‹ La famille d'AilleboutChapitre 31 sur 46 · NICOLAS MAEIE D'AILLEBOUT DES MUSSEAUX · texte numérisé non relu

NICOLAS MAEIE D'AILLEBOUT DES MUSSEAUX

Baptisé à Québec le 3 avril 1691. Vers 1720 ou 1721, à la suite de nous ne savons quelle aventure, il avait fait le voeu de devenir Eécollet, mais il ne tarda pas à s'en repentir si nous en jugeons par le document suivant de Mgr de Saint-Valier, extrait par M, l'abbé Paillon des Archives de Québec:

"Xous, Jean etc. . . . sur la supplication faite par Mr. Nicolas d'Ailleboust, fils de Mr. Jean-Baptiste des Musseaux d'Aillebou.-t et de Dame Ann'e Le Picard de la paroisse de Ville-Marie, de le dispenser du voeu simple de religion qu'il a fait de se faire Eecollet, dans une extrémité pressante où il s'est trouvé, n'examinant pas assez les dispositions et qualités nécessaires à un bon religieux de cet ordre.

"Nous lui avons commué ce voeu, en une obligation perpétuelle de dire tous les jours de sa vie le chapelet de la très sainte Vierge avec un De profundis pour les âmes du purgatoire.

"De plus nous l'obligeons de donner tous les ans une somme convenable à ses moyens, quelques mortifications corporelles dont il conviendra avec son confesseur.

''Nous lui ordonnons de donner cette présente année aux pauvres de l'Hôtel Dieu de Ville-Marie la somme de

"Québec, 28 avril 1721."

Au lieu de se faire Récollet, Ni-colas d'Aillebout des ^fusseaux entra dans les troupes. Parrain à Montréal, le 21 mai 1737, il est dit enseigne, et dans la liste des officiers de 1739 avec appréciations publiée par l'abbé Daniel nous lisons: "d'Aillebout des Musseaux, enseigne en second, brave." En 1746, il est encore enseigne et "fai- .-^aiit au fort de Détroit les fonctions de major." En 1753, nous le retrouvons commandant au Sault Saint-Luis. Enfin, dans un dernier acte aux registres de Montréal, le 12 juillet 1763, il est dit capitaine réformé. Dans l'état général de la noblesse canadienne que Carlelon adresse au ministre en 1767 {Canadian Archives, 1886, p. 44), il est fait mention d'un des Musseaux capitaine réformé, âgé de 60 ans, demeurant au Sault Saint-Louis. M. Régis Roy (Famille d'Aillehout, p. 10) croit qu'il s'agit de Pierre d'Aillebout des Musseaux de Manthet, un autre fils de J. B. d'Aillebout, mais il ne paraît "pas que ce dernier ait jamais été capitaine, ni même lieutenant. Nous croyons que Carleton parlait de Nicolas d'Ailebout des Musseaux qui demeurait en effet au Sault Saint-Louis et qui, incontestablement, était capitaine réformé. Il est vrai que Nicolas d'Aillebout avait, en 1767, 75 ans et non 60, mais Carleton ne se piquait pas d'être bien précis.' D'ailleurs, Pierre des Musseaux de Manthet lui-même était âgé de 71. Nicolas Marie d'Aillebout des Musseaux est décédé au Sault St-Louis le 17 février 1781.

Il avait épousé à l'âge de 48 ans, le 26 août 1739, à Montréal, Marie Louise, âgée de 21 ans, fille de feu Julien Trottier Desrivières et de Marie Catherine Louise Raimbault. De ce mariage sont issus les enfants suivants:

VII ba — LOUISE D'AILLEBOUT DES ilUSSEAUX

Baptisée à Montréal le 16 août 1740. Dans la Famille d'Aillebout (p. 10), M. Régis Roy enregistre à cette date la naissance d'un fils, Louis-Etienne, mais d'après les registres de ]\[ontréal, c'est bien une fille, Louise, qui fut baptisée à ^Montréal le 16 août 1740. En 1792, étant encore fille, elle assiste au mariage de sa nièce Louise de Sasquespée avec Ignace Giasson.

YII bb — ^^lAKlt: CIIAKLOTTK D'AILLEBOUT DES :MrSSEAUX

Nous trouvons dans les registres de Laehine, à la date du 24 juillet 1742, l'acte de sépulture de Marie Charlotte, âgée de 5 mois, fille de M. d'Aillebout des Musseaux et de" Louise Trottier Desrivières, ^larie Charlotte a donc dû naître en février 1742.

VII bc — NICOLAS CATHERINE IklAKIE D'AILLEBOUT DES MUSSEAUX

Baptisé à Montréal le 3 juillet 1T43. Aux registres de Lachine, à la date du 7 septembre 1743, nous lisons: Sépulture de François Amable Gabriel, âgé de 2 mois et 8 jours, fils de M. d'Aillebout des Musseaux et de Louise Trottier Desrivières. Cela correspondrait presque exactement avec l'âge de Nicolas Catherine Marie au 7 septembre 1743, mais comment expliquer un changement de prénom" aussi radical? François Amable Gabriel pourrait à la rigueur être un frère jumeau de Nicolas Catherine Marie.

VII bd ~ NICOLAS JOSEPH D'AILLEBOUT DES MUSSEAUX

Baptisé au Détroit le 9 août 1744 et inhumé le 23 du même mois.

VII be — .TOSEPH D'AILLEBOUT DES :\rUSSEAUX

Baptisé au Détroit le 18 décembre 1745 et inliumé au même endroit le 22.

VII bf — ^LVEIE .JOSEPH ANNE D'AILLEBOUT DES MUSSEAUX

Soeur jumelle du précédent, baptisée au Détorit le 18 décembre 1745 et inhumée au même endroit le 26 septembre 1746, à l'âge de 9 mois.

VII bg — MARIE-CHARLOTTE D'AILLEBOUT DES MUSSEAIX

Baptisée au Détroit le 20 avril 1747 et inhumée le 6 juillet suivant à l'âge de 2 mois et demi.

LA FAMII.LK D'AII.I.EBOUT 145

VU bh — :\IAUII-: AXC.KLIQI'H D'AI LLEBOUT DES MUSSi:ArX

Baptisée au Détroit, le 29 mai 1748.

Dans le registre de Montréal, à la date du 9 janvier 1792, nous rencontrons le mariage d'Ignace Giasson avec Marie-Louise de Sacquespée, fille de feu Amable Joaehim Benoît de Sa<îquespée, et de Marie Angélique d'Aillebout des Musseaux. Cette Angélique, épouse de M, de Sacquespée, est évidemment la fille de Xioolas Marie des Musseaux et de Marie Louise Trottier des Kivières, Elle a dû contracter mariage vers 1770, sa fille Louise de Sacquespée ayant vingx ans lors de son propre mariage en 1792.

Joaehim Amable Benoît, chevalier de Sacquespée, que ^Marie Angélique d'Aillebout épousa le plus tard vers 1770, était né à Lachine, le 9 mars 1738, le fils de Joaehim de Sacquespée, seigneur de Voispreux, et de sa deuxième femme Jeanne de Lorimier.

Sacquespée père était commandant du fort Saint- Jean en 175(), et c'est probablement à son fils Joaehim Amable Benoît qu'arriva la singulière aventure racontée dans la lettre suivante de Montcalm à Lévis, datée du Fort Saint-Jean, le 29 octobre 1756:

''M. de Sacquespée fils a failli périr parce qu'un sac de 1 0 livres de poudre qui était dans la forge pendant qu'on battait un fer rouge, a pris feu. Tout le monde se demande comment un sac de 10 livres de poudre peut se trouver dans une forge, et je réponds: "Parie que c'est au Canada." [Lettres de Montdam à Lévis, p. 43).

Dans l'acte de mariage de sa fille Louise, en 1792, M. de Sacquespée est dit défunt, et lieutenant des troupes en son vivant.

Une note manuscrite d'une écriture récente trouvée parmi les papiers de Sir L. H, Lafontaine dit que Joaehim Amable Benoît de Sacquespée mourut dans les pays d'en haut en même temps que son frère le plus jeune, Antoine Gabriel François. Ils auraient été tués tous les deux dans une bataille. ^Malheureusement, Ton ne nous donne ni la date, ni l'endroit.

M. le chevalier de Sacquepsée ne peut guère être mort avant 1770, sa fille Louise ayant dû naître au commencement de 1771, puisqu'elle avait 20 ans, et quelques mois probablement, le 9 janvier 1792. On sait que les registres du Sault Saint-Louis pour toute cette période ont été brûlés dans l'incendie de l'église de Saint Régis où ils avaient été transportés.

L'abbé Tanguay (/•. ///. /;. 459) prétend que Joaehim de Sacquespée le père mourut dans la région du Missis-ippi en 1770, tandis

qu'ailleurs, (v. VII), il le fait mourir en 1765. Il est possible que l'abbé, dans son 3e volume, ait pris la date de la mort du fils pour celle de la mort du père. En effet, il est peu probable que !M. de Sacquespée père ait pu se promener dans les régions du Mississippi et y prendre part à un combat, vers 1770, alors qu'il aurait été âgé de 69 ans et que, 18 ans auparavant, il avait subi l'amputation de la cuisse. (V. Rapp. Archives Canada 1887, p. CLXI). Mais la raison la meilleure pour ne pas accepter la solution de l'abbé Tanguay est encore l'acte de sépulture de Joaehim de Sacquespée père qui se trouve au registre de Montréal à la date du 5 novembre 1767.

Louise d'Aillebout, veuve Sacquespée, savait encore en 1782. Le 24 septembre de cette même année, nous la retrouvons marraine à Montréal.

A la date du 18 février 1789, nous lisons an registre protestant de Christ Church, à Montréal, la laconique entrée qui suit: "Marriage between Mr. John Stacey and ]\Irs Marv^ Dailboux, widow." Il y a lieu de croire que cette dame d'Aillebout, veuve, n'est autre que la veuve Sacquespée. En effet, le 24 mars 1791, devant Foucher, notaire, Jacques McGill et Pierre Guy, exécuteurs testamentaires de feu Hippolyte Trottier Desrivières, rendent leur compte aux héritiers, et parmi ces héritiers, nous rencontrons : '"Angélique d'Aillebout des Musseaux, épouse de J. Stacey." La veuve Sacquespée, fille de Marie-Louise Trottier Desrivières, était la nièce de Hippol^'te Trottier Desrivières.

Nous ne connaissons qu'un enfant issu du mariage Sacquespée- 'd'Aillebout : Louise de Sacquespée qui, à l'âge de 20 ans, épouse à Montréal, le 9 janvier 1792, Ignace Giasson, âgé de 31 ans, fils de feu Jacques Giasson négociant et d'Angélique Hubert-Lacroix. Son cousin, J. B. Charles d'Estimauville, lieutenant-colonel des milices du district des Trois-Eivières lui servait de père, et elle était en outre assistée de sa tante, Marie Louise Catherine d'Aillebout des Musseaux qui doit être celle que nous avons appelée Louise, fille de Nicolas Marie d'Aillebout des Musseaux (VII ba).

Ignace Giasson est le même qui fut mis en prison aux Trios- Eivières en même temps que ses cousins, Jacques et Charles Giasson, en 1780, sous Haldimand, pour avoir fait commerce avec les Indiens dans le haut Saint-Maurice sans permis. (Report Canadian Archive.'i 1886, p. 928).

Mme Gia=son vivait encore en 1821 et était devenue veuve. Le 18 décembre 1821 nous la rencontrons marraine à Montréal d'un enfant d'Edouard Cherrier et de Catherine Giasson, sa fille probablement.

Une autre de ses filles, Marie Louise, épousait le 15 janvier 1816, au Sault Saint-Louis, Antoine Thomas Aubert de Gaspé, frère de l'auteur des "Ariciens Canadiens", devenait veuve en 1824 et décédait à Ste-Philomcne de Châteauguay le 4 septembre 1883, à l'âge de 89 ans. (Cf. P. G. Roy, Famille Aubert, p. 101).

VII bi — MAEIE ANNE D'AILLEBOUT DES AEUSSEAUX

Baptisée à ^lontréal le 2 octobre 1749 et inhumée au même endroit le 29 du même mois. M. Kégis Eoy [Famille d'Aillebout, p. 10) la dit baptisée et inhumée au Détroit, mais les deux actes de baptême et de sépulture se trouvent au registre de Montréal. Dans l'acte de haptême, le 2 octobre 1749, le père est dit absent; il était probablement au Détroit.

VII bj — NICOLAS IGNACE D'AILLEBOUT DES MUSSEAUX

Baptisé le 30 novembre 1750 à Montréal. Décédé à l'âge de 7 mois, alors qu'il était en nourrice, il fut inhumé au Sault au Récollet, le 3 juillet 1751.

VII bk — PIERRE NICOLAS D'AILLEBOUT DES MUSSEAUX

Baptisé à Châteauguay le 7 février 1753.

VII c

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