‹ La famille de Jeanne d'ArcChapitre 5 sur 104 · C. Dally · texte numérisé non relu

C. Dally

A Veaucouleurs, ce 12 d'Aoust 1609.

Autre lettre^ du même au même, du i3 mars 1611*

MôNSiSUR^

E m'estois cest hjrVer promis Fhonricur de vous baizer les-nlains, sous la résolution d'un voiage que j'avoîs dessaigtlé faire eil ceste ville de Paris, et iïl^estois sous ce l'espect dispensé de Vous satisfaire en réclaircissement que desiriés au subjet de la généalogie de nostre devancièi'e, la Pucelle. Mais en ce dessein l'opportuiiité n'ayant satisfait à mon désir, je drdirois faire tort au devoir que je vous doibs sy au niolns je ne recherchois les occasions de vous itérer par nies lettres les protestations de mon hunible service.

C'est la vérité, Monsieur, que le peu de curiosité de mes devaiicîiers à laisser quelques monuments par escrit de l'entresu)rtte de leur naissance me donne le regret de ne pouvoir à souhait et conformément à ce qu'avés dignement remarqué de notre descente, vous figurer en détail les degrés de la nostre, bien recogneus. Dieu mercy,

LETTRES IKÉDITES. 5l

pour estre telle que Pavés estimée, sçavoîr descendus de Jehsn, frère de la Pucelle ; laquelle certitude, jointe à la négligence de mes prédécesseurs, leur a fait (comme je croy) obmettre ce qui m'eût beaucoup contenté, qui est de vous en avoir laissé des enseignements plus particuliers, et s'estre satisfait en Papprobation quUls y ont constamment recogneue, sans jamais leur avoir esté révoqués en doubte soit d'estre tels, ou empeschés en la jouyssance octroyée aux descendants, dlcelle. Je vous eusse envoyé une coppie dudit privilège qui est entre mes mains si je n'eusse esté certain qu'en avés tout tel que je le sçauroia avoir. Seulement vous suppliax^-je bien humblement que si nous recepvons Vhotmeur d'estre jugés de vous tels qu'un chascun nous es^ timey descendus de la dit te Puceileetpar consé^ quent vas alliés, vous recepviés agréables les vœux de toute nostre maison, lesquels, par mon organe, elle jure à l'honneur de la vostre pour lui estre éternellement servante, et en mon parr ticulier je désire devancer tous les autres, au tesmoignage de mon très affectionné service. J'ay receu du desplaisir que l'on m'ait faict rapport qu'un vautnéant (soubs vostre respect) se soit advoué des nostres pour mendier le port de vostre assistance en quelques siennes affaires. Je vous supplie croire que ceux qui ont l'honneur de

VOUS appartenir en nostre climat sont personnes d'autre estofFe : non que je voulusse dédaigner à parent un homme de bien pour pauvre qu'il fût, mais cestui-ci ne fut jamais ni çn effet ni par croyance tel, ce qui m'oblige, après en estre plus à plein informé^ à punir son outrecuidance, comme, Dieu aydant, je feray, et vous supplieray, n'adjoutés foy à plusieurs qui , soubs le bénéfice qu'ils recepvroient de la libérale communication que daignés faire de vostre authorité à tous ceux qui se disent tels, vous pourroient indiscrètement aborder et vous apporter de l'importunité. Et que lorsque l'occasion rendra nécessaire à quelques uns de nous l'entremise de vostre faveur, je l'accompagneray de mes humbles prières, qui vous seront ostages au ressentiment que je debvray à vos bons offices, lesquels, bien qu'ils soient desjà tels en mon endroit que mes services ne les puissent égaler, je surchargeray encore de cest aultre qui sera, s'il vous plaist, de croire que je demeureray éternellement. Monsieur, votre très humble serviteur et parent.

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