SCÈNE IX
VARÏNVILLE, SAINT- YVES.
SAINT-YVES
Victoire !. .. le voilà avec un frère et un oncle reconnus. . . c'est déjà fort gentil.
VARÏNVILLE.
Oui ; mais ces aulres parens que j'ai eu l'imprudence de leur promettre.
SAINT-YVES
Ils vont arriver.
Ensemble ?
Peut-être bien.
Et comment?
SAINT-YVES
Ne suis-je pas là ?.. . A présent que me voilà lancé.
VARÏNVILLE.
Air du Pot de fleurs.
Y penscs-tu ?
SAINT- YVES
J'y suffirai, j'espère; Sans he'siter, mon cher, je les ferai.
VARÏNVILLE.
Un ou deux, bien mais la famille entière !
SAINT-YVES
Pour te servir, je me multiplîrai.
Sur mot que ton espoir se fonde.
Quoi! vingt parens, à toi seul?
SAINT-YVES
Vraiment oui.
Depuis long-tems on a dit qu'un ami Valait tous les parens du monde.
VARÏNVILLE.
Tais-toi. . . Je crois entendre ma tante Judith , la prude.
SAINT- YVES
Ta tante Judith ! îa prude !
VARINVILLE.
Oui. . . celle qui fait de la morale , qui lient aux bienséances et qui ne joue point de proverbes.
SAINT-YVES
Elle joue peut-être autre chose.
VARINVILLE.
Je te préviens que celle-là ne se paiera point de tes improvisations. ( Saint-Yves retourne sa perruque, boutonne son habit et prend un air modeste et compassé. )
VARINVILLE , qui pendant ce tems a regardé venir Judith. La voilà , Saint- Yves. . . (Etonné, et regardant autour de lui. ) Eh bien ! où est-il donc?
SAINT-YVES, d'un ion doux.
Près de vous , mon frère.