CONCLUSIONS
Nous voici au terme. Qu'ai-je prouvé? J'ai prouvé, je l'espère, avec un degré de certitude suffisant, que les Romains vivaient au milieu de conditions qui leur rendaient la pratique d'une certaine espèce de moralité plus difficile qu'elle ne l'a été en d'autres temps, par exemple chez nous. L'existence en soi des conditions dont je parle ne sera pas contestée; je n'ai rien allégué à cet égard qui ne fût déjà très connu des érudits ou des juristes: les grandes fortunes, les grosses dots, l'autocratie paternelle, la dépendance absolue des filles, celle à peu près absolue des fils, en fait de mariage ; leur dépendance économique; la constance et la vivacité des
1. J'espère pouvoir démontrer dans ma sociologie une loi bien curieuse et qui explique quantité de faits de Tordre le plus intéressant et le plus relevé en apparence, c'est celle-ci : jusqu'à une certaine liinile, la puixsance de Vopiniun croit à mesure que l'aire, sur laquelle celle opinion exerce sou pouvoir, se rétrécit.
compétitions, des luttes publiques et particulières ; le système des accusations privées; les fiançailles et les mariages d'une précocité extrême; le mariage libre de toute formalité tant à l'entrée qu'à la sortie, et si peu constitué qu'on a la plus grande peine à le distinguer légalement du concubinat, et même de l'aventure amoureuse; le caractère servile de la domesticité, le nombre et l'oisiveté relative de ces domestiques ; l'intérêt très vif qu'ils ont à corrompre le maître; les belles esclaves à la disposition absolue de leurs propriétaires; des esclaves beaux, intelligents, artistes, applaudis el môme célèbres, commensaux ordinaires de la maison, souvent propriété privée de la maîtresse; une éducation très mauvaise pour les enfants des deux sexes, donnée qu'elle est principalement pas des esclaves ; de mauvais exemples reçus dès l'âge le plus tendre; un ensemble de plaisirs et de distractions si mal en tendus qu'ils amènent forcément des scènes d'ivresse, des propos et des actes inconvenants; un théâtre obscène ou cruel. Et je n'ai pas tout dit. Il y a sans doute encore beaucoup d'autres conditions à relever. Il est vrai que si les conditions alléguées sont en elles-mêmes incontestables, on pourra contester çà et là le caractère défavorable que je leur ai attribué, j'en conviens. J'irai même plus loin, on contestera peut-être parfois avec raison. J'ai raisonné, j'ai déduit avec une bonne foi complète ; mais j'ai pu me tromper. Ce que je maintiens, c'est qu'après toutes les réductions acceptables, il restera encore un ensemble terrible de mauvaises influences incontestées. J'aurai donc prouvique les Romains ont dû avoir des mœurs assez mauvaises, cl en tout cas des mœurs plus mauvaises que nous, qui ne subissons pas l'ascendant de ces conditions — à moins que quelqu'un ne vienne prouver que d'autres conditions favorables, étrangères à notre société, existaient à l'encontre des premières — ou bien que la nature liumaino à Rome était
LES FREINS. il7
autre qu'à présent, et qu'il n'explique nettement en quoi elle diiïérait. J'ai à peine besoin de dire que je ne crois pas à la possibilité de Tune ou de l'autre de ces démonstrations.
Les Romains ont dû être moins moraux que nous, je le répète, c'est le premier point établi. J'admettrai volontiers même que c'est le seul bien solidement établi. Mais à mon avis il étend sa solidité sur le second point, qui est moins démontrable, à savoir que les Romains ont été effectivement tels que les conditions environnantes les sollicitaieni d'être. Qu'est-ce qui rend cette inférence légitime? C'est que les fictions des romanciers et des poètes, les histoires et les anecdotes des annalistes et des biographes, commentées à la lumière de l'hypothèse fournie par la première opération, suscitent en notre esprit un tableau suffisamment conforme, par ses traits et sa couleur, à l'image préventive qui y était déjà installée. Cela étant, il me semble que la proposition finale, les Romains ont eu de plus mauvaises mœurs que nous, devient une vérité prouvée, dans la mesure où l'histoire, science approximative, comporte la preuve.
De même que j'ai ouvert mon livre par une revue des différents peuples, avec le dessein d'en tirer pour l'étude spéciale des Romains une sorte de thermomètre moral qui me permît de mesurer le degré propre à ces derniers, je dois maintenant profiter, autant que possible, des résultats acquis dans la connaissance particulière de la société romaine, et voir ce que celle-ci, par une sorte de juste retour, peut me donner en fait d'éclaircissements et de confirmations utilisables pour l'histoire générale.
Ce qui frappe la vue en premier lieu, ce qui se détache
LACOMBE. — La famille. 27
d'abord avec une facile nelteté, c'est qu'il y a une multitude de traits évidemment inutilisables, parce qu'ils sont absolumentpropres au temps.
Prenons par exemple tout le détail assez menu (nous l'avons fait ainsi exprès) dont se compose notre cbapitre du dîner romain. L'ensemble des circonstances, qui y sont signalées, déterminentforcémentune certaine quantitéd'immoralité — nous l'avons, je crois, assez prouvé — mais à les examiner l'une après l'autre, aucune de ces circonstances n'apparaît comme ayant été déterminée, nécessitée par une cause sérieuse. Elles auraient pu toutes faire défaut, manquer case réaliser; et partant la proportion d'immoralité, qui est due à leur influence, aurait elle-même fait défaut. Ceci nous conduit à constater une vérité générale, qui a bien son importance. C'est qu'en toute société, une partie des mœurs, une grande partie peut-être même quelquefois, doit être considérée comme involontaire, et tout à la fois comme fort peu imposée parle dehors, comme très fortuite. D'où il suit qu'il faut se garder, pour cette partie, de vouloir tirer des conclusions trop graves contre le caractère du peuple examiné, et qu'il faut se garder aussi de chercher dans le milieu extérieur des causes trop profondes. Non, ce sont des arrangements adoptés petit à petit, morceau par morceau, si l'on peut dire; des habitudes prises par degré, sans dessein, sans idée de mal faire, sans prévoyance des eflets qu'elles produiront; puis quand l'ensemble démoralisant est constitué, tout impérieux qu'il soit sur l'homme, l'homme ne le sent point ; il est sous la pression de ces circonstances, exactement comme sous la pression de l'air, que tant de gens prennent pour le vide et pour le néant. Les générations, que ce système de conditions régit, les unes après les autres, ne se doutent pas ou se doutent j)eu des précautions à prendre, de ce qu'il faudrait faire, ou plutôt ne pas faire, pour écarter
cette malaria, et elles se la passent l'une à l'autre, sans y regarder.
Mais l'immoralité romaine a eu d'autres causes qui, procédant des grands traits de l'existence nationale, apparaissent en revanche comme puissamment nécessitées. Celles-ci constituent, pour ainsi dire, la grande chaîne, qui, visible ou cachée, soutient la multitude infinie des chaînons.
Il n'y a pas de peuple dans l'hisioire chez qui, autant que chez celui-ci, ait prévalu ce que Spencer a appelé le mode guerrier. Yoici surtout en quel sens : s'il y a eu des peuples qui ont autant fait la guerre, ce qui est possible, aucun ne l'a faite avec un succès comparable. Nulle part on ne trouve une telle suite de victoires, et des conquêtes si étendues. La guerre heureuse procure la fortune, non seulement à l'État, mais aux particuliers mômes. Et à y bien regarder, les Romains n'eurent pas d'autre manière de faire fortune que de guerroyer, ou ce qui revient à peu près au même, ce qui fut en tout cas une suite, d'aller administrer les provinces conquises. Tout peut se dire à cet égard en une phrase, les magistratures à Rome appauvrissaient leurs détenteurs, mais on les prenait comme un chemin imposé vers les magistratures du dehors, qui, elles, enrichissaient. Le commerce et l'industrie furent comparativement des sources de fortune bien inférieures.
Partout la richesse a certainement un effet démoralisant, quant à cette partie des mœurs qui fait précisément le sujet de ce livre. Partout les classes riches, à moins qu'elles ne continuent à travailler, rare conjoncture, veulent jouir de leur fortune, s'amuser, et ne s'amusent jamais que ce ne soit peu ou beaucoup aux dépens de la morale conjugale et familiale. A Rome ce résultat général se manifesta avec une intensité toute exceptionnelle, parce que les fortunes y furent énormes — c'est un point si connu que nous n'avons
pas besoin d'aligner des preuves — et plus encore parce que l'homme riche, ou seulement aisé, eut un caractère particulier. Au premier moment où la fortune vint, il avait franchement les traits moraux qui constituent partout le caractère du soldat, du militaire. Il prit alors des habitudes qui, avec cette force de durée propre à toutes les habitudes nationales, demeurèrent et devaient persister même à l'époque où l'homme avait quelque peu changé. D'ailleurs à tout prendre, l'homme ne changea pas tellement. Point militaire chez lui à Rome, le Romain des hautes classes, des classes influentes, le redevenait au dehors : toute personne qui administre, qui gouverne des peuples conquis, tient du militaire, quand même elle ne manierait de sa vie une cpée.
En bref, l'histoire du peuple romain, au point de vue de la moralité, est exactement l'histoire d'un militaire quelconque, du militaire vu en général, et comme type. Au début, quand laguerre commence^ que la victoire incertaine est à fixer, il y a une carrière rude à parcourir, une discipline sévère à observer, des privations à supporter, en un mot la vertu h pratiquer au sens militaire." On la pratique moitié de gré, en vue des résultats à obtenir, moitié de force. Mais voici le combat, voici la victoire, voici le pillage, lexploilation du vaincu, la main-mise sur la fortune et sur les femmes. Alors on prend unelarge revanche de l'austérité subie, alors viennent les repas copieux, les libations exagérées, le jeu et la débauche avec les femmes. Rome primitive nous représente fort bien la période austère demi-volontaire, demi-in- I volontaire du soldat. C'est là ce que nos historiens ont appelé la vertu romaine, et ce qu'ils ont tant vanté, sans comprendre. A partir des Scipion et de la ruine de Garlhage, Rome nous olïre tout aussi exactement l'image du soldai vainqueur qui se rue dans les débauches.
C'est ici que les historiens en général nous servent une
philosophie de l'histoire vraiment étonnante. Quand la vieille Rome, cette Rome si admirée, lâche toute son austéiité apparente, qn'elle se jette en toutes sortes de déhordements; quelles plaintes, quels regrets et quelles questions! D'où cela a-t-il pu bien venir? Qui donc a corrompu cette haute vertu? « Ce sontles Grecs ; il n'en faut pas douter, les Grecs ont inoculé le poison. La preuve en est qu'ils raisonnaient, ils étaient cultivés, à ce point qu'il y avait chez eux des rhéteurs pour soutenir également bien le pour et le contre. Que voulez-vous qu'un peuple devienne avec deux ou trois rhéteurs de cette force dans son sein ? Évidemment il tombe dans la plus grande corruption et il y entraîne les autres i. »
Mais laissons celte philosophie, plus proche parente de la rhétorique des rhéteurs précisément qu'elle ne se l'imagine.
Rome a remplacé les mœurs du soldat avant la victoire, lesquelles ont une supériorité spéciale, sans doute, mais sont achetées au prix d'infériorités incontestables (la dureté, la violence, le mépris des faibles, etc.), Rome a remplacé ces rr.œurs, dis-je, par les mœurs du soldat après la victoire. On peut préférer les premières aux secondes ou réciproquement; peu importe. En tout cas les secondes furent la suite inévitable des premières. Rome moderne est, à l'égard de Rome antique, comme le fils était à l'égard dupère romain, héritiersien et nécessaire. Savez-vous ce qu'il aurait fallu pour que Rome ne se corrompît pas? Qu'elle ne fît pas la guerre (ce qui est précisément pourquoi on l'admire tant); ou bien encore que faisant la guerre toujours et toujours, jamais elle n'arrivât à la victoire définitive, à la paix fructueuse à la fois et solide; c'est-à-dire qu'il aurait fallu qu'elle infiigeàt à soimême et au monde une série sans terme de souffrances
1. Je résume exactement la philosophie de M. Duruy {llist. des [{oiiuiins, t. II).
inutiles. Cette conclusion, absurde évidemment, montre qu'il faut aller chercher ailleurs que là où on Ta pris le critérium de la valeur morale des peuples, et la philosophie de leur histoire.
Quand j'avance cette proposition queja cause capitale de Wmmoralité romaine fut la recherche de la fortune publique et particulière par la guerre, plutôt que par l'industrie, quand je dis que cette immoralité procède surtout du caradère que la guerre, systématique et heureuse, forma \ en général, et des habitudes qu'elle fit contracter, j'entends bien ne pas faire des phrases vides. Je ne puis m'étendre sur ce sujet à la fin d'un livre. Ce serait en commencer un nouveau. Mais, à m'expliquer sommairement, il me paraît évident que le choix des plaisirs romains a une connexion étroite avec le caractère guerrier. Les amusements cmels de l'amphithéâtre, d'ailleurs liés aux triomphes, aux conquêtes, et desservis par les provinces conquises, qui fournissaient bêles et gladiateurs; les festins, toujours licencieux et souvent fastueux, étalantrorgueil brutal des fortunes rapidement et violemment acquises, n'auraient pas été tels dans un monde enrichi à force de travail ou d'intelligence. Sans la guerre, et ceci je l'ai déjà montré en détail, le fléau de la domesticité servile n'aurait pas été non plus ce qu il fut; l'infection morale, dont cette domesticité fut le foyer, eût été bien moins grande. Lapuissance paternelles, exercée avec un esprit do dureté et de rapacité exceptionnelles, eut sur les mariages l'influence la plus fâcheuse, nous l'avons montré; mais cette discipline, domestique qui étonna le monde ancien aurait-elle tant duré, et se serait-elle maintenue si entière, sans le voisinageet le parallélisme, qu'on nous passe le mot, de la discipline militaire, du cruel régime des légions ? On contestera moins cette connexion particulière; elle a déjà été aperçue et signalée par d'autres. Il n'y a pas jusqu'au régime
LES FREINS. i-v)
dotal lui-même qui, à mon avis, n'ail été inniieiicé, quoique avec moins d'évidence, par le militarisme. Sans la guerre, les conquêtes, lesproYinccsàadministrcrclpressurer,lesbrigues pour les fonctions publnpjes n'auraient pas eu le caractère violent, effronté, qu'elles eurent. Les familles n'auraient pas tant cherché à s'unir entre elles par des mariages purement diplomatiques, où la fille richement dotée jouait le rôle d'amorce nécessaire. Donnant ces grosses dots du côté de leurs filles, les parents voulaient, par une revanche naturelle, recevoir de grosses dots par l'intermédiaire des fils qu'ils mariaient. Et les intérêts, les situations politiques changeant à chaque instant, les divorces abondaient. La matière même de cesdolSjlaforlune, sanslaguerreauraitété bien moindre. Nous n'avons pas le temps de comparer Rome avec les diverses cités de la Grèce; mais pour n'en prendre qu'une, entre Rome et Athènes, laquelle connut l'usage de la dot comme Rome et avant elle, pourquoi, malgré la dot, Athènes suivit-elle une voie notablement différente au point de vue des mœurs familir^les ? c'est d'abord que la dot à Athènes fut toujours médiocre, proportionnellement à la fortune de la maison d'où elle sortait^; on peut le constater dans les plaidoyers de Demosthène; c'est ensuite que la fortune même de la maison fut toujours médiocre, comparée aux fortunes romaines. La cause de ce double fait, incontesté
i. Contre Bteotos. — Une îlot d'un lalcnl pour une fille de gr.iiulc f.iniille (5,8-20 fr.)
Contre Aphobos. — La dot de Cléobiilc a i'l('- do 5,000 francs. Veuve de Demosthène le père qui était riche, on lui donna 3,000 francs de plus pour \a remarier. — La sœur de Demosthène doit recevoir en dot 12,00'J francs, tandis que son frère aura le reste, soit au minimum 00,000 francs.
Contre Spondias. — Demosthène a épousé une fille de Polyeuclc qui a reçu en dot 1,000 drachmes, soit 3,880 francs — id. la femme de Spondias.
Contre ApoUodore. — Pasion, un des premiers banquiers d'Athènes, dote en mourant sa femme Arciiippé afin qu'elle épouse son affranchi et associé Phormion ; il lui donne moins de 5,000 francs.
42i LA FAMILLE DANS LA SOCIÉTÉ ROMAINE.
d'ailleurs, n'est pas difficile à découvrir. La pauvre Alhènes (je dis pauvre relativement) eut une destinée guerrière fort traversée, des succès mêlés de revers, et en fin de compte plus de revers que de succès.
A présent si nous essayons d'extraire de ces généralités, une généralité encore plus large, nous apercevons ceci : acquérir par la guerre est l'une des manières de satisfaire aux besoins économiques, acquérir par le travail est l'autre, et les deux forment comme les pôles contraires de cette activité de l'homme que nous avons appelée, pour faire court, V économique. Et nous sommes ainsi ramené à la proposition avancée au début, à savoir; que l'économique est l'activité primordiale dont les influences se font sentir profondément aux autres activités discernables, telles que le besoin sexuel et familial, le besoin de l'estime d'autrui, les affections sympathiques et la culture intellectuelle elle-même. Cette proposition, que nous tenterons ailleurs de mettre dans une évidence incontestable, reçoit donc, en ce qui concerne les mœurs familiales, une confirmation assez éclatante des résultats acquis au cours de notre étude particulière du peuple romain. C'est là un bénéfice importantpour la sociologie qui pourra avec plus d'assurance, après cette confirmation, considérer l'histoire économique comme la première à étudier en bonne méthode, parce qu'elle est la clef qui ouvre les autres genres d'histoire.
Je répète et je précise mon affirmation : l'économique est à étudier en premier lieu, soit qu'il s'agisse de comprendre l'iiistoire généi'ale, soit qu'il s'agisse de comprendre l'histoire particulière d'un peuple. Ce qu'il y a de spécial dans l'économique de ce peuple rend raison de ses destinées bien autrement que sa littérature ou son culte, choses précieuses assurément, mais superficielles, en ce sensqu'elles ne tiennent pas bien solidement au cœur de l'homme : elles cèdent de-
vant la moindre nécessité économique à satisfaire. C'est une illusion flatteuse, mais c'est une grave illusion de croiic que les parties plus élevées de l'homme sont celles qui onl joué dans riiisloire le plus grand rôle. L'histoire n'est que le déploiement delà psycliologie dans l'espace et le temps; elle ne peut pas être autre chose. — Que l'économique domine dans l'histoire quantité de piiénomènes autres que les économiques proprement dits, et que son influence ne soit presque jamais absente, cela est forcé; c'est la traduction historique de ce grand fait simple, évident dans toute vie privée : avant tout il faut parer au besoin de manger et de se couvrir, et il faut y parer chaque jour. De même que la gravité spéciale des objets terrestres s'expli(jue par la gravitation universelle, la prédominance de l'économique dans l'histoire s'explique par une loi plus large, coextensive à toute la vie humaine: dans un milieu qui ronge ce corps humain par le dedans comme par le dehors, refaire le corps chaque jour constitue le premier en urgence de tous les besoins sentis par l'homme; cette primauté, manifeste dans la vie privée, devient également manifeste dans la vie historique, dès qu'on veut bien considérer celle-ci avec des yeux attentifs et libres de préjugé.
TABLE ALPHABÉTIQUE
hAilullére ù Rome, sa fré(iuence, 2:25 ' et suiv. ; influence des divorces sur l'adultère, 227 ; mot de Séncque et exemple cité par Tacite, 22!) ; sa punition avant la loi Julia, 363 et s. ; punition do l'amant surpris en flagrant délit, 367 ; — système de la loi Julia de adulterii, 309 et s. 11 est expliqué par les lois analogues de la Cliine et du Japon, 370 ; résultats de la loi Julia, 381 et s.
.lirtpsse (Droit d"), ses causes et son vrai caractère, 80 et suiv. ; la femme pourvue en certains pays du droit d'aînesse, S7.
fAmbel-ana (V) ou le mariage par servitude est une forme intermédiaire entre la polyandrie et la polygvnie,
— pratiqué chez les peuples les plus divers, 60 et s.; psychologie de l'ambel-ana, rapproché du matriarcat, 63 et s. ; situation de la femme dans l'ambel-ana, 65.
Alhèneset Rotne comparées, ii3.
Australiens poli/andres, 8.
Bachofen, sa tiièse, 23 et 52.
Bain quotidien, 2\ii; ses cflets, 24-i.
Galon d' Clique marie sa femme à Hortensius, 208, 209, 373 et s.
fffjlirislianisme, ce qu'il a faitpour moraliser le mariage et les moyens par lui employés, 43 et s.
Coemplio,i9ô; note, 211.
Commissatio, 243; note.
%Concubinal, 177,178, 179; influence de la dot sur le concubinat, 197 et suiv.
— comparé aux justes noces, 390 et s.; son vrai caractère, 392, 395.
Conditions défavorables aux mœurs chez les Romains, 415; les unes fortuites, les autres nécessitées, 418 et s. ; mode guerrier et son influence, 419.
Confarreatio, 195; note, 214.
Conversation (Le ton de la) chez les Romains, 260 ; ii^nii,pjir.ff ili i iliHÉ^ sur le fond et "sur le ton, 261, 207; „. influence des femmes, 267.
%Delatio, 223; ses rapports avec le mariage.
Diners, peintures du dîner dans Lucien, 253.
— dans Ovide, 254 et s.
— dans Apulée, 257.
TABLE ALPHABÉTIQUE
Dîners de Trimalcion, 280 et s.
— modernes compniés avec ceux des ^ anciens, 2i6--288.
J^Sivorce, pouvoir des pères pour faire divorcer leurs fils et leurs filles, i09, -211; indépendance du fils, dépendance de la fille, 209, 211; facilité du divorce, 217.
— scandaleux, 218 et s.
Domestiques ierviles chez les Romains,2!)0; leurs défauts, 2'Ji : leur nombre, 2y2 et s. , inlluence sur le nombre de la delalio et des luttes politiques, 295 et^ s.; comment ils sont traités au point de vue des relations sexuelles. 30Q et s.; sans gène des maîtres devant leurs es claves, ,308^ les enf.mts romains élevés jiar les esclaves, j0'j et s; les esclaves dépeints dans les comédies de Piaule, 325 et s. ; adultères des maîtresses avec les esclaves, 3iô.
^Dol (La) donnée par le père, l'origine de celte coutume est très obscure, 81); l'orgueil familial et l'intérêt des meuibres mâles de la famille ont sans doute agi simultanément, 90 et s.
— , son origine à Rome, 188 et s.; témoignages des auteurs à ce sujet, 191, 192; couséfiuences de celte révolution domestique, 194 et s.^^ effets de la dot à l'égard du beaupère, 212.
Douaire, son caractère dans le régime polygynique, 72.
— Economique, son influence prépon-
dérante dans l'évolution des mœurs familiales à Rome, 236 et s.,42i; la prépondérance de l'économique, loi bistorique dérivée des lois psychologiques, i25.
Emploi (le la journée chez les lîomains, 242 et s.
^Enfo.nls, ton de leurs rapports avec leurs parents, 398 et s.
Esclave, avantages de sa situation et raisons de ses succès auprès des femmes, 3Ô5 et s.
Eumolpe (Histoire d'), 3ô9.
- Erogamie (L") imposée par les foris
aux faibles, origine de l'aversion humaine pour les unions incestueuses, 11 et s.
Esclare, rapports des maîtres avec leurs enclaves femelles, 320 et s.
— de Caton l'Ancien, 321.
— de Scipion l'Africain. 321 et s.
Esclave, d'après Plaute, 322 et 323.
— jalousie des maîtresses, 324 et s
— état de l'opinion à cet égard, 32r
— caractère de l'esclave femelle, 32.
et s.
— l'esclave mâle dangereux pour s.
maîtresse, 330 et s.
Famille (La) est '^mitivement avan toute chose, un groupe économique où le lien du sang est primé par 1.
qualité de coopérateur, 82 et s.
'emme, sa condition chez les ancien!
Romains, 173-175, 180 et s.
chez les Romains modernes, 235.
"Fiançailles, raisons de cette coutunu à Jiome, 202; conséquences, 204 Fuslel, sa thèse sur le rjle de la religion, 237.
Gaditanes, leur danse, p. 272 et :
Goûts artistiques et passion de
gloire ou de la publicité chez Icf
Romains, 333 et s.
la
Ilahillement des femmes à table, 269.
Héritage, psychologie de l'héritage; le père préfère ses enfants à toute autre personne, mais ses fils à se.s filles, 75 ; démonstration de la loi, malgré les apparences contraires, 76 et s. ; succession immobilière et succession mobilière ; la fille reçoit part égale ou même supérieure dans cette dernière, 78 et s. >^
Hétaïrisme, 37 et s.;
— pratiqué surtout chez les peuples polygynique?, 59.
— procure à la femme la première dot et introduit^, en pays polygynique, un ménage où la situation de la femme est moins inégale, 71 et s. •
Histrions (Les), cause de troubles,!
0 Inceste (L'), réduction des habitud ' primitives à cet égard, 15.
Instinct ijénésique (L') amplifié pa,
l'imagination, 93 et s.
— ressenti dilTéremment par l'homme et par la femme; conséquence de* cette ditlërence, 95 et s.
TABLE ALPHABÉTIQUE
'Ofjnerie chez les Bomains, son ca- •actère, 250; ses dangers, i51 ; •emèdes employés contre l'ivresse, Î52.
ousie (La), son influence favorable
i la femme, 'J6.
développée par les relations moa-
iaines, 07.
licitun morum, punition civile de
'adultère, 377 et s. ; pourquoi
ibanilonné de bonne heure, 38::J.
lémil, sa peiature des effets du
Jiéàtre, 165.
(jislateur (Le), son rôle dans les
)roi;rès de la moralisalion, 41.
uida (.adultère de) avec un esclave,
: de table (Le) et son influence,
^us, son existence chez les anciens Piomaius, 173 et s. ; sa disparition, I';i et s.
triage égal (Le)7ce que nous appelons (le ce nom, 108 ; causes de cette 'orme, lO'J et s.; rapports du ma- •iage égal avec la déuiocratie, 11-i.
■liage cliez les Bomains, âge du ma- •ia^^e, 201 ; dépendance des enfants Jour le mariage. 203 et s., 222 et s. , contr; t privé, formé par le seul consentement, 216 ; les pères trafiquent du mariage de leurs enfants, 223; César fiancé malgré lui,
itriarcat, 48. -•
'llimle des érudits expliquée par M. Boissier, lii et s.; interrogation directe de la littérature et induction, 150 et s. ^défauts de cette métiiode, 100.
(lu livre, correspond à l'investigatioM naturelle par ks causes, 164; ses dilTicultés, 167.
eurs chevaleresques, 98 et s.
i>nr/e(Le)etlos relations mondaines, 2iO.
inoandric, 7.
mogamie (La) n'est au fond que de îa monoamlrie, 4 et s.
mngiinie officielle établie par le législateur, 42.
\dirs, leur polyandrie, 16 et s. " A'm (Le) antique, sou vrai caractère, 273, note.
Opinion publique à Rome, 385; son indulgence, 387; causes de cette indulgence, 388 et s.
Ovide écrit pour les femmes du monde, discussion à ce sujet, 277- 279. •' '
Pantomimes, 166-167; leurs mérites discutés dans les dîners, 2(Ji; invités dans les maisons particulières, 339; résultats de cette coutume, 340 et s.
— privés, 3i2 et s.
Paternel i Le pouvoir) chez les peuples primitifs, ll6 et s.; intervention du législateur qui étend et forlifie ce pouvoir, 1 19 et s. ; réaction du législateur contre son propre ouvrage, 128 et s. ; prétendu libéralisme des
■ Germains en fait de pouvoir paternel et discussion à ce sujet, 131 et
^ suiv.
^Patria poleslus, elle remplace graduellement la manus en conséquence de la dot, 191 et s.; son inlliicnce sur la forme du gouvernement impérial, 231.
-pariarc'il, 48.
Pécules du fils, 2.33 et s.
Polijandrie, 7,
— de tribu, 8.
— de classe, 9
— de clan, 10 et s,
— coexiste et a coexisté très souvent avec la polygynie, 24; situation de la femme dans la polyandrie, 52 et s.
— chez les sauvages, 53.
— chez les anciens Egyptiens, 53 et s. Polijgijnie, sa double origine, 28; elle*
a seule moralisé la f Mume, 29 ; évolution de la polygynie vers la monogynie, 30 et s.
— coiicuhinaire, 35 et s.; la femme, dans le i é^ime polygyniquc, afl'ranchie priigres'^iveuicnl par l'intervention de sa famille et par l'innuencc de la fortune, 68 et s.
Promiscuité (La), primitive, comment
il faut l'entendre, 1 et s.
Propriété, ce qui la procure au début
c'est l'exercice du gouvernement
ou du sacerdoce pour les hommes, 69; c'est la pratique de l'hétaïrismc pour les femmes, 70.^
liégime aristocratique, sou influence favorable à la femme, 100 et s.
Fieligion romaine, sa force coactive, 41-2 et s. -^
Romains comparés avec les Chinois, -232, 236.
Sénatus-consulte Claudien (Le), 348 et s.
Spectacles l'Éducation de la sympathie par les), 401; comparaison de nos spectacles avec ceux des Romains, 401.
— religieux et publics chez les Romains; 402.
TABLE ALPHABÉTIQUE
Spectacles sanglants,408 et?.; obscènes, 409 et s.; pantomimes, 411 et s.
Sympathie, causes contraires au développement de la sympathie i Rome, 39S et s.
Thibétaiiis, leur polyandrie, 18 et Triomphe (Le), ses effets psycholo-" giques, 336,
Urgulanilla, ses rapports avec Bolterj
Usus, 195; note, 214.
Vertu des anciens Romains, préjugé sans preuves, 169-172; explication du préjugé, 175, 185, 187, 236.
Vj