PETITS-NEVEUX DE JEANNE D’ARC
a leur .cousin Charles DU LYS
Tirées des archives du Marquis de Maleissye.
Armes données à Jeanne d’Arc par Charles VII. D’après le ms. de la Biblioth. nat., fonds fr., n° 5524, registre daté de 1559,
Lettre de Jean Hordal à Charles du Lys , du i g juillet 160g.
Monsieur,
gg e me réputerois trop mesconnoissant et peu mémoratif de la bonne affection dont il vous plaist m’honorer, si, ayant receu vos lettres avec plusieurs mémoires singuliers concernant l’histoire de la vertueuse Pucelle d’Orléans, notre bonne parente, je retardois à correspondre à vostre amytié, vous priant de croire que les ay receu de bon cœur et m’ont esté d’autant plus aggréables que par iceulx ay cogneu qu’aviez receu quelque contentement de ce que vous avois escry. Quant au nom de l’imprimeur d’Orléans que désirés sçavoir touchant le livre contenant justification de la dicte Pucelle , c’est Eloy Gibier , imprimeur juré de l’université d’Orléans, et le titre du
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livre est: Joannœ Darciœ obsidionis Aurelianœ liber atricis res gestœ, imago et judicium, i583. Il y a un autre livre plus ample, imprimé au dict Orléans chez Olyvier Boynard et Jean Nion , libraires, demeurant au Cloistre de Sainte-Croix, 1606 , le titre duquel est : V Histoire et discours au vray du siège , qui fut mis devant la ville d’Orléans par les Anglois, etc., et à la fin se trouvent le jugement et la justification de la dicte Pucelle. J’ay tous les livres et autheurs suscités avec plusieurs autres, exceptée l’histoire en françois de Monsieur Trippault, consr d’Orléans, imprimée l’an 1576, que tascheray d’avoir avec le temps, et si Dieu me fait la grâce de vivre encore quelques années et ayant plus de loysir que n’ay à présent, je pourray faire paroistre de la curieuse recherche quay faicte touchant la vérité de V histoire de la vertueuse Pucelle.
Quant au doute que faictes de la fille de Pierre nommée Hauvy qui espousa Estienne Hordal (que Dieu absolve), duquel suis descendu, c’est chose du tout vérifiée par le tesmoignage de ceux qui l’ont veue, il y a proche de 80 ans, aynsi qu’ils l’ont déposé après avoir presté le serment en tel cas requis. Et quand il n’y auroit que le tesmoignage de Monsieur le grand doyen de Toul, encor vivant, qui est irréfragable et omni exceptione ma jus, je ne pourrois estre induict à
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croire le contraire, iceluy disant et assurant se souvenir très-bien de la dicte Hauvy, son ayeulle, pour avoir esté porté par elle entre ses bras souventefois, et avoir receu d’elle plusieurs pièces d’argent, et qu’elle estoit fille de Pierre, troisième frère de la dicte Pucelle, et par conséquent sa niepce, ce que feu Monsieur le grand doyen et mon ayeul, son frère, et fils de la dicte Hauvy, onttousjours maintenu avec plusieurs autres. Et ne sert de dire que la dicte Pucelle ayant eu une sœur que la dicte Hauvy la pourroit avoir esté, car il s’ensuyvroit que ceux qui ont assuré et déposé avoir veu la dicte Hauvy se seroient trompés et' abusés, et auroient soustenu chose fauce, ce qui ne peut estre (soub corrections). Et faire se pouroit que la déposition du comte de Dunois se devroit entendre de la femme de quelques-uns des frères de la dicte Pucelle, laquelle, parlant d’une sœur, entendoit parler d’une belle-sœur et femme d’un de ses frères. Car il ne se lit ailleurs la dicte Pucelle avoir eu une sœur germaine.
Quant à l’arbre de généalogie qu’avois dressé, je le trouve fort pertinent et me persuade du tout, le dict Pierre , après avoir eu Hauvy de sa première femme espousee en Lorraine , elle estant morte, avoir eu en France convolé en secondes nopces , et avoir par grâce et concession du Roy pris le surnom du Lis, considéré qu’il portoit le
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lis en ses armes, et que de ce second mariage Messieurs du Lis sont descendus : et de cest advis sont plusieurs qui ont cognoissance de la dicte histoire. Quant à Jean, prévost de Vaucouleurs , je suis à présent du mesme advis que vous , suyvant les authorités contenues en vos mémoires et par autrefois ay esté de mesme, et ce néantmoins quelque personnage d’authorité et digne de foy m’en avoit faict croire le contraire. Ainsy il n’y aura eu que Jacquemin et Pierre qui aient faict leur résidence en France.
Au surplus, quelqu’un de mes amys m’a envoyé depuis peu un livre intitulé: Puellœ Aureliensis causa adversariis orationibus disceptata, authore Jacobo Jolio : Parisiis , apud Julianum Bertaut , in monte divi Hilarii prope collegium de la Mercy, 160g. Lequel livre m’a merveilleusement despieu, attendu les impostures, faucetés et calomnies que l’on objecte à nostre bonne et saincte parente, et déclamations faictes au collège de Navarre contenues au dict livre, joincte la sentence qui est en ces mots: Video placere senatui ut publiée in hac civitate ultimo supplicio puniatur et viva flammis ultricibus absumatur . Je m’estonne grandement qu’en France et en une ville si célèbre et fameuse et remplie de doctes personnages et bons François, qu’on tolère que publiquement déclamations se fassent
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contre l’honneur de la France, du Roy Charles 7 et de son conseil, et contre la réputation d’une saincte fille envoyée de Dieu pour délivrer la France de la tyrannie des Anglois, comme tesmoignent infinis autheurs, et entre autres Guydo- Pap, in decisionibus senatûs gratianopolitani , in dec. 84. C’est en cela un grand déshonneur des François approuver et ratifier (au lieu de détester et execrer) l’injustice des Anglois qui en ont esté punis divinement (pront exitus acta probavitj , pour avoir esté chassés et exterminés de la France avec leur confusion et grand préjudice de leurs biens et perte de leurs fauteurs, adhérents et satellites. C’est aussy en cela soustenir les anciens ennemis de la France perfides et desloyaux, comme il appert par ces deux versets que Philippe de Valois composa en taxant Edouard, Roy d’Angleterre, qui, contre sa foy et promesse, avoit assailly et invadé le Royaume de France.
Anglicus angélus est cui nunquam credere fas est ;
Dum tibi dicit ave, sicut ab hoste cave .
Qnod si Anglici vocantur angeli , il faut dire que c’est par antiphrase, qnod minime sunt angeli , quod si sint angeli , oportet intelligere esse infernales et diabolicos et eos minime amabiles Deo. Comme il est dict au canon : Si gens Anglorum , 56 dist. Lequel canon faict grandement contre les
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Anglois, les taxant de plusieurs abominations.
Communément aussy la trahyson leur est objectée, tesmoing le poète Bellay, et comme ordinairement Ton dict en France :
Recipe, si vous le trouvés,
Deux Bourguignons de conscience,
Deux Périgordins de science (N. B.) Et, sans trahisons , deux Anglois, etc.
Voylà pourquoy il ne s’y faut pas fier, veu mesmement qu’ils ont une queue sur le derière (sauf vostre honneur), comme Ton tient assurément, et quidem credere animali bisforato est committere se diabolo , comme disoit un ancien, ita et homini bis caudato. Et si en bonne compagnie j’ay ouy objecter aux Anglois que Judas, le prototipe des traistres, estoit Anglois, et que les Anglois représentoient les traistres et desloyaux et injustes, comme ils monstrèrent en la sentence de nostre divine Pucelle, laquelle ils condamnèrent au feu contre toute équité divine et humaine, et contre le droit des gens, sans vouloir déférer à l’appel interjecté par ladicte Pucelle à Sa Saincteté. En quoy ils se sont montrés pires que les payens : Juxta illud ad Cœsarem appellasti ad Cœsarem ibis : actor. cap. 25. Et quant à la sentence de mort si cruelle, et contre une prisonnière de guerre, la plus excellente amazone, la
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plus illustre fille qui ayt esté et qui sera jamais sans évident miracle, les payens aussy se sont monstrés autant pitoyables et gratieux que les Anglois détestables et inhumains, veu que les payens pardonnoient aux femmes dignes de peine, teste Tiraquello in tractatû de Pœnis , causa g ; quo pertinet illud Virg'ilii, 2 Æneidos.
nullum memorabile nomen
Fœminea in pœna est, nec habet Victoria laudem.
Et que les Anglois avec toute injustice et cruauté ont fait mourir une vierge innocente, la vie de la quelle a esté miraculeuse, et tous ses faicts miraculeux, et qui a esté choisie de Dieu pour le restablissement et confirmation du Royaume de France, de la quelle on chante ces beaux versés prins d’un poëte nommé Humbertus Moremontana, qui a descry la vie de la glorieuse Pucelle d’Orléans en 7 beaux livres intitulés Bellorum Britannicorum , et au livre 6 lui donne ces titres :
Virgo pudicicice specimen gratissima mundo,
Grata polo , quam blanda Venus mollisque Cupido Flectere non potuit.
Nous rapporte F. Crespet, célestin de Paris, au livre intitulé le Jardin de play sir et récréation spirituelle , parlant de la virginité, fol. 498 :
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« Pour mon resgard j’ay ceste foy et confiance qu’elle s’eslevera au jour du jugement contre ses juges mesmes et leurs partisants et contre les mesdisants et calumniateurs de sa vie qui, à vray dire, a esté irrépréhensible selon la plus saine opinion de tous ceux qui en ont escry, pour les faire punir esternellement de leurs injustices, calumnies, faucetés et tyrannie. Comme aussy je m’assure qu’elle assistera en la vie et en la mort ceux qui l’honorent et qui désirent estre assurés de ses intercessions. »
En après, l’autheur des dictes déclamations et les acteurs mesmes répugnent diamétralement au St-Siége apostolique, contredisant à la sentence des delegués d’icelle par laquelle est dict : que le tout meurement considéré et comme il appartenoit que la sentence de condamnation donnée contre la dicte Pucelle est desclarée abusive et tortionnaire par sages et droicturiers juges, 1456, le 7 de juillet, et que la présente sentence sera notifiée aux villes et lieux plus notables du royaume de France; en quoy les dicts autheurs et acteurs sont répréhensibles, ne se monstrant fils obéissants du Saint-Siège, comme ils disoient, ny recognoissants des biens et services que la dicte Pucelle a faits à la France, sans le ministère de laquelle ils seroient à présent peutestre Anglois, non François. Et bien que le dit
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autheur promette une apologie , si ne devoit-il mettre en lumière les fauces ray sons et injuste condamnation des Anglois qu’il n apportât V entière justification de la dicte Pucelle. Vous excuserés, s’il vous plaist, l’honneste liberté dont j’use en vous escrivant de la dicte histoire, pour le soustenement de la vérité et pour l’intérest que nous y avons, y estant porté d’affection et poussé de zèle, comme il appartient à un bon et entier parent
Si à l’advenir je peux descouvrir autre chose, ne faudray à vous en advertir, attendant que quelque bonne commodité se présente pour vous aller visiter, pour de bouche vous faire offre des services que par lettres vous voue, m’estimant heureux et grandement honoré de votre cognoissance, amytié et alliance, à rayson des quelles vous chériray et honoreray à jamais et tous ceux qui vous appartiendront. Que si estiez d’avis que Monsr vostre fils vienne estudier en droict en nostre université , où sans doute il y pourroit plus profiter qu’en plusieurs autres, moyennant qu’il suyve les bons conseils qu’on luy despartiroit, je m’asseure qu’en auriés contentement, et à ceste occasion vous fais offre de tous les bons offices que pourriés souhaiter de moy, et d’aussy bon cœur qu’après vous avoir baizé les mains bien humblement et à mademoizelle vostre
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femme, et à ceux qui vous appartiennent, je prierai Dieu,
Monsieur, vous octroyer ce que sçavés trop mieux desirer.
Vostre très humble et très assuré serviteur et parent,
Hordal.
De notre maison de Pont-à-Mousson, ce 19 de juillet
P. S. Monsieur, je vous envoyé etàMonsrvostre fils, qui a parachevé ses estudes en philie comme j’ay entendu, deux copies des thèses que mon fils aisné a dédiées à Monsr nostre Evesque, son parrain, et qu’il soustint publiquement avant-hier à son honneur et au contentement de ceux qui l’ont ouy, en une très belle assemblée, dont je loue Dieu. Je desire d’en faire un jurisconsulte, mais il a plus d'inclination à la théologie ou à la médecine. Je tascheray, Dieu aydant, de le rendre capable, et trois frères qu’il a, de vous faire service et à tous les vostres.
Autre lettre , du même au même , dw 25 mars 1610.
Monsieur,
’ extrémité de plusieurs afflictions, ^ angoisses, infortunes et pertes qui m’ont couru sus depuis la fin de juillet dernier, m’a réduict en tels termes que j’ay esté contrainct de donner treusve à plusieurs de mes affaires, et entre autres j’ay différé de rendre response aux vostres et à celles de Monsieur de Roully, bien que j’en aye eu très bonne souvenance et volonté d’y satisfaire. Mais pour plusieurs empeschements qui me sont survenus en ay esté, à mon grand regret , destourné ; de quoy vous supplie tous deux m’excuser en attribuant la cause du retardement de ma réponse à vos lettres aux fascheries, desplaysirs et indispositions desquelles ay esté visité de Dieu et me suis envieilly de dix ans, et me sens à présent plus mal à mon ayse pour la santé corporelle que n’ay jamais faict. Et pour vous en escrire clairement, seurement et en parent et amy, j’ay esté
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en 14 jours privé de trois enfants , que j’aymois autant et plus que moy mesme et desquels avois autant d’espérance pour leurs bonnes qualitez qu’eusse sceu desirer. Le 28 de juillet ma petite fille, qui estoit les délices de ma mayson, estant morte ayant esté malade i5 jours, mon fils ayné, aagé de 20 ans, non-seulement versé aux lettres, ayns prest à tout faire, le 2 d’aoust, estant party de ma mayson contre mon gré et sans mon consentement pour se faire jésuiste et entrer au noviciat de Nancy, un jour après m’avoir desclaré sa volonté, laquelle n’estimois estre telle, et de faict n’y avoit aucune apparence, pour plusieurs considérations qu’aymerois mieux vous desduire de bouche que par escrit. Et mon second fils, aagé de 18 ans, martial, courageux et qui promettoit beaucoup, après avoir l’espace de 19 jours résisté virilement acutissimo morbo , estoit allé de vie à trespas le 20 d’aoust, à mon grand regret et non sans infinis gémissements et pleurs de leur bonne mère, grand’mère et autres, leurs parents et amys.
Depuis, je tombajr malade , ma femme aussjr , et n avons esté sans appréhension de la mort.
Enfin Dieu, par sa bénigne grâce, nous regarda de ses yeux de miséricorde en nous renvoyant la santé. Ce néantmoins ne pus me contenir en mon logis, et pour changer d’air et me recréer, m’en
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allay visiter Messieurs nos parents et amys de Toul, et delà à Barisey-au-plein, où feu Estienne Hordal, mon bisayeul, et la bonne Hauvy, sa femme (que Dieu absolve), ont faict leur résidence et sont morts, et de là à Domrémy, lieu de la nativité, baptesme et nourriture de la céleste Pucelle d’Orléans, nostre bonne parente, et puis à Rup, Neufchateau, la Motte et autres lieux où la dicte Pucelle avoit hanté et fréquenté et où trouvay plusieurs de ma cognoissance et de mes bons amys et d’où sortis avec une consolation intérieure et contentement extérieur pour le bon recueil qu’y avois receu. Et en retournant en ma maison, rencontray ma femme qui retournoit de Nancy, où elle estoit allée pour voir son jésuiste et sçavoir comme il se portoit et quelle résolution il avoit pris. Et me dict l’avoir trouvé hâve et defaict et fort maigre, et qu’il continuoit en sa délibération, et ainsy qu’elle n’avoit rien pour ce regard advancé, me protestant au reste que se voyant privée de ma compagnie et de celle de ses enfants, elle avoit esté saysie de telle tristesse qu’elle ne s’estoit peu tenir en ma mayson ; de quoy fus fort ayse, principalement la trouvant avec nos petits enfants en bonne santé, par la grâce de Dieu. Où depuis, ay eu tant d’affaires, d’empeschements et de procès pour mon particulier en plusieurs lieux circonvoisins et de diverses
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juridictions, que iVay esté sans beaucoup d’exercices, outre plusieurs commissions qu’ay receu de Son Altesse, tant à la ville qu’aux champs. Et nouvellement, depuis un mois, Sadite Altesse m’a deslégué avec sept autres Conseillers d’Estat des siens, pour une révision de procès de très grande importance jugé par Messieurs de la Cour souveraine de Saint-Mihiel: et commandement nous est faict, incontinent après Pasques, à sçavoir le 29 d’apvril, d’arguer conjointement à la dicte révision. Et sy depuis un mois ay esté distrait de mes estudes et autres affaires pour voir toutes les pièces du dict procès, exceptées les secrètes, qui sont en la dicte cour. Et d’ailleurs ay receu lettres depuis deux mois de Monsr de la Saussaye, doyen de Ste- Croix d’Orléans, que j’ai cogneu pour un vénérable personnage et qui m’a traicté en sa mayson d’Orléans fort honorablement, et aussy luy suis-je obligé; par les quelles lettres il me prie bien fort ipsi indicare testima exterorum authorum de Aurelianensi Puella scribentium , ut totum ex beneficio meo habeat. Je vous envoyé copie des dictes lettres, de mot en mot avec ma réponse, laquelle vous ayant leu, Monsr Hordal, mon cousin, la fera tenir au dict sieur de la Saussaye, en laquelle réponse vous verrez plusieurs bons autheurs allégués.
Sy néantmoins, j’en ay encore réservé quelques
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uns cogneus de peu de gents, pour s’en servir en temps et lieux, et sur ce , il vous plaira m’escrire ce qu’il vous en semble. Je m’assure que remarquerés ce que luy escris sur la fin de ma dicte response : Quibus omnibus prœmissis ut ratione eorum excusatione dignus videor ob moram in respondendo a me extracta. Je respondray briefvement au contenu de vos dernières, au commencement desquelles est inséré le tesmoignage du respect qu’on rend à la mémoire de la dicte Pucelle et à ceux qui sont descendus de sa parenté et ligne féminine. Et c’est la response à ce que je vous ay escry en la fin de mes premières. Sur le milieu aussy desquelles faictes mention de Monsieur de Tournebus et de Monsieur Feron , qui sont contenus en l’arbre de généalogie qu’il vous a pieu m’envoyer, dont vous remercie bien humblement et dont pourrons, Dieu aydant, quelque jour discourir.
Touchant le doubte que faictes de la dicte Hauvy , ma bisayeulle, je vous supplie de croire qu’il est très bien vérifié , qu’elle est fille de Pierre Darc, troisiesme frère de la dicte Pucelle, et non de Jean Darc, prévost de Vaucouleurs, et de ce vous en jure en homme d’honneur. Et si, pour preuve de ce, Monsieur le grand doyen de Toul, mon cousin, avelet de la dicte Hauvy, m’a dict et asseuré qu’il mettroit, si besoing estoit, sa teste
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sur un bloc pour estre coupée, desquels termes il a usé, et pour sa grande preudhomie et fidelité, fais autant d’estat d’un tel tesmoing, qui est omni exceptione major , que si plusieurs autres en déposaient. Et sy le dict sieur Doyen et autres m’ont assuré le dict Pierre avoir esté marié en Lorraine, c’est à sçavoir en nn village proche de T oui , appelé Buré ; de sorte qu’il faut inférer nécessairement que, puisqu’il appert qu’il a été résident en France avec femme et enfants, ou qu’il a mesné en France la femme qu’il avoit prise en Lorraine, dont est sortie la dicte Hauvy qui demeura en Lorraine et fut mariée au dict feu Estienne Hordal, et que messieurs vos defuncts prédécesseurs en sont descendus, ou bien que la mère de la dicte Hauvy estant morte, le dict Pierre auroit convolé, en France, à de secondes noces, dont fiiessieurs vos prédécesseurs sont extraicts seulement. D’une chose pouvonsnous estre assurés , qu’estes descendus du dict Pierre en ligne masculine, et nous en ligne féminine, et crois en ma conscience estre chose très véritable. Au surplus, estant dernièrement à Metz, je trouvay en la bibliothèque d’un de mes amys les Mémoires du sieur du Tillet , et en la vie de Charles 7, mention est faite de la dicte Pucelle, et sa mère est appelée Isabeau de Vouthon, et non Romée, ce que n’avois encore remar-
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qué et qui est pour respondre à un de vos premiers mémoires. Semblablement au dict lieu de Metz, m’informant de feu Monsr Pinguet , dont m’avez escry, je trouvay sa tombe tout proche de la porte du chœur de l’esglise de St-Estienne, qui est de cuivre et bien gravée, avec 4 vers :
Mar t inus Pinguet sensu mirandus et annis, etc.
Il est aussy peint en deux lieux des vitres de la dicte Esglise, et ayant rencontré Mons1 le Prévost de St-Thibault de Metz, qui a cognoissance de la vie du dict Pinguet, le priay qu’estant à Paris, où il devoit aller bientost, il vous allast voir de ma part pour vous desclairer ce qu’il sçavoitdu dict Pinguet, duquel je me souvenois avoir leu quelque chose. Mais pour avoir donné le livre où j’avois veu une description d’une partie de sa vie, j’en doutois aucunement, et voilà pour quoy ne vous escry rien pour lors. Du depuis j’ay descouvert l’autheur du dict livre, qui est Wassebourgy archidiacre de Verdun , aux Antiquités de la Gaule Belgique , dedans lequel est à sçavoir au livre 7, fol. 53g et seqq vous voire\ merveilles du dit Pinguet y qui est dit estre Poitevin...
Finablement, je vous rends mil et mil remerciements de l’honneur et bonnes offres qu’il vous a plu me faire par vos dernières, de vouloir assister mon fils aisné (à présent jésuiste), au cas qu’il voulust
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estudier en théologie ou en médecine. Mon dessein estoit, dans deux ans, iceluy ayant estudié aux lois et pris son degré, le conduire à Paris pour hanter le barreau et jouyr de vostre honorable compagnie, s’il vous eust pieu, et de faire suyvre aussy mon second fils, pour, avec votre faveur, le mettre avec quelques gentilshommes de Normandie de nos alliez, veu qu’il n’estoit né aux lettres, ayns plus fort aux armes ; mais il a pieu à Dieu d’en disposer autrement, à quoy nous ne pouvons penser, ma femme et moy, sans un resentiment et regret inénarrable. Ce néantmoins nous nous conformons à la volonté de Dieu, qui sçait ce qui nous est nécessaire. Et sy depuis la mort de mon dict fils, ay sceu d’un P. capucin, mien amy, iceluy avoir pris resolution (tant il avoit appréhention des jugements de Dieu) d’estre des leurs, bien qu’il fît le fendant à la ville et aux champs, où il alloit souvent : et estoit doué d’une grande force et agilité, de laquelle ayant abuzé en traversant plusieurs fois à nage nostre fleuve de Moselle en temps mal propre, il fut surpris d’une fièvre et dissenterie dont il mourut, nonobstant le bon soing que nous avions de le garantir avec l’ayde de Dieu et l’assistance de plusieurs médecins et apothicaires. Que s’il fût revenu en santé et qu’il eust entré en la Religion des Capucins, n’eusse esté si mal content, (les
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capucins ne prétendant aucunement à la succession de leurs parents) comme j’ay esté pour l’entrée de mon aysné aux Jesuistes, qui ne veullent seulement avoir les enfants des gents d’honneur, mais aussy leurs biens. De quoy me suis assuré de plusieurs de ces quartiers icy. Pour mon regard, je tascherày d’y mettre ordre, eu esgard qu’ay encore, par la grâce de Dieu, trois petits fils : le premier desquels n’a que huict ans, le second six, et le troisième trois mois, avec une fille de 9 ans et demy, reste d’unze enfans, auxquels le bien de leur frère appartiendra, puisqu’il ne pourra les assister, comme il devroit et pourroit s’il fût demeuré au monde. Ce qu’ay desclaré assés souvent, mesme en la présence du Provincial des Jésuistes, auquel je dis ma volonté estre de priver mon fils de tous mes biens, veu que contre ma volonté il estoit entré en leur compagnie. Et comme il m’eust demandé si je pourrois estre si cruel, je respondis qu’il n’y avoit pas en cela de cruauté, veu la désobéissance de mon fils et son ingratitude en mon endroict ; et que j’avois d’autres enfants qu’il falloit advancer et nourrir aux estudes, et que les Jésuistes estoient riches et opulents, comme ils sont en ces quartiers icy, et plus qu’on ne pense, et y on, tel crédit qu’il fault temporiser.
J’ay entendu que le roy a pourveu et ordonné
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sagement à son accoustumé sur ces biens et successions que prétendent ceux qui se font jésuistes. Je vous prie me faire avoir copie de telles ordonnances à votre commodité. Et encor que sois privé de l’espérance que j’avois d’aller en France avec les deux premiers des miens, sy néantmoins je serois marry de mourir que ne vous aye veu, honoré, caressé, embrassé, et Monsieur de Roully et autres de notre parenté, qui se présenteront , avec autant de sincérité et d’affection cordiale qu’il y en puisse avoir entre frères germains bien nés et d’amitiés entières. Et ce , dans un an et demy ou environ , lorsque fauray, Dieu aydant , esbauché ou parachevé la description de /’ histoire de la Pucelle, ne voulant rien du tout, pour ce subject, mettre en lumière, que de vostre advis et approbation. Que si l’occasion se présentoit de nous visiter en ces quartiers, je vous recevray d’aussy bon cœur que pourriez souhaiter et de telle sorte que vostre honnesteté en auroit contentement. Et si telle félicité m’arrivoit, rénova retur juventus nostra ut aquilœ.
Vous baizant les mains et à Mademoizelle vostre femme, à Monsieur votre fils, à Monsieur le conseiller, à Mademoiselle vostre fille et à tous autres qui nous peuvent assurément appartenir, comme aussy faict ma femme , et d’aussy bon cœur que desire vivre et mourir en vos bonnes
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grâces, et que suis, Monsieur, vostre très humble et très affectionné serviteur et parent.
Hordal.
De notre maison de Pont-à-Mousson,le 25 de mars 1610.
Autre lettre , du même au même , du 2 avril 1611.
Monsieur,
our vallablement m’excuser d’avoir tant tardé à vous rescrire, je vous prieroy de croire que depuis plusieurs mois n’ay cessé, aux heures qu’ay peu desrober à l’exercice de ma charge et à plusieurs autres affaires qu’ay ordinairement, de rechercher auprès d’une infinité de bons autheurs, jour et nuict, et non seulement en ceste ville, mais en d’autres, ce qui peut appartenir à l’histoire de la vertueuse Pucelle d’Orléans, nostre bonne parente. Et à rayson de mes peines, veilles et travaux, et pour avoir négligé tout exercice
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corporel , j’ay esté longuement mal disposé. J’ay de la dicte histoire 25 feuilles, esquelles en adjouteroy encore plusieurs d’autres, Dieu aydant; le tout à l’honneur et grandes louanges d’icelle Pucelle et pour monstrer l’injustice, la tyrannie et cruauté des Anglois. Je confirme le tout par l’authorité, non seulement des François et Lorrains, mais des Italiens, Espagnols, Allemands, Anglois, Escossois, Polonois, Grecs, Flamands, Bourguignons, Piedmontois et autres. Entre lesquels il y a Pape, Cardinal, Archevesque, Evesque, plusieurs Prélats, Docteurs en théologie, Chanceliers, bons et doctes religieux et prestres et autres théologiens, jurisconsultes et médecins, poëtes et plusieurs historiens, les propos desquels je couche, ad longum , sine requie , comme l’on dit communément, pour ce qui touche la dicte histoire.
J’insère aussy la cause de la guerre des Anglois contre les François et fais mention assez ample de la loy salique excluant les femmes et leurs descendants du Royaume de France, et ce à propos de l’histoire que traicte. Je n’obmets la justification de la dicte Pucelle et vice coronidis , sur la fin, j’adjouteroy une apologie pour la dicte Pucelle contre tous ses détracteurs, au moyen de quoy j’aurois besoing de veoir une copie de l’apologie Domini Eliœ episcopi Petrogoricensis pro
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Joanna , qui est en la Saincte Chapelle de Paris, comme ay remarqué en un mémoire que m’avés envoyé. Je désire grandement vous communiquer la dicte histoire et la soubmettre à vostre censure. Je voudrois qu’elle vous soit autant aggréable que le souhaitte, l’ayant entrepris selon vostre volonté et pour vostre contentement, et pour agréer à Messieurs de nostre parenté qui sont en Normandie : que si la dicte histoire paroit aggréable, la rayson voudra que pour Vimpression et autres frays , iceux y contribuent , s il leur plaist , qui seront du parenté, et qui en auront des copies, selon que m’en avés escry par autres fois. D’une chose je me doubte, que dirés qu’en la dicte histoire manque la généalogie de la dicte Pucelle. Mais de ce dernier point, comme de tous autres qu’il vous plaira, en pourons discourir, Dieu aydant, au prochain mois d’aoust à Paris : si ce n’est que les troubles, maladies ou autres empeschements et occasions m’en détournent. Que si je suis empesché d’aller à Paris au dict temps, la dicte histoire sera mise au croc, sans espérance de la faire imprimer que ne l’ayés advoué. Au surplus, je serois fort ayse de sçavoir par vostre moyen de Messieurs les chanoines de Beauvay la vie , les mœurs et la mort de Pierre Cochon , leur évesque, qui condamna injustement nostre saincte parente , pour luy en donner quelque atteinte
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selon ses desmérites et à l’exemple d’autres : si ce n’est qu’il soit dict : mortuo non esse detrahendum : lequel Cochon j’ay leu avoir esté excommunié pour son injustice par le Pape Calixte, en la Description de la France , faicte par le sieur des Rues, parlant de la fondation de Compiègne, fol. 174 .
Et d’autant que par vos pénultiesmes me priés d’uzer mutuellement d’une liberté entière et sans cérémonies, je vous diray que Monsieur le grand doyen de l’Eglise de Toul, mon cousin, personnage vénérable et véritable, aagé de 80 ans ou environ, et trois autres miens cousins, chanoines au dict Toul, et moy, sommes grandement es tonnés et extrêmement marrys que révoquiés en doute que soyons sortis de Hauvy, fille de Pierre dé Arc , troisiesme frère de la dicte Pucelle : et laquelle Hauvy fut mariée à Estienne Hordal, desquels sommes descendus, comme souvent vous ay escry. Veu que ce est la mesme vérité que cela et que vous en ay juré en homme d’honneur par mes dernières. Une fois pour toutes, proteste devant Dieu, que receus avanthier faisant mes Pasques, par sa saincte grâce et miséricorde, et jure sur la damnation de mon âme que ce que vous ay escry de nostre extraction de la dicte Hauvy, fille de Pierre d’Arc, etd’Estienne Hordal (que Dieu absolve), dont nous sommes descendus
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en légitime mariage, est selon ma conscience et la tradition que nous en avons eue , indubitablement de nos prédécesseurs, et comme je prétends bavoir vérifié par l'enqueste qui en a esté faicte, lorsqu’obtins de feu Son Altesse de Lorraine, d’heureuse mémoire, déclaration d’ancienne noblesse, avec permission déporter les armoiries de la dicte Pucelle. Et n’eusse jamais obtenu la dicte permission, si je n’eusse faict paroistre les Hordals estre du parenté de ladicte Pucelle, c’est à sçavoir descendus du 3e frère d’icelle, qui eut une fille appelée Hauvy, mariée au dict Estienne Hordal, à Buré proche de Vaucouleurs.
Et bien que le dict Pierre ayt esté en France avec sa sœur, tant avant sa mort qu’après, voüs escrivis, et c’est la Vérité, ne s’ensuit pas qu’il n’aye pas esté marié en Lorraine et qu’ayant eu la dicte Hauvy qui auroit demeuré en Lorraine, il ne s’en soit allé en France avec sa femme; aussy ne désignés vous pas qu’il se soit marié en France. Que si il s’y est marié, la mère de Hauvy estant morte, il faut conclure que Messieurs du Lis sont descendus du second mariage du dict Pierre en ligne masculine et les Hordal du premier mariage en ligne féminine. En somme, il conste que le dict Pierre a esté marié au dict Buré, soit devant la mort de la Pucelle, soit après. Et de faict, entre la dicte mort et justification de la dicte
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Pucelle il y a eu 25 ans, pendant lesquels il auroit peu se marier en Lorraine; car un mariage est bientost faict et consommé. Et depuis, sa première femme estant morte en Lorraine, en auroit espousé une autre en France, dont estes descendus, comme je vous ay escry en mes dernières. Et comme depuis quelques mois avois prié un mien amy, homme d’honneur et d’authorité et de grand sçavoir, de s’informer à Vaucouleurs de la généalogie des frères de la Pucelle et spécialement de Pierre, son 3e frère, il luy fut rendu par plusieurs personnes qualifiées qu’il n’y avoit personne en Lorraine qui en sceut plus que moy à rayson de l’enqueste qui en avoit esté faicte à ma poursuite et à mes frays. Et sy vous asseure que depuis 4 ou 5 mois un gentilhomme de ces quartiers, mon amy, m’a envoyé une copie semblable aux trois que mave\ envoyées et m’escri voit quil sestonnoit que nous y estions obmis . Le mesme m’a esté dict par un mien amy de robe longue et qu’il vous en falloit advertir pour y remédier, iceux estimants que ne vous en avois escry. Pour mon regard, il n’y a pas d’intérest pour la Lorraine, à cause que suys bien cogneu estre du parenté de la Pucelle par le moyen de son 3e frère et de sa niepse Hauvy, mariée à Estienne Hordal, comme j’en ay des patentes expresses avec le grand sceau de feue sa dicte Altesse de
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Lorraine, mais eu esgard à Messieurs de nostre parenté de Normandie, qui estimeront qu’en Lorraine il n’y a d’autres parents de la Pucelle que ceux qui sont contenus en l’extraction qu’en avés dressée et que leur avés envoyée, comme il appert par les lettres de Monsieur de Troismonts, si ce ri est qriil vous plaise y remédier , si tant estoit que changiez quelque chose en la dicte extraction, y adjoutant ou diminuant. Ce que, s’il advenoit, pourriés mettre, s’il vous plaist, et avec vérité et conscience (car autrement je ne parleroy ny escriroy jamais; contra quam conscientiam qui facit , œdificat ad gehennam : cap . Iras de rest. spol.) : « que du mariage du dict Pierre d’Arc , contracte à Burê proche de Vaucouleurs , il y auroit eu une fille nommée Hauvy qui auroit esté mariée à Estienne Hordal, duquel mariage sont issus ceux qui en Lorraine se sont appelés Hordal, ou sont extraits de femmes portant le nom de Hordal. » Ce que vous asseure sur les mesmes protestations et serments que vous ay escry cy dessus, que si cela estoit faulx ne voudrois faire telle protestation et serment pour tous les empires et royaumes qui sont au monde. Au demeurant, puisque me conjurés d’adjouter ou changer ce que je trouveray pertinent à V extraction qu’avés faict imprimer, bien que j’aymerois mieux verbis dictis et scriptis adstipulari et suffragari quant adversari
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seu refragari , toutefois, pour vous satisfaire, je vous envoie une copie où j’ay ad jouté ce qu’ay trouvé bon (sauf meilleur advis) pour le présent.
Touchant les autres points de vos lettres, j’y répondray quelque autre fois, ne pouvant pour le présent, faute de loysir, et non de très bonne volonté en vostre endroit, vous remerciant, au reste, de toutes vos offres honorables et courtoysies, me réservant de vous en rendre actions de grâces plus amples, lorsque j’auray l’honneur et le bonheur de jouyr de vostre présence, et d’aussy bon cœur que vous baize très humblement les nlains, à Mademoizelle vostre femme, à Monsieur vostre fils, à Monsieur le Conseiller, à Mademoizelle vostre fille, à Monsieur de Roully et tous autres du parentage, et que suis, Monsieur, votre très humble et très affectionné serviteur et parent,