VIT JEAN BAPTISTE D'AILLEBOUT DES MUSSEAUX
Septième enfant de Charles d'Aillebout des Musseaux et de Catherine Le Gardeur; baptisé à Montréal le 17 mars 1666. Un village de Champagne porte encore le nom de Musseaux, dans le département de Haute-Manie.
Entré d'abord dans les troupes, J. B. d'x\illebout des Musseaux recevait une commission de lieutenant réformé en 1690, à la place du sieur de la Gimauderie passé en France l'année précédente. Il semble s'être retiré assez tôt du service pour se livrer à la culture et aussi au commerce. Le 2 juillet 1714 il consent à Jacques LeBer de Senneville une obligation de 3244 livres qu'il reconnaît devoir pour marchandises fournies à lui et à son fils "pour le bien du commerce de son' voyage." {Documents Faillon, N-N, 18).
J. B. d'Aillebout des Musseaux fut en 1719 l'objet d'une ordonnance sévère de Mgr de Saint-Valier adressée à M. de la Goudalie. prêtre sulpicien de Montréal. Voici la teneur de ce peu banal document qui ne se trouve pas dans les '^'Mandements des éirêques de Québec", publié par Mgr Têtu, mais qui a été recueilli par l'abbé Faillon (N.-Y., p. 477).
LA FAMILLE D'AILLEBOIT ]^^
"Jean, par la grkce de Dieu et du St-Siège Apostolique, Evêque de Québec, à M. de la Goudallie, notre grand Vicaire à Montréal, et à tous les prêtres séculiers et réguliers des 3 ■communautés de la dittt ville, Salut et Bénédiction en Xotre-Seigneur.
"Les différent" avis que nous avons eu de la mauvaise conduite que garde M. des Musseaux avec une fille Agueniée qu'il a voulu prendre et qu'on ne saurait le résoudre de mettre dehors de chez lui, malgré tous les motifs divins et humains qu'on lui peut représenter, nous oblige, nos très chers frères, de vous dire que nous lui avons écrit très fortement pour Fy résoudre. Mais comme au lieu d'avancer, nous avons connu par nous-mêmes par tout ce qui nous a été rapporté par personnes considérables, que bien loin de vouloir se soumettre il a engagé sa femme à s'exjîliquer de manière à ne lui point permettre de la renvoyer malgré les cris du public, grands et petits qui viennent tous les jours à nous pour se plaindre de ce scandale auquel nous nous voyons obligés de remédier par le devoir de notre charge.
"C'est pourquoi avant de jetter nos yeux sur les censures de l'Eglise dont nous craignons avec douleur d'être forcés de nous servir, nous jugeons à propos de recourir aux remèdes plus doux et que Dieu peut rendre, par sa bonté, aussi efficaces que celui de Texcommunication.
"Ce remède consiste à vous défendre de recevoir au Sacrement de Pénitence et encore plus d'accorder le bienfait de l'absolution au dit Sieur des Musseaux et à la dite fille d'Agueniée sa servante.
"Mais l'obstination de l'un et de l'autre nous fesant croire que si cette défense ne regarde que ces deux personnes, elle ne produira point le fruit que nous en attendons, nous y ajoutons la défense de confesser et d'absoudre les deux personnes qui peuvent plus contribuer à faire réussir la chose, Madame des Musseaux, épouse de Mr. des Museaux et Agueniée le père qui doit tmit employer pour retirer sa fille du ^éril où elle se trouve.
"Ne manquez dono pas nos très chers frères de rejetter les deux personnes comme les deux premiers du tribunal de la pénitence, qu'elles n'aient auparavant employé toute l'autorité d'un père sur sa fille pour la faire sortir, et l'amour d'une E]>ouse sur son Epoux pour le déterminer à ne pa^ garder dans sa maison celle qui fait tort et préjudi<-e aux âmes, et qui les éloigne, par son scandale, de la voie de leur salut.
Donné à Québec ce 26 mai 1719 — Jean, Evêque de Québec."
M. l'abbé Gosselin qui cite cette ordonnance dans son ouvrage : L'Eglise du Canada, 1ère partie: Mgr de Saint-Valier (p. 391), semble croire qu'il s'agit en l'espèce d'une jeune sauvagesse de la nation des Agniers. C'est une erreur, croyons-nous. Il y avait à Montréal vers ce temps une famille Haguenier ou Aguenier dont une des enfants était même la filleule de ]\Ime d'Aillebout des Musseaux dès 1701.
Jean Baptiste d'Aillebout des Musseaux avait épousé à Québec le 9 avril 1689, Anne Le Picard, veuve de Vital Oriot, fille de Jean Le Picard et de sa première femme Marie Caron. Il mourut âgé de 64 ans et fut inhumé à Montréal le 2 octobre 1730. Sa veuve, Anne Le Picard, décéda six ans plus tard à l'âge de 68 ans et fut inhumée à Montréal le 20 juillet 1736.
De leur mariage sont issus les seize enfants qui suivent:
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