‹ La Famille de Salaberry [microforme]Chapitre 4 sur 6 · LA F ULLE DE SALABERRY · texte numérisé non relu

LA F ULLE DE SALABERRY

jusqu'au 3 Novemi : : cinq cents hommes avaient tenu là en échec une armés entière, après en avoir mis une autre en fuite. Pour défendre pendant si longtemps un fort ‘qui ne méritait même Pas Ce nom, ne se composant que de palissades de pieux, il ne fallait rien moins que les hommes qui s’y étaient enfermés. Mr de Salaberry en rapporta des preuves non équivoques de sa bravoure : il revint avec deux blessures. On connaît le reste de la campagne.

Après la perte de Chambly, de St Jean, et de Sorel ; après l'échec éprouvé aux environs de Loroueuil, et malgré les succès remportés sur Allen à la Longue-Pointe, Comprenantqu'il lui était impossible de tenir tête à un ennemi nombreux dans une ville qui n'était point fortifiée, ! le Gouverneur se détermina à laisser Montréal, pour se retirer à Québec. Ce projet ne s’effectua pas sans difficulté. A la Valtrie, arrêtée par les vents contraires, la flotille faillit tomber entre les mains de l’ennemi, et Carleton ne dut son salut qu'au dévouement du Capitaine Bouchette, père du célèbre Arpenfeur Général. ? Un plus

Î Quand nous disons ici, comme nous l'avons dit précédemment, que Montréal n’était point fortifié, nous ne prétendons pas qu’il n'y eût aucune fortification, puisque, comme on le sait, les MM. de Lery Y élevèrent un mur d'enceinte, mais seulement que ces travaux

2 Le nom de l’Arpenteur-Général restera intimement lié, dans ce Pays, à cette science qu’on appelle la Géographie, Grâce à der uissantes protections, et plus encore à un talent hors ligne, M' Bouchette a pu réaliser ce que d'autres n’ont fait qu’entrevoir, On a de lui une foule d'ouvrages, de plans, de cartes, de vues, dont le seul titre remplirait plusieurs pages. Celle de ses publications qui lui a fait le plus d’honneur et l'a placé parmi les savants, est : À Map of North America. Rien n'y manque, ni la science, ni le fini de l'ouvrage. Aussi, nul plus que lui n’était digne de présider la Société Littéraire et Historique de Québec. Il a trouvé dans son fils qui représente aujourd’hui le Canada à l'Exposition Universelle, avec Mr Taché, un héritier de son talent et de sa gloire. On lui doit aussi plusieurs travaux qui témoi- &nent de son mérite comme Arpenteur-Général,

gran danger attendait encore le Gouverneur aux Trois- Rivières et à la Pointe-aux-Trembles, près Québec, où les Milices américaines l'avaient devancé. Après avoir échappé, par un rare bonheur, à tous ces périls, il arriva entin à Québec, le 13 Novembre. Il était temps qu'il y parût. Déjà, malgré les travaux défensifs qu'avait fait élever, en son absence, Mr Cramahé, et l'organisation des

milices qu’il avait armées, la Population, entraînée par

une. certaine faction qui avait des intelligences avec

l'ennemi devenait de lus en nius incertaine sur le parti à ) : P prendre. D'un autre Côté, Arnold avait

aux environs de Québec. Parti à la t cents homme, détachés de l’armée de Boston, après avoir franchi les rivières Kenebec et la Chaudière, il était par. venu à traverser encore le St Laurent au Foulon et à S'élablirsur les hauteurs de la ville. Bientôt Montgomery devait l'y rejoindre. La présence du Gouverneur, toutefois, suffit pour dissiper les hésitations et faire rentrer chacun dans le devoir. Après avoir pris les dispositions nécessaires, il attendit l'ennemi avec confiance, Il ne tarda pas à se présenter, Sa première démarche, n'ayant Pas assez de monde pour faire un siége. en règle, fut de prendre position et d’épier le moment où il pourrait tenter avec succès un COUP de main, I] Y avait près d’un mois que Montgomery attendait ce moment favorable, lorsque

la nuit du 30 au 31 Décembre Parut lui offrir l’occasion qu'il cherchait Pour en finir, To

la saison avancée, la diminution

mMait la petite vérole, mais surtou.

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troupes leur poste respectif, le Général donne le signal de l'attaque, Il était

Près de quatre heures du matin. Averti à temps par la

apercevait de la ville, la garnison s'était mise sous les armes. Elle laissa les assaillants

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approcher. Ilsétaient divisés en Quatre bandes. Pendant que d’eux d’entr’elles devaient simuler une attaque à Ja porte St Jean et menacer la Citadelle, les deux autres avaient ordre de pénétrer dans la ville ; la première, en franchissant les barrières de Près-de-ville, rue Champlain, sous les ordres de Mon tgomery en personne ; la seconde, commandée par Arnold, en forçant la barricade de la rue Saultau-Matelot. Partout lennemi fut repoussé, A Près-de-ville, après avoir franchi la première barrière, Montgomery, avec ses deux Aides-de-Camp, tomba fou. droyé par la mitraille bien dirigé des hommes du Capitaine Chabot ; à la rue Sault-au-Matelot, au moment où il défilait sous le rempart de la Haute-Ville, Arnold fut atteint d’une balle qui lui fracassa la jambe. C'est alors qu'ordonnant une sortie contre les assaillants qui luttaient encore sur Ce point étcontr dans la Basse-Ville, Carleton acheva déroute. ! Refoulés de toutes

à laquelle avaient contribué les élèves du Séminaire de Québec, unis aux Volon-

taires Canadiens, et où se distinguèrent entre tous les Capitaines Chabot, Dumas et Macloux, et plus particulièrement encore un Canadien, du nom de Chartrand, qui, malgré une grèle de trails, parvint à enlever à l'ennemi les échelles dont il se servait pour l'escalade, les Provinciaux, ou, comme on les appelait alors, Les Bostonnais qui avaient échappé au désastre, abandonnèrent la partie et se retirèrent. Vainement eurent-ils encore recours,

{ Entre tous ceux qui se distinguèrent le plus pour déloger l'ennemi de la Basse-Ville, on peut mettre au premier rang le Capitaine Dam. bourgés. Sautant par-dessus les Palissades, il allait attaquer une à une les maisons, où s'étaient réfugiés les Bostonnais. « Au moyen ‘ des échelles enlevées à l'ennemi, dit Mr Sanguinet dans son Journal “ qui sert de guide en cette circonstance, il escaladait les maisons, ‘ enfonçait les fenêtres, et, aidé de plusieurs Canadiens animés du

‘ même courage, pénétrait dans les appartements où les Bostonnais, ‘ saisis de frayeur, se hâtaient de se rendre.”

le printemps de l’année suivante, aux moyens de séduction. Le Clergé Canadien fit cette réponse à leurs envoyés : “* D'après le pri ncipe que la fidélité est due à la protection, “ le Clergé ne peut enseigner la doctrine que la neütra. ‘lité est Compatible avec ce qui est dû au gouvernement.” Vainement voulûrent-ils de Nouveau tenter le sort des armes : ils ne furent pas plus heureux. Le Général Wooster qui avait succédé à Arnold, et ensuite le Général Thomas qui l'avait remplacé, après quelques démonstrations, furent Contraints de prendre la fuite. Malgré les renforts qu'elle recevait journellement et qui taient son effectif à plus de cinq mille hommes, l’armée ennemie, battue sur le lac St Pierre, successivement Montréal, Chambly et St Je avoir brûlé ces deux derniers forts, se replia Noix, ensuite sur Crown Point, et enfin sur Ticondéroga, d’où elle était Partie huit mois auparavant. Il ne restait plus qu’à la rejeter au delà du lac Champlain. C'est ce que fit Carleton par sa victoire, du 16 O rétabli de ses blessures,

an, et, après sur l’Ile.-aux-

encore déposer les armes. Le

menti arrivé d'Angleterre avec des forces imposantes, ayant résolu d'aller combattre

l'insurrection sur son Propre terrain, lintrépide défenseur du fort St Jean l'y suivit ave Canadiens. Comme tout ie monde sait, le dénouement de cette Campagne fut fatal à l'Angleterre. Infatué de son propre mérite et enflé par les succès remportés d'abord à Ticondéroga, Mont-Indépendance, à Hubertown

gton et aux environs, dans la Personne des Colonels Bsaume et Breynan, sé:

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rement lui-même au delà du fort George, sa base d’opé ration qu’il n’eût pas du quitter, se vit cerné à Saratoga par quinze mille ou seize mille hommes, et fut obligé de se rendre avec son armée, le 16 Octobre 1777. C’est pendant cette funeste expédition que Mr de Salaberry donna une nouvelle preuve de son sang-froid et tout à la fois de sa force. Un de ses Compagnons d'armes rapporte ainsi le fait: “ Nous étions assis le soir dans une cabane, * lorsqu’un énorme serpent à sonnettes, attiré sans doute ‘* par le feu autour duquel nous étions groupés, surgit ‘tout à coup au milieu de nous. Nous étions tous saisis “ d'horreur et paralysés par la frayeur, lorsque M de * Salaberry conservant tout son sang-froid, empoigne l’af- ‘ freux reptile, l’étouffe dans une étreinte puissante et le ‘ jete dans le brasier ardent de notre bivouac.” De retour de cette Campagne, M' de Salaberry qui n’était pas encore marié, songea à s'établir. Il pouvait avoir alors vingt-trois ans. Il épousa Melle Catheritie Françoise Hertel, fille de Mr Joseph Hertel, Sieur de Pierreville, et de Dame Susanne Blondeau. Peu après, il devint Seigneur du Sault Montmorency ; du moins le Voyons-nous prendre ce titre en 1783, au Baptême de l’un de ses enfanis. Quelques aunées plus tard, en 1792, lorsqu'il fut enfin permis aux Canadiens d'aspirer aux charges et de remplir des fonctions publiques, il fut nommé Juge de Paix. Telle était la considération dont jouissait parmi ses concitoyens cet homme éminent, ‘“ que ‘ toutes les classes de la société, dit Mr de Gaspé, s’em. ‘“ pressaient de lui rendre hommage. Aussi était.ce un ‘ spectacle touchant, quand il parcourait les rues de la “ cité de Québec, de voir les visages s'épanouir à sa vue ‘et chacun se découvrir sur son passage. Mas parents, ‘ajoute un autre Contemporain, nous accoutumaient ‘ dès l’enfance à saluer Mr de Salaberry, et il ne man- ‘ quait jamais de rendre politesse pour politesse.” Vers cette même évoque, une Chambre d'Assemblée ayant été accordée. aux Canadiens par la nouvelle consti-

tution, Québec et Dorchester se disputèrent l'honneur de l'avoir pour Représentant et lui frayèrent ainsi l'entrée au Conseil Législatif. Nommé, en 1796, Major du ter Bataillon du régiment royal des Volontaires Canadiens, commandé par le Colonel Dominique-Emmanuel de Longueuil, fils du Chevalier de Longueuil, dont on a parlé, il ne contribua pas peu à inspirer aux milices cette ardeur martiale qui devait leur donner la victoire à Châteauguay. Si recommandable que fût Mr de Salaberry par ses vertus guerrières et civiles, il l'était bien davantage encore par sa piété et sa modération. Convaincu que l'exemple d’un père chrétien a sur les jeunes générations beaucoup plus d’empire que tous les plus beaux discours, pour les porter au bien, il s'appliquait, de concert avec sa digne Compagne, à servir de modèle à ses enfants. Lorsque le temps des Pâques était venu, on le voyait s'avancer toujours le premier à la Table sainte. Le moment de la communion arrivé, ‘ le père et la mère, raconte l’auteur des “ Mémoires déjà cité, se lèvent et les sept enfants les “ suivent.” On Conçoit sans peine la salutaire impression que devait produire un spectacle si touchant, de même que l’on conçoit les funestes Conséquences qu'ont pour une famille, et quelquefois pour une localité entière, la négligence et l’irréligion de certains pères, d’ailleurs instruits et haut placés. Afin de ne Pas contredire par sa conduite les enseignements qu’il recevait à l'Eglise sur la patience et la douceur, il avait adopté une pratique qui, au premier abord, peut paraître singulière, mais qui avait les meilleurs effets. C'était de porter toujours à la main un gros bâton, lourd et pesant. Comme on lui demandait pourquoi il s'armait ainsi: “ Ce n’est Pas pour mes bien- ‘€ faits, répondondait-il plaisamment. Je suis prompt, et “ ce bâton, comm: un Mentor, me crie sans Cesse : pas de “ sottises.” Un si beau caractère ne pouvait manquer de fixer l’attention et d’éveiller les sympathies dans les sphères les plus élevées. Aussi, lorsque le Duc de Kent, père de sa gracieuse

Majesté, la Reine Victoria, vint visiter le Canada en 1 791, il eut bien vite deviné le mérite supérieur de cet homme éminent. Il prit Mr de Salaberry en affection. Bien des après, cette amitié et cette estime vivaient toujours d le cœur du prince, ainsi que le prouv

années ans

datée du palais de Kinsington, le 15 “ Mon cher Salæberry, c’

Supérieures en nombre à ‘ celles qu’il Commandait, mais aussi qu'il a déployé un

‘ jugement et un talent qu’il est rare de trouver, même ‘* parmi les vétérans, dans ses dispositions, et pendant le “ combat. J'ai vu avec peine que le rapport fait par l’Ad- “ judant Général ne lui avait pas rendu suffisamment ‘{ justice, puisqu'il n’attribuait pas exclusivement aux dis- “ dispositions qu'il avait prises, le succès qui en a été le ‘* résultat.

‘amitié, mon cher Salaberry, votre très-affectionné ‘ Enouann, Duc pe Kent.”

Après avoir travaillé à organiser la milice dont il est ici parlé, et l'avoir conduite lui-même à la frontière contre le Général Dearborn, l'Honorable I, M. L A. de Salaberry mourut, le 22 Mars 1825, à l'âge de soixante-quinze ans, emportant les regrets et l'estime de tout le monde. De son mariage avec Melle Hertel, étaient nés sept enfants : Charles-Michel, Catherine-Adélaïde, Maurice-Roch, François- Louis, Charlotte - Hermine , Catherine-Amélie et Edouard-Alphonse. Tous furent dignes de leur père.— Maurice-Roch, né en 1783, eut pour parrain le Chevalier de St Ours, Aide de Camp du Général Haldimand. Etant passé aux Indes Orientales avec son frère Louis, plus jeune que lui de deux ans et qui avait été tenu sur les fonts baptismaux par l'Honorable François Baby, il mourut comme lui au champ d'honneur, ainsi que l'atteste un monument élevé à leur mémoire par leurs compagnons d'armes. - Edouard, le plus jeune de tous, filleul du Duc de Kent et de M® de St Laurent, Baronne de Fortisson, prit part à la guerre qui sévissait dans la péninsule espagnole, et fut tué au siége de Badajoz, ayant à peine dixneuf ans. C’est ainsi que dans l’espace de quelques années, le Canada perdit trois de ses plus brillants enfants, ce qui permettait de dire à Mr de Salaberry, père : Aucun sujet “ canadien n’a fait pour son Roi des sacrifices aussi sen- “ sibles, car, de quatre fils j'en ai perdu trois dans ‘ l'armée.”

Quant aux filles, elles fournirent toutes une longue carrière. Douées de beaucoup d'esprit, d’une beauté rare, mais surtout d’une douceur charmante, elles étaient l'ornemeñt de la société, dont elles faisaient les délices. Une seule se maria, Melle Hermine. Elle épousa son cousin, M Juchereau Duchesnay, Adjudant Général. Les deux autres, Melle Adelaïde, l’aînée, et Melle Amélie, la plus jeune, refusèrent les différents partis qui se présentèrent. La dernière, que les Anglais appelaient /a

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que nous avons déjà eu occasion de + N

douce Ange, est morte il y a peu d'années, en 1861, Voici l’article que les journaux du temps lui consacrèrent : “ Rejeton d’une de nos plus remarquables familles cana. ‘* diennes françaises, Melle de Salaberry avait sans cesse à “ la pensée la devise : noblesse oblige. Mais elle savait ‘ réhausser encore l'illustration de son origine par une “ dignité personnelle qui ne s’est jamais démentie. Ses “ nombreux amis étaient frappés de la grâce avec la. ‘ queile elle les recevait, de l'intérêt et de la délicatesse ‘ de sa conversation, de la simplicité de ses manières. ‘ Pleine de bonté pour tous, elle redoublait de complai- “ sance pour les malheureux, Sa main et son cœur Jeur ‘“ étaient toujours ouverts ; les paroles bienveillantes, les ‘‘ sages conseils, les secours toujours accordés avec ‘* empressement, la rendaient particulièrement chère aux ‘pauvres. Et combien de fois des malades, des infirmes ‘n’ont-ils pas été touchés jusqu'aux larmes en la voyant ‘ pénétrer auprès de leur lit de douleur, leur apporter ‘elle-même ces douceurs si précieuses au milieu des ‘ souffrances ! La Religion qu'elle avait toujours honorée “et pratiquée d’une manière si édifiante, a fait la con- ‘ solation de ses derniers moments ; la foi et la piété ‘ont adouci pour elle les frayeurs de l'heure redoutable.” C'est ainsi que la noblesse s'honore. Les bénédictions du pauvre, l'estime et les applaudissements des gens de

bien, sont infiniment préférables aux adulations d’un monde frivole et trompeur.

IIlo CHARLES-MICHEL DE SALABERRY.

Mr Charles-Michel de Salaberry était le fils aîné de Mr L M. L. A. de Salaberry, Seigneur du Sault Montmorency, et de Dame C. Hertel, Il reçut le jour au Manoir de Beauport, le 19 Novembre 1778, et fut tenu sur les fonts sacrés pat Mr Charles de Rigauville, Chanoine de Québec,

mentionner. C’est le

héros 2 ci eauguay, surmommé à bon droit le Léonidas tmnadien.

Entré dans l'armée dès l’âge de quatorze ans, le jeune de Salaberry passa aussi aux Indes, et eut l'avantage de faire l'apprentissage du rude métier des armes sous des chefs habilés. Après avoir servi onze ans sur ces plages lolnirines et assisté au siége du fort Matilda, sous le Général Prescott qui le chargea de surveiller l'évacuation de la place, il fut appelé à concourir à la conquête de la Martinique, à la tôte des Grenadiers. De Rottemburg l'ayant alors choisi pour un de ses Aides-de-Camp, il suivit ce Général à l'expédition *’Anvers. De là, il passi en Espagne, où, sous le célèbre Wellington, il prit part au siége de Badajoz, dont le Vicomte de Lery, Commandant en Chef du Génie, sous Napoléon fer, avait élevé les fortifications, et assista à la bataille de Salamanque, où il se couvrit de gloire, dans le soixantième régiment des troupes légères, dont il devint Major, C'est alors que, pour conjurer l'orage qui menaçait sa patrie et l'aider à sortir triomphante du péril qui la menaçait, le brillant officier revint en Canada, heureux de survivre à ses frères et de pouvoir unir ses efforts à ceux de ses compatriotes. Afin d'apprécier à leur juste valeur ses éminents services, il faut se rappeler la gravité de la situation.

Irritée des entraves que l'Angleterre, alors toute puissante sur mer, mettait à son commerce ; plus exaspérée encore du droit de visite qu’elle s’arrogeait sur ses propres vaisseaux, la nouvelle République venait de lui déclarer la guerre. Mais comment atteindre la Grande-Bretagne dans son île? D'autre part, ses flottes étaient redou. tables, et l'Amérique n'avait encore qu’une faible marine à lui opposer: ses Monitors n’existaient pas encore. Le Canada était donc le seul point vulnérable. Aussi, est-ce de ce côté que fut portée la guerre. Pour faire face à tout: les éventualités, cent soixante-et-quinze mille hommes furent appelés sous les armes: ce chiffre excédait la

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