PREUVES DU CHAPITRE IV
Mémoire de M. dé Alfeston sur la parenté de la Pucelle ( 160g ).
[M. Le Febvre, esleu à Chaslon, M. Le Besgue , avocat du roi au présidial de Vitry.] (. Note de Ch. du Lys.J
Premièrement, convient noter qu’il y a un tombeau en la ville de Thou en Lorraine, là où il se void ung nommé Dulys, eslevé en bosse, qui prend qualité de chevalier. Ledit tombeau est dedans une chapelle qui est à côté du chœur de la grande Eglise, en main gauche en entrant par le grand portail.
Plus convient aussi remarquer qu’il y a plusieurs gentilshommes dudit nom de Dulys, qui en font la profession et tels recongneus par tous ceux du pays. L’on peut avoir de leurs nouvelles au dict Thou, à Vaucoulleurs et pais circonvoisins qui sont de l’obéissance du Roy. Lesdicts sieurs Du Lys se disent estre sortys de la Pucelle d’Orléans.
Convient remarquer que les plus entendus du village de Sermoize tiennent pour chose certaine et asseuréeque l’origine et extraction de la Pucelle d’Orléans provient d’un village nommé Céfond , proche Montierendal ; qu’il y a des parents qui sont maintenant en la ville de St- Dizier à l’occasion des guerres et des troubles. Pour preuve de ce que dessus, fault parler à un nommé Dommange Varins , boulanger demeurant au dict Sermoize. Les parents de la dicte Pucelle sont : Didier Bodinot, Jehan Bodinot, Magdelaine Bodinot, de Sermoize; Mre Estienne le Febvre, esleu par le Roy à l’élection de Chaa-
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Ions, lequel a tiltre authentique; M'e Nicol le Besguc, advocat du Roy au bailliage et siège présidial de Vitry.
Je fourniray des copies collationnées des tiltres à mon retour au dict sieur du Lys, en qualité de cestuy qui luy est par sa permission, très-humble et obéissant serviteur.
D’Alfeston.
Nota . — Qu’il n’y en a plus au dict Sermoize ou lieu circonvoisin qui portent le nom d’Arcq.
(. Papiers de Ch. du Lys , archives de M. de MaleissyeJ
Extrait du Nobiliaire de Lorraine, de D. Pelletier , p. 55 y.
Médard , dit de Voiseul, seigneur dudit lieu, gentilhomme de Son Altesse, obtint déclaration et permission de prendre le nom et les armes de la maison de Marchéville, avec celles qui furent données à la Pucelle d’Orléans, par lettres expédiées à Nancy le 12 octobre 1615, contenant : qu’ayant dès longtemps eu avis que la maison d’où il est sorti du côté paternel de feu son père, lieutenant pour le roi au bureau des traites foraines en la prévôté de Vaucouleurs, aurait été déchue et ruinée par la peste survenue au bourg de Blénod, appartenant au sieur évêque de Toul, sont plus de quatre-vingt-dix ans, où son bisayeul mourut, étant lors capitaine au château dudit lieu, délaissant un fils, ayeul dudit impétrant, qui fut transporté au village de Chaleines près Vaucouleurs pour le sauver de la mortalité; étant alors si jeune qu’il 11’aurait eu connaissance de ses père et mère, tellement qu’à cause dudit accident, le nom de son ancienne origine, qu’était de Marchéville, lui aurait été changé et abusivement surnommé le Royer. De plus, qu’il est aussi issu par sa mère de la famille des Mangeot, des plus anciennes et renommées de la ville de
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Toul et anoblie par René, roi de Sicile, ainsi qu’il paraît par copie des lettres d’anoblissement données par ce prince avec représentation des armes qui sont : D'hermine en champ d'argent à un chef d'or et un aigle de sable naissant, à deux têtes , et pour tymbre deux pennes dont l'une d'or et l'autre d'argent, à deux têtes d'aigles entre deux. En outre, qu’il est issu par la mère de son père de la famille de la Pucelle d’Orléans... etc. ,= porte: écartelé aux i et 4, d'azur à l'épée d'argent, la garde d'or posée en pal, la pointe levée ferue d'une couronne d'or et accostée de deux fleurs de lys de même, qui est Du Lys; aux 2 et y d'hermine au chef d'or à une aigle naissant à deux têtes de sable, qui est De Mangeot, et sur le tout d'azur à cinq besans d'or 2, 2 et 1, qui est De Marchéville.
oA vis au lecteur
armi les Preuves qu'a mises à notre disposition la bienveillance de M. de Maleissye figurent trois pièces d'une importance exceptionnelle, les enquêtes faites par le bailli de Vitry et le prévôt de Vaucouleurs, sur la famille de la Pucelle, en 1476, i55i et i555. Nous y avons trouvé, en grand nombre, les indications les plus intéressantes et nous leur avons été redevables de nouvelles lumières sur des faits historiques inconnus ou mal connus .
Mais l'importance même de ces pièces nous défendait de les faire connaître par de simples extraits ; tandis que leur étendue ne nous permettait pas de les comprendre intégralement dans nos Preuves, à moins de grossir ce volume d'une manière démesurée.
Nous nous sommes donc décidés à faire de ces trois importantes enquêtes l'objet d'une publication spéciale qui paraîtra prochainement che % V éditeur du présent ouvrage, et sur laquelle nous appelons à l'avance la sérieuse attention de ceux qui partagent notre passion pour l'héroïque libératrice de la France.
\rmes de la maison de Tardieu de Maleissy<
ARMORIAL
a question des armoiries de Jeanne d’Arc a été traitée d’une manière détaillée par M. Vallet de Viriville en 1 8 54 1. Ne voulant pas nous exposer à des redites , nous renvoyons le lecteur à cette œuvre consciencieuse, ainsi qu’au chapitre V du Traité de Charles du Lys. Nous nous contenterons d’y ajouter quelques aperçus sommaires qui nous paraissent rentrer dans notre sujet et dont plusieurs ont le mérite d’ètre exposés pour la première fois.
Au sujet des armes de la famille d’Arc, M. O’Reilly fait une remarque digne d’ètre reproduite et d’appeler l’attention :
« En France, au xve siècle, dit-il2, les personnes
1. Nouvelles recherches sur la famille et sur le nom de Jeanne d’Arc, etc. Broch. gr. in-8°. Paris, Dumoulin, 1854.
2. O’Reilly. Les deux Procès de Jeanne d’Arc, T. Ier, p. 395. 2 vol. in-8°. Paris, Plon, 1868.
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non nobles se servaient, pour leurs signets ou sceaux, de marques ou de signes personnels et distincts qui se figuraient comme des armoiries, avec cette seule différence que ce qui était le caractère essentiel du blason, c’est-à-dire le timbre ou heaume, y manquait. Or, sur leur signet ou sceau, les ancêtres de Jeanne d’Arc avaient placé un arc bandé de trois flèches. »
Cette remarque nous paraît absolument justifiée par Charles du Lys, quand il dit, en parlant de Jean du Lys, échevin d’Arras, son ancêtre 4, « qu’il retint les armoiries anciennes de la famille Darc, que portoit son ayeul Jacques Darc, père de la Pucelle, qui estoient d’un arc bandé de trois flèches, auxquelles il adjousta le timbre comme escuyer , et le chef d’un lyon passant, à cause de la province à laquelle son Roy l’avoit habitué. »
Cette addition ultérieure du timbre prouve que Charles du Lys ne regardait pas le sceau de famille des d’Arc comme des armoiries nobiliaires, et confirme en même temps toute la vérité de la tradition relative à ce sceau.
Ainsi, on ne peut qu’appeler du nom de signet ces armoiries des d’Arc. Jean n’en fit en réalité un blason nobiliaire que lorsqu’il y ajouta le timbre, en les conservant après son élévation à la qualité d’écuyer-
Quant aux armoiries données à la famille de Jeanne d’Arc par le roi Charles VII, elles sont connues de tout le monde. Elles ont d’ailleurs été plusieurs fois décrites dans les Preuves de cet ouvrage. Telles que la Pucelle les avait reçues de son roi, telles les ont portées tous les descendants de ses frères, sauf une