‹ La famille d'Irumberry de SalaberryChapitre 49 sur 53 · MONUMENT DE SALABERRY X CHAMBLY · texte numérisé non relu

MONUMENT DE SALABERRY X CHAMBLY

Dès 1870, M. J.-O. Dion avait proposé d'élever à Chambly un monument â la mémoire du héros de Chateauguay.

En janvier 1879, un comité se forma à Chambly pour commémorer par une fête commune le centenaire et le cinquantième anniversaire de la mort du lieutenant-colonel de Salaberry.

La fête eut lieu le 25 février suivant. Une messe de requiem fut chantée dans Téglise de Chambly pour le repos de l'âme de M. de Salaberry, et dans l'aprèsmidi, à une réunion du comité général, il fut décidé d'élever, par souscription nationale, un monument au héros. Le soir, il y eut concert et banquet. MM. de Boucherville, Globensky, L.-O. David, Bernier et d'Orsonnens prononcèrent des discours patriotiques.

M. J.-O. Dion se mit ensuite à l'œuvre pour recueillir des souscriptions. ' ' Il écrivit à droite et à gauche, dit M. L,.-0. David, il alla de ville en ville, de village en village, de porte en porte, mendier pour le monument du héros de Châteauguay." fi)

Enfin, le 4 août 1880, on confiait au sculpteur Hébert l'exécution du monument projeté. L'ouvrage devait être entièrement terminé et livré dans le mois de mars 1881.

L'inauguration du monument de Salaberrj' eut lieu à Chambly le 7 juin i88r. Le gouverneur-général, le marquis de Lorne, le lieutenant- gouverneur de la province de Québec, M. Robitaille, plusieurs ministres, des militaires, des députés, etc, etc, s'étaient donné rendez-vous dans le joli village de Chambly.

La Minerve faisait à cette époque la description suivante du monument de Salaberry :

" La statue est en bronze. Elle est en pied et mesure six pieds et demi, y compris le socle. Le héros est debout, appuyé sur la jambe gauche. La position est celle du militaire au repos. Attitude calme et noble, assurée, sans jactance, tel qu'il convient à un héros. La tête est droite, le regard porté en avant, comme contemplant le champ de bataille.

' ' Les deux mains se croisent sur la poignée du sabre, dont la pointe repose sur le socle. Le manteau militaire, attaché sur les épaules et rejeté en arrière^ vient se replier sur la bouche d'un canon placé à la gauche.

" La base est d'une grande simplicité mais très élégante dans la forme. Elle appartient au style dorique^ avec écusson portant les armes de la famille du héros, celles de Chambly et de la province de Québec. Sur la face principale est inscrit : " Au héros de Châteauguay, 26 octobre 181 3."

* ' Au bas de cette inscription est un trophée composé du drapeau des Voltigeurs, d'une branche de

(t) C'est aussi M. Dion qui, le 28 juin 1880, fit poser une tablette commémorative sur la maison même où était ué M. de Salaberry à Beauport.

laurier et d'une couronne, he monument, statue et piédestal compris, a une hauteur de vingt-sept pieds."

IvE UKUTENANT-COI.ONEI. DE SALABERRY ET SON TITRE DE COMPAGNON DU BAIN

En 1817, le lieutenant -colonel McDonell, étant passé en Angleterre, fut surpris et choqué de l'oubli dans lequel on laissait Salaberry.

Il écrivait à son ancien chef :

" Parmi tous les héros renommés qui ont obtenu des grades, des médailles et des croix de compagnons <iu Bain, je ne tiouve pas que l'on vous ait rien accordé pour Châteauguay. Puis-je faire ou dire quelque chose pour vous à cet égard aux Horse Guards ? J'aurais beaucoup de plaisir à soulever la question lors même que je n'y serais pas intéressé du tout ; mais j'avais l'honneur d'être votre lieutenant-général en cette occasion. J'ai l'intention de dire ces choses aux Horse Guards, vu que mon digne et aimable ami, le général Baynes n'a pas jugé à propos de le faire dans ses ordres généraux, ou ses dépêches. J'ai l'intention de dire (et je crois que je puis aisément le démontrer ) que c'est l'action de Châteauguay, et non celle de Chrysler's Farm, qui a sauvé Montréal qui aurait été dans le plus imminent danger si les généraux ennemis n'avaient pas été réellement moins habiles que les nôtres. "

Quelques semaines plus tard, le lieutenant-colonel McDonell, fidèle à sa parole, écrivait à sir Henry Farrens :

" Bureau de M. Donaldson, " Whitehall, 14 janvier 1817.

'* Monsieur,

" A la demande du lieutenant-colonel de Salaberry, des Voltigeurs Canadiens, maintenant en Canada, j'ai l'honneur de vous exposer pour l'information de Son Altesse Royale, le commandant en chef, qu'ayant

été second en commandement dans l'importante action de Châteauguay, dans le Bas-Canada, je déclare sur mon honneur que le mérite d'occuper cette position et du combat est exclusivement dû au lieutenant-colonel de Salaberry qui a agi sous ces deux rapports d'après son propre jugement, le major-général de Watteville n'étant venu de sa station, à quelques milles en arrière, qu'à la fin de l'affaire, après que l'ennemi eut été défait, en conséquence d'un avis que je lui envoyai que nous étions chaudement engagés avec l'ennemi.

" Le lieutenant-colonel de Salaberry ayant eu, dans cette affaire, la bonne fortune de défaire une division de 7,000 hommes de troupes régulières, la plus grande armée régulière que la nation américaine ait jamais mené à l'action, — j'espère que Son Altesse Royale le commandant en chef lui fera l'honneur de prendre le sujet en sa gracieuse considération.

" J'ai l'honneur d'être, etc.,

G- McDonelî

Le lieutenant -colonel McDonell tint son ami de Salaberry au courant de ses démarches, comme la lettre suivante le fait voir :

"32, Gayfield Square, Edimbourg,

" 2 février 181 7.

' ' Mon cher de Salaberry,

"J'ai profité de la première occasion pour parler à sir Henry Farrens de l'injustice qui vous avait été faite d'omettre votre nom dans la liste des compagnons du Bain. Il répondit à ceci que, (en conséquence d'une demande que j'avais faite, réclamant le rang, à partir de la date de l'affaire d'Ogdensburg), le duc avait mis votre nom sur une liste qui se préparait en ce moment pour publication, mais, qu'il ne pouvait pas agir au sujet de votre réclamation sans quelque recommandation ofi&cielle. Je l'assurai, sur mon honneur, de la circonstance comme témoin oculaire, et lui dit clairement que sir George et ceux qui l'entouraient avaient eu quelque mauvais vouloir à votre égard à cette époque,

et qu'ils n'avaient pas jugé à propos de vous donner le crédit auquel vous aviez des droits.

" Après quelqu' hésitation, il me demanda si je lui écrirais une lettre officielle sur le sujet : ce que je consentis à faire, et le jour suivant, je lui envoyai une communication, et je n'ai pas de doute que cela réussira, car il m'a dit de ne pas perdre de temps, vu que la liste était pour paraître immédiatement dans la gazette. Je crois qu'ils y ont fait entrer tous ceux qu'ils ont eu ordre d'y inclure. Battersby, McDonald et Taylor y sont tous, me dit-on.

" Nous, les inspecteurs, sommes tous mis de côté, chose dont je ne suis pas fâché, car j'aimerais mieux être à demi-paie. D'après quelque discussion que j'ai eue avec quelques ofi6ciels, je ne serais pas surpris que les défenses coloniales fussent mises sur un meilleur pied, quant à la défense interne, mais je crois qu'ils réduiront la force de l'armée du Canada. I,e cri universel en Angleterre est pour un retranchement de dépense.

" Rappelez- moi au souvenir de mes anciens amis. Je pense souvent au Canada, où j'ai passé d'heureux jours.

" Croyez-moi, mon cher de Salaberry, " Votre très sincère, " G. McDonell.

" Lieutenant-colonel de Salaberry."

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