PREUVES DU CHAPITRE I
Extrait de la Layette ARC, Cabinet des Titres,
Bibl, Nat,
Jacques d'Arc, paysan, demeurant au village de Domremy sur Meuse, près Vaucouleurs, épousa Isabeau de Vautour. Le roi les anoblit avec leurs enfants et toute leur postérité, à cause des actions de leur fille, par lettrespatentes du mois de décembre 1429 et par lettres du mois de janvier dudit an (N. S. 1450), leur permit de changer leur nom d'Arc et de prendre celui du Lys.
Extrait d'un registre paroissial de Domremy
de Van i4go '.
Extraict dun vieil registre fort antien couvert de parchemin commançant au premier feillet escrit par ces mots : s'ensuyvent les preys, terres etobitz rentes, censés droictures deubz et appartenantz au curé et recteur de Greuz et Dompremy, escritz et spécifiez par moy Estienne Girard, curé desd. villes, prestre notaire juré de la cour
I. Cette date n'est pas celle de la fondation mais bien de la transcription sur le registre.
l82 LA FAMILLE DE JEANNE d'aRC.
de Toul, desquels preys terres obitz rentes et censés, la teneur cy après s'en suyt escriptes Tan m.îiijc.iiij»'' et x. Au feillet onzîèsme est escrit ; Jacob d'Arc et Ysabelloty sa femme, ont donné audict curé de Dompremy deux gros pour leurs obitz et anniversaires, pour dire et célébrer chascun an deux messes en TEsglise dud. Dompremy, la sepmaine des fontaines et prendre, avoir et lever chascun an, sur une faulchée et demie de preys séant on ban dudict Dompremy, dessus le pont, entre les hoirs Janvrel, d'une part, et les hoirs Girardin, d'autre
Acquisition de la maison dite de la Puce lie, par Louise de Stainville en i586,
(Archives départementales à Nancy, Layette Ruppes II,
n- hO
A tous ceulx qui ces présentes lettres verront et orront, M.Jehan Gillot lizensiez es droictz, prévost de Gondrecourt, garde du scel de ladiccte prévosté, salut. Sçavoir faisons que par devant Jehan Bernard et Guillaume Gerrardin, notaire jurez et estably ad ce faire audict Gondrecourt et ressort d'illec de par Son Altesse, en présence et par devant lesdicts notaires, sont comparus en leurs personnes honorables hommes Thomassin Fremynet, jadict recepveur de Ruppes, et demoiselle Jacquelline de Lespinne, sa femme, demeurant audict Ruppes, ladicte Jacquelline licensez et octorisée dudict Fremynet, son mary, pour passer et contracter ledict présent vendage cy après déclairez, laquelle license elle a receu et prins pour aggréable, lesquieuls ont vollontiers recongnus, de leurs plain grez, pure, franche et libéralle voullonté, sans force ny sédu(^ion aulcunes, avoir vendu, ceddé, quicté, remis et transpourté pour tousjours, et par ces présentes vendent, ceddent, quictent, remectent et transportent et promectent conduire et guarantir de tous troubles et empêchement
PREUVES GÉNÉALOGIQUES. l83
quelconques à hauUe et puissante dame Madame Louyse de Stainville, comtesse de Salin, dame dudict Stainville, douairire de Ruppes, présente, stippulante, acquérante et acceptante, pour elle, ses hoirs, successeurs et ayans cause, sçavoir : une maison bastie en chambre bas et haulte, deux greniers dessus lesdites chambres, deux petites corselles devant icelles maison avec unq petit voilier, ensemble les usuaires d'icelle de tous costés, et comme le tout se contient, sans en rien retenir. Et icelle maison dict et appelle vulgairement la maison de la Pucelle, assize au village de Dompremy sur Meuze, proche l'église dudict lieu, la cemetire, d'une part, et Nicolas Noblesse, mayeur dudict lieu, et Didiére, vefve de feu Demenge Musnier, d'aultre part; icelle maison venue de feu messire Thomassin Guérin, vivant maire de Gerbauvaulx et recepveur dudict Ruppes, oncle dudict Fremynet, et à luy escheu par le decez d'icelluy; au reste, franche et quicte de touttes servitudes, obligations, ypotecques quelconques. £t est faict icelluy vendage pour le pris et somme de cinq cens frans, ihonnoie barrois, que iceulx vendeurs ont congnus avoir euz reçus manuellement contant de madicte dame avant la passation des présentes, dont ilz s'en sont tenus pour contant et bien payez, de grez à grez, d'icelle, et ont quictez et quictent madicte dame, sans ce qu'elle luy soit besoing avoir aultre quictance, fors ces présentes. Promectans lesdicts vendeurs, par leurs foydz et sermenjt de leurs corps, pour ce donnez corporellement es mains desdicts jurez, ce présent vendage tenir, entretenir, garder, conduyre, garantir et deffendre à madicte dame acquétresse, ses hoirs, successeurs et ayans cause, contre et envers tous, jusques à droict, sur peines de tous despens, dommage et interrestz. Obligent lesdicts vendeurs, à cest effect, es mains de madicte dame, tous et ung chacuns leurs aultres biens, meubles et héritages, ceulx de leurs hoirs, présent et advenir par tous où ilz soient, s'en submectant es juridictions, forces et contraincte de Sadicte Altesse et de tous aultres, tant spi-
rituelz que temporels, comme pour choses congnue et adjugée en droictz; reiionceant à tout ce entièrement que, en ce faict, les pouroit ayder au contrere des présentes et au droict disant général renonciation non valioir, sy la spécialité ne précède. En tesmoing de vérité, nous garde susdict, à la rellation desdictz jurez de leurs seingz mannuelz mis à ces présentes, avons icelles scellées du scel de ladicte prévosté et de nostre propre contre-scel, saulf tous droict. Faict et passez audict Ruppes, avant midy, le quinzeiesme jour du mois de febvrier mil cinq cens quatres vingt et six. Et a ledict Fremynet, vendeur déclarez ne pouvoir signer pour estre présentement détenu et persécuté des goûtes es doigtz des mains.
Gerardin. Bernard.
Extrait du Nobiliaire de Lorraine de Dom Pelletier.
Page 49J, art. Lis.
Lis [Jacques du). Comme cet annohlissement est rapporté par la plus grande partie des historiens des trois derniers siècles, avec les circonstances qui y donnèrent lieu, nous nous contenterons de dire ici que :
Jacques du Lis, originaire de Domremy-sur-Meuse, et qui se nommoit auparavant Jcicques d'Arc ou d'Ay, nom qu'il plut au roi de changer en celui du Lis, fut annobli conjointement avec Isabelle Romée, sa femme, et Jacquemin, Jean, Pierre et Jeanne d'Arc ou du Lis, dite la Pucelle d'Orléans, leurs enfants, par lettres patentes de Charles VII, roi de France, données au mois de décembre 1429. Porte d'azur, à l'épée d'argent mise en pal et la pointe levée, ayant la croisée et la pomme d'or, soutenant une couronne, et accompagnée de deux fleurs de lis de même.
Jean Day ou d'Arc, bailli du Vermandois et capitaine
PREUVES GÉNÉALOGIQUES. l85
de Chartres, avoit en 1454, 120 livres de pension ainsi qu'il se voit par les registres de la Chambre des comptes. Pierre du Lis, son frère, en avait autant à la même année. M. le duc d'Orléans lui donna llle-aux-Bœufs contenant 200 arpents, dans la rivière de Loire, pour en jouir lui et Jean du Lis, son fils, leur vie durant. Ladite donation, faite le 26 juillet 144^, employée dans un compte de 1444 et dans un autre de 1456.
Au sujet de Catherine du Lys, cf. aux Preuves du chapitre m, la déposition de Mangeon Rendelz dans Penquéte du \6 août 1502.
Fortune de la famille dCArc,
L'abbé Mandre, curé de Damvillers (Meuse), docteur in utroque jure, né en 1742, mort vers 1820, conservait précieusement des pièces et des traditions de famille qu'il a communiquées à son neveu M. Villiaumé, et que celui-ci a transmises à son fils, le savant historien de Jeanne d'Arc et de la Révolution. Voici ce qui était relatif à la fortune de la famille d'Arc. Nous tenons cette note de la bienveillance de M. Villiaumé.
« Les biens que possédaient Jacques d'Arc et Isabelle Romée représentaient environ vingt hectares, dont douze en terres, quatre en prés et quatre en bois, dont le bois Chenu; ils avaient de plus leur maison, leur mobilier et une réserve de deux à trois cents francs qu'ils entretenaient avec soin en prévision d'une fuite en cas d'invasion,, telle que celle qu'ils furent obligés de faire à Neufchâteau. (Le franc valait environ 15 francs de, notre monnaie.) Tout cela, disait l'abbé Mandre, constituait une valeur totale de 50,000 fr. environ (c'était en 1812 : cela en ferait bien aujourd'hui 80,000). En faisant valoir euxmêmes ce bien, leur revenu, tant en nature qu'en argent, pouvait atteindre le chiffre de 4 à 5,000 fr., valeur de nos
jours. Voilà ce qui explique la possibilité quMls avaient de faire la charité et de donner Thospitalité aux moines mendiants et aux voyageurs qui passaient souvent dans ce pays. »
■o*N*9Ml*>>4«-