‹ La famille du baron; vaudeville épisodique en un acte (volume 2)Chapitre 144 sur 267 · SCÈNE XIV · texte numérisé non relu

SCÈNE XIV

Mme POLÏGNY, Mme DARVILLE.

Mme DARVILLE.

Eh ! bonjour donc , cousine.

Mme poligny , l'embrassant.

Que vous êtes aimable , ma chère Hortense !

Mme DARVILLE.

J'allais partir pour le bois , quand on m'a remis la lettre de M. Bernard Je n'ai pas he'site' Eh

bien, c'est donc pour aujourd'hui?... Vous êtes donc tout* * à-fait re'tablie ?

Mme POLIGNY.

Tout-à-fait... Mais vous - même , vous avez été indisposée?

Mme DARVILLE.

Oh! presque rien : des spasmes , une crise nerveuse. . . comme j'en ai tous les mois , quand je fais mes comptes avec mon mari.

air : Des Maris ont tort.

Je nie flattais , ma chère amie , Qu'un premier essai suffirait , Que de son étrange manie;, Ma souffrance le guérirait, Et que , sans gronder, il pairait j Mais c'est un mal , une folie., Qui , chez lui , ne peut se passer ; Et , par suite, ma maladie Est toujours à recommencer.

A propos de maladie, savez - vous que j'ai eu peur pour vous ? vous avez un médecin très-singulier!

Mme poligny , avec embarras.

Ah! M. Duverger...

Mme DARVILLE.

Oui ; c'est un homme qui n'a pas la tête à lui.

Mme POLIGNY.

En effet, j'ai cru m'apercevoir. . .

Mme DARVILLE.

Je veuxhien qu'un médecin soit empressé, galant, qu'il nous dise même quelques douceurs... c'est un moyen curatif comme un autre , mais celui-ci. . . il ne m'a pas dit un mot aimable , et puis, un beau matin, au lieu d'une formule , il m'adresse une déclaration.

Mme poligny, surprise.

Vraiment?

Mme DARVILLE.

Oh ! mais une déclaration en forme , ma chère ; car sa lettre n a pas le sens commun.

Mme poligny, à part.

Il paraît qu'il en fait à tout le monde.

Mme DARVILLE.

"Vous sentez que j'ai pris le parti d'en rire?

Mme p0LIGN5r.

C'est le plus sage.

Mme DARVILLE.

Je lui ai répondu que je ne croyais pas sa blessure mortelle, et que dans tous les cas, un me'decin si habile saurait bien se guérir lui même.

Mane poLIGNT, à part.

C'est la lettre que j'ai lue !

Mme DARVILLE.

Mais maintenant je suis presque fâche'e de l'avoir si maltraité , parce qu'en y réfléchissant , je crois qu'il s'est trompé et que sou épître n'était pas pour moi.

Mme POLIGNY.

Que dites-vous ?

« Mme DARVILLE.

Sans doute. Il prétend qu'il m'adore depuis six mois , et je ne le connais que depuis huit jours ; il me parle de mon veuvage , et dieu merci mon mari se porte à merveille.

Mme POLIGNY , à part.

Quel trait de lumière ! . . . Ah ! mon dieu ! je l'ai accusé , je l'ai banni de ma présence. . .

Mme DARVILLE.

Eh! bon dieu! cousine, qu'elle agitation]... Ah! je devine. . . une nouvelle mariée. . .

Mme poligny, troublée.

Non , je vous jure. . .

air du Vaudeville de la Haine des Femmes

Pourquoi donc , avec une arnie, 3Ne pas vouloir en convenir?

Je sais que quand on se marie, Certain effroi vient vous saisir. . .

Oui , l'approche de cette épreuve Trouble toujours un jeune cœur, On doit redouter celle épreuve j ' ( En souriant. )

Mais je crois que lorsqu'on est veuve

On a moins peur j ( bis. ) ]S 'est-il pas vrai qu'on a moins peur?

Mme poligny, à part.

Ah! mon dieu! comment retarder ce mariage?... J'y songe... M. Bernard proposait d'attendre encore, et je 30urrai peut-être... ( Elle appelle. ) Madame Béguinet! nadame Béguinet !

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