‹ La famille du baronChapitre 25 sur 35 · TOUTES LES FEMMES · texte numérisé non relu

TOUTES LES FEMMES

Ah ! mon Dieu !

SAINT-YVES

Us étaient affreux , mes chères : des moustaches à la Souvarow , moustaches parfaitement cirées... et des barbes à la Saint-Antoine , comme les jeunes gens à la mode en portent à présent... C'était horrible ! . . . Comme j'ai eu l'honneur de vous le dire , ils étaient là en reconnaissance ; et par suite de cette reconnaissance , je me vis obligée d'épouser un des chefs, un Tartare nogais , le comte de Tapcoquin , de qui j'ai eu mon petit Emmanuel Nicolaïof , que vous avez vu ce matin.

M,!e JUDITH.

Quoi ! ce jeune homme de si bonnes mœurs?

SAINT-YVES

C'est un jeune Cosaque. . . Cosaque civilisé. . . Mais le naturel primitif commence à se déclarer. . . vous avez dû vous en apercevoir à ses galantes entreprises.

DESTAILLIS.

Comment, ma sœur?

M1!e JUDITH.

Qu'est-ce que cela signifie ?

SAINT-YVES

11 m'a tout dit. . . il m'a parlé d'un baiser. . . dune déclaration faite à vos genoux.

M1!e JUDITH.

Quelle horreur! une femme comme moi.

SAINT-YVES

Est-ce que cela vous fâche?... Est-elle drôle î c'est une plaisanterie. . . son père en faisait bien d'autres. . . Pauvre cher Tartare î . . . grâce au ciel , je l'ai perdu en France , à la bataille de Mon tmî rail. ( Tirant son mourJioir.) Encore dans une reconnaissance. . . et j'en ai gardé

une éternelle au boulet de canon tutélaire qui m'a rendue à la liberté , à ma patrie et à la société , dont j'étais , à ce qu'on m'a dit quelquefois, le plus bel ornement.

DESTAÏLLIS.

Voilà de singulières aventures.

MUe JUDITH, a part.

Et une femme que je ne puis souffrir , pas plus que son benêt de fils.

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