‹ La famille de Molière et ses représentants actuels; d'après les documents authentiquesChapitre 23 sur 32 · XXVI. FINET, acteur dans la Comtesse d'Escarhagnas en · texte numérisé non relu

XXVI. FINET, acteur dans la Comtesse d'Escarhagnas en

XXVII. FOULLE-MARTIN, comédien de M. le Prince de Gonti, se joignit à Molière à Lyon en 1655.

XXVIII. GASSOT Philibert, sieur du Croisy, gentilhomme de la Beauce, entra dans la troupe du Petit- Bourbon dirigée par Molière en 1659, et en sortit le 18 avril 1689.

C'était un bel homme, fort gras et parfaitement honnête ; il mourut goutteux, à Tâge de 66 ans, en octobre 1695, à Sainte-Honorine, près Paris.

Il avait épousé Marie Claveau, d'une famille noble la généralité de Poitiers, et eut d'elle :

lo Marie-Angélique Gassot du Croisy, née, en 165

qui vécut très vieille, étant morte à Saint-Germain-en- Laye le 14 décembre 17S6, veuve de Paul Poisson; il est douteux qu'elle ait eu du talent : la critique ne la ménagea guère :

Elle a la taille fort mignonne.

Beaucoup d'esprit et bien de l'agrément, La bouche belle et beaucoup d'enjoûment, Mais son papa de trop près la talonne.

2° Angélique Gassot du Croisy, née en 1660, morte en février 1670.

— Une sœur de du Croisy avait épousé Bellerose, célèbre comédien de THôtel de Bourgogne : après la mort de son mari, arrivée en 1670, elle se retira à Gonflans- Sainte- Honorine.

XXIX. GAUDON, acteur, le 2 décembre 1671, dans la Comtesse d'Escarhagnas.

XXX. GEOFFRIN ou JOFRAIN Julien, comédien du Marais en 1610, associé de Molière en 1659; — mort le vendredi saint, 26 mars 1660, et inhumé à Saint- Germain-PAuxerrois.

De sa femme, que nous ne connaissons pas, il eut : Claude Geoffrin, né en 1639, mort en 1721 ; célèbre prédicateur connu sous le nom de Dom Jérôme de Sainte- Marie.

Il a laissé un Recueil de sermons imprimés à Paris en 1737.

XXXI. GORLA (Marquise-Thérèse de), dite ^"^ D% Parc : elle devait être fille de Jacques Gorla, opérateur, né à Rozel, pays des Grisons.

Elle fut célèbre comme tragédienne, comédienne et dmseuse : M. Ch. Louandre, citant le Mercure de France de 1740, rappelle qu'elle faisait certaines cabrioles remar-

quables pour son temps et qu'on « voyait ses jambes au moyen d'une jupe qui était ouverte de deux côtés, avec, des bas de soie attachés au moyen d'une petite culotte. » C'était la première forme du maillot.

Elle avait épousé, à Lyon, le 23 février 1653, René Berthelot du Parc, dit Gros René : elle mourut le 11 dé-, cembre 1668, âgée de 2o ans.

Molière, dans le Mariage forcé, lui adressa (dit-on, avec intention), cette amoureuse déclaration : « Vous » allez estre à moi depuis la teste jusqu'aux pieds et je » serai maistre de tout : de vos petits yeux éveillez, de » vostre petit nez fripon, de vos lèvres appétissantes, » de vos oreilles amoureuses, de vostre petit menton » joly, de vos petits tétons rondelets, de vostre... Enfin » toute vostre personne sera à ma disposition. »

Gros René. — Yoy. Berthelot et Gorla.

XXXII. GUYOT, comédienne de l'Hôtel Guénégaud, qui devait être d'origine parisienne, car le nom était commun à Paris au xvii® siècle.

On fit sur elle cette cruelle épigramme :

De la Guyot, je ne vous dirai rien; De tout ce que j'en sais, on doit faire un mystère. Quand on ne peut dire du bien, On fait beaucoup mieux de se taire.

L'Hermite Jean-Baptiste, sieur de Vauselle. — Voy. le Répertoire alphabétique.

Hervé (madame). — Voy. au Répertoire alphabétique BÉJARD Geneviève.

XXXIII. HUBERT André, Parisien, acteur au Marais, puis à la troupe de Molière en 16o8 et à l'Hôtel Guénégaud en 1673 : il jouait principalement les rôles de femmes.

Il se retira le 14 avril IG80 et mourut le 17 novembre 1700.

Nous ignorons le nom de sa femme, qui n'était pas comédienne.

JoDELET. — Voyez Bedeaux Julien.

Lagrange. — Voy. Varlet.

La Thorillière. — Voy. Le Noir.

XXXIV. LEGLERG ou mieux LE GLERG DUROZET, Catherine, dite M^^^ de Brie, née de 1630 à 1635, entrée dans la troupe de Molière à Lyon en 1653; mariée à Edme Villequain, sieur de Brie, dont elle eut un enfant le 17 novembre 1659; morte le 19 novembre 1706.

D'un rare talent, grande, jolie et bien faite : dans sa vieillesse elle avait maigri considérablement, tout en conservant sa fraîcheur : témoin ces vers :

Il faut qu'elle ait été charmante, Puisqu'aujourd'hui, malgré ses ans, A peine des charmes naissants Égalent sa beauté mourante.

L'EsPY. — Voy. Bedeaux François.

XXXV. LE NOIR François, père, sieur de la Thorillière, né à Paris vers 1626, gentilhomme et capitaine d'une compagnie de gens de pied dans le Régiment de Lorraine, puis maréchal de camp.

« Mordu du démon du théâtre », il entra dans la troupe de Molière de 1662 à 1669 et composa une tragédie, Cléopâtre, représentée en 1667.

G'était un fort bel homme, de haute taille, et en outre un bon acteur, quoique Gollé, dans son Journal^ l'ait injustement appelé un grimacier.

Il eut les trois enfants qui suivent :

10 Charlotte Le Noir de la Thorillière, qui épousa le célèbre Baron;

2° Thérèse Le Noir de la Thorillière, femme de Florent Carton, sieur d'Ancourt, qui l'enleva secrètement;

3° Pierre, qui suivra.

La Thorillière mourut, le 27 juillet 1680, du chagrin que lui avait causé le rapt de sa fille; il a laissé, dans les Archives de la Comédie-Française, des manuscrit qui viennent d'être publiés.

— Voy. p. 14 de la Généalogie des Pocquelin, les Noir de Verneuil, qui étaient de la même famille.

XXXVL LE NOIR Pierre, sieur de la Thorilhèi fils du précédent, né en 1656, apprit de Molière la ce médie et joua en 1671.

C'est, dit M. Soleirol, l'un des talents les plus parfait qui brillèrent sur la scène française.

11 eut pour femme Catherine Biancolelli, fameuse actrice de la Comédie-Italienne, plus connue sous le nom de Colombine, qui lui donna :

Anne-Maurice Le Noir de la Thorillière, acteur du Théâtre-Français.

Nous avons été surpris de lire dans l'excellent livre de notre confrère, M. Jules Claretie, ayant pour titre : Molière, sa vie et ses œuvres, p. 181, que Pierre Le Noir de la Thorillière, le fils, ne figura guère dans la troupe de Molière que pour jouer un petit Amour dans Psyché.

XXXVII. LE NOIR de la Thorillière Thérèse, sœur aînée de Pierre, débuta en 1671 : nous venons de la citer comme ayant été enlevée par d'Ancourt; elle ne fut qu'une actrice médiocre.

Nous devons rappeler ses deux filles, dont nous ne

connaissons que les petits noms, dus sans doute à leur extrême beauté :

jo Manon^ très ordinaire comme comédienne ;

2'' Mimi,à\iQla belle d'Àncourtj dicince pleine de talent.

XXXVIII. MALINGRE Madeleine, que M. Soulié croit la fille d'un maître menuisier, Adrien Malingre, demeurant, en 1643, rue des Vieux-Augustins.

Elle avait quitté la troupe de Molière en 1645.

XXXIX. MARGOUREAU Guillaume, sieur de Brécourt, Hollandais, né en 1637 ; poète médiocre, mais très bon comédien ; c'est de lui que Louis XIV disait « qu'il ferait rire des pierres. »

Il se maria avec Étiennette des Urlis, comédienne du Marais, sœur de Catherine des Urlis, de la troupe de Molière, et mourut le 28 mars 168o, rue de Seine, aux Trois-Poissons, de la rupture d'une veine en jouant la pièce de Timon, une des six qu'il composa.

M. Herluison adonné dans sa brochure des ^l^^^éJ^^V/^^ civil d'artistes, musiciens et comédiens, l'acte d'inhumation de ce « comédien de la troupe du Roy, qui avoit renoncé à la comédie par acte dont la coppie est ci-dessous : »

« En présence de M. Claude Bottu de la Barondière, » prestre, docteur en théologie de la maison de Sor- » bonne, curé de l'église et paroisse Saint-Sulpice , à » Paris, et des témoins aprez nommez, Guillaume Mar- » coureau de Brécourt a reconnu qu'ayant cy-devant fait » la profession de comédien, il y renonce entièrement » et promet d'un cœur véritable et sincère de ne le plus » exercer ni monter sur le théâtre, quoiqu'il revînt dans » une pleine et entière santé. Fait à Paris, dans la mai- ^> son d'habitation dud. sieur Marcoureau de Brécourt... » le 15^ jour du mois de mars 168b. »

0 temporal 0 mores!

XL. MAROTTE Marie, dite Beaupré, actrice du Marais en 1669, connue aussi par un duel qu'elle eut sur la scène même avec Catherine des Urlis, qu'elle blessa sérieusement au cou : « J'étois, » dit Tallemant des Réaux, « aux petites comédies du Marais lorsque deux comédiennes se battirent tout de même sur le théâtre, après s'être querellées à la farce. »

Elle se retira en 1672 de la troupe de Molière; Sauvai a fait son éloge.

XLI. MARTINE, servante de Molière, qui joua dans les Femmes savantes, le 11 novembre 1672, le rôle de la Servante de cuisine : on a prétendu que Molière lui lisait ses pièces à l'avance afin de pouvoir surprendre les effets de certains passages chez les gens du peuple.

XLII. MENOU : Cette appellation qu'on retrouve , comme nom de famille, fort commune en Touraine, a été portée par une actrice de la troupe de Molière et a donné lieu à beaucoup d'incertitudes ; mais M. Loiseleur a démontré qu'elle n'était que \q petit nom d'Armande Béjard, la femme de Molière : n'était-elle pas l'actrice la plus parfaite de la troupe, très jolie et très gracieuse, tournant la tête à tout le monde?— Voy. au Répertoire des noms.

XLIII. MOLIÈRE : Après la femme doit venir, en dépit de l'ordre alphabétique, le mari ; au milieu de ses acteurs, le poète-acteur, le grand comique : nous n'avions garde de l'oublier ici, malgré les nombreux détails biographiques semés dans la Notice sur la famille Pocquelin, et notamment pages 38 et suivantes.

Mais ce que nous n'avons pas dit, c'est cette humouristique opinion du grand acteur anglais Jean-Philippe

Kemble, né en 1757, mort en 1823, déjà contée par M. Auger et citée par MM. Paul Albert et Jules Claretie:

« Je me figure que Dieu, dans sa bonté, voulant don- » ner au genre humain le plaisir de la comédie, créa » Molière et le laissa tomber sur terre en lui disant : » Homme, va peindre, amuser, et, si tu peux, corriger » tes semblables.

» Il fallait bien qu'il descendît sur quelque point du » globe, de ce côté du détroit ou bien de l'autre, ou > bien ailleurs. Nous n'avons pas été favorisés, nous » autres Anglais; c'est de votre côté qu'il est tombé.

» Mais il n'est pas plus à vous. Français, qu'à per- » sonne, il appartient à l'univers! »

Le grand critique allemand Goethe partageait cet enthousiasme lorsqu'il écrivait : « Quel homme que Mo- » lière! quelle âme grande et pure! Oui, c'est là le vrai » mot qu'on doit dire de lui : c'était une âme pure!.,. »

XLIV. MILLOT Philippe, « comédien nouvellement engagé dans la troupe de Vllhistre Théâtre, » suivant un acte du l^^" juillet 1644, reçu M" Biesta, not. à Paris; cité par M. Loiseleur, p. 378.

XLV. OLIVIER Jeanne, dite Bourguignon, connue sous le nom de i/i'e Beauval, née en 1647 en Hollande, riù elle fut trouvée, dit-on, à la porte d'une église et élevée jusqu'à l'âge de 10 ans par une blanchisseuse, qui la remit à Jean Monchingre, sieur de Philandre, chef d'une troupe nomade, établie à Rouen en 1667.

Elle était comédienne du Roi, avec Molière, en 1670 : quoique sachant à peine lire, elle était pleine d'esprit et de vivacité ; on lui a reproché de rire trop souvent.

Elle eut pour mari, en 1669, Jean Pitel, sieur de Beauval, officier du Roi, et mourut le 20 mars 1720, âgée de 73 ans.

M. Soulié rapporte, p. 283, l'acte de baptême, du 12 mai 1668, de Jeanne-Thérèse Olivier, fille de Pierre, qu'il croit sa parente ; un autre extrait des registres paroissiaux, du 15 novembre 1670, communiqué par M. Parent du Rosan, est le baptême de Jeanne-Catherine, fille de Jean Pitel, officier du Roi, et de Jeanne Olivier, femme ; par conséquent la fille de notre actrice.

XLVI. PINEL Georges, maître écrivain, époux d'Ani Pernay, associé de Y Illustre Théâtre en 1643.

On croit que c'est lui, « le maître de pension, » qi envoyé pour détourner Molière du théâtre, se laissa bien prendre aux paroles enthousiastes de son ancien" élève, qui lui promit qu' « il seroit le Docteur de leur Comédie et lui persuada que le peu de latin qu'il savoit, le rendroit bientôt capable d'en faire le personnage. » Il n'avait pas la vocation de notre poète comique et se dégoûta vite : en 164b, il était retourné à ses écritures.

XLVII. PITEL Henri, sieur de Longchamp, acteur de Molière en 1659, avec qui il ne joua qu'en province ; on lui connaît deux enfants :

1° Anne Pitel, femme Michel Durieux ;

2» Françoise dite Fanchon Pitel, mariée à Jean-Baptiste Raisin : le talent et la beauté rendirent ce couple célèbre.

XLVIII. PITEL Jean, sieur de Beauval, frère du précédent, d'abord moucheur de chandelles dans la troupe de Paphetin à Lyon, puis comédien du Roi en 1670; très honnête homme, très aimé de ses camarades, bon père de famille, ce qui fut fort heureux, puisque, de Jeanne Olivier dite Bourguignon, il eut vingt-huit enfants, parmi lesquels nous n'en citerons que trois :

1° Louise Pitel, ci-après;

1,A FAMILLE POC.ULKLLN. d'i

2° François Pitel de Beauval, morl le :'.l octobre 11)70: o-^ Jeanne-Catherine Pitel, baptisée à Auteuil le i:i novembre de la même année.

Beauval mourut le -il) décembre 1709.

XLIX. PITEL de Beauval Louise, née en lOi");'), débutante en 1673 dans le Malade Imaginaire^ retirée le 3 avril 1718.

Elle ne fut guère heureuse avec ses maris, puisqu'elle en eut trois :

1^ Jacques Bertrand;

2° François Deshayes;

Z^ Pierre Tronchon de Beaubourçr, en 1G91.

Elle survécut au dernier et mourut, àuée de 7o ans, le M juin 17-10.

PoGQUELiN Jean, dit Jean-Baptiste, sieur do Molière. — Voy. ce nom.

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