DEUXIÈME BRANCHE DES POCQUELIN
Guy Pocquelin, marchand drapier, l'un des juges consuls de la ville de Paris, en 1668, époux de Suzanne Prévost (1), eut le fils qui suit :
Pierre Pocquelin, juge consul en 1685 (2), bourgeois de Paris, fit enregistrer à Y Armoriai général de France, Paris, II, p. 805, n° 640, les armoiries de la famille que le commis de d*Hozier transcrivit
(1) Cette antique famille bourgeoise a donné à la ville de Paris: le 6 juin 1418, Noël Prévost, prévôt des marchands ; le 16 août loo8, Pierre Prévost, élu de Paris, échevin et juge consul en 1564; en 1575, maître Augustin le Prévost, écrivain du Roy, échevin. — On sait que la noblesse fut accordée, au prévôt des marchands et aux échevins, par un grand nombre d'ordonnances royales, et notamment par Henri III en lb"7.
(2 Taschereau, p. 444. — Il est à remarquer que le nom de Pocquelin n'est pas cité antérieurement à ceux que nous avons indiqués.
LA FAMILLE POCQUELIX. 23
(V argent, à une forest (1) de sinople de laquelle sort un cerf au naturel sur une terrasse de sinople.
Il épousa Marie Suisse et eut d'elle quatre enfants :
1 ° Pierre-Antoine Poequelin ;
2° Louis-Claude Poequelin, l'un des huit valets de chambre de la maison de Mgr le duc d'Orléans, régent du royaume.
D'Hozier enregistra ses armes au tome IV de la Généralité de Paris, p. 135, n° 143 : Louis Poequelin, valet de chambre de Monsieur, porte (2) d'azur à un chevron d'or accompagné en chef de deux gerbes de mesme et en pointe d'un rocher d'argent ;
3° Thomasse-Simone Poequelin ;
4° Marie Poequelin, femme de M. de la Fosse (3).
(1) Les cinq arbres sont ici une forest; c'est ce que nous avons toujours pensé, mais ce n'était pas une raison pour que le commis de d'Hozier prit fantaisie d'en faire sortir un cerf au naturel : supposons que c'est là une brisure pour distinguer la branche cadette de son aînée.
(2) Ces armes ont dû être inscrites d'office : elles sont trop fantaisistes ; et cependant la mention porte indique, d'ordinaire, dans d'Hozier, qu'elles lui ont été fournies parla famille; c'était peutêtre une originalité de la part du déclarant : ce qui importait au fisc, c'était le paiement du droit de vingt livres pour l'enregistrement de chaque armoirie personnelle et non une rigoureuse exactitude dans le blasonneraent.
(3) Le Sire Pierre de la Fosse fut élu troisième consul de Paris en 1570. Cette famille a produit un peintre célèbre, Charles de la Fosse, né vers 1640. fils de l'orfèvre de la Fosse, et, en 1658, Antoine de la Fosse, sieur d'Aubigny, son neveu, poète distingué, qui n'est pas aussi connu qu'il devrait l'être. Sa tragédie de Manlius est restée au théâtre ; elle a de grandes beautés.
Ils étaient en 1769 (1) représentés par l'abbé de la Fosse, qui fut appelé à la lecture de Y F loge de Molière, mis au concours à l'Académie française, comme représentant la famille avec François Pocquelin , conseiller référendaire à la Cour des Comptes, vieillard plus qu'octogénaire. On sait que le buste du poète fut placé dans l'enceinte avec cette inscription proposée par Sauvain :
Rien ne manque à sa gloire, il manquait à la nôtre.
Le prix fut décerné à Sébastien-R.och Nicolas, dit Champfort, poète et littérateur.
(1) Mémoires secrets de Bachaumont, à la date du 2o août 1769.