‹ La famille de Jeanne d'ArcChapitre 6 sur 104 · OT · texte numérisé non relu

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■ • • -v7' NOTES

Page 15, ligne 17 : Éloy Gibier,,,

Éloy Gibier est mentionné, dès 155^, dans un registre des recettes du chapitre de Saint-Pierre-le-Puellier d'Or-léans, à cause d'une rente de quarante sous tournois, payée par lui audit chapitre pour une maison, sise rue du Colombier, que sans doute il habitait. Il est dit en 1558, sur les mêmes registres, époux de Marie Âignan. Gibier est, avec Saturnin Hottot, celui des libraires d'Orléans du XYi* siècle dont il nous est resté le plus de pro> ductions. Sa marque ne paraît au frontispice de ses livres que vers 1565; elle offre, dans un ovale, le prelum, avec cette devise : In sudore vultus tui vesceris pane tuo.

Page 16, ligne i : Joannœ Darciœ.,,

Le Discours des antiquités d'Orléans, par L. Tripault, qui fait partie des diverses éditions de VHistoire et Discours au vray.., du même auteur ^vide infràj, avait d'abord été imprimé séparément. Orléans, 157?, in-8*. L'auteur de cet opuscule a également publié à Orléans, chez Éloy Gibier, en 158^, un petit volume in-8» intitulé : JoaunœDarciœ obsidionis Aurelianœ liberatricis resgestce,

imago et judiciuntj cum versione gallicâ (avec les faict, pourtraict et jugement). '

Page i6, ligne 4 : Olyvier Bqynard.,.

Rien ne prouve que Bqynard ait été imprimeur. Les actes et les livres qui portent son nom ne lui donnent au contraire que le titre de libraire. Il épousa Jeanne Giraud le 2j septembre 1576 et mourut le 26 septembre 1619. Il maria Tune de ses filles au libraire Jean Nyon, qui fut associé quelque temps avec lui.

Sa marque représente un personnage agenouillé devant un calvaire et porte à l'en tour la légende : Adoramus te christe et benedicimus tibî quia per sanctam crucem redemisti mundum.

Page 16, ligne 7 : Histoire et discours au vray,...

L'Histoire et discours au vray du siège qui fut mis deuant la ville d'Orléans par les Anglois, le mardi 12* jour d'octobre 1428, régnant alors Charles VII, auec la venue de Jeanne la Pucelle, et comment, par grâce divine et force d'armes, elle fist lever le siège de deuant aux Anglois : prise de mot à mot d*un vieil exemplaire escript à la main, en parchemin, et trouvé en la maison de ladicte ville d'Orléans, Plus un Écho contenant les singularités de ladicte ville, par Léon Tripault ^éditeur dé ce li^rej. Orléans, Saturny Hottot, 1576, pet. in-4' de 4 et 50 ff.

Cet ouvrage est intéressant et très-recherché. Il est fort rare dans l'édition de 1 576.

Il fut reproduit dans une forme différente et avec quelques additions trente ans plus tard.

Histoire et discours au vray,,. (ut suprà), et en cette édition a été adjoustée la harangue du roy Charles VII à ses gens et celle de la Pucelle au roy, auec la continuation de son histoire jusqu'à sa mort; ensemble le jugement con-^ tre elle donné par les Anglois à Rouen, rescindé par le conseil privé du roy; avec les antiquités de ladite ville

NOTES ET ÉCLAIRCISSEMENTS. 5j

d'Orléans, — Orléans, Olivier Boynard et Jean Nyon, i6o6, pet. in-S** de 5 if. préliminaires, y compris le frontispice gravé par L. Gaultier, et 216 p.

Cette édition a été fidèlement reproduite à Orléans, en 1855; in-i8, par Alexandre Jacob.

VHistoire et discours au vray avait déjà été réimprimée :

I" Revue et augmentée de nouveau outre les précédentes impressions. Orléans, Olyvier Boynard et Jean Nyon, 1611, in-12;

20 Sous le titre de : Im Vie et déplorable mort de la Pucelle d'Orléans, contenant Vhistoire du siège d'Orléans par les Anglois, tirée d'un manuscrit. Lyon, 16 19, in-12;

30 A Orléans, che:{ Saturnin Otto, 1621, in-12; feuillets non chiffrés; sign. A.-N. On y trouve quelquefois une grande planche intitulée : Vray pourtraict de la ville d'Orléans ;

4* Sous le titre de : Jeanne d'Arc, native de Vaucouleur, en Lorraine, dite la Pucelle d'Orléans. Orléans, Louis Foucault, 162.1. Au verso du dernier feuillet, on lit : Achevé d'imprimerie j 5 juillet 16 22, en la maison d*Edme Briden, à Troyes; pet. in-8« de 28 ff. et 199 p. chiffrées.

Page 16, ligne 12 : ... exceptée Vhistoire en français...

Le livre dont Hordal parle ici est la première édition de VHistoire et discours au vray..., citée ci-dessus. Il est déjà en possession de l'édition de 1600, qui est, d'ailleurs, plus complète. C'est donc simplement un desideratum de bibliophile qu'il énonce.

Page 16, ligne 17 : /^ curieuse recherche qu'ayf dicte...

Il est question ici du livre latin composé par J. Hordal, sur l'histoire et pour la glorification de Jeanne d'Arc, qui devait paraître quatre ans plus tard sous le titre de : Herotnœ Nobilissimœ... historia. Il résulte des indications contenues dans les lettres suivantes, que l'auteur en était

encore en ce moment à une élaboration assez éloignée de la mise en œuvre, et qu'il était même incertain s'il le ferait paraître, quelque peine qu'il eût prise à le composer. Nous en reparlerons en son temps.

Page i6, ligne 24 : aynsi qu'ils l'ont déposé i,.

Voir, aux Preuves du chapitre III, l'enquête ouverte, sur la demande de Jean Hofdal, les 8 juin et jours suivants de l'année 1 596, par Baltha^ar Crok, poursuivant d'armes de Loi'raiile, pour établir les preuves de sa parenté avec la Pucelle, enquête où l'on voit figurer dame Isabeau Albert, veilve d^ Antoine du Lys y ainsi que ses belles-sœurs, et divers autres membres de la famille.

Page 16, ligne 26 : Môns* le grand doyen dé TôuL.,

Etienne Hordal, grand doyen de la cathédrale de Toul, né en 1 529, était fils de Jean Hordal, auteur dé la branche établie à Toul, oncle, à la mode de Bretagne, de notre Jean Hordal ; il était de sa part l'objet d'une vénération bien justifiée. Tout le monde, en effet, le considérait comme un ecclésiastique du plus haut nlérite dans le diocèse, où sa piété l'avait porté à fonder plusieurs chapelles en l'honneur de la sainte Vierge. Il mourut en 161}, âgé de 84 ans, et, de même qu'il avait succédé, en 1569, à son Oncle Claude Hordal en qualité de grand doyeri, il eut pour successeur son neveu Étiertne Hordal, qui remplit ces éminentés fonctions jusqu'en 1656.

Page 17, ligne 16 : là déposition du comte de Dunois.

Les souvenirs de Hordal ne sont pas exacts. Il n'est question dans la déposition de Dunois que (Tlsabelle, Pierre et Jean. Il s'agit donc uniquement de la mère de la Pucelle et de ses deux frères pour lesquels il comparaissait comme témoin dans le procès de réhabilitation. (Voy. Quicherat, Procès, t. III, p. 2).

Nous avons en vain cherché dans le texte de la déposi-

tion de Dunois cette prétendue allusion à une sœur dont se préoccupe mal à propos le méticuleux Hordal. Il n^est question d'elle, par un mot, que dans la déposition de Colin de Greux.

En dépit du doute exprimé par Hordal, il est certain que Jeanne d^Arc avait une sœur, qui passe généralement pour avoir porté le nom de Catherine. II est aussi certain que cette sœur n'existait plus au moment de l'anoblissement de la famille, car son nom ne figure pas dans cet acte, à côté de celui des autres membres de la famille. Il ne nous paraît aucunement prouvé ni même croyable qu'elle ait été plus jeune que la Pucelle : car, n'existant plus en 1429, elle serait à peine parvenue à l'âge de dix-sept ans; or, elle avait été mariée, ainsi que l'indique formellement une enquête faite à Domremy, en 1 502, et précisément à Colin, le maire de Greux, celui-là même qui fait allusion à son existence dans sa déposition au procès de réhabilitation. (Voir aux Preuves du chapitre III.)

Page 17, ligne 24 : Hauvy de sa première femme,,.

On ne sait, en vérité, pourquoi Hordal imagine cette hypothèse d'un premier mariage de Pierre du Lys, d'où serait issue Helwide. Cette supposition est inadmissible au premier chef. Que sait-on^ en effet, sur l'âge de c la bonne Hauvy »? C'est qu'elle mourut en 1550, âgée d'environ 80 ans, ce qui reporte approximativement sa naissance à 1450; or, l'aîné de ses frères, Jean du Lys, se mariait en 14^6 avec Marie de Vesines; le contrat en existe *. Ayant sans doute alors plus de vingt ans, il était donc né au plus tard en 14^6. On voit combien l'hypothèse de Hordal, d'un premier mariage de Pierre, en Lorraine, faisant de Helwide Hordal l'aînée de la famille, est absolufnent renversée par des faits positifs.

1. Le contrat de Jean du Lis vient d'être publié par M. Doinel dans les Mémoires de la Société d'archéologie et d'histoire de l'Orléanais.

Page i8, ligne 2 : ... Messieurs du Lis sont descendus.

Jeanne de Prouviile est partout indiquée comme mère de Helwide Hordal et de Jean du Lys, échevin d'Arras. Nous avons quelque raison de croire que ce nom deiVo«ville notait pas un nom de famille, mais une indication de lieu d'origine, comme celui de Vouthon appliqué aux Romée. Nous n'avons, en effet, trouvé aucune famille dans les listes de noblesse lorraine ni champenoise qui portât ce nom. L'origine barrisienne de Jeanne est au moins vraisemblable. Or, Proville, Prouviile, Prosvilla, aujourd'hui Proiville appartenait, en effet, au Barrois. C'est une ferme, autrefois village, dont l'existence est constatée dès le xii* siècle, aujourd'hui annexe de Doulcon. Cette dernière commune, village sur la gauche de la Meuse, à 2 kilomètres à l'ouest de Dun, est une localité très-ancienne, autrefois fortifiée et chef-lieu du pays et comté de Dormois (pagus Dulmensis ou Dulcomensis), qui faisait au xv« siècle partie du Barrois mouvant, et fut plus tard, ainsi que son annexe, transféré dans le Clermontois avec la prévôté de Dun ; aujourd'hui arrondissement de Montmédy, canton de Dun,

Le nom de Prouviile n'est porté en France par aucune autre localité, sinon deux villages des départements du Nord et de la Somme, où il est plus qu'invraisemblable que Pierre ait été contracter alliance.

Page 18, ligne 10 : ... que Jacquemin et Pierre,,.

Il est assez malaisé de savoir où Jacquemin du Lys a passé et fini sa vie, car il n'a laissé aucune trace dans l'histoire ni, autant qu'on a pu le croire jusqu'ici, d'héritier de son nom. Il vivait en 1429, puisqu'il figure dans Tacte d'anoblissement; il n'existait plus lors de l'instance en réhabilitation : on en a conclu qu'il survécut peu à sa sœur. Quaat à son rôle dans les événements auxquels elle prit une part si merveilleuse, il fut si efFacé qu'on peut dire qu'il fut nul.

NOTES ET ÉCLAIRCISSEMENTS 6î

Voilà tout ce qu'on savait de lui avant la découverte d'e Tenquête de 1502 et de celle de 15 51. Or, il résulte des dépositions contenues dans ces enquêtes que Claude du Lys avait pour mère la nièce de Pierre, le chevalier du Lys, et pour grand-père Jacquemin du Lys. Il ne semble pas possible d'expliquer cette double affirmation autrement q j'en faisant de Jean du Lys, prévôt de Vaucouleurs, le mari de sa nièce, fille de son frère aîné. Les données de la chronologie s'accordent bien avec cette hypothèse. Claude du Lys se déclare né en 1452. On peut très-bien comprendre que Jean, tout entier à ses fonctions de capitaine de Chartres et de bailli de Vermandois, ait tardé à prendre alliance et qu'il ne l'ait fait qu'après avoir atteint sa maturité, vers 1450, en épousant une feune nièce, parfaitement nubile à cette époque. Ce mariage ne pouvait que lui faire désirer davantage son rapprochement du pays natal, où il avait à remplir le rôle de chef de famille, en y perpétuant une race désormais entourée de tant d'honneur; aussi dut-il solliciter activement et accepter avec joie l'emploi de prévôt de Vaucouleurs, auquel il fut appelé vers 1454.

A partir de ce moment^ il renoua et resserra sans doute de plus en plus les liens qui l'unissaient à son pays natal, à sa famille et à ses amis d'enfance. Nous ne saurions dire si, lorsqu'il fut remplacé, comme prévôt de Vaucouleurs, en 1468, par le Bâtard de Calabre, et reçut à cette occasion 25 livres de récompense, il revint à Domremy finir paisiblement sa vie auprès de ses enfants ; mais ce qui est certain, c'est que ses fils y étaient établis, que leurs descendants restèrent en Lorraine, y prirent leurs alliances et se rattachèrent au duché par les fonctions qu'ils remplirent, tout en conservant des relations étroites avec la France.

Il y a quelque raison de croire que lors de l'admirable intervention de la Pucelle, Jacquemin était déjà marié et peut-être père. On le voit, en effet, rester silencieusement au logis, retenu sans doute par des devoirs sacrés, pen-

dant que ses jeunes frères n'hésitent pas à marcher à la suite de leur sœur, et à courir les aventures guerrières. Il avait^ en qualité d'aîné, conservé la maison paternelle. Sa fille, héritant de lui, la transmit à ses enfants et Claude du LySj devenu à son tour maître de cette maison désormais sacrée où Jeanne d'Arc avait vu le jour, la décora, en 1481, de ses armes as^ociées^ à celle dç Nicole Thiesselin, sa femme. Et en même temps, il manifestait son ardent amour pour la France en y joignant l'écu fleurdelisé et l'invocation en l'honneur du roi Louis. Jl était digne du petit-neveu de Jeanne d'Arc de faire ainsi parler à la pierrç cette perpétuelle profession de foi du patriotisme français!

(Voir, au sujet de Jacquetnin, la note afférente à la page 47 et, au sujet de Jean, la généalogie, chap. IL)

Page 18, ligne i} : un livre intitulé : Causa puellae...

Causa Puellœ Aurelian. adversariis orationibus disceptata, auctore Jacobo Jolio; cum ejusd. Jolii variis poèmes tibus. Paris, 1 608-1609, 2 tom. en i vol. pet. in-S». Ce livre, très-rare et très-recherché, attire à tort la colère de J. Hordal. Ce n'est qu'une discussion d'école.

Page 19, ligne 5 : Guydo-'Pap,,.,

Guy Pape, jurisconsulte célèbre, président au parlement de Grenoble, destitué à l'avènement de Louis XI, mort en 1456, est l'auteur de l'ouvrage cité par J. Hordal.

Guido Papa, Decisiones : CinfineJ. Hoc opus decisionum exceîlentissimi parîementi Dalph. fuit Gracionopoli per Stephanum Forets Deo favente ante ecclesiam sancte Clare impressum etfinitum die penultima mensis aprilis anno Domini MCCCCLXXXX. Petit in-folio goth. de 400 f£. chiffrés; premier livre imprimé à Grenoble.

L'article relatif à Jeanne d'Arc se trouve à ïa question 84.

Page 19, ligne i6 : ces versets de Philippe de Valois..,

I L'indignation causée au rôi Philippe de Valois contre

• Edouard d'Angleterre, et à laquelle ce distique aurait dû

' naissance, fut excitée par une menace d'invasion en

France, entreprise sans aucun motif en ijjy et dont uhe ^ attaque des fidèles Écossaià parvint seule à détourner le

danger.

I II paraît seulement assez peu d'accord avec lei hàbitu*

des, fort médiocrement littéraires, du roi Philippe de lui

attribuer iln distique latin. On serait plus dans la vraii semblance en supposant qu'il fut l'œuvre de son fils, le

dauphin Jean, car ce prince affectait beaucoup de goût, et I même quelques prétention^ pour les lettres. Ce qui est

certain, c'est que pendant tout le moyen âge lé rapproche- I ment des nlots angélus, angelicus et anglicus, dans un

sens toujours ironique et blessant, était en France on ne i peut plus à la mode.

Page 19, ligne 26 : au canon : Si gens Anglorum..,

CùfpusjttHs Canonici, Antuerpiaè, Meurîce, 1648, fol. E, 97. (Voii' Catalogue Bibl. du Roi.)

Page 3o, ligne j : cotûme dit lé poète Bellay :

Voir dans les Œuvres de Joachim du Bellay, gentilhomme artgevin (édition de Rouen, pour Georges Loyselet, pet. in-8% 1595) :

!• Chant triomphal sur le voyage de Boulogne, p. 127;

2* Hymne au roy sur la prinse de Calais, p. 185 ;

}• Exécration sur l'Angleterre, p. 189.

Pièces dans lesquelles respiré une haine ardente contre le nom anglais.

Page 20, ligne 14 : homini bis caudato.

Il y a là une allusion, un peu lourde et grossière, il faut l'avouer, à l'opinion vulgaire qui prêtait à certains Anglais l'étrange singularité de naître avec une queue, à

la façon des animaux. On en trouve la preuve dans le chapitre 50 de Touvrage intitulé : Anglicce descriptionis compendium y par Guil. Paradin; Paris, Gaulterot, 1545. Ce chapitre a pour titre : Anglos quosdam caudatos esse.

Page 20, ligne 26 : ad Gœsarem ibis...

Actes des apôtres, chap. 25, vers. II. Il s'agit du jugement de saint Paul, qui en a appelé à César et auquel Festus, proconsul de Césarée, fait la réponse rappelée par Hordal.

Page 21, ligne 6 : teste Tiraquello...

André Tiraqueau, célèbre jurisconsulte français, originaire du Poitou, mort en 1558, conseiller à la grande chambre du Parlement de Paris, était un des plus honnêtes et des plus savants magistrats de son temps. Michel de PHôpital, qui lui portait la plus haute estime, lui a dédié un poëme latin où il fait grandement son éloge. L'existence de cet éminent juriste fut des plus laborieuses; on a dit de lui que chaque année « il donnait à la République un livre et un enfant ». Son Traité des peines est le dixième qu'il ait publié.

Page 21, ligne 16 : Humbertus Moremontana...

Fratris Humberti montis Moretani poetœ oratorisque clarissimi Bellorum Britannicorum à Carolo Francorum rege eo nomine septimo in Henricum Anglorum regem felici eventu auspice puella franca gestorum prima pars : continens Bellum Cravantinum, Bellum Brossimaricum Bellum Vernolianum et Bellum Aurelianum; premissis quibusdam epigrammatis. Venundantur in cedibus Ascensionis, 15 12. Pet. in-4» gothique (très-rare), fol. XLVI, vers. 6" et seq.

Page 21, ligne 24 : F. Crespet...

Frère Pierre Crespet, auteur de plusieurs Traités de théologie ascétique et morale, entre autres : Jardin de

plaisir et récréation spirituelle, Paris, 1587 et 1602, iii-8*; I Lyon, 1598, in-i6.

[ Pomme de Grenade mystique, ou Instruction pour une

I vierge chrétienne. Paris, 1585 et 1595, in-8*; Rouen, 1605,

in-12; Lyon, T. Rigaud, 1609, in-i6.

\ Discours sur la vie de passion de sainte Catherine, plus

un Traité encomiastique de Vestat et excellence de virginité

et chasteté, par F. P. C. ; Sens, Savime, 1577, in-i6.

Page 23, ligne 21 : nostre université,.*

L'Université de Pont-à-Mousson, principal centre d'études de la Lorraine, fut fondée en 1572 par le grand-duc Charles IIL Elle comprenait quatre Facultés : celles de théologie et de philosophie, confiées à la Compagnie de Jésus (ainsi que le collège des humanités), et les Facultés de droit et de médecine réservées à des professeurs laies. Cette Université jeta un éclat extraordinaire ; elle comprenait à la fin du xvi« siècle, lorsque son organisation fut tout à fait complète, près de deux mille élèves, tant étudiants qu'écoliers. Des professeurs éminents y attiraient \ cette foule, non-seulement de toutes les parties de la Lor-

raine, mais même de France et d'Allemagne.

Elle fut transférée à Nancy, en 1756, par le roi Stanislas et supprimée par la Révolution. Mais l'article 14 du traité de cession de la Lorraine à la France en stipulait le maintien à perpétuité. On fit valoir ce droit pour obtenir la fondation de la F'aculté de Nancy, en 1864.

Page 24, ligne 13 : nostre Evesque^ son parrain...

\ Jean des Porcelets de Maillane, quatre-virïgtième évéque

de Toul, était originaire du Barrois, où son père occupait la dignité de maréchal de la province. Il était né en 1 582, à Wally. Il avait fait ses études classiques à Pont^à-Mousson et y retourna, après un premier séjour à Rome, pour y étudier la théologie et le droit, dont il prit la double licence. It fut ensuite nommé prélat-domestique du pape et son ambassadeur en Angleterre. En 1607, Christophe

de la Vallée, évêque de Toul, étant mort, il fut choisi par le Souverain Pontife pour le remplacer et sacré le 27 décembre 1608.

C'est sans doute à Pépoque où il suivait à Pont-à-Mousson, bien jeune encore, les classes inférieures de ce collège, qu'il avait tenu sur les fonts baptismaux le fils de Hordal. Il mourut à Nancy en 1624.

Page 24, ligne 18 : plus d'inclination à la théologie...

On verra, en effet, dans la lettre suivante, que ce jeune homme, nommé Jean comme son père et né en 1 590, avait en ce moment des dispositions beaucoup plus accentuées pour la vie religieuse que pour celle du monde: Tannée suivante, en effet, il n'hésitait pas à quitter la maison paternelle pour se retirer au noviciat des Jésuites à Nancy. Mais il paraît qu'il se lassa de cette existence, ou plutôt se décida-t-il à sacrifier sa vocation aux sollicitations de ses parents, car il devint plus tard procureur général de la prévôté de Preny, se maria et eut un fils qui fut, à son tour, docteur en droit et doyen de l'Université de Pont-à-Mousson. Son âge, au moment où il entrait comme novice chez les jésuites, est indiqué par la lettre de son père (vingt ans, en 1610) ; la date de sa naissance est donnée non moins authentiquement, sous son autre titre, par un portrait gravé que possède M. N. Villiaumé, et qui est accompagné des indications suivantes: 1627, cetatis suce 3y. Ce qui établit, à n'en pas douter, l'identité des deux personnages.

Page 25, ligne 1 1 : Monsieur de Roully...

Il s'agit de Jacques de Cailly, sieur de Rouilly, beaufrère de Charles du Lys, avec lequel il vivait, ne formant qu'une famille, où la vénérable octogénaire, madame de Cailly, leur mère, était entourée des soins de tous ses enfants. (Voir Ch. du Lys, Traité sommaire, éd. Vallet de Viriville, p. 95.)

Jacques de Cailly était doué de beaucoup d'érudition et

fort ami des lettres. L'ouvrage de Hordal en donne la preuve: car il débute, suivant Tusage, par des témoignages de sympathie et des louanges des lettrés contemporains : or, de ces petites pièces de vers, la première (6 vers latins) est de Charles du Lys; la seconde (18 vers italiens), de Madame Catherine de Cailly , dame du Lys; puis en viennent quatre : la troisième (6 vers espagnols), la quatrième (4 vers latins), la cinquième (14 vers français) et la sixième (4 vers français), qui portent la signature de Jacques de Cailly, gentilhomme Orléanais. Ces pièces font voir combien il portait d'intérêt à Tœuvre entreprise par Hordal.

Page 27, ligne 2 : à Barisey-au-Plein...

Barisey-au-Plain, canton de Colombey-les-Belles, arrondissement de Toul (Meurthe).

Page 27, ligne 8 : à Neuf château, la Mothe...

Jeanne d'Arc a certainement été à Neufchâteau. Son souvenir y est religieusement gardé et l'on connaît encore la maison où elle habitait.

Quant à la Mothe, ville célèbre par ses deux glorieux sièges et par l'impitoyable destruction dont elle fut frappée, rien, dans la tradition du pays, n'y rappelle le passage de la Pucelle. Les souvenirs qui s'y rattachent ont un caractère exclusivement lorrain.

Page 28, ligne 3 : de son Altesse,.. '

C'était le bon duc Henry, fils de Charles III et de Claude de France, digne successeur de son père. Sa bonté et sa libéralité excessives étaient ses seuls défauts. Son règne, encore heureux pour la Lorraine, bien que troublé dans les dernières années par l'ambition de son frère et de son gendre, dura de 1608 à 1624. Après ces derniers beaux jours vinrent de cruels orages.

Page 28, ligne 7 : la cour souveraine....

Dans le duché de Lorraine, la justice se rendait devant le tribunal des Assises, comprenant tous les gentilshommes d^ancienne chevalerie des bailliages de Nancy, de Vosges et d'Allemagne : dans le duché de Bar, c'était par le moyen d'un tribunal qui portait le nom de Cour souveraine, et qui siégeait à Saint-Mihiel : on appelait le fonctionnement de cette Cour, les grands-jours de Saint- MihieU L'établissement de ces grands-jours paraît dater du xiv« siècle. Charles III confirma cette Cour, avec plus d'étendue et de pouvoir, par son ordonnance du 8 octobre 1571. La Cour de Saint-Mihiel devint plus tard une des deux chambres de la Cour souveraine de Lorraine.

•Page 28, ligne 15: Mons^ de la Saussaye.. •

Charles de la Saussaye, doyen du chapitre d'Orléans, qui, en cette qualité, reçut Henri IV à Orléans le jour de la Nativité de saint Jean-Baptiste 1599; le siège étant alors vacant.

On a posé à la cathédrale d'Orléans (1876) un vitrail qui le représente ave; le souverain, au moment de la reconstruction de Sainte-Croix.

Charles de la Saussaye fut appelé à la cure de Saint- Jacques-la-Boucherie de Paris. Il mourut dans ces fonctions en 1 621. Il est auteur de l'ouvrage intitulé : Annales ecclesice aurelianensis. Parisiis, H. Drouard, 161 5. In-4».

Page 29, ligne 15 : MM. de Tournebus et Féron....

Il s'agit de Robert le Fournier, baron de Tournebut et de Lucas du Chemin, sieur du Feron, son neveu, l'un petitfils et l'autre arrière-petit-fils de Jeanne du Lys, épouse de François de Villebresmes. (Voir leur Généalogie, chapitre III.)

Page 30, ligne 8 : appelé Buré....

Burey-la-Côte , sur le ruisseau de Goussaincourt, à

1 1 kilomètres de Vaucouleurs, canton dudit, arrondissement de Commercy (Meuse).

Page 30, ligne 25 : ii/ sieur du Tillet,,,,

Mémoires et recherches touchant plusieurs choses mémorables pour l'intelligence de Vestat des affaires en France. Rouan, 1577, in-fol. ; Troyes, 1578, in-8% par Jean du Tillet, évêque de Meaux.

Page 30, ligne 29 : Isabeau de Vauthon....

Isabeau Romée était désignée par le nom du lieu dont elle était originaire, Vouthon Chaut et basj, à 8 kilomètres de Gondrecourt, canton dudit, arrondissement de Commercy (Meuse), à peu de distance de Domremy.

Ce nom fut porté par son frère et ses neveux et nièces, de préférence à leur nom patronymique.

Page 31, ligne 3 :feu M, Pinguet..,,

Il existait un lien de parenté que nous ne saunons définir, entre la famille du Lys et les Pinguet. Nous en trou* vons la preuve dans cette phrase du second mémoire de Charles du Lys (p. 75, chap. VII, infinéj :

€ Les dicts Charles, Luc et Jacqueline du Lys sont entrez en la parenté de plusieurs honnestes et bonnes familles, des Mariette,,, et des Pinguets, tant à Paris qu'en Picardie. »

Page 3 I, ligne 7 : sensu mirandus et annis....

Lorsque le vénérable chanoine Martin Pinguet fut enlevé par la mort, on lui érigea dans la nef de la cathédrale de Metz, au bas du grand escalier qui conduisait au jubé, à gauche, une tombe énorme de cuivre massif, sur laquelle il était représenté à genoux, les mains jointes, la face tournée vers la grande allée; sur cette tombe se trouvait l'inscription suivante, peinte en lettres d'or, et déjà presque

JO NOTES ET l^CLAIRCISSEMENTS.

effacée en 1760^ époque où fut exécutée la copie que j^ai sous les yeux :

Martinus Pinguet, sensu. mirandus et annis

Haec plus accepte reddidit ossa solo, ^quum qui coluit, clangore vocandus ab aito,

Judicii certus, non timet iile diem.

Jusqu'à la Révolution de 1789, les enfants de chœur dé la cathédrale allaient^ à Pissue de Toffice, s'agenouiller sur la tombe du bienfaiteur du chapitre. — fiégin, Histoire de la cathédrale de Met:(, t. I, p. 265.

Page 31, ligne 19 : Wassebourg.,..

Richard de Wassebourg, archidiacre de Verdun, auteur des Antiquités de la Gaule Belgique, 2 tomes en i volume in-folio, 1 549; on le vend à Paris ... par Vincent Sertenas ... et aussi se vendait en la cité de Verdun : (ouvrage rare).

Page 35, lignes : trois petits fils.,,.

A la suite de la double perte qu'il venait de subir, Hordal dit qu'il lui reste trois petits fils, de huit ans, six ans, trois mois, et une fille de neuf ans et demi.

Ces trois fils étaient : !• Charles, né en 1602, qui devint conseiller d'Etat, et fit souche; 1* François, né en 1604, qui fut doyen de l'église de Brisach, après son oncle, et siégea au Conseil souverain d'Alsace; ^'^ Christophe, né en 1609, devenu abbé de Saint-Remy de Lunéville. Sa fille Catherine était née en 1601 ; nous ignorons si elle contracta alliance.

Page 33, ligne 24 : les Jésuites... en ces quartiers

Dés 1558, les Jésuites avaient été appelés dans le voisinage de la Lorraine, à Verdun, par l'évêque Pseaume, pour y fonder une sorte d'université que le manque de ressources fit réduire à un collège. Peu après, ils avaient établi des maisons à Saint-Nicolas-de-Port, à Pont-à- Mousson et à Sainte-Marie-aux-Mines, et les prédications

dont ces lieux étaient devenus le centre n'avaient pas été sans rappeler à la religion catholique beaucoup de protestants. La fondation de l'université de Pont-à-Mousson donna une augmentation considérable à Pinfluence des Jésuites en Lorraine. Il fut convenu qu'ils y fourniraient un personnel de soixante-dix Pères. Leur noviciat, établi à Saint-Nicolas-de-Port, fut, en 1602, transféré à Nancy, dans une maison qui leur fut généreusement donnée par Antoine de Lenoncourt, primat de Lorraine, et à laquelle le prince Eric de Lorraine, évêque de Verdun, attacha une riche dotation. Le noviciat des Jésuites est devenu, en 1768, le collège et, dans les premières années de ce siècle, l'hospice Saint-Stanislas.

Il ne pas faut oublier de rappeler que ce fut de Pont-à- Mousson que fut envoyée à Henri IV, lors de son voyage à Metz en 1602, une députation de Jésuites, à la tête de laquelle était le célèbre père Cotton, pour solliciter de lui la levée de l'édit d'expulsion qui avait été lancé contre la compagnie en France. Les éloquentes instances des députés trouvèrent le chemin du cœur du roi et ils obtinrent gain de cause.

Page 35, ligne 17 : l'histoire de la vertueuse Pucelle.,,

En se trouvant arrêté à la vingt-sixième feuille de son ouvrage, c'est-à-dire à la page 192, Hordal était fort près de le voir terminé : car ce livre compte en tout 254 pages, y compris le Privilège. Dans les sept feuilles et demie qui lui restaient à publier, figurent, en particulier, les témoignages des auteurs de toute nation et de toute provenance dont il parle à son cousin, sans oublier de nombreux emprunts à l'érudition classique. Nous pouvons, dès à présent, considérer le livre comme assez près d'être livré au public pour pouvoir en donner la description complète.

Le titre, compris sous forme de cartouche dans une superbe gravure de Léonard Gaultier, est le suivant :

Heroince nobilissimœ Joannce Darc Lotharingce vulgo

Aurelianensis puellœ historia Ex variis gravisaimœ atque incorruptissimœ fidei scriptoribus excerpta, Ejusdem mavortiœ virginis innocentia a calumniis vindicata.

Authore Joanne Hordal serenissimi ducis Lotharingice consiliario et iv doctore ac prof essore publico in aima universitate Ponti-Mussana

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