La Famille Demers d'Etchemin, P.Q
On a dit qu'il devrait y avoir dans chaque famille canadienne-française un livre qui s'appellerait le " livre d'or DE LA FAMILLE ". Eu Usaut cc Uvrc, chacun pourrait voir passer devant ses yeux^ comme dans tm miroir, sa propre FAMILLE avec les souvenirs du passé, les joies et les douleurs du PRÉSENT et les espérances de l'avenir.
Ce livre se diviserait naturellement en trois parties :
1°. Le passé, c'est à dire la généalogie des ancêtres, la date de leur naissance, de leur mariage et de leur décès, l'histoire résumée de leurs migrations, de leurs travaux, de leurs joies et de leurs souffrances, la mention des exemples de vertu qu'ils ont donnés et même, dans certains cas, des défauts ou des vices que leurs descendants doivent éviter.
2°. Le présent, c'est-à dire le ménage actuel aux destinées duquel la Providence peut 7ious avoir appelé à présider €t à pourvoir.
3°. L'avenir, c'est à dire les enseignements que les parents devraient laisser à leurs enfants pour les guider sur le chemin de la vie, et leur faire conserver les traditions de la famille.
Kcus voulons, dans le présent volume, nous occuper de la première partie de ce livre d'or, et faire connaître de notre mieux, le plus brièvement possible et sans exagération aucune, la généalogie et l'histoire des membres de notre famille d'Etchemin {St-Jiomuald), laissant à d\iutres le soin de
retracer V histoire des familles Deniers de St Nicolas, de JJévis, de Montréal ou d'ailleurs.
Les descendants de notre famille sont invités à entreprendre les DEUX AUTRES parties de ce livre d'or en jetant leurs regards sur le présent et en piéparant l'avenir de leurs enfants par de bonnes recommandations soigneusement écrites en même temps que par V exemple de toutes les vertus chrétiennes.
Montaigne a dit quelque part : " Quel contentement me serait-ce d'ouïr quelqu'un qui me réciterait les mœurs, le visage, la contenance, les plus communes pensées et la fortune de mes ancêtres ". Nous sommes dans le cas de cet écrivain et, comme lui, nous aimerions à entendre le récit des faits et gestes de nos ancêtres. Hélas ! ces ancêtres ne sont plus. Après avoir servi fidèlement leur Dieu et leur pays, aprèsavoir e7e, par les actes de leur vie, l'honneur de notre famille, ils repoi^ent maintenant, dans le silence de la mort, au pied de la croix que nos mains pieuses ont plantée sur le bord de leur tombe, et ils ne peuvent parler. Aucun d entre eux n'a retracé, par la plume, ce que ces ancêtres ont été et ce qu'ils ont fait. Beaucoup d'entre eux savaient lire et signer leur nom. Mais en général nos ancêtres d'Etchemin étaient avant tout AGRICULTEURS et cnsuitc, au besoin, ils savaient être maçons, menuisiers, charpentiers, forgerons, pêcheurs et navigateurs ; ils savaient mieux manier la hache, la bêche, la truelle ou V aviron que la plume.
Cependant ils ont fait leur marque à Etchemin depuis 1662, comme citoyens et comme catholiques, et à ce double titre, leurs actes^qui ne sont autres que ceux du progrès de la colonisation sur un point de la Seigneurie de Lauzon, — méritent d'être connus et appréciés.
Pour atteindre cette fin, nous avons ouuert les registres des paroisses de N.D. de Québec, de St -Joseph de la Pointe Levy, de St Nicolas, de St Jean Chrysostôme et de St- Romuald. Nous avons consulté le dictionnaire généalogique de Mgr Tanquay, et l'histoire si intéressante- de la Seigneurie de Lauzon par M. J. Edmond Roy, qui nous a aussi aidé beaucoup par ses renseignements ; nous aooM étudié les papiers de la famille ainsi que les traditions transmises dans la famille. Et à Vaide de ces documents, noua avons composé les notes qui suivent sur la famille Dembbs éi'ETCHEMiN. Evidemment il ne s'agit point ici d'une œuvre de poésie ou d'imagination ; c'est plutôt une nomenclature^ assez souvent aride, de noms et de dates, à travers laquelle nous avons glissé les faits que 7ioiis avons cru devoir intéresser.
Cependant en parcourant ces notes, quoique bien incom' plètes, les descendants de cette famille pourront trouver ample matière à réflexion, s'exciter mutuellement à marcher sur les traces de leurs ancêtres et travailler, comme eux, à être honnêtes, francs, économes, charitables, fidèles observateurs des lois de Dieu et du pays et les zélés collaborateurs des ministres de l'Eglise Catholique dans les œuvres paroissiales.
Peut être même qu'ils éprouveront dans leur âme les sentiments qui sont exprimés dans Us vers suivants du poète M* Violeau.
" La patrie est le tdit, le foyer, le berceau,
** Le clocher d'une église, un verger, un ruisseau,
*' Une fleur, un ramier tju'on écoute à l'aurore,
** Mais ne l'oublions pas, elle est bien plus encore,
" E/Jt; es/ îc souvenir, le fouvenir piiux
" Qui transmet aux enfants la gloire des aïeux.