‹ La famille du baron; vaudeville épisodique en un acte (volume 2)Chapitre 188 sur 267 · PHILIPPE · texte numérisé non relu

PHILIPPE

larmes aux yeux pauvre garçon! je le regardais

et je me disais à part moi. . . [Mouvement de mademoiselle d'Haiville.) Rien, mademoiselle, rien du tout... mais j'avais le cœur serré.. . oh ! vous ne sentez pas cela, vous. . . vous êtes tranquille , heureuse.

M11" D'îlARVlLLE.

Heureuse ! moi. . .non, Philippe, non, je ne le suis pas.

PHILIPPE

Laissez donc, mademoiselle... Dans vos salons, entourée de ce monde qui vous honore. . .de votre famille que vous dirigez , selon votre plaisir.

Mllc D'HARVILLE.

Au fond du cœur, croyez-vous donc que je ne sente rien de plus?. . . mais je dois à tous ceux qui m'entourent des leçons . . . des exemples . . .

PHILIPPE

Comment , mademoiselle . • .

Mlle D'HAUVILLE.

Je paierai tout. . . je m'y engage . . . mais n'en parlez à personne. . . ne lui dites pas à lui-même. . .

PHILIPPE

Pourquoi donc , vous avez peur qu'il ne vous aime trop?

M,lc d'iiakyille.

Ah! pouvcz-vous le penser?, .mais mon neveu pourrait s'élonner, se plaindre. . .vous savez qu'il doit être mon héritier.

PHILIPPE

Raison de plus pour bien traiter ce pauvre Frédéric pendant que vous y êtes. . .et d'abord, il ne doit plus être exposé à retomber dans une pareille faute. Pour cela , il faut qu'il soit content. Sa pension n est pas assez forte.

Mile d'iiaiiyille.

Vous croyez? eh bien , Philippe, on peut l'augmenter. PHILIPPE.

Oui. . .du double. . . Après ça , tous ses camarades ont des chevaux, des équipages.. . [Wlouoemcnt de mademoiselle d'Harvilie. ) Je ne suis pas exigeant, mais il me semble que quand vous lui donneriez un joli cheval de selle, avec un domestique pour l'accompagner....

M1!e D'HARVILLE.

En vérité , Philippe, vous êtes d'une exigence. . .

PHILIPPE

Dame ! . . écoutez donc , mademoiselle . . .

Mlle D'HARVILLE.

C'est bien. . . achetez ce cheval. . . tout ce qu'il faudra... mais soyez économe.

PHILIPPE

Suffit. . .je prendrai ce qu'il y a de plus cher. . .et quand il sera dessus, vous m'en direz des nouvelles. Le gaillard!... savez-vous qu'il est très-bien, au moins. . .vous n'y faites pas attention. . . Mais l'autre jour, aux Tuileries, il y avail des dames . . . mais de belles dames , qui le regardaient passer, et qui disaient entre elles : « Tournure distinguée. . . joli cavalier. . . »

MHe D'HARVILLE, avec joie.

Vraiment ?

PHILIPPE

Oui , mademoiselle . . . oui , elles l'ont dit . . .il ne l'a pas entendu, lui; mais moi qui l'accompagnais, je n'en ai pas perdu un mot. . et ça me faisait plaisir.

En effet ... il a une physionomie ....

PHILIPPE

Fort agréable , j'ose le dire. . .et s'il était un peu encouragé ... si vous lui adressiez de teins en tems un mot d'amitié.. .Tenez, mademoiselle. . . vous êtes trop sévère avec lui.

M1!e D'HARVILLE.

Moi ! . .

PHILIPPE

Il est là. . .tout tremblant.

Mile D'HARVILLE.

Là i . . . Frédéric ! . . .

PHILIPPE

Air: Dis-moi „ t'en souviens-tu.

Si vous-même daigniez lui dire Que vous pardonnez cette Ibis...

Allons , votre cœur le désire Aulant que le mien, je le vois.

PHILIPPE

MHe d'hARVILLE.

Mais ètes-vous sûr que personne?...

PHILIPPE

Non , non,personn' ici n'porîe ses pas .... Et vous pouvez être indulgente et bonne ; Ne craignez rien , on ne vous verra pas. (Mlle D'Harville s'assied auprès de la table. Philippe va h la porte de la chambre de Frédéric , et lui fait signe d'approcher.)

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