CHAP1TRI-: SECOND
Jean Demers, II
Jean Demers, successeur de son j ère à Elchemin. — Il se m.xrie à Stf Famille I. O. en 1696.- Aveu et dénombrement de la seigncorit tn 1723,— Ln maison pr.ternelle. — Procès.— Ses enfants.— S<>n d^i^ vtv
Jean Demers, notre second MncêtTe en li^ne directe, bëritâ de la propriétë de mn |»ère Jean à Etchomin, vers 1698. Il avait reçu le baplênne à M<>ntr«5al, le 6 juillet 1661 fl) «t l'année suivante, il avait suivi h.mi père i\ Etchonain. CV^t à Ste Famille de l'isle d'Orléans qu'il se choisit une comp li^ûe» le 2 mai 1696. Son épou'^e était J^'anno [/Arrivée, tille d© Jean L'Arriv'e «n de Jeann^î Birher^jau (V.>ir app. C.) ht mariage fut céUbr « paT le curé Fr. Laniy. «n pn'sonoa dfi pères des deux éj oux, do Jean Moii-'set, Xi«ol;i8 Citrill*! Pierre Loignon.
(l) 11 y avait pour p.-\rrain, Charles Ltnioyne, et vour marr.iine, Je«n»« Lemoyne, épouse de lacques Lel>er.
II a été marié sous le nom de De Mers.
Jean Demers s'appliqua à agrandir et à perfectionner le domaine patrimonial à Etchemin.
Il est intéressant de lire VAveu et dénombrement de la Seigneurie de Lauzon, fait par le sieur Etienne Charest, le ^ mars 1723. On y voit avec la plus grande exactitude les noms des censitaires, l'étendue des terres que chacun possédait et les redevances dont elles étaient chargées.
A Et( hemin, entre les deux rivières et, en commençant à la rivière Etchemin, on y trouve les noms des propriétaires suivants, à savoir : les héritiers du sieur Joliet— Jean Demers — Guillaume Leduc — Lts héritiers de Eustache Lambert — Jean Baptij^te Luneau — les héritiers de feu Sr Duraont et les héritier^ de M. de la Martinière. Sur les propriétés avoi^inant d'Eu hemin et de Chaudière, il n'y avait pas de bâtisse ni <ie travaux de défrichement. L'étendue de ces propriétés cluit de 72 arpents de front sur 40 de profondeur, excepté la propriété de M. de la Martinière qui avait une lieue de piofon leur ; il y avait 138 arpents de terre labourable, et 13 arpents en prairie. (1)
Jean Demers avait une terre de 7 arpents de front sur 40 de profondeur ; il devait payer un chapon et demi et le SOième du poit'Son pris j>ar année. 11 était possesseur d'une maison, dune étable, d'une gri.nge et, sur sa propriété, il y avait 30 arpents de terre labourable et 3 arpents en prairie. La propriété de Jean Demers était à trois arpents de la rivière Etthemin ; ce fOiit les deux terres de trois arpents et demi chaque au nord est de la route Taniata.
La maison, dont il est fait mention dans ce dénombrement était elle la grande et solide maison en pierre que nous avons ▼ue et qui a été démolie vers 1860 ? Nous le croyons ; mais nous n- pouvons diie ^i elle a été bâtie par notre premier
(i) Voir Hist. S. L. II— 1 14-144.
ancêtre ou par le second. Elle iiVail une porte au centre et deux fenêtres de chaque côté on avant et en arrière. Les murs avaient trois pieds d'épaisseur et une gro.-se cheminée en pierre s'élevait au centre, depuis le sol jusqu'à quatre ou cinq pieds au dessus du toit, qui était élevé et pointu, sans lucarne, mais avec fenêtres dans les pignons. On voit encore de semblables maisons en pierre sur la côte Beaupré, , Le bas de la maison était divisé en deux, et le grenier ^tait comme un vaste arsenal capable de tout recevoir : le métier à tisf^er la laine ou la toile, les sacs de sel ou de farine, les tinettes de beurre, les cotîrcs de linge, les raquettes, les peaux de cuir tanné, etc. Nous nous rappelons y avoir vu un vieux canot, coupé en deux et dont la coupure avait été fermée avec dts planches ; ce canot était l'ami de , l'enfance ]'arce qu'il contenait la piovisiotï de pommes récoltées au jardin.
Cette maison était bâtie à environ ti ente pieds au nord du grand ( hen)in, un peu en arrière de lu ] harmacie actuelle de M. J. B. Martel. Le jardin éiîiit à droite, le long du chemin, et sur le bord d'un rigolet, aujourd'hui 1 étang Atkinson. Il y avait des pommiers, des pruniers, des ceri^iers et des carrés d'oignons, dis bttteraves, d'oseille, etc. — A gauche de lu maison, la vue s'étendait sur le fleuve St-Laurent et on apercevait les côtes de Sillery ; en ariière, on voyait k-s ilôts sur lesquels sont bâtis les quai-* destinés à recevoir le bois de commerce préparé au moulin Caldwell ou Atkinson. Au sud du chemin, étaient la grange, l'étable et un \)t'\\lfour)iil ou boutique dans lequel on fabiiquait un pou de tout. Kn arrière île ces tonstruciions, un petit ruis" seau qui ;tvaitsa source à la (jrande. cn>^(.', traversait la terre, puis le chemin it allait se jeter dans le fleuve un peu en haut de la maison paternelle.
II est de tradition dans la famille que cette maison fut
inccn liée doux fois par les soldait* anj^lais. lors des guerre» de la conquête. A l'approche de retmemi. lu famille se sauvait ôuus U-h bois, apportant :iVtc elle quelques provisions et ne levenait que loisqùe l'ennemi s'était éloii^né.
Tout hcinblo avoir été assi z paisible dois la vie do Jean Demors à Etchemin pcndaîit les vingt cinq premières années» Mais Jean Deniers, comme son père, avait <iu sang normand dans Its vn'r»es. Son père avait eu quelques démêles avec rr:«nçnis I^i-hoi au huji t du pâturage des bestiaux sur lea ilôts situés à l'einboucliure de l'Etchomin rt le conseil souverain de (^urbt'C avait jjorlé un jugem îjI eri lb*6') et fait Ull règlement pour le plus grand bien de Bissot et des colons. (1} Le ti's Jean se prit de querelle avec son voisin Joseph Koberire an sujet d'une claie ou d'une | ê he qu'il avait sur sa j)ropriété. La claie avait été brisée. J'an Demers prétondait que c'était l'œuvre malicieuse do Joseph R'»berge. Celui ci niait et attribu:»it la cause du dégât au vent ou à la marée. De là une ihicane qui fo compliqua do voies de fait d.ms l< squelles on se servit de bâton, de hache, ôto. On dit même que le nang coula. — Le Conseil Souverain s'occupa (le I affaire, et, le 2 juillet 172-1:, l'appel de Jean Demeis contre Jo>eph Roborge, fut mis à néant. Cette chicane de normands Ht dire bien desparoies, causa des frais af-sez considérables pour le temps et nous force à avouer, une fois de plus, que le pire de tous les arrangements vaut le meilleur de tous les procès
Les cillants nés du n^aiiagede Jean D« mors et de Jeanne rAriiViO ^ont au nombre do huit; plusieurs ont été baptisés à St Jose|»h de la Pointe ïiévy. Voici leurs noms:
1. Marie Jeanne, baptisée le 2 juillet 1697, à Lévy et inhumée aussi à Lévy, le 8 juillet 1697.
2. Françoise, biptisée à 0"ébec le 18 m:\i 169S —.Mariée à Lévy le 8 novembre 1729 à Charles Tinon.
(I) Voir IlisL S. L. I— 185.