XI. Th^ophii^e-Narcisse Juchereau Duchesnay
Né à Québec le 25 décembre 1823.
Décédé à Québec le 13 janvier 1824, il fut inhumé le 15 dans l'église de Beauport, sous le banc sei* gneurial.
Catherine- Amélie-Charlotte d' Irumberry DE Salaberry
Née à Beauport le 6 septembre 1788.
Décédée au même endroit le 2 octobre 1861, elle fut inhumée dans le cimetière paroissial.
" Rejeton d'une de nos plus remarquables familles canadiennes- françaises, les d'Irumberry de Salaberry, dont plusieurs membres se sont également distingués en France depuis le quinzième siècle, dans la magistrature et dans l'armée, mademoiselle de Salaberry avait sans cesse à la pensée la devise : jwblesse oblige. Elle savait donc rehausser encore l'illustration de son origine par une dignité personnelle qui ne s'est jamais démentie. Ses nombreux amis étaient frappés de la
grâce avec laquelle elle les recevait, de l'intérêt et de la délicatesse de sa conversation, de la noble simplicité de ses manières. Pleine de bonté pour tous, elle redoublait de complaisance pour les malheureux. Sa main et son cœur leur étaient toujours ouverts ; les paroles bienveillantes, les sages conseils, les secours de toute sorte accordés avec empressement, la rendaient particulièrement chère aux pauvres. Combien de fois des malades, des infirmes n'ont-ils pas aussi été touchés jusqu'aux larmes, en la voyant pénétrer auprès de leur lit de douleur, leur apportant elle-même ces douceurs si précieuses au milieu des souffrances !
" La religion, qu'elle avait toujours honorée et pratiquée d'une manière si édifiante, a fait la consolation de ses derniers moments, la foi et la piété ont adouci pour elle les frayeurs de l'heure redoutable.
"Les paroissiens de Beauport, accoutumés depuis de longues années à respecter, à vénérer mademoiselle de Salaberry, qu'ils désignaient tous sous le simple et touchant nom de mademoiselle^ éprouvent dans sa mort une perte bien sensible ; il se fait au milieu d'eux un vide peut-être impossible à combler. Elle était de ces personnes dont le décès fait époque dans une paroisse. " (i)
Edouard- Alphonse d'irumberry de Salaberry
Né à Beauport le 20 juin 1792.
Il fut tenu sur les fonts baptismaux par le duc de Kent et la comtesse de Saint-Laurent. (2)
(i) Journal de Québec y 5 octobre 1861. (2) Voir le Bulletin des Recherches Historiques, vol. neuvième, p. 347-
Le i6 juillet 1806, à la demande même de son illustre parrain, il s'embarquait sur le Champion pour aller le rejoindre en Angleterre. Le duc de Kent le plaça à ses frais au collège militaire de Marlow, où il se distingua tant par son application à l'étude que par ses succès. L'année suivante, il le mit à Woolwich pour y suivre un cours d'artillerie et de génie. A sa propre demande, en 18 12, il fut placé dans l'armée.
Le jeune de Salaberry fut tué dans la nuit du 6 avril 181 2, en conduisant une attaque sur Badajoz.
Par une conicidence assez extraordinaire, fait remarquer M de Gaspé, Badajoz était défendu par un canadien, le lieutenant-général vicomte de Lery, un des généraux les plus célèbres de Napoléon ler. (i)
Le colonel Fletcher, commandant des Ingénieurs Royaux, apprit dans les termes suivants au duc de Kent la mort de son filleul : " J'ai l'extrême regret d'avoir à apprendre à Votre Altesse Royale la mort du lieutenant de Salaberry, des Ingénieurs, arrivée à l'assaut de Badajoz, dans la nuit du 6 avril. Ce brave ofiicier servait sous les ordres du capitaine Wilkinson, du même corps, et conduisait à une brèche la division légère de l'armée. C'est dans l'exécution de cet ordre et important service qu'il fut tué par une balle de mousquet. Il était universellement estimé de ses frères d'armes, et tous pleurent sa mort."
La veille de sa mort, par un douloureux pressentiment, Edouard-Alphonse de Salaberry avait écrit la
(i) Mémoires, p. 469.
note suivante à son dévoué prolecteur, le duc de Kent ;
'* Camp devant Badajoz, 5 avril 1812.
Monsieur, J'^ai reçu ordre de monter à l'assaut d'une des brèches cette nuit. Comme ce service est plutôt dangereux, et que je puis ne pas en revenir, je désire assurer à Votre Altesse Royale ainsi qu'à madame, (i) que, quoiqu'il m'arrive, je n'oublierai jamais combien je vous dois. Veuillez croire que même à mes derniers moments je vous souhaiterai, ainsi qu'à madame, tout le bonheur que vous méritez à tant de titres. J'ai l'honneur d'être, avec gratitude éternelle, De Votre Altesse Royale, le très obéissant et reconnaissant serviteur,
E.-A. de Salaberry.
(i"i Madame la comtesse de Saint-Lantent ,
Première génération ; Michel cTIruniberry de Salaberry Deuxième génération : L-M.-L.-A. d'I. de Salaberry Troisième génération : Charles-Michel d*I. de Salaberry