JÉSUS-CHRIST EST LA RÉSURRECTION ET LA VIE
« Marthe lui dit : « Je sais qu'il ressuscitera en la résurrection au dernier jour. » Jésus lui dit: « Je suis la résurrection et la vie : celui qui croit en moi, encore qu'il soit mort, vivra. Et quiconque vit et croit en moi, ne mourra jamais. Crois - tu cela ? » Et elle lui dit : « Oui, Seigneur , je crois que tu es le Christ, le fils de Dieu qui devait venir. »
C'est encore l'entretien touchant et instructif de Jésus et de Marthe qui va nous occuper. Nous avons vu la foi de cette sœur de Lazare s’élever par degré jusqu’à pouvoir dire, pleine de confiance et d'abandon . « Je sais que tout ce que tu demanderas à Dieu , Dieu te l’accordera. » Cependant sa confiance en la puissance et en la bonté de Jésus ne va pas, dans cet instant du moins, jusqu’à croire qu'il puisse ou qu'il veuille opérer en sa faveur le plus grand des miracles, et lui rendre
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s re A % * # . de. D s “re + 71 #. ND son frère Quand Jé ÉsUS à adresse celle promesse :
propre x'élever sa foi jusqu'aux plus hardies espérances : « Ton frère ressuscitera, » nous enten-
dons Marthe lui répondre: par un des articles de
foirde la religion juive : Je sais qu’il ressuscitera en la résurrec ction, au dernier jour. Tant il est vrai qu une grande confiance à la bonté du Seigneur,
et même une grande foi, nous laissent au-dessous
de ce que veut faire pour nous le Sauveur. Marthe
ne pense, quand Jésus lui promet la résurrection
de son frère, qu’au jour où, au son de la dernière
trompette, « le sépulcre rendra ses morts , etla
mer ceux qu'elle avaitengloutis!» Elle avait cette foi à la résurrection , avant que Jésus vint pour la consoler ; mais qu’une telle foi était impuissante pour élever son ame au-dessus de sa douleur, au-dessus du découragement et du doute! Une croyance orthodoxe n’est rien pour l’ame, au jour de lépreuve, si elle n’est pas rendue vivante par la pré- ‘sence de Jésus et son esprit de vie. Hélas ! combien de gens qui peuvent écrire sur le tombeau d’un être qu'ils ont aïmé : Ici il repose en attendant « la résurrection au dernier jour,» et qui pourtant pleurent « comme ceux qui n’ont point d'espérance ! » Pour que nos persuasions religieu- -ses ne restent pas sans influence sur notre cœur,
il faut que Jésus lui-même, avec son amour et
ses promesses, soit l’ame et la vie de ces persuasions. Il faut qu'il aït dit à notre ame, qui sans cesse cherche hors de lui ce qui n’est qu’en lui:
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146 4 Je suis la resurrecüion et la vie. Non-seulement c’est lui qui, au dérnier jour, appellera de sa voix puissante les morts hors de leurs tombeaux ;,mais il est le Prince de la vie; il possède en lui-même
la vie, et il la communique à qui il veut. Si donc
nous avons Jésus, nous possédons la vie; ne regardons ni à d’autres lieux, ni à d’autres temps. Il ne montre pas seulement le chemin ; 1l n’ensei-
gne pas seulement la vérité; il ne promet pas
seulement la vie: « Je suis, dit-il, le chemin, la vérité et la vie. » Il n’éclaire pas seulement ceux qui sont dans les ténebres : l'est « la lumière du monde. » Il ne justifie pas seulement les pécheurs qui viennent à lui; &/ est « l'Éternel, notre justice. » En sorte que si nous lui sommes unis par la foi, les graces de l'Évangile ne nous sont pas seulement promises; nous les possédons : Je suis larésurrection et la vie; celui qui croit en moi, quand bien méme il serait mort, vivra; et celui qui vit et croit en moi ne mourra jamais. Méditons un instant ces paroles; plaçons-nous comme Marthe en la présence de Jésus ; et puisse-t-il répandre dans nos ames cette vie qui fait son éternelle essence |
«Jesuis la résurrection et lavie.»Quelles paroles!
. qui peut les prononcer ? Ce ne pourrait être sans doute un homme mortel, qui marche , pour ainsi
parler, sans cesse sur le bord de la tombe. Ce ne pourrait être ce chétif vermisseau, que quelques
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jours voient naïître et mourir; cet être qui apporte, en naissant, le germe de la maladie qui le plongera.dans la poudre ; cet être, semblable à l'herbe éphémère qui fleurit le matin, et qui, le soir, tombe flétrie et est jetée au four. Non ! celui qui, sur le bord d’une tombe, se proclame la résurrection ; celui qui, dans le séjour de la mort, s’attribue le principe de la vie, celui-là n’est pas un homme mortel ; il est Dieu; et s’il en est autrement , chaque tombeau, chaque cercueil lui dirait en face queïses paroles ne sont que présompüon. Oui, quand j'entends de telles paroles sortir de la bouche du fils de Marie, du fils du charpentier, je me dis : Ou il est Dieu, ou il est le plus orgueilleux des mortels et le plus hardi des imposteurs ! Mais loin de nous ce blasphème ! Écoutons les témoignages que rend la Parole de vérité à : celui qui parle à la sœur de Lazare : Il est celui « par qui Dieu a fondé les siècles ; la splendeur de la gloire de Dieu, l’image empreinte de sa personne; » celui « qui soutient toutes choses par sa parole puissante ; » celui « à qui le Père a donné d’avoir la vie en lui-même, comme le Père a.la vie en lui-même; » cette Parole éternelle, « qui était au commencement avec Dieu, qui était Dieu; par laquelle toutes choses ont été créées ; » celui « que les anges adorent, » « DiEu sur toutes choses, béni éternellement. » Tels sont, entre mille autres , les témoignages de cette Parole du Dieu qui ne peut mentir ; telle est la vérité qui
sert de base à tout l'édifice de l'Évangile , Vérité souvent méconnue, souvent mal comprise, souvent rejetée, mais qui, à travers dix-huit siècles d’impuissante contradiction , arrive jusqu’à nous triomphante comme elle le fut sur le tombeau de Lazare , et vient faire la consolation et la joie de toutes les ames fidèles ; vérité que Jésus propose à Marthe comme la plus propre à élever son ame au-dessus de la douleur, au-dessus de la mort et du sépulcre, au-dessus de tous les ravages du péché : JE suis {a résurrection et ia vie.
Parole consolante en effet , pour celui qui aime le Seigneur ! Parole qui promet à l’homme déchu le recouvrement de ses premières prérogatives ! Parole qui lui fait entrevoir l'aurore d’un jour de bonheur pareil à celui qui éclairait son état d’innocence, avant que la désobéissance et le péché eussent fait parvenir à son oreille le nom sinistre de la mort, et mis sous ses yeux le spectacle déchirant de toutes les misères qui en sont le déplorable cortége! Ah! puisque Celui qui est venu réparer les désordres du péché est la résurrection et la vie, ne trouverons-nous pas en lui tout ce dont notre ame a besoin dans sa misère?
Oui, la vie, la jouissance de la vie , la continuation éternelle de la vie, tel est le premier, le plus pressant besoin de notre ame, celui qui y est gravé le plus profondément, celui qu'aucune
créature ne saurait satisfaire. Nous aimons tout ce qui respire la vie, tout ce qui la produit, tout ce qui l’entretient ; nous frémissons devant tout ce qui la gêne, l’affaiblit, l’éteint. De là cette douce émotion qui remplit tout notre être à la vue de ces premiers beaux jours du printemps qui sont, pour la nature en deuil, « la résurrection et la vie. » De là cette mélancolie qui s'empare de nous en voyant la vie de la création s’éteindre aux approches de l’hiver; de là la douce joie que nous inspire la vue de l'enfant, dont chaque mouvement respire la vie ; de [à l’impression de douleur que fait sur nous la vue du vieillard décrépit et infirme, chez qui sont taries les sources de la vie, et à qui il ne reste plus que la dernière agonie contre les coups de la mort. Mais ces impressions de peine ou de plaisir, produites en nous par les alternaticns de vie ou de mort dans le monde physique ne sont rien , comparées à celles que nous éprouvons quand il s’agit de notre ame immortelle, pour laquelle {a vie ou la mort, loin d’indiquer le commencement ou la fin d’une existence bornée , n’est que la condition d’un état de bonheur éternel , ou de misère éternelle.
Dans l’état d’innocence , l’homme Jjouissait de la plénitude de la vie. La vie était pour lui la félicité, parce qu’elle était une douce communion, un saint commerce avec son Dieu. Il puisait la vie dans le sein même de son Créateur ; il respirait la
vie avec l'air délicieux d’Éden. L'amour était l’é= lément de cette vie primitive; aucun autre senti- . ment n'avait encore trouvé place dans l’ame pure de l’homme ; aimer, pour lui, aimer, c'était vivre. Mais hélas! quand je jette les yeux autour de moï et en moi; quand je vois ce qu'on appelle maintenant la vie, quel abîme entre l’état primitif de l’homme et son état actuel! quelle chute profonde! Le péché , la révolte, la souillure, vinrent briser les doux liens qui unissaient la créature au Créateur, et réclamer l’exécution de cette loi de l’ordre éternel : « Au jour où tu désobéiras à ton Dieu, tu mourras de mort. » Et dès-lors, l’ame, séparée de Dieu , parce que rien de souillé ne peut voir sa présence , perdit le bonheur de vivre de la vie des cieux; dès-lors, la vie fut corrompue et flétrie dans son principe, comme une jeune plante dont la racine à été piquée d’un ver meurtrier; dèslors, ce qu’il y a chez l’homme de sensuel, de charnel , prit le dessus dans tout son être; dèslors, vivre, pour lui, n’est plus jouir de la vue de Dieu; vivre, dans le nouveau sens qu’il a attaché à ce mot, c’est végéter quelques jours en accomplissant sa volonté dépravée , en satisfaisant à ses désirs et à ses passions ; vivre, c’est épuiser Jusqu'a la lie la coupe toujours amère de ses plaisirs, de son égoïsme ; vivre, c’est jouir quelques instans des avantages de sa fortune , de ses honneurs , de sa science. Dès-lors, l’homme eut, se- Jon la trisie mais vraie description de saint Paul,
« son entendement obscurci de ténèbres, étant éloigné de la vie de Dieu, à cause de Pendurcissement de son cœur; » « il a le bruit de vivre, mais il est mort, » « mort dans ses fautes et dans ses péchés. » Dès-lors encore, le germe empoisonné du péché qui souilla son ame fut pour son corps la source de la douleur, des infirmités, des maladies, de la mort. Dès-lors, « il ny a pas d'heure quin’ouvre un tombeau et ne fasse couler des larmes. » Dès-lors , il n’y a pas de jour que quelque Marthe, quelque Marie n’aille pleurer sur le tombeau d’un frère, d’un époux, d’un père, ’un ami. « Par un seul homme, le péché est entré dans le monde, et par le péché, la mort; et la mort est parvenue sur tous les hommes , parce que tous ont péché. »
« Oh ! malheureux que nous sommes! qui nous délivrera de ce corps de mort? » Qui nous rendra cette vie de innocence que nous ne pouvons plus reconquérir par nous-mêmes ? Qui, Ô mon Dieu! qui nous rendra cette vie de l’ame, cette vie de on amour? Est-ce doncpour toujours, mon Dieu! que iu nous as rejetés pour prix de nos crimes ? Est-ce pour toujours que, captifs dans cette Babylone de misères, nous laisserons nos harpes nuettes suspendues aux saules du rivage? Neles reprendrons-nous jamais pour chanter Îles cantiques de Sion, pour célébrer ton amour, pour entonner l’hymne de la vie des cieux ”
O mes frères bien-aimés ! 6 mes compagnons d'infortune ! écoutez ! il y a un remède à vos maux !. Ecoutez Jésus parlant sur le bord d’une tombe : Je suis la résurrection et la vie! Et ne pensez pas qu'il voulüt borner le sens de ces paroles divines à celui-ci : « J'ai la puissance de faire rentrer, d’un seul mot, dans les membres glacés de ton frère , la chaleur et la vie; la puissance de le tirer de cette froide demeure et de le rendre à ton amour. » Ah! ce n’est pas vivre quelques instans de plus ou de moins sur cette terre de misères, que Jésus appelle /4 vie. Non; ce qu'il appelle ainsi, c’est surtout la vie véritable, la vie de lame, la vie des cieux et l’immortalité qu’il est venu mettre en évidence par l’Evangile ; la vie d’un nouvel amour pour Dieu; ia vie sur laquelle la mort n’a plus d’empire ; la vie qui commence dès ici dans uneame «née de nouveau, » et qui, traversant les temps et la tombe, commencera, au pied du trône de l'Eternel, les périodes sans mesure de l'éternité ; la vie que saint Jean appelle vie éternelle, renfermant dans ce seul mot tout un univers de félicité dont un être fini etpécheur peut à peine concevoir une faible idée. Voilà dans quel sens Jésus est la vie, pour ceux qui l’aiment. Il est leur vie; car il a détruit la cause de la mort, vaincu « celui qui avait l’empire de la mort, » renversé «le mur de séparation » qui nous éloignait à jamais de Dieu. Il a pris sur lui la sentence de mort prononcée en Eden et sur
Sinaï; et, après avoir attaché à sa croix sanglante cet arrêt qui aurait atteint toute ame d'homme pécheur , il publie la bonne nouvelle d’une délivrance toute gratuite ; il proclame le pardon et la vie : « Celui qui croit au Fils a la vie éternelle. » «En vérité, en vérité, je vous dis que celui qui entend ma parole, et croit à Celui qui m’a envoyé, a la vie éternelle ; il ne sera point exposé à la condamnation, mais il est passé de la mort à la vie. » «Et moi, je leur donne la vie éternelle, » dit-il en parlant deses brebis ; elles ne périront jamais. «Je suis le chemin, la vérité et /a vie.»
Mais , demandera-t-on sans doute, comment serons-nous faits participans de cette nouvelle vie? Par quel moyen Jésus la communique-t-il à nos ames , qui, selon le témoignage de sa Parole, sont « mortes dans leurs fautes et dans leurs péchés? » Jésus répond dans notre texte : « Celur qui croit en mot, quand même ilserait mort, vivra, et quiconque vit et croit en mot ne mourra Jamais. » Il nous le dit donc à deux reprises . il faut croire en lui; croire qu'il est notre Sauveur; croire avec « une pleine certitude de foi, » fondée sur son éternel amour et sur le témoignage assuré de sa Parole, qu'il nous a acquis la vie ; qu’il a payé notre rancon , qu'il nous a sauvés, qu’il veut nous recevoir malgré toutes nos misères ; croire qu'il nous a donné « le droit d’être faits enfans de Dieu, » c’est-à-dire le droit d’être remis en possession de
15/4 ious les priviléges dont le péché nous avait privés , et de nous présenter enfin à Dieu , son Père, avec les rachetés de toute nation , de toute langue, de toute tribu, lesquels il s’est acquis par son sang. |
Cette foi, que Jésus demande de nous dans toutes les pages de sa Parole , et qu’il requiert, dans notre texte, de tous ceux pour qui il doit être la resurrection et la vie, cette foi, bien loin de rester oisive et inefficace dans l’ame qu’elle anime , devient au contraire un principe puissant et énergique de vie nouvelle. Elle est la sève qui porte la vie dans tous les rameaux de l’arbre renouvelé, et qui y produit, à la joie de son possesseur, les feuilles, les fleurs et les fruits. Hommes du monde, moralistes , instituteurs, philosophes, économistes, cherchez ailleurs un principe de régénération mo-
ale pour les peuples et pour les individus. L'autilité de vos efforts vous ramènera à Celui qui, seul, est la résurrection et la vie, et au moyen seul efficace qu’il prescrit : la foi, la foi qui, seule, peut faire renaître notre ame à la vie des cieux, la dégager de ses entraves de souillure, briser les chaines de son honteux esclavage, lanimer de « l'Esprit d'adoption , » par lequel, prenant, avec un apôtre, l'essor de la liberté glorieuse des enfans de Dieu, elle répète avec joie : « Nous n'avons point reçu un esprit d’esclavage pour être encore dans la crainte; mais l’Esprit d'adoption, par le-
quel nous nous écrions : « Abba ! Père ! » la foi, qui seule nous montrant dans le Rédempteur un amour plus haut que les cieux, plus profond que les abimes, brise la dureté de notre cœur, en fond les glaces , en déracine l’égoïsme ; la foi , qui seule change le cœur, le remplit d’un amour tout nouveau, d’une énergie et d’un dévouement jusque - Jà inconnus, et qui porte l’ame à aimer par-dessus toutes choses Celui « qui nous a aimés le premier ;» la foi, qui seule produit dans une ame immortelle ce germe d’une vie nouvelle qui ne périra Jamais ; mais qui, victorieuse du temps et de la mort, arrivera brillante de force dans l’élément de l’éternel amour, pour s’y développer à l'infini, en Celui dont la présence est « un rassasiement de joie : » tel estle moyen que Jésus nous propose, et par lequel il veut être pour nous la résurrection et la vie.
Ayant ainsi pour eux la parole expresse de Jésus- Christ , et l'expérience de ses disciples de tous les siècles, comment ceux qui ont connu leur propre cœur, qui ont trouvé en un Sauveur une nouvelle vie de l’ame, seraient-ils un instant arrètés dans leur marche vers « les nouveaux cieux et la nouvelle terre où la justice habite, » par les pauvres objections de l’ignorance et de la propre justice contre ce grand et unique moyen de régénération, de sainteté, de salut? Qu’on dise à celui qui sent en lui le feu sacré d’un dévouement tout
nouveau, d’un amour qu’il n’a connu que depuis qu’il croit, que sa doctrine sur la foi affaiblit les motifs des bonnes œuvres ; et il répondra : Vous voulez donc dire que l'arbre restera stérile ou produira des fruits amers, parce qu'il a été enté! que la source produira des eaux fétides , parce qu’elle a été purifiée ! Le mot for signifie contance, et le mot confiance, chacun le sait, est la base de l'affection et de l'intimité. Oh! lequel sera le plus digne de Dieu ? le servir par l'affection d’un bon fils qui aime tendrement son père, ou par l’égoiste et abject motif du mercenaire, qui ne vise qu’à la récompense , ou encore par la servile crainte de l’esclave qui n’a en vue que l’exemption du châtiment ?
La foi, en unissant l'ame à son Dieu, fait franchir l’espace qui sépare le fini de Pinfini, les choses « qui ne sont que pour un temps, » de « celles qui sont éternelles. » Elle « rend présentes les choses qu’on espère; elle est une démonstration de celles qu’on ne voit point; » saisissant à l’avance « les choses que l’œil n'a point vues, que l’orcille n’a point entendues, qui ne montèrent jamais au cœur de l’homme , » elle jouit des cieux sur la terre ; et, étant encore dans le temps, elle vit dans l'éternité. Dès-lors, que lui importe les changemens que doit subir la nature mortelle? La mort est sa délivrance; la tombe, un passage à l’éternelle vie: « Celui qui
| 157 vit et croit en mot NE MOURRA JAMAIS. J'aime à le redire , c’est sur un tombeau que Jésus prononce cette parole! C’est à la sœur de Lazare qui, depuis quatre jours, est couché dans un sépulcre, que le Rédempteur présente cette consolation ! Non , ils ne sont pas morts ceux qui vous ont devancés dans une meilleure patrie! Non, ils ne mourront jamais ceux que vous aimez en Dieu sur la terre! Le principe de vie nouvelle que la foi a fait naître dans leur ame est aussi élevé pardessus tout ce qui est mortel, que les cieux sont élevés par-dessus la terre. Est-ce donc mourir que de déposer cette enveloppe grossière et charnelle, source de tant de douleurs, de tant de maux, de tant de péchés ? Est-ce mourir que d’être délivré du mal, de toutes nos misères , fruits du péché? Non! ce qui vit en nous par la grace de Dieu, par la foi, ze mourra jamais. Non, ce n’est pas mourir que de voir notre foi se changer en vue, notre espérance en réalité, et notre amour posséder en plénitude son objet ! Ce n’est pas mourir que de voir, par torrens de lumière, cette vérité que nous cherchions ici-bas au milieu de tant d'erreurs, d’ignorance, de ténèbres; ce n’est pas mourir que d’être rassasié de cette justice, de cette sainteté dont notre ame était icibas altérée au sein de la corruption ; ce n’est pas mourir que de posséder cette paix que nous cherchions ici-bas au milieu de tous nos mécomptes, de toutes nos amertumes, de toutes nos larmes ;
ce n’est pas mourir que de voir face à face ce Dieu Sauveur, qu'ici-bas nous aimions, quoique nous ne le vissions point encore, et après lequel notre ame avait souventsoupiré, comme l’épouse soupire après celui qu’aime son ame. Non, ce n’est pas mourir que de posséder l’éternelle vie ! Celur qui vit et croit en mot ne mourra jamais Î
Il y a long-temps que cette même foi produit la même vie et les mêmes espérances. David voit un enfant cher à son cœur atteint d’une maladie qui va l'enlever à son amour ; il se revêt d’un sac, se couche sur la cendre, en signe de profonde douleur ; refuse de manger et de boire; « et il arriva, » dit l’historien sacré, « que l’enfant mourut le septième jour. Les serviteurs de David craignaient de lui dire que l’enfant était mort; car, disaient-ils, voici, quand l'enfant vivait, nous lui avons parlé, et il n’a point voulu écouter notre voix; comment donc lui dirons - nous que lenfant est mort, pour qu’il s’afflige encore davantage? Mais dès que David l’apprit, il se leva de terre, oignit sa tête, entra dans la maison de l'Éternel , et adora. Ses serviteurs étonnés lui dirent: Quoi! tu as jeüné et pleuré pour l’amour de l’enfant quand il vivait, et maintenant que l’enfant est mort, tu Les levé et tu as pris de la nourriture l'Et David répondit: Quand l'enfant vivait, j'ai jeuné, j'ai pleuré; car je disais: Qui sait si l'Éternel n'aura point pitié de moi, et si l’enfant
15ÿ ne vivra point? Mais maintenant qu'il est mort, pourquoi jeünerais-je® Pourrais-Jje le faire revenir encore? J'irai vers lui, mais il ne reviendra pas vers moi. » Touchante résignation! glorieuse espérance! doux fruits de la foi! « Celui qui vit et croit en moi ze mourra jamais! »
O vous, sœurs de Lazare, de tous les temps, de tous les lieux, vous, qui versez des larmes sur les ravages que la mort a faits dans le domaine de vos affections, ou qui la craignez pour vousmêmes, venez à la source des eaux vives; venez puiser à la source des consolations véritables; venez étancher à longs traits cette soïf d’immortalité qui vous dévore, et vous fait gémir de l’effrayante instabilité de tout ce qui est humain et mortel; venez à Christ; venez entendre sa voix divine ; c’est de sa bouche que découlent la consolation, l'espérance, la vie. Quoi ! vous dit-il, comme à David, comme à Marthe, comme à Marie; quoi ! tu pleures sur la mort d’un être qui vétait cher! Mais cesse d’appeler la mort ce qui est la renaissance à une nouvelle vie; cesse de vaffliger du bonheur de celui qui ’a précédé ! « Je suis la résurrection et la vie ; celui qui croit en moi ne mourra jamais. » « Tous ceux qui sont dans les sépulcres entendront ma voix. » Ces yeux d’un être aimé que tu as vus se fermer à la lumière se rouvriront pleins de gloire , au jour de l’éternelle réunion ; ces lèvres, où toujours tu voyais
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le sourire de faffection , et que tu as vues se couvrir de la päaleur de la mort, se ranimeront pour entonner, avec toi, pures de toute souillure, le cantique nouveau de l’éternelle délivrance. Cette main, qui retomba glacée en serrant la tienne pour signe de dernier adieu, s’élèvera avec tes mains, et celles de toute la sacrificature royale, vers le trône de l'Eternel, pour Padorer à jamais. « Ils ne reviendront pas vers nous ; mais nous irons vers eux. » «Jésus est la résurrection et la vie ! où est donc, à mort ! ton aïguillon? Où est, à sépulcre! ta victoire? Graces à Dieu, qui nous a donné Îs victoire, par Jésus-Christ, notre Seigneur ! »
Crois-tu cela? demande Jésus à la sœur de Lazare , avec l’accent de la plus tendre charité , et pour s'assurer qu’elle avait en elle ce principe de vie éternelle. Si tu crois cela, semble-t-il lui dire, tu né tarderas pas à trouver, dans cette foi, un baume salutaire à ta profonde douleur ; tes pleurs vont se changer en actions de graces ; les ténèbres qui enveloppent ton ame vont se dissiper à cette vive lumière ; la douleur de la séparation, si désespérante pour l’incrédule ou pour celui qui n’a pas une foi vivifiante, cette douleur va s’adoucir par l'espérance assurée d’une éternelle réunion.
Je vous le demande aussi, de la part de Dieu, Ô êtres immortels qui m’écoutez ! croyez-vous cela ?
Jésus est-il pour vous la résurrecüon et la vie! Pouvez-vous vous appliquer avec Joie ces paroles de vie éternelle : Celui qui vit et croit en mot ne mourrajamais?En considérant de siprès cette tombe qui va s'ouvrir pour chacun de vous etoù va descendre bientôt tout ce qu’il y a en vous de mortel, pouvez-vous avec confiance porter vos regards audelà, vers cette éternité, objet des vœux et de l’espérance du racheté de Jésus?
Oh! puissiez-vous, puissions-nous tous répondre avec l'assurance de Marthe : Oui, Seigneur, je crois que tu es le Christ, le Fils de Dieu qui devait venir! — Venir du ciel, pour apporter à la terre la vérité et la vie. L'erreur vient de la terre ; le mensonge vient de l’enfer; mais toi, Seigneur, tu viens « du sein du Père» pour nous le révéler ; « ta parole est la vérité. » — Je n'ai jamais vu Dieu ; je n’ai jamais vu Jésus, comme Marthe. Je vois l’homme mourir et descendre au sépulcre ; jamais l’ame d’un bienheureux , ni l'esprit d’un réprouvé n’est venu me rendre témoignage de la vérité de la parole de mon Sauveur ! et néanmoins je crois; je crois que tu es le Christ, le Fils de Diewqui devait venir. — Je vois un monde incrédule tenir ma foi pour une folie, mon espérance pour une chimère qu’il ridiculise; et néanmoins, Ô mon Sauveur ! je crois que tu es le Christ, le Fils de Dieu qui devait venir.—Je vois un monde « plongé dans le mal,» qui se livre au péché et à
162 , * la souillure, comme si tu n’étais pas mort pourile péché; comme s’il n’y avait ni mort, ni Jugement, ni résurrection, ni vie ; mais quand le monde entier se serait élevé contre ta parole de vérité, contre la sainteté de ta loi, et qu’il aurait « tué tes. prophètes, démoli tes autels ,» — néanmoins ,je croirais, à mon Sauveur, que tu es le Christ, le Fils de Dieu qui devait Senir ; je crotrais que tues pour mon ame la résurrection et la vie!
O Rédempteur! puisque cette foi en ton salut est un don gratuit de ta main, daigne nous l’accorder à tous, tandis qu’il en est temps encore! Fais sentir vivement à tous ces êtres immortels la folie qu’il y a à chercher le bonheur dans ce qui va devenir la proie de la mort, au lieu d’aller à toi, qui es la résurrection et la vie ! Surtout, Seigneur, lorsque tu les frapperas par l’épreuve ; lorsque quelque douloureux événement, quelque mort inattendue, quelque déchirante séparation viendra porter le trouble dans leur cœur, oh! qu'a lors ils entendent ta voix d'amour sortir de dessous les ruines de l’édifice de bonheur mensonger qu'ils avaient élevé loin de toi, et leur crier avec puissance : Crois-lu cela ? crois-tu que je suis seul | la résurrection et la vie? crois-tu que, hors de moi, il n’y ait que peine , que doute , que ronge- " ment d’esprit, que mort éternelle ? O Jésus ! que tout dans la vie plisse et disparaisse devant le … bonheur de t'aimer! Que notre cœur te soit con— ;