‹ La Famille de Molière et ses représentants actuelsChapitre 6 sur 29 · AVERTISSEMENT. XI · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT. XI

Il mérita que le Père Bouhours lui consacrât cette épitaphe (1) :

Tu réformas et la ville et la cour ;

Mais quelle en fut la récompense!

Les Français rougiront un jour

De leur peu de reconnaissance.

Il leur fallut un comédien Qui mit à les polir sa gloire et son étude ; Mais, Molière, à ta gloire il ne manquerait rien, Si, parmi leurs défauts que tu peignis si bien, Tu les avais repris de leur ingratitude.

(1) Ménage, dans ses Observations sur la Langue françoise, II, p. 15, prétend que les vers que le P. Bouhours composa à la louange de Molière sont les meilleurs qu'il ait jamais écrits.

Lorsqu'à la mort de son père, Charles VII se fit couronner Roi de France à Poitiers, en novembre 1422, il ne possédait plus que ce qui était outre la Loire, excepté la Guyenne (1) : il résidait en Berry et on ne l'appelait plus, par dérision, que le Roi de Bourges. Les Anglais et les Bourguignons tenaient les meilleures provinces de notre pays, la Normandie entière, la Picardie et presque tout le pays de l'Escaut à la Loire.

Le monarque français n'en commença pas moins la lutte contre ses ennemis ; ce ne fut qu'une triste suite de désastres, dont le premier fut la défaite de Crevant, près d'Auxerre, en 1423, à laquelle succédèrent la prise d'Ivry le 15 août 1424 et la déroute de Verneuil, le surlendemain. On trouva sur le champ

(1) Mézerai, Abrégé chronologique, II, 487.

de bataille deVerneuil le corps du comte Douglas (1) qui, en haine de l'Angleterre, avait amené à Charles VII, comme auxiliaires, quatre mille soldats écossais. Dans la suite, ces étrangers lui furent du plus utile secours : aussi lorsqu'il eut, grâce à l'aide miraculeuse de Jeanne d'Arc, chassé l'ennemi des territoires usurpés, et qu'il se fut fait sacrer à Reims, le Roi de France songea, vers 1445, à constituer, avec les survivants de ce corps d'élite, une Compagnie de Gens d'armes, et, en 1453 (2), une garde attachée à sa personne, sous le commandement du général Patilloc : cette garde fut appelée depuis (3) Compagnie des gentilshommes extraordinaires, par opposition à celle des gentilshommes ordinaires établie par Louis XI (4) pour sa défense personnelle.

Antoine Bret, dans son Supplément à la Vie de Molière (5), affirme qu'un Écossais du nom de Pocquelin fut l'un de ces gardes étrangers, et qu'à la paix,

(1) Archibald, comte de Douglas, était un seigneur fort considéré dans son pays par sa qualité, ses richesses et ses alliances, mais plus encore par son mérite et son expérience dans l'art militaire : il fut fait duc de Touraine.— Voy. Rapin Thoyras, Histoire d'Angleterre, éd. in-4°, IV-21.

(2) Rapin Thoyras, ibideï/l.

(3) P. Daniel, Hist. abrégée de la milice françoise, I, 407.

(4) Ils recevaient 20 écus par mois: sous Charles IX, on les appela Gentilshommes au Bec à Corbin, delà forme de leurs haches imitant un bec de faucon.

(o) Le livre de ce commentateur de Molière parut en 1773, à une époque ou le nom de Pocquelin n'était pas encore entièrement éteint.

ses descendants s'établirent en France (1), où ils jouirent longtemps des droits de la noblesse. Mais les malheurs de cette époque tourmentée leur firent bientôt une nécessité du commerce : c'est ce qui explique qu'on les trouve, au xve siècle, fixés dans la ville deBeauvais, où se voyait (2) cette inscription lapidaire :

Cy deuant gist vng honeste marchan

Et bon bovrgeois lorsqv'il estoit marchant

De tovs ayrné prisé et estimé

Pocqvelin nommé et Martin cognommé,

Qvi trépassa d'octobre le treziesme

Lan de grâce cinq cent vingt et vngiesme.

Nous n'avons pu trouver aucun document qui nous dise quelle fut, s'il en eut une, la femme de ce Martin Pocquelin, né vers 1460 (3), marchand et bon bourgeois de Beauvais, où il mourut le 13 octobre 1521 : en l'absence de titres, il nous faut commen-

(1) Bret les dit établis àTournayetà Cambrai. C'est une erreur (Lettre de M. le Bibliothécaire de Cambrai, du 14 novembre 1863). — Ce ne fut qu'à la fin du xvn° siècle, qu'un Claude Pocquelin, comme on le verra ci-après, fut Directeur des gabelles et des traites en Picardie, où se marièrent deux de ses cousines.

(2) Soulié, Documents, note de la p. 197.

(3) M. Taschereau, qui a écrit une excellente Histoire de la vie et des ouvrages de Molière, Paris, 182o, constate que le nom a subi de nombreuses variations: « Les registres de l'Etat Civil, fort mal tenus alors, portent tantôt Pougelin et tantôt Pocguelin, Poguelin, Poquelin, Pocquelin, et même Poclin, Poclain, et Pauquelin. » — Nous avons adopté l'orthographe Pocquelin parce qu'elle est certifiée par les signatures au bas des actes authentiques.

cer le premier degré de cette généalogie par le suivant, probablement son fils :

N... Pocquelin qui dut naître de 1400 à 1405 et fut père de :

1° Louis Pocquelin qui suit ;

2° Simone Pocquelin, née en 1527, qu'une pierre tumulaire, conservée au musée de la ville de Beauvais sous le n° 248, rappelle comme suit : « Cy devant gist honeste feme dame Simone » Pocqvelin femme d'Antoine Bachelier, mar- » chant et bovrgeois de Beawais, laqvelle tré- » passa le XXe iovr daovst 1502 âgée de LXV » ans. »

3° Le P. Alexandre Pocquelin, Bellovacus, religieux représenté dans un tableau du musée de Versailles peint vers 1640.

Louis Pocquelin, né vers 1525, marchand tapissier à Beauvais, dont le nom de la femme ne nous est pas davantage connu, mais qui certainement s'é-

LA FAMILLE POCQUELIN. o

tablit à Paris (1) comme tapissier vers 1380 et y fut la souche d'une très nombreuse lignée par son fils : Jehan Pocquelin qui suit :

Jehan Pocquelin (2), que les registres 'paroissiaux de Saint-Eustache, de Paris, vont quelquefois dénommer Pouquelain, d'abord porteur de grains, tint, après la mort de son père, la boutique de ce dernier, située rue de la Lingerie, où pendait pour enseigne l'image de Sainte Véronique.

On va peut-être s'étonner que Beffara n'ait pas cité les actes baptistaires de ses trois premiers enfants, mais la raison en est dans ce fait que lui-même signalait dans une lettre, du 8 mai 1830, à M. Aimé- Martin, « que ses recherches ri avaient porté que sur environ la moitié des registres des paroisses de Paris. »

Les incendies de la Commune, le 24 mai 1871, en détruisant ces anciens et si précieux documents, ne permettent plus de compléter son travail : force nous est donc de nous en tenir aux pièces authentiques

1 Catalogue du Musée de Beauvais. imprimé dans le Recueil de la Société Académique de l'Oise, t. V. — Soulié, p. 197.

■2 V. actes baptistaires des lo janvier 1662 et 10 août 162o aux Pièces justificatives.

6 LA FAMILLE P0CQUEL1N.

qui se peuvent rencontrer ailleurs : du nombre est une généalogie manuscrite extraite d'un tableau des alliances de la famille Brochant et conservée aux Archives nationales sous la cote M 572 u (1) ; elle nous apprend que Jehan Pocquelin épousa Anne Gaude, de qui il eut :

1° Robert Pocquelin, lequel continuera ;

2° Guy Pocquelin, dont la postérité sera rapportée après celle de son frère ;

3° Louis Pocquelin, auteur d'une troisième branche ;

BerTara nous montre qu'en vue d'un second mariage, Jehan Pocquelin fut fiancé, le 19 juin 1594 (2), à Agnès Mazuel, fille de Jean Mazuel, violon ordinaire du Roi, que, veuf d'Anne Gaude, il épousa le 1 1 juillet suivant ; leurs enfants furent :

4° Jehan Pocquelin, auteur de la branche dite de Molière ;

5° Pierre Pocquelin, baptisé le 13 mai 1596, marchand mercier, rue de la Ghanvrerie ;

6° Jeanne Pocquelin, baptisée le 8 juin 1597, ma-

(1) Nous en devons la précieuse communication à notre ami M. Eud. Soulié, avec lequel nous avons quelque temps correspondu au sujet de Molière. — V. aux Pièces justificatives.

(2) Beffara, Généalogie de Molière en tête de l'édition Auger : nous la reproduisons dans nos Pièces justificatives.

riée en janvier 1615 à Toussaint Perrier (1), marchand linger ;

7° Marie Pocquelin, baptisée le 15 janvier 1599, mariée en août 1618, à honorable homme Martin Gamard (2), maître tailleur d'habits ; d'où : Nicolas Gamard.

8° Nicolas Pocquelin, baptisé le 4 mars 1600, qualifié dans un acte du 29 mars 1637, reçu Mouffle et Levasseur, notaires au Châtelet de Paris, de tapissier et concierge de la maison de Me de Liancourt (3) ; il fut marié à Jeanne Varet (4), comme l'indique son contrat, passé le 22 février 1645, devant Mareau et Legay, notaires audit Châtelet ;

9° Agnès Pocquelin, baptisée le 27 novembre 1601, mariée, en juillet 1625, à François Rozon, huissier au Châtelet, qu'elle rendit père de : Agnès Rozon, mariée à Louis Bellier.

1 0° Guillaume Pocquelin, baptisé le 21 avril 1603 ;

11° Adrienne Pocquelin, baptisée le 29 mars 1609 ;

12° Martin Pocquelin, baptisé le 21 janvier 1616, marié, en juillet 1635, avec Marguerite Fleurette, morte le 16 octobre 1636 ;

(1) Beffara écrit Perrier ou Perret, mais un acte du 22 février 1621, cité par Soulié, Doc. I, dit Perier. — On le trouve orthographié Ferier dans un acte de baptême du 10 août 162o.

(2) Acte du 22 février 1621, déjà cité.

(3) Transaction rapportée par M. Soulié, Doc. IV.

(4) Inventaire du 14 avril 1670. — Soulié, Doc. XXXVII.

13° Louise Pocquelin, femme, en août 1G37, de

Charles Droguet.

Robert Pocquelin, marchand mercier à Paris, fut l'un des juges consuls (1) de cette ville en 1647.

Cette juridiction très importante et qui donnait la noblesse, fut créée par Ordonnance du Roi Charles IX en novembre 1563 (2). Chaque année, ordinairement le dernier jour de janvier, on assemblait les notables marchands bourgeois de la ville de Paris, et on élisait trente d'entre eux comme consuls, lesquels, à leur tour, procédaient à l'élection de cinq juges consuls chargés, pendant un an, de rendre la justice en matière de commerce.

Cinq qualités (3) étaieut nécessaires pour parvenir au consulat à Paris : la première, d'avoir été marchand ou l'être actuellement ; la seconde, d'être natif et originaire du royaume ; la troisième, de demeurer dans Paris ; la quatrième, d'être de bonnes mœurs et sans reproches ; la cinquième, d'avoir porté les charges de son corps. Ils jugeaient en dernier

(i Mss. de la bibliothèque Mazarine, cité par M. Tascnereau. Notes, p. 334.

(2j Hév. P. Breuil, Antiquités de Paris, 1640, p. 725.

(3 Guide du Corps des Marchands et des Gommtmautés de Paris, 1766, p. 44.

ressort jusqu'à oOO livres ; l'appel de leurs jugements portant condamnation à une somme excédante se relevait dans les trois mois au parlement de Paris.

Notre Robert Pocquelin épousa Simone Baudouin ( 1) et eut d'elle un grand nombre d'enfants, parmi lesquels le document que nous avons cité ne relate que les suivants :

l°N... Pocquelin, morte fille ; 2° Robert Pocquelin l'aîné '(2), mercier, juge consul en 1663 : de Madelle de Lubert, sa femme, il eut :

a. Robert Pocquelin le jeune, né vers 1630, curé de Saint-Sauveur, mort à l'âge de 85 ans, docteur en théologie de la maison et société de Navarre et doyen de la Faculté de Paris (3) ;

b. Constance Pocquelin, femme de Mr Josse (4) de la Péronie ;

1 ML Taschereau écrit Simone Gandouin; il prétend que ce « Robert Pocquelin. parent de Molière, donna le jour à vingt enfants. * — P. 427. — On trouve en 1713 Antoine Baudouin, gentilhomme servant à Madame la Duchesse d'Orléans .

(2) « C'est lui (V. Soleirol, Molière et sa troupe, 1858, p. 42) qui figurerait dans les actes de mariage des enfants d'un frère de Molière, qu'il traite de neveux. » — Beffara a confondu Jean-Baptiste Pocquelin qui formera le cinquième degré, avec Jean-Baptiste Pocquelin de Molière.

(3. Gazette de France, du 1-2 avril 171o, p. 24. — M. Soulié, malgré l'affirmation de Beffara, avait bien compris que ce « Robert Pocquelin appartenait à une autre branche de la famille de Molière. *> — V. p. 12, Note.

(4V) Vieille famille parisienne qui avait donné Maître Claude Josse, receveur des bois, élu échevin le 16 août 1596.

c. Anne Pocquelin, femme de M. Mandat ;

3° Pierre Pocquelin, marchand mercier, directeur de la Compagnie des Indes, marié à Melle Brochand (1), d'où :

d. Pierre Pocquelin, chartreux ;

e. et /. Deux filles religieuses annonciades de Saint-Denis ;

4° Jean-Baptiste Pocquelin, qui suivra ci-après ; 5° Philippe Pocquelin , époux de Françoise Simonet.

1? Armoriai général de France dressé par d'Hozier, en vertu d'un édit de novembre 1697, constate, Gén. de Paris, Reg. I, p. 228, n° 141, que « Françoize Simonet, veuve du sieur Philippe Pocquelin, marchand bourgeois de Paris, porte d'argent à cinq arbres de sinople dont trois de haute tige et deux plus petits posés entre les trois, le tout sur une terrasse de sinople. »

Leurs enfants furent :

g. N... Pocquelin, épouse de Mr Jacquier ; h. Claude Pocquelin, Directeur général des

gabelles et des traites (2) en Picardie ;

On trouve dans l'Armoriai de cette dernière province, p. 402, n° 386, qu'il portait « d'argent

(1) Le sire Mathurin Brochand, marchand drapier, fut élu second consul de Paris en 1639. — Cette expression de sire ne veut pas dire autre chose que le sieur moderne.

(2) Notre généalogie ms. le dit Directeur des Fermes.

LA FAMILLE POCQUELIN. il

à cinq avives de simple rangés sur une terrasse

de m es me; »

i. L'abbé Pocquelin ; 6° N... Pocquelin, femme de Mr Elyot (1) ou

Helliol; d'où :

j. X... Elyot ;

k. N... Elyot, femme de Mr Joly, Conseiller de la Cour des Aides ; 7° Marie Pocquelin, mariée à M. Maillet; ils

eurent :

/. N... Maillet, chanoine régulier, curé de Sainte-Madeleine à Piouen ;

m. N... Maillet, trésorier de France en la même

. ville ;

». N... Maillet, prêtre de l'Oratoire.

Jean-Baptiste Pocquelin, marchand bourgeois de Paris, épousa, en septembre 1649, Anne de Faverolle qui lui donna (2) :

1° Agnès Pocquelin, femme de M. Parassi;

(1) Le sire Jean Helliot, marchand passementier, fut élu second consul à Paris en 1620.

(2) M. Soleirol dit qu'il eut seize enfants : ce Jean a été confondu avec Jean Pocquelin, marié à Marie Maillard, par cet auteur et par M. Taschereau. — V. p. 427.

12 LA FAMILLE POGQUELIN.

2° Charles-Henri Pocquelin, qui suivra ;

3° François Pocquelin, né vers 1688, auditeur des Comptes.

C'est vraisemblablement lui qui, Conseiller référendaire à cette Cour, mourut à Ivry, près Paris, le 11 mai 1772 : il institua héritière universelle sa cousine Marie Pocquelin , née en 1699, épouse (1) de Paul- André Vérany de Varenne, avocat ; l'inventaire, fait à son décès, fut dressé le 18 mai 1772 par Me Gobert, notaire à Paris.

Jean-Baptiste Pocquelin mourut le 8 septembre 1692 : sa veuve fit officiellement enregistrer les armoiries de sa famille à l'Armoriai général de d'Hozier, Reg. I, p. 117, n° 172 : « Anne de Faverolle, Veuve de Jean -Baptiste Poquelin, marchand bourgeois de Paris, porte d'argent, à cinq arbres de haute futaye de simple sur une terrasse de mesme. »

Ces armes, que nous allons retrouver encore, décrites au registre officiel, sont celles des Pocquelin et font allusion évidente aux forêts de l'Ecosse dont ils sortirent au commencement du xve siècle.

(1) Taschereau, p. 42i.

Charles-Henri Pocquelin, Correcteur des Comptes, épousa Élisa Dandrot et en eut les enfants ci-après :

1° Charles-Thomas Pocquelin, qui formera le septième degré ;

2° Claude Pocquelin, Capitaine d'Infanterie au régiment de Chartres, Chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis, qui fut marié avec Geneviève-Marguerite de Faverolle (1) : cette dernière était veuve en premières noces de Nicolas Huerne, Conseiller du Roi en ses Conseils, Maître ordinaire en sa Chambre des Comptes, et en second mariage de Mathieu Augeard, écuyer, Conseiller secrétaire du Roi, maison et couronne de France, duquel elle avait une fille (2) : Geneviève-Marie Augeard, femme d'Antoine-Nicolas-Marguerite Le Camus (3), brigadier des armées du Roi, ancien Capitaine au régiment des Gardes-françaises, Chevalier de Saint-Louis ;

(1) Elle testa, à Villiers-sur-Orge, le 4 novembre 1776: son testament olographe fut déposé le 6 mai 1777, le jour même de sa mort.

(2) Acte reçu Rousseau, notaire à Paris, le 30 mai 1778, dans nos archives.

(3) Ancienne famille parisienne issue du. sire Jean Le Camus, marchand apothicaire et épicier, second consul en 1570; — Guillaume Le Camus, marchand orfèvre, fut troisième consul en 1618.

3° Anne-Élisabeth Pocquelin, née en 1705, épouse de René Le Noir, Chevalier, sieur de Verneuil, Capitaine de Cavalerie; elle mourut, sans enfants, rue de rÉperon-Saint-André-des-Arcs, à l'âge de 68 ans, le 24 août 1773 ;

4° Agnès Pocquelin, restée fille.

Charles-Thomas Pocquelin de Clairville, capitaine au régiment de Beaujolais -Infanterie, épousa Marie Lambert (1) ; il mourut en 1771, laissant une fille unique, Agnès-Reine, par qui la race des Pocquelin tomba en quenouille; son article suit.

A. — Branche substituée des Courtin de Neufbourg

Agnès-Reine Pocquelin de Clairville (2) fut mariée, ainsi qu'il appert de son contrat reçu le 8 no-

(1) Le sire Milles Lambert, marchand épicier, fut élu second consul en 1599, et juge Tan lb02.

(2) Comme elle se trouve, après la mort de François Pocquelin, arrivée le 11 mai 1772, seule représentante du nom de Pocquelin, et qu'elle perdit son nom par mariage en 1776, Beffara a pu dire, d'après sa note ms. publiée par M. Taschereau, que la famille Pocquelin s'éteignit vers 1780: il eût écrit tomba en quenouille s'il eût connu la généalogie que nous publions.

LA FAMILLE POCQUELIN. la

vembre 1776 par Deherain, notaire à Paris (1 ), avec Nicolas-Joseph-Marie Cour tin de Neuf bourg, Chevalier, seigneur de Riorges, le Tronchy, Chéry, Vèvres et autres lieux, Capitaine de Cavalerie au régiment de Mgr le Duc d'Artois, chevalier de Saint- Louis.

Il était fils (2) de Jean-François Courtin de Neufbourg, écuyer, seigneur de Riorges, de Rilly, Changy, Ghavenay et autres places, et de Marie- Claire de Giry de Vaux.

De cette union naquirent deux enfants :

1° Jean-Baptiste [alias Elisabeth) Joseph Courtin de Neufbourg, qui formera le neuvième degré ;

2° Anne-Louise Courtin de Neufbourg, mariée, suivant contrat du 26 germinal an VI (15 avril 1798) avec Jean-Philippe-François Buynand des Échelles, fils de Philippe Buynand des Échelles, seigneur en partie de Saint-Germain-d'Ambérieu, et d'Elisabeth Druet de la Jacquetière; d'où :

a. Constant-Charles Buynand des Échelles, décédé à Bourg en Bresse le 21 juin 1860, n'ayant eu qu'une fille, morte à 18 ans ;

(1) Expéd. authentique, dans nos archives.

(2) Les documents qui suivent sont tirés de notre Histoire ms, de la Curée, de la maison Eue' et de ses alliances.

b. Marie- Joséphine Buynand des Echelles, mariée à Pierre- Joseph-Marie-Gabriel du Marché, qui mourut à Bourg le 13 février 1876 ;

c. Jeanne-Pauline Buynand des Échelles, mariée en premières noces, suivant contrat du 19 août 1820, Savarin, notaire à Poncin, avec Joseph Orset de Châtillon, son grand-oncle, écuyer, seigneur de la baronnie de Châtillonde-Corneille, Montgriffon, la Verdatière et la Tour des Échelles de Jujurieux; elle n'eut point d'enfants, n'étant restée sa femme qu'un mois. Après sa mort, elle se remaria, suivant contrat du 14 janvier 1822, Vicaire, notaire à Ambérieu, avec Emile-Joseph Montluzin de Gerlan, fils de défunts Louis-Marguerite Montluzin de Gerlan et de dame Philiberte Prote, et eut de cette union :

Anne-Marie-Victoire Montluzin de Gerlan,

mariée, suivant contrat du 23 mai 1842, Suffet, notaire à Bourg, avec Claude-Anatole de Murard, fils du Chevalier Claude- Catherine-Aiexandre-François de Murard d'Yvours et de feue Anne-Zoé de Terrasse d'Yvours : leur fils unique, Paul-Alexandre-Maurice de Murard, est mort garçon en 1871.

Agnès-Reine Pocquelin de Clairville décéda à

LA FAMILLE POCQUELIX. 17

Paris : le partage de sa succession eut lieu le 31 août 1778.

Jean-Baptiste, dit Elisabeth, Joseph Courtin de Neufbourg, né le 7 janvier 1778, fut marié à Saint- Héand le 30 floréal an IX (20 mai 1801) avec Nicole- Hortense Ravel de Montagny, fille de Claude Ravel, écuyer, baron de Montagny, et de Marie de Challaye.

Sept enfants sont issus de ce mariage, parmi lesquels :

1° Claude-Adonias dit Ernest Courtin de Neufbourg, né à Saint-Héand le 12 mars 1802, ancien maire de Saint-Marcel-d'Urfé, qui habite le château des d"Albon avec sa sœur Françoise-Orpha : leur inépuisable charité envers les indigents de ces rudes montagnes leur a acquis une sorte de vénération ; nul n'aura mieux mérité que M. de Neufbourg le beau nom de Médecin des pauvres, puisqu'aux soins les plus intelligents et les plus désintéressés, il ajoute le don gratuit des remèdes nécessaires à chaque maladie ;

2° Jean-Baptiste-Ludovic Courtin de Neufbourg, qui suivra ;

3° Gustave-Jean-Baptiste Gourtin de Neufbourg, né le 17 mai 1809, religieux de l'ordre des Frères de Saint-Jean-de-Dieu de Lyon , mort à Paris ;

4° Aria-Pierrette Gourtin de Neufbourg, qui, par son mariage avec M. Huë de la Blancbe, a fait souche d'un rameau que nous rapporterons bientôt ;

5° Françoise-Orpha Courtin de Neufbourg, née à Riorges, le 28 octobre 1819.

Jean-Baptiste-Ludovic Gourtin de Neufbourg , né le 8 messidor an XIII (8 juillet 1805), ex-maire d'Arthun, propriétaire au château de Beauvoir, ancienne résidence des de Rochefort; il a eu de son mariage avec Fleurie-Marie-Caroline Gonon. décédée à Saint-Étienne, le 11 novembre 1847, les deux fils ci-après :

1° Jean-Baptiste Gourtin de Neufbourg qui continue;

2° Claude, dit Ernest Courtin de Neufbourg, né le 31 octobre 1840, marié à Marie Sirvanton; d'où : Marie -Louise Courtin de Neufbourg, née le 13 décembre 1866.

Jean-Baptiste Courtin de Neufbourg, né le 31 octobre 1835, ancien maire de Saint-Georges-de-Baroil, propriétaire au château de Vernoil, marié :

En premières noces, le 25 janvier 1850, avec Marie-Laurence Battant de Pommerol, fille de Gabriel Battant de Pommerol et d'Eugénie Chamboduc de Saint-Pulgent , laquelle , décédée le 1 1 novembre 1860, lui a laissé :

1° Jeanne-Marie-Hortense Courtin de Neufbourg, née le 2 octobre 1859;

En second mariage, le 15 janvier 1865, avec Marie-Louise-Élisabeth-Herminie Côte, fille de Marius Côte, banquier à Lyon , et de Claudine-Jeanne- Sabine Grand, également décédée le 10 avril 1875, dont il a:

2° Louis-Jean-Baptiste Courtin de Neufbourg, né

le 2 juillet 1866; 3° Marie Courtin de Neufbourg, née le 1*9 août

B. — Rameau des Huë de la Blanche

Aria, dite Irma-Pierrette Courtin de Neufbourg, née le 15 juillet 1813, a épousé, le 8 mars 1831, Claude- Anne -Victor Huë de la Blanche, ancien maire de Vivans , propriétaire au château de la Curée, fils de Pierre-Mathieu Huë de la Blanche et d'Anne -Victoire Girard de la Vaivre.

De leur union, outre un Bis Paul, mort en bas âge, sont issues deux filles :

l°Xavérine-Hortense Huë de la Blanche, née le 12 février 1834, mariée le 21 avril 1857, avec Clément-Edmond Révérend du Mesnil, juge de paix du canton de Saint-Rambert-sur-Loire, membre de plusieurs sociétés savantes, auteur d'ouvrages historiques et nobiliaires , fils de Louis-Gustave Révérend du Mesnil et de Louise- Aline Guyon de Vosloger.

Leurs eufants sont :

a. Victor-Henri Révérend du Mesnil , né le 6 avril 1858;

b. Claude-Nicolas-Gustave Révérend du Mesnil, né le 2 mars 1860 ;

c. Marie-Ernestine- Victoire R.évérend du Mesnil, née le 14 juin 1861 ;

d. Louise- Jeanne -Irma Révérend duMesnil, née le 28 janvier 1867 ;

e. Jean-François-Ollivier Révérend du Mesnil, né le 10 juin 1873;

f. Jacques-Louis-Marie-Ernest Rivérend du Mesnil, né le 19 septembre 1878;

2° Anne-Marie-Victoire Huë de la Blanche, née le 14 février 1838, mariée, le 9 septembre 1861, à Jean- Jules Le Conte, ancien maire de Yivans, propriétaire au château de la Curée, fils de Jacques-Jean-Marie-Hubert Le Conte et de Jeanne- Jenny Perier ; d'où :

g. Hubert-Marie-Hortense Le Conte, né le 7 octobre 1862;

li. Jean-Ernest Le Conte, né le 29 janvier 1865 ; i. Marie-Marguerite-Hortense Le Conte, née le

5 juin 1868 ; j. Marie-Félicie-Françoise-Stéphanie Le Conte,

née le 16 août 187o.

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