ORDRE DE BRIGADE DE L' ADJUDANT- GÉNÉRAL DE WATTEVILLE
Right's Home, Châteauguay River^ 27th cet. 1813.
Advance Brigade order.
Major gênerai de Watteville has much satisfaction in conveying to the troops composing the advance, by
désire of His Excelleucy tlie commander of tlie forces, the high seuse which His Eîxcellency entertains of the conduct of the several corps engaged with the ennemy in the affair of yesterday, under the immédiate command of lieutenant-colonel de Salaberry.
His Excellency was pleased to express his entire approbation, of the discipline, coolness, and bravery displayed by ail ranks on this occasion, which reflects the highest honor upou ail concerned.
Geo. F. Burke,
Major of brigade.
ORDRE- GENERAI, DE SIR GEORGE PRIvVOST
Quartiers-généraux, à la Fourche sur la rivière Châteauguay, 27 oct. 181 3.
Son Excellence, le gouverneur en chef et commandant des forces, a reçu du major-général de Watteville le rapport de l'affaire qui eut lieu, en front des positions avancées de son poste, mardi, à 1 1 heures du matin, entre l'armée américaine sous le commandement du major- général Hampton, et les piquets avancés de la force britannique, mis en avant pour couvrir les partis de travailleurs sous la direction du lieutenantcolonel de Salaberry. Par la judicieuse position qu'a su prendre cet officier, et l'excellente disposition qu'il a faite de sa petite troupe, composée de la compagnie légère des Fencibles Canadiens et de deux compagnies de Canadiens Voltigeurs, l'attaque de la principale colonne de l'ennemi, commandée par le général Hampton en personne, a été repoussée avec perte ; et la brigade légère des Américains sous le colonel McCarty a été également arrêtée dans ses progrès au sud de la rivière par la marche pleine de bravoure et de courage de la compagnie de flanc du 3e bataillon de milice incorporée sous le capitaine Daly, soutenue par la compagnie du capitaine Brugnier (Bruyères), de la milice sédentaire. I^es capitaines Daly et Brugnier
(Bruyères), ayant été tous deux blessés, et leurs compagnies ayant souffert quelque perte, elles ont été immédiatement remplacées par une compagnie de flanc du 1er bataillon de milice incorporée. L'ennemi s' étant retiré, est retourné de nouveau à l'attaque qui n'a fini qu'avec le jour par la défaite honteuse et complète de ses troupes, étant forcée par une poignée d'hommes dont le nombre ne montait pas à la vingtième partie de la force qu'ils avaient à combattre, mais qui, par leur bravoure déterminée ont maintenu leur position^ -et mis à l'abri de toute insulte les partis de travailleurs, qui ont ensuite continué leurs ouvrages sans inquié' tude. Le lieutenant-colonel de Salaberry témoigne qu'il a été fortement soutenu par le capitaine Ferguson, de la conîpagnie légère des Fencibles Canadiens, par les capitaines Jean- Baptiste Duchesnay et Juchereau Duchesnay, des deux compagnies de Voltigeurs, par le capitaine Lamotte, les adjudants Hebden et Sullivan-, «t par tous les oÉ&ciers et soldats engagés dans l'action, qui ont montré un courage et une fermeté remarquables et dignes d'éloges.
Son Excellence, le gouverneur en chef et commandant des forces, ayant eu la satisfaction d'être lui-même témoin de la conduite des troupes en cette brillante occasion, se fait un devoir et un plaisir de payer le tribut d'éloge qui est si justement dû au major* général Watteville, et aux arrangements admirables qu'il a pris pour la défense de son poste ; au lieutenantcolonel de Salaberry pour sa conduite judicieuse et si digne d'un officier, qu'il a montrée dans le choix de sa position et dans la disposition de ses forces ; et à tous les officiers et guerriers engagés avec l'ennemi. Outre ces témoignages de la plus vive reconnaissance qu'ont mérités les corps engagés, pour leur bravoure et leur fermeté, Son Excellence doit encore les plus grands éloges à toutes les troupes de cette station, pour leur constance, leur discipline, et leur patience à endurer les fatigues et les privations qu'elles ont éprouvées. Leur détermination à persévérer dans cette conduite honorable ne peut manquer d'assurer la victoire aux braves et loyaux Canadiens, et de jeter
le trouble et la confusion dans le cœur de Tennemi, s'il pensait à souiller de sa présente cet heureux pays.
Par le rapport des prisonniers, la force de T ennemi se montait à 7500 hommes d'infanterie, 400 de cavalerie, et 10 pièces de campagne, I^ force britannique actuellement engagée n'excédait pas 300 hommes, ly' ennemi a beaucoup souffert de notre feu^ aussi bien^ que du sien propre, quelques uns de leurs corps détachés, ayant, par méprise, tiré les uns sur les autresdans le bois.
Il y a eu de la compagnie légère des Canadiens, 3; de rang et file tués, i sergent et 3 de rang et file blessés.
Des Voltigeurs, 4 de rang et file blessés.
De la compagnie de flanc du 3e bataillon, i capitaine blessé, 2 de rang et file tués, 6 blessés, et 4 qui manquent.
Des Chasseurs de Châteauguay, i capitaine blessé.
Total : 5 de rang et file tués ; 2 capitaines, i sergent, j I de rang et file blessés, et 4 de rang et file qui manquent.
Le capitaine Daly, du 3e bataillon de la milice incorporée, a reçu deux blessures considérables, mais non dangereuses. I,e capitaine Bruyères, des Chasseurs de Châteauguay, n'a été que légèrement blessé.
Edward Baynes, Adjt. Gén.
DÉPÊCHE DE SIR GEORGE PREVOST AU COMTE BATHURST, MINISTRE- DES COIvONIES
Quartiers-généraux, Montréal, 30 octobre 1813V My Lord,
Par ma dépêche No. 91 du 8 de ce mois, j'ai eu l'honneur de rapporter à Votre Seigneurie que le major-général Hampton occupait, avec une force considérable de réguliers et de miliciens, une position sur la rivière Châteauguay, près l'établissement de Four Corners.
De bonne heure, le 21, l'armée américaine traversa la frontière entre le Bas-Canada et les Etats-Unis, surprit une petite bande de nos guerriers sauvages et repoussa un piquet de la milice sédentaire posté à la jonction des rivières Outarde et Château guay, où elle campa et prit des mesures pour ouvrir une roUte de communication sur ses derrières afin d'amener sOil artillerie.
Le major-général Hampton ayant terminé ses ar' rangements le 24, commença le jour suivant ses opérations contre mes avant-postes.
Vers onze heures, dans la matinée du 26. sa ca^ Valérie et ses corps légère furent aperçus des deux côtés de la rivière, par un détachement qui protégeait les habitants employés à abattre des arbres pour construire un abatis.
Le lieutenant -colonel de Salaberry, qui avait le commandement des piquets les plus avancés, composés de la compagnie légère des Fencibles Canadiens, et de deux compagnies de Voltigeurs, sur la rive nord de la rivière, disposa de sa petite troupe d'une si excel»lente manière, qu'il arrêta la marche de la principale colonne de l'ennemi, dirigée par le major-général Hampton en personne et accompagnée par le brigadief >■ général Izard,
La brigade légère de l'armée américaine, sous le colonel McCarty, fut repoussée de la même manière dans sa maiche par le coté sud de la rivière où elle rencontra la compagnie du flanc droit du 3e bataillon de la milice incorporée sous les ordres du capitaine Daly, et supportée par la compagnie des Chasseurs de Châteauguay sous le capitaine Bruyères ; ces deux officiers ayant été blessés, et leurs compagnies venant de subir des pertes, la position qu'elles occupaient fut couverte immédiatement par une compagnie de flanc du ler bataillon de la milice incorporée ; l'ennemi se rallia et revint à l'attaque à plusieurs reprises jusqu'à ce qu'il se vit forcé d'abandonner la partie à la fin du jour, se voyant déjoué sur tous les points par une poi* gnée d'hommes qui soutinrent leur position avec bra*
voure et réussirent à protéger nos travailleurs contre toute insulte.
Etant par bonheur arrivé sur la scène de l'action peu après le commencement, j'ai été témoin de la conduite des troupes en cette glorieuse occasion et ce fut pour moi une grande satisfaction que de pouvoir leur adresser des éloges sur le terrain même.
Je remerciai le major-général de Watteville des sages mesures prises par lui pour la défense de cette position, le poste avancé ; aussi le lieutenant-colonel de Salaberry pour le bon jugement qu'il a montré en choisissant le champ de bataille, et la bravoure et l'adresse avec lesquelles il s'y est maintenu.
Je reconnus que les officiers et les hommes engagés dans l'action de ce matin-là méritaient les plus fortes louanges en raison de leur bravoure et de leur fermeté, et j'ajoutai qu'il fallait continuer à agir avec le zèle, la fermeté, la discipline et la résistance à la fatigue et aux privations qu'ils avaient jusque-là manifesté.
J'ai signalé particulièrement l'aide habile que le lieutenant-colonel de Salaberry a reçu du capitaine Ferguson, commandant de la compagnie légère des Fencibles Canadiens ; et du capitaine J. B. Duchesnay, du capitaine Juchereau-Duchesnay, de l'adjudant Hebden, des Voltigeurs, de l'adjudant O'Sullivan, de la milice sédentaire, et du capitaine L^a Motte, appartenant au corps des guerriers sauvages,
I,a plupart des troupes anglaises étant employées à îa défense du Haut-Canada, le salut du Bas-Canada dépend surtout de la valeur et de la constance de ses bataillons incorporés et de sa nùlice sédentaire, jusqu'à l'arrivée du 70e régiment et des deux bataillons de marine que nous attendons de jour en jour. C'est pourquoi j'éprouve une très vive satisfaction en portant à la connaissance de Votre Seigneurie le fait que les sujets canadiens de Sa Majesté, comprenant toutes les classes, semblent déterminés à poursuivre une loyale et honorable ligne de conduite.
Par le rapport des prisonniers ennemis dans l'affaire de Châteauguay, les forces américaines auraient été de sept mille hommes d'infanterie et de
deux cents chevaux, avec dix pièces de campagne. Nous n'avons pas eu de réellement engagés dans l'action plus de trois cents hommes de notre côté.
L'ennemi a beaucoup souffert de notre feu, aussi de son feu à lui, certains corps détachés dans les bois ayant tiré les uns sur les autres.
J'ai l'honneur de transmettre à Votre Seigneurie le rapport des tués et blessés le 26 et je profite de cette circonstance pour solliciter humblement de Son Altesse Royale le prince Régent, comme marque de sa gracieuse approbation de la conduite des bataillons de milice incorporée, cinq drapeaux pour les ler, 2e, 3e, 4e, 5e bataillons.
J'ai l'honneur,
George Prévost.
Le Très honorable comte Bathurst.
Rapport des tués, blessés et manquants après l'action de Châteauguay, le 26 octobre 181 3 :
• Compagnie légère des Fencibles Canadiens :
3 hommes tués, i sergent, 3 hommes blessés.
3e bataillon milice incorporée, compagnie de flanc : 2 hommes tués, r capitaine et 6 hommes blessés,
4 hommes manquants.
Chasseurs de Châteauguay : i capitaine blessé. Total : 5 soldats tués, 2 capitaines, i sergent, 13 soldats blessés, 4 soldats manquants.
Noms des officiers blessés : capitaine Daly, 3e bataillon de milice incorporée, deux blessures graves ^ capitaine Bruyères, des Chasseurs de Châteauguay, bltssuie légère.
Edward Baynes,
Adjudant-général,