CHAPITRE VI
Pierre Arouet. — Helenus Arouet et ses enfants.
Ici commence la filiation suivie, indiscutable, de Voltaire.
Premier degré.
Pierre AROUET, sans doute habitant de Saint-Loup, dont la profession nous est inconnue, épousa Marie Parent.
Les Parent appartenaient à la meilleure bourgeoisie de Saint-Loup et des environs. Nous les retrouvons alliés aux familles que nous connaissons déjà.
Me Berthomme Parent, procureur du Roi aux eaux et forêts en Poitou, et Paul Pavin, sr de la Maisonneuve-Molay à cause de Catherine Parent sa femme, paraissent dans un procès du 8 avril 1595(1) comme héritiers de Me Pierre Parent.
Le 8 décembre 1613, pardevant Arouet, notaire à Saint- Loup, se passait le contrat de mariage de René Suyre, fils de René Suyre et d'Hélène Arouet avec Catherine Parent, fille de défunt honorable homme Me René Parent, sr de la Bouttetière et de De Jacquette Frère.
Le 1er octobre 1644 Jean Pavin sr de Beaumont pair et échevin de la Maison commune de Poitiers (dont il sera maire trois ans plus tard) passe un acte à Saint-Loup (2) relatif aux droits que lui avait cédés sa tante Ds Catherine Pouget veuve de François Parent sr de Nesde. Il est question dans
(1) Pièce de la collection de M. Gabriel Martin.
(2) Minutes de Suyre.
cette pièce d'un membre de la famille Parent qui était alors avocat au présidial de Poitiers.
L'alliance de Pierre Arouet avec Marie Parent nous est une preuve de la considération dont jouissaient déjà les Arouet au milieu du xvie siècle.
Pierre Arouet était mort avant le 8 avril 1584 (1) date à laquelle son fils Helenus se portait fort pour sa mère veuve. Il laissait des enfants mineurs parmi lesquels Helenus seul nous est connu.
Deuxième degré.
Helenus AROUET, marchand tanneur à Saint-Loup paraît dans un grand nombre d'actes.
Il s'est marié deux fois dont la première à Marie Montault. Plus haut nous avons parlé de Pierre et de Jean Montault successivement receveurs du Château de Saint-Loup au xvie siècle. Marie Montault semble être morte très peu de temps après avoir donné le jour à une fille qui sera mentionnée plus loin.
Helenus Arouet ne tarda pas sans doute à se remarier à Jacquette Marceton.
Cette famille Marceton dont le nom s'écrit également Marcheton était fixée en la ville de Thouars. Dès la fin du xvie siècle elle se montre fort nombreuse. Nos recherches dans les registres des trois paroisses de Thouars ne nous ont pas permis de retrouver le mariage d'Helenus Arouet, ni même de déterminer le nom des parents de Jacquette Marceton.
Du reste les Marceton étaient si prolifiques qu'ils avaient envahi également Bressuire et ses environs. Pierre Marche ton demeurant en cette ville fait déclaration pour une maison le 29 janvier 1585 (2). Jacquette Amelin était sa veuve quelques années plus tard (3). Dès 1559 Jacquette Marcheton, veuve de Jacques Sotreau, faisait déclaration pour deux maisons (4), et Gratienne Marcheton parait comme veuve
(i) Archives de la Vienne, E" 233.
(2) Archives des Deux-Sèvres, E 1310.
(3j Archives des Deux-Sèvres, E 1311.
(1) Archives des Deux-Sèvres, E 1315.
d'Etienne Thibault le 25 mai 1579 (1). René Marcheton, marchand hôtelier au bourg de Saint- Varent, passe un acte le 29 février 1609 devant Chaigneau, notaire à Thouars (2).
Il ne semble pas douteux que la ville de Thouars ait été le berceau de Jacquette Marceton, bisaïeule de Voltaire. Helenus Arouet y fit de nombreux séjours, et nous verrons qu'il y testa.
Saint-Lnon est la paroisse des Marceton. Là se trouve leur enfeu familial (3), au-dessous du crucifix. Ils seront enterrés plus tard devant l'autel de Notre-Dame (4). Parfois on les transporte à Saint-Médard, mais il semble alors que ce soit dans les tombeaux d'autres familles (5).
Honneste homme Sire René Marceton était avant 1591 paroissien de Saint-Laon et époux de René Mauboucher (6). Leur fille Jeanne, le 15 novembre 1617, épouse de Me Jehan Escot, sr de la Guignonnière, procureur à Thouars, lui donnait un enfant dont le grand'père René Marceton fut parrain (7).
Sire Pierre Marcheton se marie à Notre-Dame du Château le 22 avril 1507. Marie Marcheton est femme de M" Olivier Vincent le 24 juillet 1591 (8) et Marguerite Marceton. femme de M" Antoine Potin, Me apothicaire, le 15 juillet 1608 (8). M* Laurent Girard, procureur en la ville de Thouars, a un enfant le 30 octobre 1617 de Charlotte Marceton (9). De Renée Marceton mourra le 13 mai 1621 en donnant le jour à une fille de Me Louis Bertrand sr de la Freminière.
Comme les Arouet, comme les Parent, les Marceton
(1) Archives des Deux-Sèvres, E 1755.
'apiers de la Maisonneuve-Mola y.
8 décembre 1G1G. Inhumation d'honneste fille Pernne Marceton « ensepulturée au-dessous du crucifix avec se? prédécesseurs » (Reg. de Saint- Laon de Thouars .
(4) 2 mai luitt). Inhumation de sire Claude Marceton, maître apothicaire (Reg. de Saint-Laon de Thouars).
25 octobre 1613. Inhumation de Charlotte Marceton devant Tautel Saint-Jacques à Saint-Médard (Reg. de Saint-Médard de Thouars). 14 novembre 1617. Inhumation de Charlotte Marceton en la chapelle Saint-Jacques à Saint-Médard (Reg. de Saint-Laon). 19 décembre 1623. Inhumation de Marie Marceton « ensepulturée à Saint-Médard près de sa défunte mère » (Reg. de Saint-Laon).
(6) Reg. de Saint Laon, 8 août 1591, 6 octobre 1593.
(7) Reg. de Notre-Dame-du-Chàteau.
(8) Reg. de Saint-Médard.
9] !!eg. de Saint-Laon.
tiennent un rang honorable dans la bourgeoisie locale. Et Thouars, capitale d'une duché-pairie considérable siège d'une élection et de la prévôté du Bas-Poitou, fourmille de magistrats, d'avocats, de notaires et de procureurs.
Helenus Arouet de par lui-même, et ses deux mariages, jouissait d'une belle fortune. Il possédait, nous l'avons vu, la seigneurie de Puyterré ou Puyterroys. En 1630 1), Jacquette Marceton, devenue veuve, cédait à François Pinault, juge sénéchal de l'abbaye d'Airvault, une pièce de terre dépendant de la métairie de Puyterré située au lieu appelé les Terres Rouges pour amortir une rente due à la seigneurie de la Routte(2).
Cette seigneurie de la Routte appartint, elle aussi, à Helenus Arouet. Mais pendant si peu de temps qu'on est en droit de se demander si, à son industrie de tanneur, Helenus ne joignait pas la spéculation sur les biens.
Le 30 août 1612 (1) par devant Mc'5 Arouet et Bessonneau, notaires à Saint-Loup, Claude Clabat Ec. sr de la Routte, demeurant à Poitiers, vendit à Helenus Arouet, moyennant « 4.000 livres tournois payées présentement »... « la maison noble terre et seigneurerie et mestairie de la Routte audit escuier apartenant sise et située en la paroisse de ce lieu de Saint-Loup ».
Mais le 21 juin 1615 (1) par acte passé à Poitiers, devant Mes Aubineau et Goubault, Nicolas Clabat, sr de la Geffardière, frère cadet de Claude, racheta à Helenus la seigneurie de la Routte.
Helenus Arouet, avons nous dit, faisait de longs séjours à Thouars, pour veiller sans doute aux intérêts de Jacquette Marceton. Pendant l'un de ces séjours il fit son testament par devant Pairaudeau et Civray le 28 juillet 1618 (3). Il avantageait chacun de ses enfants du second lit d'une somme de 600 livres tournois, avantage dont ceux-ci ne semblent pas avoir joui sans difficulté. Les contestations qui en résultèrent nécessiteront un acte du 5 octobre L625 (41 où se trouve consi-
li Archives des Deux-Sèvres, E L842.
(2) La maison noble de la ftoutte est située sur la route d'Airvault, à la sortie de Saint-Loup.
(3) Minutes de Civray conservées en l'étude de M" Girardeau, notaire à Thouars.
(4) Minutes d'Arouet.
gnée la date du décès d'Helenus Arouet. Il mourut le 2 juillet 1625. Nous n'avons pas retrouvé son inhumation dans les registres de Thouars et cependant son nom ne figure pas sur la plate tombe des Arouet, enterrés à Saint- Loup, qui recouvrait notamment les restes de Jacquette Marceton.
Helenus Arouet de son mariage avec Marie Montault n'eût qu'une fille :
1° Marie Arouet qui se maria deux fois ; la première à Jacques Gaultier, procureur fiscal de la Motte Saint-Heraye, fils de Jonas, sergent royal et de Marie Bonneau, la seconde à Isaac Fraigneau, sr de la Guillonnière, maître chirurgien dans la même ville, fils de Légier, notaire royal à Exoudun et de Jacquette Nicodon.
Marie Arouet figure en plusieurs actes passés par devant Arouet, notaire à Saint-Loup, de 1627 à 1632, relatifs à des questions successorales (1).
De l'union d'Helenus Arouet avec Jacquette Marceton naquirent sept enfants, Helenus, Pierre, François, Jean, Mathieu, Françoise et Hélène, ce qui porte à huit le nombre des descendants d'Helenus :
2'1 Helenus Arouet, marchand tanneur à Saint-Loup, succéda à son père dans son industrie. D'après son épitaphe il serait né en 1599. Il figure dans l'acte du 4 octobre 1625 relatif au testament de son père (1). Il avait épousé Perrine Massé qui agit comme sa veuve dans un acte passé devant Arouet notaire à Saint-Loup en juillet 1631. D'après Benjamin Fillon, leur contrat de mariage aurait été reçu le 13 août 1630, et Perrine Massé serait fille d'André Massé, srde Saint-Germain, avocat, et de Jehanne du Gué. Helenus Arouet mourut sans hoirs. Sa succession fut partagée par ses frères et sœurs du second lit le l«r septembre 1631 (1). Il était
(1) Minutes d'Arouet.
mort le 15 juin précédent âgé de 32 ans et avait été enterré en l'église de Saint-Loup.
3° Pierre Arouet figure dans l'acte du 4 octobre 1625 (1). Le 2 août 1628 il était procureur fiscal du Comté de Secondigny et des chatellenies des Mothes-Coupoux de Brisson, Hérisson et la Chapelle Saint-Laurent. Il se sentit attiré vers le pays de sa mère et épousa à Thouars, paroisse Saint-Médard, le 9 janvier 1628, Marie Suzanne (2), fille de Jacques Suzanne, d'une famille bourgeoise depuis longtemps fixée dans la ville. Le 4 juillet 1628 les époux se firent donation mutuelle de leurs biens par devant Arouet notaire à Saint-Loup (3). Pierre Arouet était encore procureur fiscal à cette date. Mais il ne tarda pas à occuper la charge plus honorifique d'avocat du Roi en l'élection de Thouars. Il vint s'installer dans cette ville au début de 1629 et y demeura jusqu'en 1633. Nous perdons sa trace depuis cette époque jusqu'au 21 mars 1655, date à laquelle il assiste au mariage de sa nièce Françoise Arouet (3). Il était alors procureur fiscal de la ville etbaronniede Bressuire.
Pierre Arouet et Marie Suzanne eurent quatre enfants pendant leur séjour à Thouars.
a) Jacques, baptisé le 4 mars 1629 à Saint-Médard (4).
6) Marie, baptisée le 17 avril 1630 à Saint-Médard.
c) Aymery, baptisé le 5 juillet 1631 à Saint-Médard.
cl) Jehanne, baptisée le6 juin 1633 à Saint-Laon (5).
4° François Arouet, aïeul de Voltaire, qui suivra au IIIe degré.
5° Jean Arouet, sr de la Massonnerie (6), était absent de Saint-Loup quand fut passé l'acte du 4 octobre 1625 précé-
(1) Minutes d'Arouet.
(2) Reg. de Saint-Médard de Thouars.
(3) Minutes de Suyre.
(4) Reg. de Saint-Médard de Thouars.
(5) Reg. de Saint-Laon de Thouars.
(6) Voir note page 15.
demment cité. Il était déjà Me apothicaire le 1er septembre 1631 date du partage des biens de son frère Helenus, et semble avoir exercé dès cette date sa profession à Saint- Loup, bien que le Dictionnaire des familles du Poitou le signale comme demeurant en 1635 au lieu noble de la Coudraye, Pe d'Aubigny, juridiction de Saint-Loup.
Jean Arouet s'est marié deux fois : la première à Catherine Chaigneau, fille d'Etienne Chaigneau ; la seconde à Renée Berthaudeau, fille de Guy Berthaudeau et de Madeleine Gaultre. Le contrat de cette dernière union fut passé le 7 septembre 1634 (1) devant Lamberteau et Esperon, notaires à Coulonges-les-Réaux(2).
Jean Arouet vivait encore le 13 février 1666 (3) ; il était mort avant le 1er septembre 1667(1) date où sa succession était ouverte. Le partage donna lieu à plusieurs actes passés par ses enfants le 9 octobre suivant devant Suyre, notaire à Saint-Loup.
Jean Arouet eut quatre enfants dont une fille du premier lit.
a) Françoise Arouet qui épousa à Saint-Loup, le 21 mai 1655, Pierre Jacquet, docteur en médecine à Mirebeau, fils d'Antoine Jacquet, docteur en médecine de l'Université de Poitiers, demeurant à Mirebeau. Leur contrat de mariage fut reçu par Suyre (4). Françoise Arouet partagea les biens de son père en 1667.
b) Jean Arouet était mort sans hoirs le 13 février 1666 quand son père annula à cette date la donation qu'il avait faite à Marie Arouet, sa fille, femme de Pierre Rochard (5).
c) Marie Arouet épousa par contrat du 17 janvier 1663, reçu par Suyre notaire à Saint-Loup (4), Pierre Rochard, Me apothicaire à Saint-Loup, fils de Pierre Rochard, sr de Piedmolet et de Jehanne Chaigneau.
cl) Helenus Arouet naquit vers 1638. Suivant l'exemple de son oncle François Arouet, il se rendit à Paris pour y faire du commerce. Tl se qualifie bourgeois de Paris et marchand
(li Minutes de Suyre, 1" septembre 1667.
(2) Aujourd'hui Coulonges-sur-FAutize, chef-lieu de canton du département des Deux -Sèvres.
(3) Minutes de Perrin.
!t) Minutes de Suyre.
(5j Minutes de Perrin.
dans les actes passés en 1667 (1) pour la succession de son père. Son domicile à Paris se trouvait P* Saint-Eustache quand il épousa le 27 avril 1670 à Saint-Germain l'Auxerrois, Marie Demion, qui lui donna deux enfants baptisés dans cette même paroisse : Helenus-Mathieu le 27 septembre 1673 et Marie-Charlotte, le 15 mars 1678 (2). Il est bien probable qu'Helenus Arouet s'était rendu tout jeune dans la capitale pour y travailler dans la maison de son oncle.
6° Mathieu Arouet, marchand, parait dans l'acte du 4 octobre 1625 relatif au testament de son père et dans celui du 1er septembre 1631 concernant la succession de son frère Helenus. On ignore s'il eût postérité (3).
7° Françoise Arouet épousa Vincent Baillif ou Bailly, srdela Cantière, marchand (4) au Breuil-Barret, entre le 4 octobre 1625 et le 1er septembre 1631, dates d'actes précités où
(1) Minutes de Suyre.
(2) Dictionnaire de biographie et d'histoire, par Jal.
(3) Les registres de la paroisse Saint-Mie bel de Poitiers renferment à la date du 13 février 1696 le mariage de Maurice Michau, fils de Marin Michau et de Jeanne Gris avec Claude Arouet de la paroisse Saint-Michel, fille de défunt Jean Arouet et de Françoise Cornaille. François Arrouet signe l'acte. Claude Arouet ne serait-elle pas petite-fille de Mathieu .'
(4) Benjamin Fillon le dit fabricant de draps à la Chàteigneraye. La famille Bailly du Pont, descendant de Vincent Bailly, sieur de la Cantière, et de Françoise Arouet, est encore représentée en Poitou. Le dernier sr de la Cantière semble avoir été Toussaint Bailly, époux de Radegonde Corbin, fille de François Corbin, procureur au présidial de Poitiers, et de Amisse Chidayne. 11 était mort ainsi que sa femme le 6 avril 1697, date à laquelle Aymée Baud, veuve de Charles Bailly, sr du Pont, fit saisir réellement les domaines de Radegonde Corbin. Cette saisie détermina un long procès qui durait encore en 1726. 11 fut soutenu par François Corbin. chanoine de Ménigoute, Amisse Corbin, veuve de Pierre Barntin, procureur ou présidial de Poitiers, frère et sœur de la défunte; François Corbin, conseiller du Roy, échevin de la maison commune de Poitiers, Abraham et Pierre Corbin, chanoines de Saint-Rilaire-le-Grand, à cause de leur père, Abraham, frère de Radegonde Corbin; Philippe l'allu, avocat au présidial, François Treuille, procureur au même siège, Jacques Berger, s' des Plantes, gendres de Marie Corbin, sœur de la défunte ; Pierre Boncenne et Catherine Boncenne, femme de Pierre Pallu, sr de la Chaperonnière, neveu et nièce de La défunte, à cause de Thérèse Corbin» leur mère. (Archives de la famille Pallu.)
elle figure comme fille, puis comme mariée. Elle était veuve et habitait le Breuil-Barret quand elle donna procuration devant les notaires de la Chatellenie de Saint-Mesmin le 10 mars 1659 (1). Benjamin Fillon (2) donne son épitaphe d'après laquelle elle aurait été enterrée en l'église des Jacobins de la Chateigneraye, âgée de 80 ans le 7 juillet 1680 (3).
8° Hélène Arouet figure aux mêmes actes que ses frères et sœurs. Par contrat en date du 20 mars 1634 reçu par Perrin, notaire à Saint-Loup, elle épousa René Suyre, notaire et greffier de la ville et baronnie de Saint-Loup, fils de Jacques Suyre, marchand tanneur à Saint-Loup et d'Antoinette Lorrayne. D'après la plate tombe des Arouet elle mourut le 24 avril 1677 et fut enterrée en l'église de Saint-Loup.
Pour terminer ce qui concerne Helenus Arouet et ses enfants, il reste à parler de la pierre tombale des Arouet fréquemment citée aux pages précédentes.
Cette plate tombe qui recouvrait les restes de trois membres au moins de la famille Arouet : Jacquette Marceton, Helenus Arouet le jeune, et Hélène Arouet se trouvait en l'église de Saint-Loup dans le collatéral, du côté de l'évangile, vis-à-vis le pilier qui sépare les fonts baptismaux de la chapelle de la Sainte-Famille. En 1860 la réfection du pavé de l'église provoqua l'enlèvement de cette pierre. Le nom d'Arouet la sauva de la destruction qui attendait les autres sépultures, remplissant le chœur et la nef (4). En 1868 elle fut transportée au musée lapidaire de Niort, où elle figure au
(1) Minutes de Suyre.
(2) Lettres à M. de Montaiglon.
(3) Elle devait être moins âgée si on admet que son frère aîné Helenus était mort à 32 ans en 1631.
(4) La réfection des pavages dans les églises a été opérée au cours du xix* siècle avec un vandalisme inouï. Je n'invoque pas les raisons de sentiment, de dignité, de justice même qui auraient dû faire hésiter à priver des morts honorables d'une sépulture que respectaient les siècles précédents. Au seul point de vue archéologique les pierres tombales avaient un intérêt considérable. Tout au moins aurait-il fallu avant de
n" 202 du catalogue. Nous l'avons examinée et constaté que Benjamin Fillon avait maladroitement comblé ses lacunes. Les dégradations qu'elle a subies ne permettent malheureusement pas d'en donner la reproduction dans cet ouvrage.
les détruire relever toutes, les inscriptions qui les couvraient. Ce ne sont pas les curés que j'incrimine le plus : on peut être un excellent prêtre sans posséder le sens historique. Mais il serait désirable que les architectes diocésains n'en soient pas complètement dénués et fussent un peu moins ignorants que des manœuvres.