante. {Greffe Faucher).
M. Eené Boileau la dit morte sans enfants dans son tableau généalogique de la famlile de Verchères publié par M. Gustave Drolet à la fin de ^' Z ouaviana."
Dans un méanoire sur Montcalm, M. l'abbé Casgrain fait la discrète et bienveillante allusion qui suit aux relations bien connues du •célèbre général avec Mme de Beaubassin.
"La petite rue du Parloir était un des principaux centres où se réunissait le beau monde de Québec; deux salons surtout y étaient recherchés : celui de Mme de la Naudière et celui de Mme de Beaubassin, toutes deux renommées pour leur élégance et leur esprit. Montc-alm s'y plaisait si bien, qu'il prend la peine d'indiquer l'endroit précis qu'occupait chacune de ces deux maisons : l'une, au tournant de la rue près des Ursulines; l'autre, à l'encoignure de la tu« du Parloir et de la rue Saint-Louis. Mme de la Naudière, née Geneviève de Boishébert, était fille du seigneur de la Rivière-Ouelle, et Mme Hertel de Beaubassin, née 'Catherine Jarret de Verchères, était fille du seigneur de Verchères. Leurs maris servaient tous deux en , -qualité d'officiers de la milice canadienne.
"Les charmes de la conversation de Mme de Beaubassin semblent avoir eu particulièrement de l'attrait pour Montcalm, car son s^lon était celui qu'il fréquentait le plus souvent. Ailleurs, comme chez l'Intendant, ou chez Mme Péan, il se désennuyait, quelquefois, il s'étourdissait; chez Mme de la Naudière, il s'intéressait; mais chez Mme de Beaubassin, il s'attachait. La condescendance ou la politesse l'entraînaient ailleurs; ici, c'était l'amitié."
{L'cbbhé H.-R. Casgrain, Montcalm peint par lui-même, Mémoires de la Société Royale du Canada, 1889, Vol. VII, I, 14).
LA FAMILLE D'AILLEBOUT j^o-j
M. l'abbé Gosselin se montre autrement sévère lorsque, parlant de Montcalm dans son Eglise du Canada sous Mgr de Pontbriand (p. 503), il écrit: "Le principal reproche qu'on peut lui faire, .... c'est d'avoir trop fréquenté la société de femmes légères et plus que frivoles qui faisaient la honte de la société québécoise de l'époque. Dans de telles "fréquentations" on laisse toujours quelque lambeau de réputation et d'honneur."
Et afin que personne ne se trompe sur l'identité de ces femmes légères, ^I. l'abbé Gosselin reproduit en note ces quelques lignes d'une lettre de Montcalm 'du 20 février 1757: "Je suis bien aise qu'on parle de moi aux trois dames de la rue du Parloir. Flatté de leur souvenir. Je ne suis véritablement touché que de celui d'une, à qui je trouve, dans certains moments, trop d'esprit et trop de charmes pour ina tranquillité."
Mme de Bea^ibassin mourut à l'âge de 64 ans, et fut inliumée à "Montréal le 7 novembre 1795.
VI ee — MARIE ANNE JAEKET DE VERCHEEES
Baptisée à Montréal, le 10 mars 1733. A l'âge de 22 ans, le 17 novembre 1755, elle épouse à Montréal Philippe Thomas Dagneau de la Saussaye, enseigne, âgé de 27 ans, fils de feu Philippe Dagneau, sieur de la Saussaye et de Madeleine Eaimbault-
^r. de la Saussaye fut tué le 15 juin 1757 près du fort Duquesne. Lorsque sa veuve, Marie Anne Jarret de Verchères, voulut se remarier, comme elle ne pouvait prouver la mort de son mari, il fallut l'établir au moyen d'une requête juridique. Un témoin du nom de Paul Lacroix atteste "qu'en juin ou juillet (1757), ayant été détaché avec MM. de la Saussaye, Belestre fils, Saint-Ours le Jeune et plusieurs autres français et sauvages pour aller faire un coup au fort Cumberland, les sauvages, après 3 ou 4 jours qu'ils eurent été aux environs du dit fort, n'ayant pas voulu frapper, voulurent aller plus loin, et que lui, Lacroix, les suivit par ordre; mais que MM. de la Saussave, Belestre et Saint-Ours furent surpris en s'en retournant par un parti sauvage embusqué qui, vraisemblablement, en tua plusieur-, puisque, repassant peu de jours après et peut-être le même jour, il vit sur la route plusieurs cadavres, et crut reconnaître le corps de iL de la Saussaye à ses cheveux rouges et longs, à son capot tout dét hiré
qui était à côté de lui, à son casse-tête qu'il a parfaitement reconn'i
Il leur aurait donné la sépulture, si les sauvages eussent voulu rc-t r
plus longtemps. Il s'en retourna au fort Duquesne, mais, quelques jours après, le sieur de Lignery l'ayant renvoyé là pour donner la sépulture à ces cadavres, il ne les trouva plus qu'en morceaux.
'"Charles Renaud, sieur DuBuisson, capitaine, assura que La Saussaye fut tué en revenant du fort Cumberland au fort Duquesne et qu'on n'en a jamais douté au fort Duquesne, mais qu'il a su par des prisonniers anglais et même par le commandant d'un des forts anglais que le sieur Belestre avait été fait prisonnier par les Cheraquis.
"Un tambour qui était avec La Saussaye déclara que, retournant avec lui du fort Cumberland, ils furent attaqués par un parti sauvage qui, ayant fait une décharge sur eux, leur tua 5 hommes. Il vit prendre prisonnier Belestre par les sauvages : . . . repassant, il vit le sieur La Saussaye qu'il reconnut fort bien, lui ôta nn casse-tête de la tête avec lequel ils l'avaient achevé, et rapporta le dit casse-tête au fort Duquesne avec la certitude de la mort de La Saussaye, de Saint- Ours fils et de 3 autres Canadiens. (Documents Faillon,, H H, 210).
Du mariage de M. de la Saussaye et xle ]Marie Anne de Verchères était né un fils, Charles Philippe, baptisé à Montréal le 19 septembre 1756.
Marie Anne de Verchères, devenue veuve, voulut donc se remarier. Sa mère, Madeleine d'Aillebout de Manthet, qui était alors ellemême remariée avec J. B. Levreau de Langis, lui refusa son consentement.
En conséquence, le 15 avril 1760, elle fit dresser devant Danré de Blanzv, notaire, l'acte qui suit:
"Sommation respectueuse par la dame veuve de la Saussaye à sa mère.
"Dame Marie Anne Jarret de Verchères veuve de Thomas Philippe d'Agneaux écuyer sieur de la Saussaye officier d'infanterie âgée de vingt sept ans le 10 de mars dernier demeurant à Montréal rue S' Jacques s'est transportée au devant dans la maison de dame Magdeleine Daillebout 'de Manthet sa mère ci devant veuve de Jean Baptiste Jarret écuyer sieur de Verchères capitaine d'infanterie chevalier de Tordre royale et militaire de S* Louis, et aprésent épouse en seconde noce de Jean Baptiste Le^Teau écnyer sieur de Langy officier d'infanterie sise rue S'^ Gabriel au dit lieu étant et parlant après avoir heurté plusieurs fois à la porte de la dite maison sans que per-
isr
sonne se soit présenté pour l'ouvrir la dite dame veuve pour requérir et prier la dite dame sa mère de consentir à son mariage projîose avec Pierre Trottier sieur Desauniers qui est un parti sortable et avantageux pour elle, Laquelle absente et refusée de porte la dite dame veuve la Saussaye a pris pour refus et a protesté que sans se départir du profond respect qu'elle a pour la dit« dame sa mère il sera passé outre à la célébration du dit mariage dont elle a requis acte aux dits Notaires.
Veuve la Saussaye, Bouron, Danré de Blanzy."
Elle passa outre en effet car, le 21 avril 1760, avait lieu à ^lontréal le mariage de Marie Anne Jarret de Verchères, âgée de 2? ans, veuve de Philippe Thomas Dagneau de la Saussaye, avec Pierre Trottier Desauniers, âgé de 28 ans, fils de feu Pierre Trottier, sieur Desauniers, "secrét^iire du Roi", et de Marguerite Chéron.
De ce mariage sont issus cinq enfants:
lo. — Pierre, baptisé à Montréal, le 6 avril 1T61 ;
2o. — Pierre-Luc, baptisé à Montréal le 18 octobre 1763;
3o. — Marie Anne, baptisée à Verchères le 23 mars 1765; elle épousa le 22 janvier 1785, dans l'église de Christ Church', à Montréal, James McCummin'g, enseigne, et en eut plusieurs enfants, dont deuxfilles qui s'allièrent aux familles Potts et Turner. ^
4o. — Marie- Adélaïde, baptisée à Montréal le 4 octobre 1767, elle épousa à Montréal, le 22 octobre 1798, Paul Larchevêque, dit Lapromtnade, négociant, âgé de 50 ans, veuf de Louise LeVasseur;