‹ La famille de BeéthanieChapitre 1 sur 19 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Le but de ces lignes n’est pas d'offrir au public une apologie pour oser attirer ses resards sur les pages d’un nouveau livre, ni pour lui dire, selon l’usage, qu’en les écrivant Je n'avais point l'intention de les publier. Ces précautions oratoires d’une douteuse modestie sont tout au moins inutiles à quiconque écrit, non pour briguer une part dans la vaine gloire du monde, mais en vue unique de la gloire de Dieu et du bonheur d'êtres immortels, auquel il est tenu de contribuer selon les moyens qui lui ont été départis. D'après ce principe, si quelqu'un a besoin d’apologie, c’est bien plutôt celui qui enfouit des vérités, des lumières, des avertissemens qui pourraient être utiles à l’église du Christ, quel que soit le degré de cette utilité. Publier quelques pensées sur le trait touchant et instructif de l’histoire évangélique que rapporte le disciple que Jésus ai-

mait, a été un désir de mon cœur, dès

mes premières années d'études, parce que ce trait est un de ceux qui m'ont toujours paru mettre le plus dans tout son jour l’amour in-# fini et la tendre compassion du Sauveur pour des êtres malheureux qu'il venait rappeler à leur destination primitive: de plus, on ne peut lire la portion de l'Évangile de Saint- Jean sur laquelle nous offrons quelques + méditations, sans être frappé des preuves évidentes qu'elle renferme , de l’éternelle divinité du Rédempteur du monde.

Mais je dois me hâter de dire ( car c’est là le but de ces lignes), que si quelques ames chrétiennes dans l'épreuve , auxquelles ce petit ouvrage est principalement destiné, y trouvent quelques encouragemens et quelques consolations, y puisent quelques sentimens de reconnaissance et d’amour pour le Sauveur, elles en seront surtout redevables, après Dieu, à un homme dont l’expérience chrétienne, les lumières, le dévouement à la cause de l'Evangile sont connus de l’église du Christ, je veux parler de M. Blumhardi, directeur de l’Institut des missions évangéliques de Bâle. L'ouvrage de cet homme excellent, sur le même sujet que

celui-ci (1), a été pour moi ; J'aime à le reconnaître, une source de où J'ai souvent puisé en préparant ces méditations * d’abord pour le troupeau auquel le Seigneur m'a appelé à annoncer son Evangile. J’ai tâché de m'y pénétrer de cet esprit d’onction , de vérité, d'amour que respirent toutes les pages du livre de M. Blumhardt. Souvent J'ai suivi ses plans; quelquefois même je me suis approprié ses sentimens et ses pensées. Êt pourquoi ne l’aurais-je pas fait ? Je n'ai aucune prétention à être original, et aurais-je pu faire mieux? d’ailleurs, cela a un peu diminué le regret que J'éprouvais depuis long-temps, que l'ouvrage même de M. Blumhardt n'eût pas été mis, par une traduction, à la portée des lecteurs francais qui recherchent l'édification.

Mais ce n’est pas seulement dans cet excellent ouvrage de M. Blumhardt que J'ai pu recevoir la douce et utile impression des sentimens éminemment chrétiens, de l’amour et du dévouement à son Sauveur,

(1) Lazarus der Kranke , Sterbende und Auferweckte 2'° Aufl. Basel, Felix Schneider, 1827.

qui distinguent ce fidèle serviteur de Dieu.

C’est surtout dans ses lecons de théologie, auxquelles j'ai eu le bonheur d'assister plusieurs années, que j ai pu admirer ses vastes et profondes connaissances et profiter de tant de vraies lumières qui ne le’ cèdent qu'à l’humilité qui les accompagne et en rend léclat si pur. Je sais qu'au gré de cette humilité sincère, c'est mal témoigner

M. Blumhardt la reconnaissance éternelle que je fui ai vouée, que de lui donner ces louanges, quelque méritées qu'elles soient. Aussi probablement eussé-je résisté à ce besoin de mon cœur, si je ne me fusse senti pressé de saisir l’occasion qui se présente de témoigner hautement, au nom de plusieurs chrétiens éclairés, tant du continent que du pays que ] habite, l’étonnement et la douleur que l’on a éprouvés, en voyant quelques hommes, d’ailleurs respectables, diriger, à diverses reprises, des attaques inconsidérées, et sans connaissance de cause, contre M. Blumhardt et contre l’œuvre qu'il dirige, attendu que ses persuasions dogmatiques ne sont pas, en tout point, conformes à celles de ses agresseurs. Bien que je ne

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