SCENE VI
Mme BÉGUINET , seule.
En voilà encore tin qui fera un bien bon mari ! . . . d'une
; confiance Enfin .... il y a des grâces d'état î ..... »
I Voyons cette ordonnance $ il faut qu'elle soit furieusement compliquée , car on y a mis le temps ! ( Elle s'ap-
: proche de la table , et lit. ) « De l'eau gommée , ou » calme , des viandes blanches , et beaucoup de dis- » tractions. » Toujours la même chose l II est sûr que ça ne peut pas faire de mal °, mais c'est trop simple ! . . . Ils
S appellent ça des ordonnances ! . . . Dieux ! la vieille école vous aurait fourré là cinq ou six bonnes drogues..* en latin !. . . Chut! voici Madame !
( Elle laisse l'ordonnance sur la table à gauche. )
j SCÈNE VIL
Mme BÉGUINET, Mme POLIGNY»
MAD. POLIGNY
air nouveau de Doche.
Tout semble renaître ?
Et le nouvel être
Qui vient m'apparaître Fait battre mon cœur!...
Non , plus de souffrance , A mes yeux , d'avance , La douce espérance Promet le bonheur.
Un sombre nuage , Quelques jours d'orage, Donnent au voyage Un plus vif essor!
Quel plaisir extrême !
Revoir ce qu'on aime , Et l'Amour lui-même Vous sourire encor!
Tout semble renaître , Et le nouvel être, etc.
Mme BEGUINET.
Eh ! bon dieu , Madame , est-ce que vous comptez faire des visites ?
Mme POLIGNY.
Oui, je me sens très-bien. . . Je vais aller voir ma cousine , madame Darviîle , qui est venue , car voilà sa carte ; elle était un peu souffrante, et je lui avais envoyé M. Duverger. . . j'ai oublié de lui demander de ses nouvelles.
Mme BÉGUINET.
Ce n'est peut-être pas prudent de sortir aujourd'hui. j
Mme poLlGNY.
Un soleil magnifique!
Mme BÉGUINET.
Beaucoup d'humidité.
Mme poligny, souriant.
Oh! si Pon vous écoutait , on ne serait jamais guérie d< peur de retomber malade. ( A madame BéguineU) A propos le docteur viendra-t-il dîner?
Mme BÉGUINET.
Oui, madame. . . il avait d'abord refusé; mais dès qu'i a su que Madame le désirait. . .
Mme poligny 9 souriant Ce cher docteur !. . . C'est vraiment un très-bon medej cin. , . il fait tout ce que je veux.
Mme béguinet , souriant.
Il paraît que M. Bernard compte sur loi pour engager j Madame à presser le moment de son bonheur.
Mme voligtxy , troublée.
Comment, il a été lui parler!. . . M. Bernard est insupportable* . . M'occuper des apprêts d'un mariage , quand je suis à peine convalescente; mais je suis tranquille , je ne me marierai pas sans la permission du Docteur , et je doute qu'il la donne.
Mme béguinet, d'un air d'intelligence.
Moi aussi ; je crois même que s'il ne dépendait que de lui. . •
Mme POLIGNY.
Hein! que voulez-vous dire?
Mme béguinet, se remettant.
Oh ! mon dieu , rien du tout j si ce n'est que M. le Docteur porte trop d'intérêt à Madame , est îrop jaloux de sa santé.
Mme POLIGNY , sèchement.
Il suffit. Voyez si l'on a fait avancer ma voiture.
Mme BÉGUINET.
Oui , Madame.
( Elle sort. )