TOUTES LES FEMMES
Ah ! mon Dieu !
SAINT-YVES
Us étaient affreux , mes chères : des moustaches à la Souvarow , moustaches parfaitement cirées... et des barbes à la Saint-Antoine , comme les jeunes gens à la mode en portent à présent... C'était horrible ! . . . Comme j'ai eu l'honneur de vous le dire , ils étaient là en reconnaissance ; et par suite de cette reconnaissance , je me vis obligée d'épouser un des chefs, un Tartare nogais , le comte de Tapcoquin , de qui j'ai eu mon petit Emmanuel Nicolaïof , que vous avez vu ce matin.
M,!e JUDITH.
Quoi ! ce jeune homme de si bonnes mœurs?
SAINT-YVES
C'est un jeune Cosaque. . . Cosaque civilisé. . . Mais le naturel primitif commence à se déclarer. . . vous avez dû vous en apercevoir à ses galantes entreprises.
DESTAILLIS.
Comment, ma sœur?
M1!e JUDITH.
Qu'est-ce que cela signifie ?
SAINT-YVES
11 m'a tout dit. . . il m'a parlé d'un baiser. . . dune déclaration faite à vos genoux.
M1!e JUDITH.
Quelle horreur! une femme comme moi.
SAINT-YVES
Est-ce que cela vous fâche?... Est-elle drôle î c'est une plaisanterie. . . son père en faisait bien d'autres. . . Pauvre cher Tartare î . . . grâce au ciel , je l'ai perdu en France , à la bataille de Mon tmî rail. ( Tirant son mourJioir.) Encore dans une reconnaissance. . . et j'en ai gardé
une éternelle au boulet de canon tutélaire qui m'a rendue à la liberté , à ma patrie et à la société , dont j'étais , à ce qu'on m'a dit quelquefois, le plus bel ornement.
DESTAÏLLIS.
Voilà de singulières aventures.
MUe JUDITH, a part.
Et une femme que je ne puis souffrir , pas plus que son benêt de fils.