‹ La famille de Jeanne d'Arc (volume 2)Chapitre 35 sur 46 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

GÉNÉALOGIES DONT IL NE NOUS EST PAS POSSIBLE DE FOURNIR DES PREUVES AUTHENTIQUES

GÉNÉALOGIE CC. — Branche incertaine qui se serait établie en Bretagne .

IV. — N. du Lys, écuyer, fils de Jean du Lys le jeune et d'Anne de Villebresme, ép. demoiselle Dyrodor de la Questerie, d’où :

V. — Jean du Lys, avocat et conseiller du Roi, ép. Isabeau de Séjourné, d’où : i° François- Jean du

1. 11 était fils du célèbre ingénieur lorrain qui fortifia Bar-le- Duc.

LA FAMILLE DE JEANNE d’aRC.

Lys, écuyer, capitaine des francs-archers du comte de Nantes, mort sans alliance ; 20 N . du Lys, ép. demoiselle de la Varenne ; j° N. du Lys, prieur de l’abbaye de Bugeay ; 40 N. du Lys, religieuse de l’abbaye du Val-de-Morières;

VI. — 50 Charles du Lys, attaché à Henry III, roi de Pologne, chargé de missions à Constantinople, épousa en 1583 Esther Grimaud, des Grimaldi, dame de Procé, d’où :

VIL — • Anne du Lys, ép.René de la Grée, seigneur du Chastelier, capitaine de chevau-légers. (Postérité inconnue.)

Nota. Cette généalogie, qui n’est accompagnée d’aucune preuve, est tirée des papiers de Charles du Lys, dans les archives de M. de Maleissye.

Au-dessous est écrit le quatrain suivant, revêtu de la signature de Bonnot, Procureur en Parlement :

Ton nom et ton surnom, richement enlacez Démonstrent la grandeur de la tige florée De ta noble maison : mais ce n’est sans raison,

Puisque du sacré lys tu portes le beau nom.

GÉNÉALOGIE DD. — Continuation de la descendance de Charles du Lys dans la famille du Tour .

Si l’on en croit le tableau généalogique de la famille du Tour, [conforme aux indications du Dictionnaire de la Noblesse de Lachesnaye des Bois (2e édit., Paris, 1778. T. II, p. 683 et vol. supp. A T.) ], le fils issu du mariage de Richard de Pichon avec Catherine du Lys, François de Pichon, ne se serait pas fait carme, ainsi que l’indique le tableau annexé à l’édition de Charles du Lys, donnée

GÉNÉALOGIE

par M. Vallet de Viriville, ou du moins n'aurait pas persévéré dans cette vocation. Il se serait marié et aurait eu postérité, de la manière qui suit1:

Gabriel du Tour, écuyer, fils d’Antoine du Tour, avocat à Bordeaux, et de Marie d’Athis, épousa par contrat du 2 août 1681, par-devant Me Lafeurine, notaire à Bordeaux, noble dame Catherine de Pichon du Lys, veuve de noble Pierre de Verteuil de Malleret, fille de noble François de Pichon du Lys, chevalier, et de noble dame Marie W Aydie de Guittinières, d’une desplus grandes familles de la Guyenne. Il eut pour fils :

Richard du Tour, né à Bordeaux le 10 juin 1684, capitaine au régiment Dauphin, puis commandant des châteaux du prince de Monaco, ép. le 9 juillet 1707 demoiselle Isabeau de Flaissac, d’où :

Deux fils: i° Pierre-Richard du Tour, lieutenant au régiment de Mauconseil, tué à Guastalla , sans alliance ; 20 Étienne-Marc- Antoine du Tour, né le 7 juin 1716, capitaine à Saint-Domingue, reconnu d’ancienne noblesse en 1778 et mis en possession du titre de comte, épousa le 18 juin 1743 demoiselle Renée de Sauvage, d’où sept enfants, dont six moururent en bas âge ou sans alliance, et Étienne-Marie- Antoine -Richard, comte du Tour, né le 24 juin 1744, commandant du Fort-Dauphin, chevalier de Saint-Louis, savant naturaliste, épousa par contrat du 11 décembre 1780 demoiselle Marie-Éléonore -

1. Nous regrettons de n’avoir pu voir les pièces originales qui nous auraient permis de rectifier formellement une erreur historique, en donnant pleine satisfaction aux prétentions de M. le comte du Tour. Nous publions néanmoins sa généalogie, sous cette réserve.

IJ4 LA FAMILLE DE JEANNE d’aRC.

Aimée de Sauvage, d’où trois fils qui suivirent la carrière des armes :

i° Édouard , tue' à Saragosse; 2° Théodore , mort à Moscou; y Hippolyte , comte du Tour, aide de camp du maréchal Ney, puis sous-intendant militaire, enfin receveur des finances à Meaux, chevalier de la Légion d’honneur, ép. demoiselle Thomas, d’où : Édouard , comte du Tour, consul de France à Païenne.

Les du Tour portent : de gueules à la fasce d’or accompagnés en chef de deux tours d’or et en pointe d’une hure de sanglier du même} écartelées avec les armes des du Lys.

GÉNÉALOGIE EE. — Généalogie extraite de /’Enqueste et Sentence du prévôt de Vitry, du 3 octobre 1532, sur la qualité de gentilhomme de Nicolas le Glayve, de Hermaurux.

(Archives de M. de Maleissye.)

(( Jean Morel de Mollins, bailliage de Chaumont, prévôté de Wailly, fut franche et libre personne, lequel en son temps fut conjoint par mariaige avec une nommée Isabel du pays de Lorraine, noble et gentille femme portant armoirie, estât et acoustumance de noble et gentille femme, tenue et réputée prochaine parente et lignagère de Jehanne la Pucelle de Domrémy, à l’ayde force et vertus de laquelle le Roy Charles septiesme mit hors les Anglais de son royaulme, de laquelle ladicte feue Isabel , femme dudict Morel, estoit comme dist est prochaine parente et telle estoit tenue, nomée et réputée audict Moillins et partous le pais de Partoy. Comme telle estoit souvent saluée par gros personnages, honorée et tenue

GÉNÉALOGIE

en révérence par tousceulx qui d’elle avoient cognoissance, jouyssant et usant des droits, privilèges, prérogatives et prééminence que les gentilzhommes et famines du pays ont accoustumé et usé. »

Jean Morel eut d ’Ysabel: Pierre Morel, dit le Glorieux , de Thiéblemont « noble personne au moyen de ses vertus de noblesse dont et des droits de laquelle il a tousjours jouy et toute sa postérité à servir les feux Roys Louys onzième, Charles huicte et René de Sicile » ; et encore de Jean Morel et d ’Ysabel sont descendus : Collette , Marguerite et Alison les Morel.

Ladite Collette épousa maître Michel de Buto.

Marguerite , ép. noble homme Jean Mosleva, de Lignancourt, d’où : Jean Mosleva, de Villers-aux-Bois, Pierre Mosleva, de Héricourt, et Estienne et Simonin Mosleva, de Moillins, lesquels tous jouissent et usent des droits et privilèges de noblesse.

Alison Morel, ép. Jean Poil-de-Cerf, de Thiéblemont, d'où : messire Poil-de-Cerf, prêtre, Andrieu , Simon , Ysabeau et Marguerite les Poil-de-Cerf. Laquelle Marguerite ép. en premières noces noble homme Jean Gourilot, d’où : noble demoiselle Claudine Gourilot, ép. noble homme Jean Parisien, et en secondes noces Nicolas le Glayve, libre et franche personne demeurant à Hermaurux, homme d’armes de la bande de M. le duc de Lorraine ; de leur mariage est issu et descendu le sieur Nicolas le Glayve.

Nota. L’arrêt du prévôt de Vitry donne pleine satisfaction aux prétentions de Nicolas Le Glayve. Là s’arrête la généalogie de ce dernier. — Mais rien dans la chronologie ne s’oppose à ce qu’il soit le père de Philbert le Glayve, lieutenant criminel au bailliage de Vitry, époux en secondes noces de Mengette Marguin, citée dans l’Enquête de 1585. (Voir ci-dessus, chap. IV, Gén. AA.)

176 LA FAMILLE DE JEANNE d’aRC.

DESCENDANTS DE LA FAMILLE DE LA PUCELLE cités par divers auteurs , sans qu'il soit possible de les rattacher à nos généalogies.

« Bar (Nicolas de), peintre célèbre, originaire de Barrois, connu à Rome, sous le nom de seigneur Nicolet. Excellait surtout à peindre les vierges: mort à la fin du xvne siècle.

« Il eut un fils né à Rome, peintre comme son père, prit le nom de du Lys et n’est connu que sous ce nom en Lorraine. Mourut à Nancy en 1731 ou 1732. » (D. Calmet, Notice de Lorraine, p. 77, et Durival, Description de la Lorraine, t. IV, p. 12.)

« Callot, famille lorraine, à laquelle appartient l’illustre Jacques Callot. Son aïeul Claude Callot avait épousé Claude de Fricourt, issue par sa mère de la famille de la Pucelle. Outre l’illustration du grand artiste lorrain, cette famille compte parmi ses descendants madame de Graffigny, l’auteur des Lettres péruviennes. »

(Voir Meaume, Vie de J. Callot, Généalogie, in fine, et Eloge de Callot, par le p. Husson. Cf. D. Pelletier, Nobil. de Lorr.)

Le Journal des Débats, dans son numéro du 17 septembre 1844, contient un article où est cité M. de Combe ou de Coulombe du Lys (Henry- François), chanoine de Champeaux et prieur de Coutras, comme membre de la famille de Jeanne d’Arc.

Cf. Considérations sur la famille de Jeanne d' Arc , par M. de Haldat, 1850, p. 306.

GÉNÉALOGIE

L’article des Débats visait sans doute la note suivante, relevée dans la Bibliothèque historique de la France , par Fevret de Fontette (II, p. 186) :

« La famille de cette célèbre héroïne vient de s’éteindre par la mort de messire Henry-François de Goulombe du Lys, chanoine de Champeaux et prieur de Coutras, arrivée le 29 juin 1760, qui en était le dernier mâle. La pension qu’il recevait de la Cour en cette qualité est également éteinte. »

« Annevv Lys, ép. Jacques Gaulthier, substitut en la Prévôté de Bruyères, par lettres du 27 juillet 1665, puis conseiller au Conseil souverain d’Alsace et procureur général dudit Conseil.

« Anne du Lys, veuve en 1707, eut de Jacques Gaulthier :

« 1 0 Charles Gaulthier ;

« 20 Jean-François Gaulthier, procureur général au Conseil souverain d’Alsace ;

« 30 Joseph Gaulthier, chanoine à Saint Pierre-le- Vieux de Strasbourg ;

« 40 Catherine Gaulthier, veuve en 1703 de Thomas de Bronne, colonel au service de France; et plusieurs autres. »

(D. Pelletier, Nobiliaire de Lorraine, p. 283.)

Nota. Jacques Gaultier, procureur général au Conseil souverain d’Alsace, et Anne du Lys, sa femme, sont nommés comme témoins dans l’acte de mariage de Mr3 François-Alexandre du 22 février 1710. — La date indiquée pour le veuvage d’Anne du Lys par D. Pelletier paraît donc erronée.

LA FAMILLE DE JEANNE d’aRC.

Extrait du Héraut d’armes, Revue illustrée de la Noblesse , par MM. V. Bouton et de Bizemont, t. I (1861-63), p. 89.

« Le Moniteur du 12 juin 1853 rapporte que « le « sieur Louis-Félix-Alexis Mercier, ne' à Ornans « (Doubs), le 8 avril 1811, est dans l'intention de se « pourvoir devant M. le garde des sceaux, à l’effet « d’obtenir l’autorisation d’ajouter à son nom celui <( de d’ARC. »

« Dernièrement encore un habitant de Cherbourg, M. Renaudeau, demanda aussi l’autorisation d’ajouter à son nom celui de d’Arc.

« La Commission charge'e de statuer sur cette demande Ta rejete'e par un sentiment que nous ne comprenons pas. M. Renaudeau prouva qu’il descendait de la famille de Jeanne par les femmes. Mais, lui répondit-on, si on vous accordait ce nom, il y a tant d’autres qui y ont droit, ce nom deviendrait trop commun !

« M. le garde des sceaux ne fut pas de cet avis. Il présenta à Sa Majesté un décret qui fait revivre en M. Renaudeau, le nom de d’Arc. Cela est juste et beau. »

( Il y a dans l’article le nom de Rousseau au lieu de Renaudeau . Cette erreur est rectifiée dans un article ultérieur).

Il a existé et il existe encore dans diverses provinces de la France plusieurs familles du Lys qui n’ont aucun rapport d’origine avec celle de l’héroïne.

C’est ainsi que Y Armorial officiel de 1666-1698 donne :

Julien du Lys, prêtre, curé de Guibray, de Falaise ;

GÉNÉALOGIE

de gueules à quatre fleurs de lys d’argent , posées en croix . (Reg. d’Alençon).

Philippe-Baudoin du Lys, avocat au parlement : d’azur à une fasce d’or, accompagné en chef d’un soleil et en pointe d’un cœur de même. (Reg. de Paris.)

Joseph du Lys, prêtre : d’azur à un lion d’or de la gueule duquel est mouvant un lys de trois fleurs d’argent. (Reg. de Provence.)

Étienne du Lys, de Longchamp, chanoine de Bourges : d’azur à une croix d’or cantonnée de quatre lys d’argent, grenés, tigés et feuillés d’or. (Reg. de Bourges, p. 167.)

Estienne du Lys, greffier de Levroux : d’azur à un lys d’argent, tigé , feuillé et grené d’or sur une terrasse de même et accosté de deux abeilles d’or affrontées. (Reg. de Bourges, p. 287.)

Sébastien du Lys, seigneur de Beaucé, et quatre autres de Lys ou du Lys, alliés aux familles de Lescoet, de Boisgelin, de Voyes et de Kermoret : de gueules à une fasce d’argent chargée de quatre mouchetures d’ hermines et surmontées de deux fleurs de lys d’argent. (Reg. de Bretagne, I, p. 200, 381, 392, .46).

Cette famille du Lys, de Bretagne, fut déclarée noble d’extraction par arrêt rendu en la Chambre de réformations le 13 janvier 1671 , comme ayant prouvé sa noblesse depuis Sylvestre de Lys, qui était marié en 1481 avec Marie Maduec.

Elle n’a donc rien de commun avec la branche incertaine des du Lys, de Bretagne, de la lignée de la Pucelle, qui serait sortie de l’échevin d’Arras, à la fin du xve siècle.

l8ü LA FAMILLE DE JEANNE d’aRC.

Nous trouvons dans un ouvrage d’un littérateur du xvme siècle, Rétif de la Bretonne, qu’on peut être surpris de voir citer dans un ouvrage du genre de celui-ci, une mention que nous ne croyons cependant pas devoir négliger, à titre de renseignement :

« Le privilège en faveur des fammes (sic) a subsisté « jusqu’au commencement du dernier siècle; Eudes- « Lemaire, qui en était issu par sa mère, fit encore « enregistrer en 1608 ses lettres d’ennoblissement, en « vertu de sa généalogie authentiquement prouvée : « six ans après, cette prérogative fut abolie par arrêt « du parlement et restreinte aux seuls descendants « en ligne masculine. »

La Prévention nationale, 20 partie, p. 182. — La Haye, 1784.

Extrait de la Layette ARC, Cabinet des Titres, Bibl. Nat.

Jacques d’Arc, paysan, demeurant au village de Domrémy sur Meuse, près Vaucouleurs, épousa Isabeau de Vautour. Le roi les anoblit avec leurs enfants et toute leur postérité, à cause des actions de leur fille, par lettrespatentes du mois de décembre 1429 et par lettres du mois de janvier dudit an (N. S. 1430), leur permit de changer leur nom d’Arc et de prendre celui du Lys.

Extrait d'un registre paroissial de Domrémy de Van i4qox.

Extraict dun vieil registre fort antien couvert de parchemin commançant au premier feillet escrit par ces mots : s’ensuyvent les preys, terres et obitz rentes, censes droictures deubz et appartenantz au curé et recteur de Greuz et Dompremy, escritz et spécifiez par moy Estienne Girard, curé desd. villes, prestre notaire juré de la cour

1. Cette date n’est pas celle de la fondation mais bien de la transcription sur le registre.

LA FAMILLE DE JEANNE d’aRC.

de Toul, desquels preys terres obitz rentes et censes, la teneur cy après s’en suyt escriptes l’an m.iiijc.iiijxx et x.

Au feillet onzièsme est escrit : Jacob d’ Arc et Ysabellot , sa femme, ont donné audict curé de Dompremy deux gros pour leurs obitz et anniversaires, pour dire et célébrer chascun an deux messes en l’Esglise dud. Dompremy, la sepmaine des fontaines et prendre, avoir et lever chascun an, sur une faulchée et demie de preys séant on ban dudict Dompremy, dessus le pont, entre les hoirs Janvrel, d’une part, et les hoirs Girardin, d’autre

Acquisition de la maison dite de la Pucelle , par Louise de Stainville en 1 586.

(Archives départementales à Nancy, Layette Ruppes II,

A tous ceulx qui ces présentes lettres verront et orront, M. Jehan Gillot lizensiez ès droietz, prévost de Gondrecourt, garde du scel de ladiccte prévosté, salut. Sçavoir faisons que par devant Jehan Bernard et Guillaume Gerrardin, notaire jurez et estably ad ce faire audict Gondrecourt et ressort d’illec de par Son Altesse, en présence et par devant lesdicts notaires, sont comparus en leurs personnes honorables hommes Thomassin Fremynet, jadict recepveur de Ruppes, et demoiselle Jacquelline de Lespinne, sa femme, demeurant audict Ruppes, ladicte Jacquelline licensez et octorisée dudict Fremynet, son mary, pour passer et contracter ledict présent vendage cy après déclairez, laquelle license elle a receu et prins pour aggréable, lesquieuls ont vollontiers recongnus, de leurs plain grez, pure, franche et libéralle voullonté, sans force ny séduction aulcunes, avoir vendu, ceddé, quicté, remis ettranspourté pour tousjours, et par ces présentes vendent, ceddent, quictent, remectent et transportent et promectent conduire et guarantir de tous troubles et empêchement

PREUVES GÉNÉALOGIQUES

quelconques à haulte et puissante dame Madame Louyse de Stainville, comtesse de Salin, dame dudict Stainville, douairire de Ruppes, présente, stippulante, acquérante et acceptante, pour elle, ses hoirs, successeurs et ayans cause, sçavoir : une maison bastie en chambre bas et haulte, deux greniers dessus lesdites chambres, deux petites corselles devant icelles maison avec unq petit voilier, ensemble les usuaires d’icelle de tous costés , et comme le tout se contient, sans en rien retenir. Et icelle maison dict et appelle vulgairement la maison de la Pucelle, assize au village de Dompremy sur Meuze, proche l’église dudict lieu, la cemetire, d’une part, et Nicolas Noblesse, mayeur dudict lieu, et Didière, vefve de feu Demenge Musnier, d’aultre part; icelle maison venue de feu messire Thomassin Guérin, vivant maire de Gerbauvaulx et recepveur dudict Ruppes, oncle dudict Fremynet, et à luy escheu par le decez d’icelluy; au reste, franche et quicte de touttes servitudes, obligations, ypotecques quelconques. Et est faict icelluy vendage pour le pris et somme de cinq cens frans, monnoie barrois, que iceulx vendeurs ont congnus avoir euz reçus manuellement contant de madicte dame avant la passation des présentes, dont ilz s’en sont tenus pour contant et bien payez, de grez à grez, d’icelle, et ont quictez et quictent madicte dame, sans ce qu’elle luy soit besoing avoir aultre quictance, fors ces présentes. Fromectans lesdicts vendeurs, par leurs foydz et serment de leurs corps, pour ce donnez corporellement ès mains desdicts jurez, ce présent vendage tenir, entretenir, garder, conduyre, garantir et deffendre à madicte dame acquêtresse, ses hoirs, successeurs et ayans cause, contre et envers tous, jusques à droict, sur peines de tous despens, dommage et interrestz. Obligent lesdicts vendeurs, à cest effect, ès mains de madicte dame, tous et ung chacuns leurs aultres biens, meubles et héritages, ceulx de leurs hoirs, présent et advenir par tous où ilz soient, s’en submectant ès juridictions, forces et contraincte de Sadicte Altesse et de tous aultres, tant spi-

184 la F A M I L L E D E J E A N NE d’aRC.

rituelz que temporels, comme pour choses congnue et adjugée en droictz; renonceant à tout ce entièrement que, en ce faict, les pouroit ayder au contrere des présentes et au droict disant général renonciation non valloir, sy la spécialité ne précède. En tesmoing de vérité, nous garde susdict, à la rellation desdictz jurez de leurs seingz mannuelz mis à ces présentes, avons icelles scellées du scel de ladicte prévosté et de nostre propre contre-scel, saulf tous droict. Faict et passez audict Ruppes, avant midy, le quinzeiesme jour du mois de febvrier mil cinq cens quatres vingt et six. Et a ledict Fremynet, vendeur déclarez ne pouvoir signer pour estre présentement détenu et persécuté des goûtes ès doigtz des mains.

Gerardin. Bernard.

Extrait du Nobiliaire de Lorraine de Boni Pelletier.

Page 4 9 } , art. Lis.

Lis [Jacques du). Gomme cet annoblissement est rapporté par la plus grande partie des historiens des trois derniers siècles, avec les circonstances qui y donnèrent lieu, nous nous contenterons de dire ici que :

Jacques du Lis, originaire de Domremy-sur-Meuse, et qui se nommoit auparavant Jacques d’Arc ou d’Ay, nom qu’il plut au roi de changer en celui du Lis, fut annobli conjointement avec Isabelle Romée, sa femme, et Jacquemine Jean , Pierre et Jeanne d’Arc ou du Lis, dite la Pucelle d'Orléans , leurs enfants, par lettres patentes de Charles VII, roi de France, données au mois de décembre 1429. Porte d’aqur, à l’épée d’argent mise en pal et la pointe levée , ayant la croisée et la pomme d’or , soutenant une couronne , et accompagnée de deux fleurs de lis de même.

Jean Day ou d’Arc, bailli du Vermandois et capitaine

PREUVES GÉNÉALOGIQUES

de Chartres, avoit en 1454, 120 livres de pension ainsi qu’il se voit par les registres de la Chambre des comptes.

Pierre du Lis, son frère, en avait autant à la même année. M. le duc d’Orléans lui donna l’Ile-aux-Bœufs contenant 200 arpents, dans la rivière de Loire, pour en jouir lui et Jean du Lis, son fils, leur vie durant. Ladite donation, faite le 26 juillet 144}, employée dans un compte de 1444 et dans un autre de 1456.

Au sujet de Catherine du Lys, cf. aux Preuves du chapitre III, la déposition de Mangeon Rendelz dans l’enquête du 16 août 1 502.

Fortune de la famille d' Arc.

L’abbé Mandre, curé de Damvillers (Meuse), docteur in utroque jure y né en 1742, mort vers 1820, conservait précieusement des pièces et des traditions de famille qu’il a communiquées à son neveu M. Villiaumé, et que celui-ci a transmises à son fils, le savant historien de Jeanne d’Arc et de la Révolution. Voici ce qui était relatif à la fortune de la famille d’Arc. Nous tenons cette note de la bienveillance de M. Villiaumé.

« Les biens que possédaient Jacques d’Arc et Isabelle Romée représentaient environ vingt hectares, dont douze en terres, quatre en prés et quatre en bois, dont le bois Chenu; ils avaient de plus leur maison, leur mobilier et une réserve de deux à trois cents francs qu’ils entretenaient avec soin en prévision d’une fuite en cas d’invasion, telle que celle qu’ils furent obligés de faire à Neufchâteau. (Le franc valait environ 15 francs de notre monnaie.) Tout cela, disait l’abbé Mandre, constituait une valeur totale de 50,000 fr. environ (c’était en 1812 : cela en ferait bien aujourd’hui 80,000). En faisant valoir euxmêmes ce bien, leur revenu, tant en nature qu’en argent, pouvait atteindre le chiffre de 4 à 5,000 fr., valeur de nos

LA FAMILLE DE JEANNE d’aRC.

jours. Voilà ce qui explique la possibilité qu’ils avaient de faire la charité et de donner l’hospitalité aux moines mendiants et aux voyageurs qui passaient souvent dans ce pays. »

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