‹ La famille de Jeanne d'Arc (volume 2)Chapitre 5 sur 46 · H ORD AL · texte numérisé non relu

H ORD AL

De nostre maison au Pont-à-Mousson, ce 2 d’Apvril i6ir.

P. S. M. le R. P. Chastelier, docte Jésuiste mien amy, chancelier de l’Université du Pont-à- Mousson, s’est bien voulu charger des présentes pour me faire playsir et avoir occasion de vous aller faire la révérence et vous saluer de ma part,

Finablement, je suis fort ayse que les lettres qu’ay envoyées à M. de la Saussaye luy soient

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esté agréables. Par sa réponse, que j’ay reçue par le moyen de vostre grâce, il m’escrit en ces termes :

Hoc vero dicam nihil mihi accuratius visum quam ita te accurate ad me de gentili vestrâ Johannâ puellâ Franciœ rescripsisse. Litteras tuas mihi reddidit D. du Lys quas ita facio ut pluris nullas. Intereavero dum annales ecclesiœ nos trœ refero , meminero suo loco tibi gratias referre de tuo munere singulari. Et ajoute : Si quid prœterea fueris nactus quod faciat ad rerum Aurélia narum historiam , cujus ad te mitto tabellam , rem mihi gratissimam feceris si me admonueris . Vale, nobilissime doctor , et me laboresque meos complectare

Je désirerais ly.y satisfaire en cela et en toutes autres choses , mais, pour le présent, il n’y a moyen, que n’aye du tout paraschevé l’histoire qu’ay entreprise, vous suppliant à vostre commodité luy présenter mes recommandations et l’asseurer que je luy suis fort affectionné serviteur. Je vous renvoyé aussi, selon vos lettres, les extraits de la Chambre des comptes.

Lettre de Claude du Lys à Charles du Lys , du 12 août 160g.

Monsieur ,

yant eheu communication par les mains de Monsieur du Puits d’un mémoire venant de vostre part, touchant la généalogie de la Pucelle, dont je suis descendu, j’ay par iceluy recogneu, Monsieur, l’honneur que j’ay de vous appartenir, et en ceste considération beaucoup regretté d’en avoir ignoré le bien, en quinze ou seize mois de séjour que j’ay fait à Paris, où j’eusse réputé à faveur singulière de pouvoir en personne vous offrir les vœux de mon bien humble service, lesquels je vous supplie très-humblement recepvoir autant agréables que ces lignes, comme dextreusement ils partent du mieux de mes plus sincères affections. Pour donc contribuer au contentement que souhaités en cette affaire, j’ai recueilly les fragments que le vice des guerres assidues en nostre pays de frontières n’avoit desrobé à la tradition de mes ancestres, lesquels néanmoins,

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pour avoir de tout temps esté recogneus directement extraicts de ceste famille, jouy sans controverse des honneurs et prérogatives à elle concédées, et habité les lieux et maisons dont ladicte Pucelle estoit issue , ont apporté moins de curiosité à contenter les désirs de leur postérité en la notice de leur estât qu’il ne suffisoit à vous apporter une entière satisfaction. Quant au xpère, mère et frère de la Pucelle , leurs noms et acheminement en France en la compagnie d’icelle leur sœur, nous en avons toute telle croyance que porte vostre susdit mémoire, ce que nous justifie un volume escrit à la main à nous laissé par tradition et en idiome latin , dans lequel sont recueillis à la diligence de Jehan, frère dy icelle la Pucelle , duquel nous sommes issus, les deux procédures intentées, tant à l’encontre d’elle à la poursuite des Anglois pardevant l’évesque de Beauvais, et avant à cour de justice, que autre de révision poursuyvie à la diligence de Isabelle , mère, assistée de Jean et Pierre , ses enfants, frères de la dte Pucelle, le tout extraict des registres et cayiers originaux des ressorts où sont esté faictes les poursuyttes, et le volume estant in secundo espais de quatre doigts, où, tant par la déposition de plusieurs tesmoings, ouys des lieux mesmes de la naissance, que responses émises par elle, faictes aux interrogata qu’elle a subi, l’on

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collige une véritable certitude de son estre, ses mouvements à ses entreprises, ses progrès aux armes, sa fin, l’iniquité du jugement contre elle rendu, par l’arrest subséquent donné à sa justification par les délégués de Sa Saincteté à la révision de son procès. Touchant ce qui concerne le séjour de Pierre et Jacques ou Jacquemin en France et establissement de leur demeure en aucunes provinces d’icelle, notamment en Normandie, nous l’avons de tout temps sceu; mesmes aucuns gentilshommes descendus du dict Jacques ont esté dans le pays et fait honneur à maints des nostres de les visiter et recognoistre à parents : comme j’ay sceu par plusieurs personnes encore vivantes, et même d’une mienne tante résidant pour lors au lieu de Domrémy; lesquels sieurs, nommés de Mondreville et de Féron , laissèrent de leurs mains mémoire de leur résidence, que j’ai bien icy voulu rapporter, afin que la cognoissance d’iceux (si tant est que ne l’ayiez) vous peust donner plus ample notion de ce que désirés; le mémoire en ces mots : « Le nom du seigneur parent de la Pucelle est Lucas du Chemin , sv du Féron , de Mesny-Guillaume, Pommelly, la Haule, Brécy et Bonneuille. La résidence du dit sr est à Caen, en Normandie; l’un des oncles duditsrqui estporteur de la charte s’appelle le baron de Tornebus , recepveur des tailles pour le roy au dt pays, et son nom

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est Robert le Fournier . L’autre, son frère de père et de mère, s’appelle Charles Fournier , lieut. général du vicomté de Caen, tous deux frères, enfants de feu Jacques Fournier et de feu Marie de Vil lebresmes , venue d’Orléans demeurer à Caen. Et a eu icelle Marie plusieurs filles, sçavoir : Françoise, Marie , Charlotte , Jehanne et Barbe , et d’icelle Jehanne est issu le dict sr de Feron. » Qu’est la teneur entière du dt mémoire, par lequel il est facile de savoir quelle parenté a laissé le dit Jacques ou Jehan, tronc de nostre famille. Soit ou qu’il n’ait si largement ressenti les fruits de la bonne fortune et de la faveur, ou que la mesme fortune ait plus grassement distribué ses dons au progrès de la maison, comme la vertu en avoit dignement eslevé le principe, a laissé à ses successeurs moins de biens que d’honneur, assés néantmoins pour maintenir en nostre branche le rang que le mérite de la sœur nous avoit acquis, qui nous a tousjours esté afféré aux lieux où ceux de nostre famille ont résidé, tant en France qu’en Lorraine. Aussy avons-nous la charte d’anoblissement, pour nous extraicte de l’original par notaire de la ville d’Orléans, à la diligence de nos prédécesseurs, en l’année mil quatre cent soixante et douze, en laquelle, conformément à un vieil mémoire que j’ay recouvert de nostre descente, elle est nommée Jeanne Day , auquel

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mot a esté, par la corruption du langage (lequel est assés grossier en nostre climat), adjouté une ou deux /, en sorte que les uns se sont nommés Daly par une / simple, les autres deux / : Daily ; erreur en ce cas émanée (à mon advis) du peu de curiosité qu’ils ont eue à en observer l’orthographe, ayant tous esté gens de guerre, sans cognoissance des lettres, fors ung, lequel, ayant esté prestre, curé de Domrémy, j’ay trouvé en quelques lettres d’acquits par luy faicts qu’il se nomme du Lys , et de faict m’a-t-on affirmé avoir veu aucuns siens escrits latins, ès quels il se nommoit Claudius a Lilio, ce qui donne quelque vraisemblance à l’opinion que rapportés en vostre mémoire de Daily à du Lys. Jean Day, donc, frère de la Pucelle, ainsy que dient les anciens mémoires que j’ay recouverts (la disgrâce des troubles nous ayant apporté la perte de tous nos titres), laissa Anne et Didon Day , ses filles, en outre desquelles laissa messire Claude Daly ou du Lys, prestre curé de Domrémy, et Didier Daly, gendarme de la compagnie de M. de Guise. Ledit Didier laissa 4 fils et 5 filles : Claude , Anthoine, Nicolas , François , et duquel Anthoine, lieut de l’artillerie de Son Altesse de Lorraine, je suis issu. Quant aux armes, bien que les lettres d’octroy ne se trouvent, néantmoins les avons nous tousjours portées en la

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mesme sorte que vostre mémoire les dépeint, à tymbre ouvert et grillé, et ainsy se voient elles en plusieurs endroits, mesme en l’esglise Saint- Georges de Nancy, ville capitale du duché de Lorraine, sur la sépulture d’un mien oncle, décédé au dit Nancy, estant enseigne de feu Monsr le Cte de Salm, son maistre d’hotel et capne de ses arquebusiers à cheval. Plusieurs personnes dans le pays ont souhaité de se faire croire descendans de ceste maison, entre autres M. Hordal, professeur de droit en l’université du Pont-à- Mousson, et ce Jehan Royer duquel votre mémoire fait mention. Mais ce n’a esté que par l’alliance qu’ils ont eue en la famille, en laquelle ne restoit plus de masles, synon un mien frère aisné , marié en Lorraine , à la fille du lieud des gardes de Son Altesse, et moy, qui me suis habitué au lieu de Vaucouleur. L’ung et l’autre égaux en l’extremité d’ung très affectionné désir de vous tesmoigner combien nous est grand l’honneur de vous appartenir, lequel nous accompagnerons de tant de vœux à l’occasion qu’elle nous fournira quelque sujet condigne à mériter la qualité de, Monsieur, votre humble serviteur,

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