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DE LA TROUPE DE MOLIÈRE NOTES BIOGRAPHIQUES

I. BARILLONXET : enfant cité, par M. Soleirol, comme ayant joué le rôle d'un Amour dans Psyché en janvier 1671, aux Tuileries.

Baron. — Voy. Boyron.

II. BEDEAlX Julien, dit Jodelet, comédien de l'Hôtel de Bourgogne dès 1039, entré chez Molière en 1659; enterré à Saint-Germain-l'Auxerrois le 27 mars 1660; l'acte le qualifie de Comédien du Roy. — Excellent bouffon.

III. BEDEAUX François, dit VBspy, frère du précédent, aussi à l'Hôtel de Bourgogne en 1639, puis à la troupe de Molière; — sans réputation. — On trouve qu'un Simon Bedeau, maître sellier et carrossier à Paris, était en 1643 subrogé tuteur des enfants de Joseph Béjardet de Marie Hervé.

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IV. V. VI. BÉJARD Jacques, de l'Illustre Théâtre, — Béjard Louis, dit YÉguisé, très célèbre acteur, en 1645 à Y Illustre Théâtre, en 1658 au Petit-Bourbon, en 1661 au Palais-Royal, — Béjard Madeleine, directrice de V Illustre Théâtre en 1645, comédienne de talent, — Voy. ces noms au Répertoire alphabétique. — Béjard Armande (mad. Molière). — Voy. Menou.

VII. BERTHELOT René, dit le Gros René, ou « l'homme à la grosse bedaine » (Loret), entra en 1653 dans la troupe de Molière, et mourut le 4 novembre 1664. Molière lui a fait dire :

Je suis homme fort rond de toutes les manières.

Il avait épousé Marquise-Thérèse de Gorla, dite Mlle Du Parc. — Voy. ce nom.

VIII. BEYS Denis, en \U^b.Y Illustre Théâtre, quitta en 1645 et mourut à Paris en 1659.

M. Soulié le dit le même que Charles de Beys, auteur de deux tragi-comédies données en 1635 à l'Hôtel de Bourgogne, et d'une comédie, l'Hôpital des Fous, jouée Tannée suivante : M. Loiseleur croit qu'ils étaient simplement de la même famille, car la signature de Beys est toujours, dans les actes relatifs à Y Illustre Théâtre, précédée d'un D.

IX. BOXENFAXT Nicolas, jeune clerc de procureur, qui avait perdu son père et dont la mère s'était remariée à un maître fourbisseur, l"un des Enfants de Famille, puis de Y Illustre Théâtre, où il ne resta que six mois.

X. BOXXEAU (mademoiselle), joua le 2 décembre 1671 dans la Comtesse d'Escarbagnas.

XI. BOULONNOIS parut le même jour à Saint-Germain-en-Laye, dans cette même pièce.

XII. BOURGEOIS Catherine, fille de Robert Bourgeois, bourgeois de Paris, où il demeura sur le fossé d'entre les portes de Bussy et de Nesle, faubourg Saint- Germain, puis rue des Nonaindières, paroisse de Saint- Paul, associée de l'Illustre Théâtre en 1643.

Bourguignon.— Voyez Olivier.

XIII. BOYRON Michel, dit BARON, baptisé à Paris le 8 octobre 1653, paroisse Saint-Sauveur : il était fils d'André Boyron, bourgeois de Paris, et de Jeanne Ausou. — La Biographie Universelle (Paris, 1833) le dit enfant d'un Michel Boyron qui était marchand mercier à Issoudun.

« Ce Comédien, le plus surprenant de la scène française » (Hillemacher, est l'auteur de Comédies, dont l'une, la Coquette, eut vingt-cinq représentations. Il mourut fort considéré le 21 décembre 1729.

Il épousa Charlotte Le Noir de la Thorillière, fille et sœur des acteurs de ce nom et eut :

Etienne Baron, comédien comme son père , qu'il n'égala point.

Brécourt. — Voyez Marcoureau.

Brillart. — Voyez Prévost.

XIV. BROUART Jeanne-Marie, qu'on croit femme d'un Jean Baraillon ou Barillon (d'où Baril lonnet, l'enfant cité en tête de ces notes), tailleur de la troupe de Molière, aurait joué en 1671 dans Psyché, d'après les frères Parfait.

Champmeslé. - Voy. Chevillet et Desmares.

XV. CHASTEAUNEUF, l'auteur de la farce La feinte mort de Pancrace (imprimée en 1663;, acteur de la troupe de Molière à Lvon en 1633, fut marié avec une fille de

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Duclos, comédien du Théâtre du Marais, et eut d'elle une fille :

Anne-Marie Chasteauneuf, née à Paris en 1664, qui devint une célèbre tragédienne sous le nom de i/lle Duclos, entra au Théâtre-Français en 1683, y resta jusqu'en 1737 et mourut en 1748.

XVI. CHEVILLET Claude, sieur de Champmeslé, né à Paris en 1701. Bon acteur : entré chez Molière avec Marie Desmares, sa femme, qu'il ne put qu'imparfaitement égaler.

Son Théâtre a été imprimé en 1742 et ses Chefs-d'œuvre dramatiques en 1789.

XVII. CLAVEAU (ou Clavereau) Marie, née en Poitou, où elle était « alliée à M. de Landas, lieutenant général de la Rochelle , parent de Joseph de Landas , sieur du Pin, Comédien de la troupe du Roi » [note ms. de madame Poisson, sa fille) : elle ne fut qu'une actrice médiocre.

Elle épousa le célèbre Philibert Gassot dit Ducroisy. — Voy, ce nom.

XVIII. CLÉRIN Germain, sieur de Villars, né en Provence, associé de Ylllustre Théâtre en 1643, suivit Molière dans cette province. — Les frères Parfait (xi-301) le disent frère d"Élisabeth-Edmée Clérin, femme Henri Cotton, du Théâtre du Marais.

XIX. CROJSAC. gagiste de la troupe de Monsieur, au Théâtre du Petit-Bourbon dès l'origine, en novembre 1638 : congédié à Pâques 16o9.

XX. DAUVILLIERS, d'une famille parisienne, comédienne de l'Hôtel Guénégaud en 1688; on fit sur elle cette méchante épigramme :

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On lui croit de la chasteté, Non que son humeur soit tigresse; Mais quand on manque de beauté, C'est la caution de la sagesse.

De Brie. — Yoy. Le clerc et Yillequain.

XXI. DESFONTAIXES Nicolas-Marie, avec Molière dès 1644, associé de Y Illustre Théâtre, auteur, de 1637 à 1647, de treize pièces de théâtre que les frères Parfait ont citées, t. Y, p. 338 ; il avait quitté Molière en août 1 645.

XXII. DESJARDINS Marie-Hortense, dite Madame de Villedieu, née à Alençon en 1632 ; actrice de la troupe de Molière en 1649.

Spirituelle et fort jolie, elle fit la conquête d'un jeune officier, M. Boissat de Yilledieu, qui, lui cachant qu'il avait déjà une femme, remmena épouser en Hollande; mais elle en fut vite veuve, son mari ayant été tué peu de temps après par un rival éconduit. Elle se retira alors au couvent de Conflans, d'où on l'exclut comme « auteur de romans. » D'infortune en infortune, elle épousa le marquis de Chattes, qu'elle ne savait pas avoir, lui aussi, sa femme encore vivante : ce mariage fut annulé et Marie-Hortense Desjardins reprit son nom de madame de Villedieu sous lequel elle a beaucoup écrit, même une tragédie et des poésies fugitives imprimées en 1710.

Elle était morte dans la misère, à Alençon. en 1683.

XXIII. DESMARES Marie, née en 1644, à Rouen, d'une famille honorable, mais devenue fort pauvre : elle est connue sous le nom de Mlle Champmeslé , ayant épousé Charles Chevillet. sieur dudit Champmeslé : comédienne à l'Hôtel Guénégaud en 1688.

Très bonne actrice, belle taille, organe expressif, physionomie pleine de sensibilité. Jugez-en :

A la plus tendre amour elle fut destinée,

Qui prit assez longtemps racine dans son cœur;

Mais par un insigne malheur, Un tonnerre est venu qui l'a déracinée.

Ducroisy. — Voy. Claveau et Gassot.

XXIV. DU FRESNE Charles, né à Argentan, fils d'un peintre du Roi : il était directeur d'une troupe de province qui donnait des représentations à Lyon quand Molière y vint : il suivit ce dernier en 1648 et devint son régisseur ; il se retira dans sa ville natale à Pâques 1659.

Duparg. — Voy. Gorla.

XXV. DUPIN, comédienne de l'Hôtel Guénégaud, ainsi dépeinte dans l'édition de 1688 de la Fameuse Comédienne :

Elle aime les plaisirs et veut qu'ils soient secrets;

Du moindre bruit son fier honneur s'offense : Elle a beau désirer des amants plus discrets,

Elle en a trop pour sauver l'apparence.

XXVI. F INET, acteur dans la Comtesse d'Escarbagnas en 1(371.

XXVII. FOULLE-MARTIN, comédien de M. le Prince de Conti, se joignit à Molière à Lyon en 1655.

XXVIII. GASSOT Philibert, sieur du Croisy, gentilhomme de la Beauce, entra dans la troupe du Petit- Bourbon dirigée par Molière en 1659, et en sortit le 18 avril 1689.

C'était un bel homme, fort gras et parfaitement honnête ; il mourut goutteux, à l'âge de 66 ans, en octobre 1695, à Sainte-Honorine, près Paris.

Il avait épousé Marie Claveau, d'une famille noble de la généralité de Poitiers, et eut d'elle :

1° Marie-Angélique Gassot du Croisy, née, en 1658,

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qui vécut très vieille, étant morte à Saint-Germain-en- Laye le 14 décembre 1756, veuve de Paul Poisson; il est douteux qu'elle ait eu du talent : la critique ne la ménagea guère :

Elle a la taille fort mignonne, Beaucoup d'esprit et bien de l'agrément, La bouche belle et beaucoup d'enjoûment, Mais son papa de trop près la talonne.

2° Angélique Gassot du Croisy, née en 1660, morte en février 1670.

— Une sœur de du Croisy avait éponsé Bellerose, célèbre comédien de l'Hôtel de Bourgogne : après la mort de son mari, arrivée en 1670, elle se retira à Conflans- Sainte-Honorine.

XXIX. GAUDOX, acteur, le 2 décembre 1671, dans la Comtesse cl'Escarlagnas.

XXX. GEOFFRIN ou JOFRA1N Julien, comédien du Marais en 1610, associé de Molière en 1639; — mort le vendredi saint, 26 mars 1660, et inhumé à Saint- Germain-i'Auxerrois.

De sa femme, que nous ne connaissons pas, il eut : Claude Geoffrin, né en 1639, mort en 1721; célèbre prédicateur connu sous le nom de Dom Jérôme de Sainte- Marie.

Il a laissé un Recueil de sermon* imprimés à Paris en 1737.

XXXI. GORLA (Marquise-Thérèse de), dite Mlle Du Parc : elle devait être filie de Jacques Gorla, opérateur, né à Rozel, pays des Grisons.

Elle fut célèbre comme tragédienne, comédienne et danseuse : M. Ch. Louandre, citant le Mercure de France de 1740, rappelle quelle faisait certaines cabrioles remar-

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quables pour son temps et qu'on « voyait ses jambes au moyen d'une jupe qui était ouverte de deux côtés, avec des bas de soie attachés au moyen d'une petite culotte. » C'était la première forme du maillot.

Elle avait épousé, à Lyon, le 23 février 1633, René Berthelot du Parc, dit Gros René : elle mourut le 11 décembre 1668, âgée de 25 ans.

Molière, dans le Mariage forcé, lui adressa (dit-on, avec intention', cette amoureuse déclaration : « Vous » allez estre à moi depuis la teste jusqu'aux pieds et je » serai maistre de tout : de vos petits yeux éveillez, de » vostre petit nez fripon, de vos lèvres appétissantes, » de vos oreilles amoureuses, de vostre petit menton » joly, de vos petits tétons rondelets, de vostre... Enfin » toute vostre personne sera à ma disposition. »

Gros René. — Voy. Berthelot et Gorla.

XXXII. GUYOT, comédienne de l'Hôtel Guénégaud, qui devait être d'origine parisienne, car le nom était commun à Paris au xvne siècle.

On fit sur elle cette cruelle épigramme :

De la Guyot, je ne vous dirai rien; De tout ce que j'en sais, on doit faire un mystère. Quand on ne peut dire du bien, On fait beaucoup mieux de se taire.

L'Hermite Jean-Baptiste, sieur de Vauselle. — Voy. le Répertoire alphabétique.

Hervé (madame). — Voy. au Répertoire alphabétique Béjard Geneviève.

XXXIII. HUBERT André, Parisien, acteur au Marais, puis à la troupe de Molière en 1 638 et à l'Hôtel Guénégaud en 1673 : il jouait principalement les rôles de femmes.

Il se retira le 14 avril 1685 et mourut le 17 novembre 1700.

Nous ignorons le nom de sa femme, qui n'était pas comédienne.

Jodelet. — Voyez Bedeaux Julien.

Lagrange. — Voy. Varlet.

La Thorillière. — Voy. Le Noir.

XXXIV. LEGLERG ou mieux LE CLERC DUROZET, Catherine, dite Mlle de Brie, née de 1630 à 1633, entrée dans la troupe de Molière à Lyon en 1653; mariée à Edme Villequain, sieur de Brie, dont elle eut un enfant le 17 novembre 1659; morte le 19 novembre 1706.

D'un rare talent, grande, jolie et bien faite : dans sa vieillesse elle avait maigri considérablement, tout en conservant sa fraîcheur : témoin ces vers :

Il faut qu'elle ait été charmante, Puisqu'aujourd'hui, malgré ses ans, A peine des charmes naissants Égalent sa beauté mourante.

L'Espy. — Voy. Bedeaux François.

XXXV. LE NOIR François, père, sieur de la Thorillière, né à Paris vers 1626, gentilhomme et capitaine d'une compagnie de gens de pied dans le Régiment de Lorraine, puis maréchal de camp.

« Mordu du démon du théâtre », il entra dans la troupe de Molière de 1662 à 1669 et composa une tragédie, Cléopâtre, représentée en 1667.

C'était un fort bel homme, de haute taille, et en outre un bon acteur, quoique Collé, dans son Journal, l'ait injustement appelé un grimacier.

Il eut les trois enfants qui suivent :

1° Charlotte Le Noir de la Thorillière, qui épousa le célèbre Baron;

2° Thérèse Le Noir de la Thorillière, femme de Florent Carton, sieur d'Ancourt. qui l'enleva secrètement;

3° Pierre, qui suivra.

La Thorillière mourut, le 27 juillet 1680, du chagrin que lui avait causé le rapt de sa fille ; il a laissé, dans les Archives de la Comédie-Française, des manuscrits qui viennent d'être publiés.

— Voy. p. 14 de la Généalogie des Pocquelin, les Le Noir de Verneuil, qui étaient de la même famille.

XXXVI. LE NOIR Pierre, sieur de la Thorillière, fils du précédent, né en 1636, apprit de Molière la comédie et joua en 1671.

C'est, dit M. Soleirol, l'un des talents les plus parfaits qui brillèrent sur la scène française.

Il eut pour femme Catherine Biancolelli, fameuse actrice de la Comédie-Italienne, plus connue sous le nom de Colombine, qui lui donna :

Anne-Maurice Le Noir de la Thorillière, acteur du Théâtre-Français.

Nous avons été surpris de lire dans l'excellent livre de notre confrère, M. Jules Claretie, ayant pour titre : Molière, sa vie et ses œuvres, p. 181, que Pierre Le Noir de la Thorillière, le fils, ne figura guère dans la troupe de Molière que pour jouer un petit Amour dans Psyché.

XXXVII. LE NOIR de la Thorillière Thérèse, sœur aînée de Pierre, débuta en 1671 : nous venons de la citer comme ayant été enlevée par d'Ancourt; elle ne fut qu'une actrice médiocre.

Nous devons rappeler ses deux filles, dont nous ne

connaissons que les petits noms, dus sans doute à leur extrême beauté :

1° Manon, très ordinaire comme comédienne ;

2° Mimi, dite la belle d'Ancourt, actrice pleine de talent.

XXXVIII. MALINGRE Madeleine, que M. Soulié croit la fille d'un maître menuisier, Adrien Malingre, demeurant, en 1643, rue des Vieux-Augustins.

Elle avait quitté la troupe de Molière en 1645.

XXXIX. MARCOUREAU Guillaume, sieur de Brécourt ^ Hollandais, né en 1637 ; poète médiocre, mais très bon comédien ; c'est de lui que Louis XIV disait « qu'il ferait rire des pierres. »

Il se maria avec Étiennette des Urlis, comédienne du Marais, sœur de Catherine des Urlis, de la troupe de Molière, et mourut le 28 mars 1683, rue de Seine, aux Trois-Poissons, de la rupture d'une veine en jouant la pièce de Timon, une des six qu'il composa.

M. Herluison a donné dans sa brochure des Actes d'état civil d'artistes, musiciens et comédiens, l'acte d'inhumation de ce « comédien de la troupe du Roy, qui avoit renoncé à la comédie par acte dontlacoppieest ci-dessous : »

« En présence de M. Claude Bottu de la Barondière, » prestre, docteur en théologie de la maison de Sor- » bonne, curé de l'église et paroisse Saint-Sulpice , à » Paris, et des témoins aprez nommez, Guillaume Mar- » coureau de Brécourt a reconnu qu'ayant cy-devant fait » la profession de comédien, il y renonce entièrement » et promet d'un cœur véritable et sincère de ne le plus » exercer ni monter sur le théâtre, quoiqu'il revînt dans » une pleine et entière santé. Fait à Paris, dans la mai- » son d'habitation dud. sieur Marcoureau de Brécourt... » le lbe jour du mois de mars 1685. »

0 temporal 0 mores!

XL. MAROTTE Marie, dite Beaupré, actrice du Marais en 1669, connue aussi par un duel qu'elle eut sur la scène même avec Catherine des Uiiis, qu'elle blessa sérieusement au cou : « J'étois, » dit Tallemant des Réaux, « aux petites comédies du Marais lorsque deux comédiennes se battirent tout de même sur le théâtre, après s'être querellées à la farce. »

Elle se retira en 1672 de la troupe de Molière; Sauvai a fait son éloge.

XLI. MARTINE, servante de Molière, qui joua dans les Femmes savantes, le 11 novembre 1672, le rôle de la Sériante de cuisine : on a prétendu que Molière lui lisait ses pièces a l'avance afin de pouvoir surprendre les effets de certains passages chez les gens du peuple.

XLII. MEXOU : Cette appellation qu'on retrouve , comme nom de famille, fort commune en Touraine, a été portée par une actrice de la troupe de Molière et a donné lieu à beaucoup d'incertitudes ; mais M. Loiseleur a démontré qu'elle n'était que le petit nom d'Armande Béjard, la femme de Molière : n'était-elle pas l'actrice la plus parfaite de la troupe, très jolie et très gracieuse, tournant la tête à tout le monde? — Yoy. au Répertoire des noms.

XLIII. MOLIÈRE : Après la femme doit venir, en dépit de Tordre alphabétique, le mari : au milieu de ses acteurs, le poète-acteur, le grand comique : nous n'avions garde de l'oublier ici, malgré les nombreux détails biographiques semés dans la Notice sur la famille Pocquelin, et notamment pages 38 et suivantes.

Mais ce que nous n'avons pas dit, c'est cette hnmouristique opinion du grand acteur anglais Jean-Philippe

Kemble, né en 1757, mort en 1823, déjà contée par M. Auger et citée par MM. Paul Albert et Jules Claretie :

« Je me figure que Dieu, dans sa bonté, voulant don- » ner au genre humain le plaisir de la comédie, créa » Molière et le laissa tomber sur terre en lui disant : » Homme, va peindre, amuser, et, si tu peux, corriger » tes semblables.

» Il fallait bien qu'il descendît sur quelque point du » globe, de ce côté du détroit ou bien de l'autre, ou » bien ailleurs. Nous n'avons pas été favorisés, nous » autres Anglais ; c'est de votre côté qu'il est tombé.

» Mais il n'est pas plus à vous, Français, qu'à per- » sonne, il appartient à l'univers! »

Le grand critique allemand Gœthe partageait cet enthousiasme lorsqu'il écrivait : « Quel homme que Mo- » lière! quelle âme grande et pure! Oui, c'est là le vrai » mot qu'on doit dire de lui : c'était une âme pure!... »

XLIV. MILLOT Philippe, « comédien nouvellement engagé dans la troupe de Y Illustre Théâtre, » suivant un acte du 1er juillet 1644, reçu M0 Biesta, not. à Paris; cité par M. Loiseleur, p. 373.

XLV. OLIVIER Jeanne, dite Bourguignon, connue sous le nom de MUo Beauval, née en 1647 en Hollande, où elle fut trouvée, dit-on, à la porte d'une église et élevée jusqu'à l'âge de 10 ans par une blanchisseuse, qui la remit à Jean Monchingre, sieur de Philandre, chef d'une troupe nomade, établie à Rouen en 1667.

Elle était comédienne du Roi, avec Molière, en 1670 : quoique sachant à peine lire, elle était pleine d'esprit et de vivacité ; on lui a reproché de rire trop souvent.

Elle eut pour mari, en 1669, Jean Pitel, sieur de Beauval, officier du Roi, et mourut le 20 mars 1720, âgée de 73 ans.

M. Soulié rapporte, p. 283, l'acte de baptême, du 12 mai 1668, de Jeanne-Thérèse Olivier, fille de Pierre, qu'il croit sa parente : un autre extrait des registres paroissiaux, du 15 novembre 1670, communiqué par M. Parent du Rosan, est le baptême de Jeanne-Catherine, fille de Jean Pitel, officier du Roi, et de Jeanne Olivier, sa femme ; par conséquent la fille de notre actrice.

XL VI. PINEL Georges, maître écrivain, époux d'Anne Pernay, associé de Y Illustre Théâtre en 1643.

On croit que c'est lui, « le maître de pension, » qui, envoyé pour détourner Molière du théâtre, se laissa si bien prendre aux paroles enthousiastes de son ancien élève, qui lui promit qu' « il seroit le Docteur de leur Comédie et lui persuada que le peu de latin qu'il savoit, le rendroit bientôt capable d'en faire le personnage. » Il n'avait pas la vocation de notre poète comique et se dégoûta vite : en 164b, il était retourné à ses écritures.

XL VII. PITEL Henri, sieur de Longchamp, acteur de Molière en 1639, avec qui il ne joua qu'en province ; on lui connaît deux enfants :

1° Anne Pitel, femme Michel Durieux ;

2° Françoise dite Fanchon Pitel, mariée à Jean-Baptiste Raisin : le talent et la beauté rendirent ce couple célèbre.

XLVIII. PITEL Jean, sieur de Beauval, frère du précédent, d'abord moucheur de chandelles dans la troupe de Paphetin à Lyon, puis comédien du Roi en 1670; très honnête homme, très aimé de ses camarades, bon père de famille, ce qui fut fort heureux, puisque, de Jeanne Olivier dite Bourguignon, il eut vingt-huit enfants, parmi lesquels nous n'en citerons que trois :

1° Louise Pitel, ci-après;

2° François Pitel de Beauval, mort le 31 octobre 1670 ; 3° Jeanne-Catherine Pitel, baptisée à Auteuil le 15 novembre de la même année.

Beauval mourut le 29 décembre 1709.

XLIX. PITEL de Beauval Louise, née en 1665, débutante en 1673 dans le Malade Imaginaire, retirée le 3 avril 1718.

Elle ne fut guère heureuse avec ses maris, puisqu'elle en eut trois :

1° Jacques Bertrand;

2° François Deshayes ;

3° Pierre Tronchon de Beaubourg, en 1691.

Elle survécut au dernier et mourut, âgée de 7b ans. le 11 juin 1740.

Pogquelin Jean, dit Jean-Baptiste, sieur de Molière. — Voy. ce nom.

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